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La Science de la Musique

La Science de la Musique

Message de Noël 1965-1966

Samaël Aun Weor

Première édition, Colombie, 1966

Chapitre 1 - La Musique

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Toutes les choses ont été faites par lui ; et sans lui, rien de ce qui a été fait, n'aurait été fait. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière resplendit dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont pas comprise ».

L'échelle sonore de sept tons se retrouve dans tout le cosmos. Les sept tons de la grande échelle résonnent dans tout l'univers avec les rythmes merveilleux du feu.

LE MAHAVAN ET LE CHOTAVAN sont les rythmes du feu qui maintiennent l'Univers ferme dans sa marche.

Les sept Cosmocréateurs de l'Aurore de la Création ont célébré les rituels du feu en chantant dans les temples.

Sans le Verbe créateur, sans la magie de la parole, sans la musique, l'univers n'existerait pas : Au commencement était le Verbe.

De vieilles traditions affirment que la connaissance du sacré HEPTAPARAPARSHINOKH (la Loi du Sept), a été ressuscitée plusieurs siècles après la catastrophe de l'Atlantide, par deux saints frères initiés appelés Choon-Kil-Tez et Choon-Tro-Pel, qui se trouvent actuellement dans la planète Purgatoire, presque prêts à entrer dans l'Absolu.

En langage oriental, on dit que la planète Purgatoire est la région d'Atala, la première émanation de l'Absolu.

Les deux saints mentionnés ci-dessus étaient des frères jumeaux, dont l'ancêtre était le roi Konuzion qui gouverna sagement le pays asiatique d'une très haute antiquité, que l'on appelait à cette époque Marapleicie.

Le roi ancêtre Konuzion descendait lui-même d'un sage Initié atlante, membre distingué de la société Akhaldansm. Cette société de sages a existé dans l'Atlantide submergée avant la deuxième catastrophe Transapalnienne.

Les deux saints et sages frères ont vécu les premières années de leur vie dans l'antique cité de Gob, dans un pays appelé Marapleicie, mais peu de temps après ils se réfugièrent dans le pays qui devint plus tard la Chine.

Les deux frères initiés se virent obligés d'émigrer hors de leur pays natal quand les sables commencèrent à l'ensevelir. Gob fut ensevelie par les sables et le lieu où elle était située est aujourd'hui le désert de Gobi.

Au début, les deux frères se spécialisèrent en médecine uniquement, mais devinrent par la suite de grands sages et vécurent dans ce qu'on appela plus tard la Chine. C'est à ces deux frères initiés que revient le haut honneur d'avoir été les premiers investigateurs de l'Opium.

Les deux frères découvrirent que l'opium est formé de sept cristallisations subjectives indépendantes, aux propriétés bien définies. Des travaux postérieurs arrivèrent à démontrer que chacune de ces sept cristallisations indépendantes était constituée à son tour de sept autres propriétés ou cristallisations subjectives indépendantes et celles-ci à leur tour de sept autres et ainsi de suite indéfiniment.

On put vérifier qu'il existe une affinité intime entre la musique et la couleur. Par exemple, si on dirige un rayon coloré déterminé sur un élément quelconque de l'opium, celui-ci se transforme en un autre élément actif.

On obtient les mêmes résultats si, au lieu de rayons colorés, on dirige les vibrations sonores déterminées produites par les cordes d'un instrument de musique connu à cette époque sous le nom de dzendvokh. On vérifia scientifiquement que si l'on fait passer un rayon coloré quelconque à travers un élément actif quelconque de l'opium, ce même rayon prend une autre couleur, à savoir la couleur dont les vibrations correspondent à celles de l'élément actif.

Si l'on fait passer un rayon coloré quelconque à travers les vibrations des ondes sonores produites par l'une des cordes d'un dzendvokh, ce rayon prend la couleur correspondant aux vibrations manifestées au moyen de la corde donnée.

Le dzendvokh était un appareil de musique extraordinaire, grâce auquel on réussit à vérifier le pouvoir des notes musicales sur l'opium et en général sur tout le créé.

Si un rayon coloré défini et des vibrations sonores définies avec la plus entière exactitude sont dirigés sur un des éléments actifs de l'opium, choisis parmi ceux qui possèdent un nombre de vibrations moindre que la totalité des vibrations du rayon coloré et du son utilisé, cet élément actif se transforme en un autre des éléments actifs de l'opium.

Il devient très intéressant de savoir qu'à chacune des sept cristallisations de l'opium correspondent sept autres, et sept autres pour chacune de ces sept cristallisations, et ainsi de suite. Il est intéressant aussi de savoir que la gamme musicale septuple correspond aux septuples cristallisations subjectives de l'opium. De nombreuses expériences sont aussi arrivées à démontrer qu'à chaque classification subjective septuple de l'opium correspondent des échelles subjectives septuples du subconscient humain.

Si la musique peut agir sur les cristallisations subjectives septuples de l'opium, il est logique de penser qu'elle peut aussi agir sur les classifications subjectives septuples correspondantes de l'homme.

L'opium est merveilleux, car il capte toutes les puissantes vibrations du Protocosmos ineffable. Malheureusement les gens ont utilisé l'opium d'une façon nuisible et dommageable aux organismes. Nombreux sont ceux qui ont employé l'opium pour renforcer les propriétés négatives de l'abominable organe Kundartiguateur.

Plusieurs siècles après le sacré RASCOOARNO (la mort) des saints frères, il y eut un roi fort sage qui, se fondant sur les théories mêmes des deux initiés, construisit un instrument musical appelé lav-merz-nokh, à l'aide duquel il put vérifier de nombreuses merveilles en relation avec la musique.

La grande merveille de l'appareil musical en question est qu'il avait quarante-neuf cordes, correspondant aux sept fois sept manifestations de l'énergie universelle. Cet appareil était vraiment extraordinaire. Il avait sept octaves musicales qui étaient reliées aux sept fois sept formes d'énergie cosmique. C'est ainsi que la race humaine de cette époque a connu en chair et en os « l'Hanziano Sacré\", le son Nirionissien du monde.

Toutes les substances cosmiques qui surgissent des sept fontaines indépendantes sont saturées par la totalité des vibrations sonores que cet appareil de musique pouvait faire résonner dans l'espace. N'oublions jamais que notre univers est constitué de sept dimensions et que chacune d'entre elles a sept sous-plans ou régions.

L'appareil musical construit par le roi Too-Toz faisait vibrer intensément toutes les sept dimensions et toutes les quarante-neuf régions énergétiques.

Actuellement nous avons bien la musique révolutionnaire, extraordinaire et merveilleuse, basée sur le Son 13, mais nous avons besoin de toute urgence d'appareils de musique comme ceux du roi Too-Toz.

Nous avons besoin de vivifier les vibrations du son Nirionissien de notre monde pour raviver les fontaines cosmiques des substances universelles et commencer avec succès une nouvelle Ère.

Le monde a été créé par la musique, par le Verbe, et nous devons le soutenir et le revitaliser par la musique, par le Verbe.

La sainte Loi Sacrée de l'Heptaparaparshinokh sert de fondement à l'échelle musicale septuple toute entière.

Il est urgent que tous les frères gnostiques comprennent en ce Noël de 1965, la nécessité d'étudier la musique. Il est urgent que tous les frères gnostiques chantent continuellement les cinq voyelles I, E, O, U, A. Il est nécessaire de comprendre la valeur de la parole et de ne pas la profaner par des pensées indignes. Il est aussi mauvais de parler quand on devrait se taire, que de se taire quand on devrait parler. Parler est parfois un délit et se taire est parfois aussi un délit. Il y a des silences délictueux, il y a des paroles infâmes.

Les dieux créent avec le pouvoir du verbe car au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu.

Il existe une langue universelle de vie que parlent seulement les anges, les archanges, les séraphins, etc. Quand sur nos lèvres fécondes fleurit le feu sacré fait verbe, la parole se fait chair en nous. Tous les mantras sacrés que connaissent les occultistes, ne sont que des syllabes, des lettres, des paroles isolées du langage de la Lumière.

« À celui qui sait, la parole donne puissance. Personne ne l'a prononcée, personne ne la prononcera si ce n'est celui qui l'a incarnée ».

Chapitre 2 - Le Derviche Boukharien Hadji-Asvatz-Troov

Il était une fois un grand sage venu d'une région inconnue et qui voyageait par le continent asiatique. Alors qu'il se trouvait dans la région appelé Boukhara, il réussit à établir des relations cordiales avec un derviche danseur, dont le nom était Hadji-Zephi-Bogga-Eddin.

Ce dernier était un homme très enthousiasmé par l'ésotérisme sacré et chaque fois qu'il rencontrait quelqu'un sur son chemin, il lui parlait de ces études. Grande fut donc son allégresse quand il rencontra notre sage, et, souriant de bonheur, il se mit à traiter de cette science chinoise antique appelée « Shat-Chai-Mernis ».

Ce que l'on sait aujourd'hui de cette science mystérieuse connue des jumeaux chinois initiés dont nous parlons dans le premier chapitre de ce message, ne sont que des fragments d'un tout extraordinaire.

À l'époque où les jumeaux initiés vivaient encore en Chine, cette science se dénommait ainsi : « TOTALITÉ DE L'INFORMATION VÉRITABLE AU SUJET DE LA LOI DE NONUPLICITÉ ».

Certains fragments de cette auguste science sont demeurés intacts et ont passé de génération en génération par l'intermédiaire de plusieurs frères, initiés aux grands mystères.

Le sage de notre histoire se sentit très heureux de pouvoir converser avec le derviche sur cette science chinoise très antique, dont les pseudo-savants modernes de type occidental ne savent rien. Notre sage arriva au comble de l'enthousiasme lorsqu'il fut informé par le derviche de l'existence d'un autre derviche, ami du premier, et qui, d'après les renseignements du derviche, habitait le Boukhara supérieur, éloigné de tous, et se dédiait à certaines expériences mystérieuses reliées à cette même science.

Le derviche invita notre sage à faire un tour dans ces montagnes du Boukhara supérieur avec la saine et belle intention de visiter l'anachorète. Trois jours de voyage par des montagnes escarpées et des chemins solitaires conduisirent les deux hommes de cette histoire jusqu'à une petite gorge perdue dans les montagnes du Boukhara supérieur.

Sur cette montagne, selon le récit qui est parvenu jusqu'à nous, le derviche demanda au sage qu'il l'aide à écarter une petite plaque de pierre, et quand ils l'eurent fait, les deux hommes virent apparaître devant eux une petite ouverture, des bords de laquelle partaient deux barres de fer. Le récit raconte que le derviche joignit les deux barres, commença à écouter très attentivement et qu'au bout de quelques instants, il se mit à surgir un son étrange des deux barres ci-dessus mentionnées, et qu'à la surprise du sage de cette histoire, le derviche prononça alors quelques paroles au-dessus de l'ouverture, dans une langue qui lui était totalement inconnue. Quand le derviche eut fini de parler, les deux hommes de ce récit remirent la plaque de pierre à sa place et continuèrent à avancer. Ils eurent encore beaucoup de chemin à faire par des vallées profondes et de hautes montagnes, avant d'arriver à un certain endroit où ils se trouvèrent face à un grand rocher.

Le derviche, dans un état de grande tension, semblait attendre quelque chose de très spécial. Soudain, une énorme pierre s'ouvrit et forma une entrée mystérieuse qui conduisait à une espèce de grotte. Les deux hommes pénétrèrent dans la caverne et s'avancèrent vers le fond mystérieux, tout en observant que le chemin était éclairé alternativement au gaz et à l'électricité. Après avoir parcouru une distance considérable à l'intérieur de la caverne, ils se trouvèrent face à face avec un vieillard d'un âge impossible à déterminer, et dont le corps était mince et plutôt grand. Celui-ci les reçut avec les salutations d'usage et les conduisit plus à l'intérieur de la grotte.

Il s'agissait de l'ami du derviche et son nom était Hadji-Asvatz-Troov. Le vieil ermite conduisit les deux hommes jusqu'à une section plus confortable de la caverne, où ils s'assirent tous trois sur un tapis de feutre qui couvrait le sol et se mirent à manger ce qu'on appelle en Asie une « FRITURE DE BOUKHARA », du Shila-Plav, servie dans des bols d'argile apportés par le vieillard. Les deux hommes conversèrent avec le vieil ermite pendant le repas, le sujet étant naturellement la passionnante science chinoise appelée Shat-Chai-Mernis.

Cette science du vieillard est la science des vibrations. Tout ce qui est, tout ce qui a été, tout ce qui sera, est soumis à la science des vibrations. L'ermite avait dédié sa vie à l'étude des vibrations, au Shat-Chai-Mernis. L'ermite avait étudié très à fond la théorie assyrienne du grand Mal-Manash et la théorie arabe du fameux sage Selnehhe-Avaz, la théorie grecque de Pythagore, et en général toutes les théories chinoises.

Cet homme avait construit sous une forme modifiée le monocorde de Pythagore, le fameux appareil de musique avec lequel Pythagore réalisait ses expériences. Cet appareil est très complexe et il est rempli de vibromètres qui lui servent à mesurer les vibrations des cordes. Le vieil ermite était un véritable sage et avait construit plusieurs appareils pour mesurer avec exactitude les vibrations. Le vieillard affirma qu'il avait existé, dans la très ancienne civilisation de Tikliamish, de très nombreux appareils spéciaux pour mesurer les vibrations.

L'ermite procéda ensuite à diverses démonstrations utilisant les vibrations musicales : il souffla de l'air, à l'aide d'un petit soufflet, sur les tubes d'un appareil de musique à vent qui se mit à produire une mélodie monotone de cinq tons, les vibromètres indiquant avec exactitude le nombre de vibrations. À côté de l'appareil de musique se trouvait un pot de fleurs, et quand l'ermite eut terminé sa monotone musique, les fleurs du pot à fleurs étaient demeurées intactes. Ensuite le vieil ermite se déplaça du monocorde antique au piano à queue, muni lui aussi du vibromètre pour mesurer les vibrations, et il commença à frapper des touches déterminées du piano, produisant la même mélodie monotone.

Quand le vieillard arrêta de jouer, il ne restait plus dans le pot de fleurs que les restes desséchés des fleurs qui étaient auparavant pleines de vigueur et de beauté. C'est de cette façon que le vieillard démontra le pouvoir vibratoire des ondes musicales sur la matière.

Ce vieil ermite divisait les vibrations en deux classes : les vibrations créatrices et les vibrations cardinales ou impulsives. Le vieillard ermite affirma qu'on pouvait fabriquer avec des tripes de chèvres des cordes spéciales pour la production de vibrations créatrices, et qu'on obtenait des vibrations impulsives avec les instruments à vent comme les trompettes, les flûtes, etc.

Après avoir donné quelques explications supplémentaires, l'ermite, d'après le récit qui nous est parvenu, apporta une enveloppe, du papier et un crayon pour une autre expérience. Il écrivit quelque chose sur le papier, mit le papier dans l'enveloppe, qu'il scella et suspendit à un crochet. Plaçant le tout devant les deux visiteurs, il s'assit au piano et joua de nouveau une mélodie monotone, mais cette fois-ci deux sons de l'octave la plus grave du piano se répétaient constamment l'un à la suite de l'autre.

Au bout de quelques instants, le derviche visiteur fut incapable de demeurer immobile et se tortilla en agitant la jambe gauche, dans laquelle il sentait une douleur épouvantable. Après un moment l'ermite cessa de jouer la monotone mélodie et, se dirigeant vers le sage visiteur, il lui dit : Ami de mon ami, ayez la bonté de vous lever, retirez l'enveloppe du crochet et lisez ce qui est écrit à l'intérieur. Le sage suivit les instructions et quand il lut le papier qui avait été placé dans l'enveloppe, il vit que celui-ci disait : « En chacun de vous il se formera, suite aux vibrations provenant du piano, un furoncle sur la jambe gauche, un pouce au-dessous du genou et un demi-pouce à gauche du milieu de la jambe ».

Le vieillard obtint des deux hommes qu'ils découvrissent chacun leur jambe gauche et quelle ne fut pas leur stupeur de découvrir sur la jambe gauche du derviche visiteur le furoncle annoncé ; il était bien là, sans la trace d'un doute, et cependant il manquait sur la jambe gauche du sage visiteur. Ce dernier avait une vibration différente, car il était un Maître venu d'une autre planète et il est clair que le genre de vibration utilisé par l'ermite était d'une fréquence distincte de celle que le sage portait dans son corps.

Quand l'ermite se fut convaincu de ce que le furoncle faisait défaut sur la jambe gauche du sage, il sauta aussitôt de son siège en disant : « C'est impossible ». Et il le regardait stupéfait avec des yeux comme fous ; il fut alors nécessaire que le sage venu d'une autre planète lui fît comprendre que rien n'avait manqué et l'assurât qu'il lui dirait plus tard et seul à seul son secret.

Il semblera impossible à certains lecteurs que des habitants d'autres planètes voyagent sur notre terre, le plus probable est qu'ils rient maintenant de scepticisme ; et pourtant, il en est bien ainsi : de tout temps notre terre a été visitée par des habitants d'autres planètes.

De vieilles traditions disent que le Maître Sanat Kumara, fondateur du Grand Collège des Initiés de la Grande Loge blanche, est venu de Vénus avec son corps physique.

Le sage de notre histoire était un Maître venu d'une autre planète, mais il gardait le secret.

De merveilleux instruments de musique ont existé à d'autres époques, avec lesquels on réalisait de formidables expériences. En sachant manier les vibrations profondes du son, on peut agir sur toute substance, sur toute vie. Jean dit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu ».

En réalité sans le son, sans le verbe, sans la parole, le système solaire dans lequel nous vivons, nous nous mouvons et avons notre être, n'existerait pas. À l'aube de la vie, les Cosmocréateurs ont travaillé dans leurs temples avec la Magie sexuelle du Verbe.

Les deux forces fondamentales ne peuvent créer par elles-mêmes : une troisième force est nécessaire, en accord avec la Magie sexuelle du Verbe. N'importe quel Maître en méditation peut étudier la Cosmogénèse dans les registres Akashiques et vérifier par lui-même le travail liturgique des Cosmocréateurs à l'aube de la vie. Les registres akashiques présentent à tout Illuminé les temples des Cosmocréateurs et leur travail avec les vibrations.

À l'intérieur de chaque temple, on peut voir, assis sur leurs Trônes, placés à l'Orient interne, un prêtre et une prêtresse. Chaque temple possède un rez-de-chaussée sur lequel sont placés tous les sièges d'honneur et toutes les colonnes du temple. Ce sont les Élohim mentionnés par les écritures sacrées qui occupent ce rez-de-chaussée.

C'est là, la franc-maçonnerie des premiers âges, ce sont là, les ateliers des Cosmocréateurs. Le prêtre chante et la prêtresse aussi et avec eux tous les Élohim du Temple et leurs voix résonnent dans le Chaos.

Ainsi se réalisent les Rituels du Feu à l'aube de la vie, et les trois forces appelées masculine, féminine et neutre vibrent scientifiquement pour produire des phénomènes multiples dans la Matière primordiale. La Grande Mère, la matière première du Grand-Œuvre, se fait féconde et les germes de toute création éclatent en bourgeons. C'est ainsi que naît l'univers du Plérôme, c'est ainsi que naît le système solaire.

La Magie sexuelle du Verbe a créé l'Univers dans lequel nous vivons, nous nous mouvons et avons notre Être. Notre système solaire était subtil au commencement, puis il devint à chaque fois de plus en plus dense, jusqu'à prendre sa consistance physique actuelle. Cet univers est donc un produit des vibrations du verbe, de la musique.

Chapitre 3 - La Loi du Trois

Bien-aimés, il est nécessaire en ce Noël de 1965 que nous connaissions à fond la Loi du Trois. Il est urgent de savoir quelle place nous occupons dans ce Rayon merveilleux de la Création.

Le Fils est venu au monde pour nous sauver et il est nécessaire de savoir ce qu'est le Père, ce qu'est l'Esprit-Saint. Tous les Trimurtis sacrés de toutes les religions correspondent aux trois forces primaires de l'univers. Le Père, le Fils et l'Esprit-Saint constituent une Trinité à l'intérieur de l'Unité de la Vie.

Isis, Osiris, Horus ; Brahma, Vishnu et Shiva, etc. sont les Trimurtis sacrés qui représentent toujours les trois mêmes forces primaires. Tous les phénomènes cosmiques, toute création, ont leur base dans les trois forces primaires.

Les scientifiques contemporains reconnaissent la force et la résistance, la force positive et la force négative, les cellules positives et négatives, c'est-à-dire les cellules masculines et féminines, etc., mais ils ignorent que sans une troisième force neutre, tout phénomène, toute création est impossible. Il est certain et de toute vérité qu'une ou deux forces ne peuvent produire aucun phénomène quel qu'il soit, mais les scientifiques croient que les forces positives et négatives peuvent produire tous les phénomènes.

Si nous nous étudions nous-mêmes profondément, nous pourrons découvrir les trois forces en action. L'électricité n'est pas que positive ou négative, elle existe aussi sous sa forme neutre. Une ou deux forces ne peuvent jamais produire aucun phénomène et chaque fois que nous observons un arrêt dans le développement de quelque chose, nous pouvons dire avec une certitude absolue qu'il manque là la troisième force.

Les trois forces primaires se séparent et s'unissent de nouveau, se divisent et se multiplient cosmiquement. Dans l'Absolu non-manifesté, les trois forces primaires constituent une unité indivisible et autoconsciente sous une forme intégrale.

Pendant la manifestation cosmique, les trois forces primaires se séparent et s'unissent, et aux points où les trois concourent, se créent des phénomènes, des mondes, des univers, etc. Dans le Rayon de la Création, ces trois forces semblent être trois volontés, trois consciences, trois unités. Chacune de ces trois forces contient en elle-même toutes les possibilités des deux autres, mais en leur point de conjonction, chacune d'elles ne manifeste qu'un seul principe, le positif, le négatif ou le neutre. Il est très intéressant de voir les trois forces en action ; elles se séparent, s'éloignent puis se rencontrent de nouveau pour former de nouvelles et différentes trinités, qui sont le point de départ de nouveaux mondes, de nouvelles créations cosmiques.

Dans l'Absolu les trois forces sont le Logos Unique, la variété à l'intérieur de l'unité totale, le Père, le Fils et l'Esprit-Saint, constituant un tout Omni-conscient et Omni-miséricordieux.

Le Maître G., parlant à ses disciples sur la Loi du Trois, dit : « Imaginons l'Absolu comme un cercle dans lequel il y a un certain nombre d'autres cercles ou, disons, de mondes de second ordre. Prenons un de ces cercles et désignons l'Absolu par le numéro un parce qu'en Lui les trois forces constituent un tout. Nous désignerons les petits cercles par le numéro trois parce que dans un monde de second ordre, les trois forces sont divisées. En se joignant de nouveau à l'intérieur de chacun des mondes de deuxième ordre, les trois forces divisées créent (fabriquent) de nouveaux mondes, des mondes de troisième ordre. Prenons un de ces mondes de troisième ordre créés (fabriqués) par les trois forces qui agissent déjà semi-mécaniquement, cessent de dépendre de la volonté unique de l'Absolu et commencent à dépendre de trois lois mécaniques. Ces mondes de troisième ordre ont été créés par les trois forces et, ayant été créés, ils manifestent à leur tour trois forces nouvelles qui leur sont propres, et nous constatons ainsi que le nombre des forces qui agissent dans un monde de troisième ordre, est de six en tout. Dans le diagramme, on désigne le cercle de troisième ordre par le numéro six (3+3).

À leur tour, ces mondes créent de nouveaux mondes : des mondes de quatrième ordre. Dans ces mondes de quatrième ordre, on retrouve en action les trois forces du monde de second ordre, les six forces d'un monde de troisième ordre et trois forces propres, ce qui donne douze forces en tout. Prenons un de ces mondes et désignons-le par le numéro douze (3+6+3). Comme ils sont soumis à un plus grand nombre de lois, ces mondes se trouvent encore plus éloignés de la volonté de l'Absolu et ils sont encore plus mécaniques. Les mondes créés à l'intérieur de ces derniers mondes seront gouvernés par vingt-quatre forces (3+6+12+3). Les mondes créés à l'intérieur de ceux-ci seront gouvernés à leur tour par 48 forces, et on arrive à cette somme comme suit : trois forces résultant du monde qui procède immédiatement de l'Absolu, 6 du suivant, 12 de celui qui suit ce dernier, 24 de celui qui suit à son tour, plus 3 forces qui lui sont propres (3+6+12+24+3) soit 48 en tout.

Les mondes créés à l'intérieur des mondes 48, seront gouvernés par 96 forces (3+6+12+24+48+3). Les mondes de l'ordre suivant seront gouvernés par 192 forces, et ainsi de suite.

Si nous analysons à fond ces calculs mathématiques du Maître G., nous devons comprendre que le monde de 96 lois est le premier plan submergé de l'Abîme et que le monde de 192 lois correspond au deuxième plan submergé de l'Abîme. L'Abîme est le règne minéral et il est situé sous la surface de la terre. L'abîme est le Tartare grec, l'Avitchi hindou, l'Averne romain, l'Enfer chrétien, etc.

L'Abîme a sept régions atomiques submergées ; ce sont les Enfers atomiques de la Nature. La Loi du Trois nous permet de savoir combien de lois gouvernent chaque région submergée de l'Enfer. Si, dans le monde cellulaire de 48 lois qui est le monde cellulaire où nous vivons, tout est déjà mécanique et si la volonté de l'Absolu n'y est pas faite le moindrement, que dirons-nous du Règne minéral ? Ce sont les égarés qui vivent dans le règne minéral, la vie y est très éloignée de la Volonté de l'Absolu. Dans le Règne minéral submergé, on ne se rappelle même plus de la Volonté de l'Absolu. Le Rayon de la Création commence dans l'Absolu et se termine dans l'Enfer. L'ordre du Rayon de la Création est le suivant :

1^o^ ABSOLU.

2^o^ TOUS LES MONDES.

3^o^ TOUS LES SOLEILS.

4^o^ LE SOLEIL.

5^o^ TOUTES LES PLANÈTES.

6^o^ LA TERRE.

7^o^ L'ENFER.

Nous regrettons de devoir être en désaccord avec le Maître G. sur la fameuse question de la Lune. Le Maître G. croit que le Rayon de la Création commence dans l'Absolu et se termine dans la Lune. Le Maître G. suppose que la Lune est un fragment qui s'est détaché de la Terre dans un passé très lointain. Le Maître G. croit que la Lune est un monde qui est en train de naître et qui se nourrit de la vitalité terrestre.

Ceux qui, comme nous, ont été actifs dans le Jour Cosmique précédent, savent très bien que la Lune a été un monde comme la Terre, un monde qui est passé par plusieurs processus évolutifs et involutifs, un monde qui a eu de la vie en abondance, et qui est maintenant mort. La Lune est un cadavre. La Lune appartient au Rayon de Création précédent et n'appartient pas à notre Rayon de Création actuel.

L'influence lunaire est de type subconscient submergé et contrôle les régions ténébreuses de l'abîme terrestre. C'est pourquoi ces régions sont appelées en ésotérisme Régions sublunaires submergées ; ce sont les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et grincements de dents.

Nous vivons normalement dans ce monde cellulaire de 48 lois et il est très intéressant de savoir que la cellule germinale dont provient par gestation l'organisme humain, possède 48 chromosomes. Si, dans le monde et dans tous les mondes de troisième ordre créés par les trois forces qui agissent déjà semi-mécaniquement, la Volonté de l'Absolu n'est déjà plus faite, cette Volonté est encore moins faite dans ce monde de 48 lois dans lequel nous vivons, nous nous mouvons et avons notre Être. Il nous reste une seule consolation (bien que dans le fond, elle soit terrifiante), c'est qu'au-dessous de nous, sous la surface de la Terre, existent des mondes de 96 et 192 forces et encore plusieurs autres, qui sont énormément plus compliqués et terriblement matérialistes, et où on ne se rappelle même plus que la Volonté de l'Absolu existe.

L'Absolu crée son plan cosmique dans le monde des 3 lois, et ensuite tout se poursuit de façon mécanique. Nous sommes séparés de l'Absolu par les 48 lois mécaniques qui nous rendent la vie épouvantablement mécanique et terriblement ennuyeuse.

Si nous nous fabriquons un Corps astral véritable (à ne pas confondre avec le corps de désirs dont parle Max Heindel), nous nous libérons de la moitié de ces lois et ne demeurons soumis qu'aux 24 ordres de Loi qui gouvernent sagement le monde planétaire. Se fabriquer un Corps solaire, c'est-à-dire un Corps astral authentique, signifie en fait s'approcher d'un pas de l'Absolu. Si, après avoir fabriqué le Corps astral, nous nous offrons le luxe de nous fabriquer le Corps mental (à ne pas confondre avec le mental qu'utilisent normalement les vivants et les morts et qui est de type lunaire-animal), nous faisons un autre grand pas en direction de l'Absolu et ne demeurons soumis qu'aux 12 Lois Solaires. Si nous nous fabriquons le Corps de la Volonté consciente, ou Corps causal (à ne pas confondre avec l'Essence animique, déposée à l'intérieur du mental lunaire), nous nous libérons alors des 12 Lois Solaires et ne demeurons soumis qu'aux 6 ordres de lois cosmiques, ce qui signifierait faire un troisième pas vers l'Absolu.

Le quatrième pas nous amène à l'Absolu lui-même, au Protocosmos divin, lequel n'est gouverné que par 3 lois. Le Protocosmos est esprit divin et il est immergé au sein de l'Absolu. Tous les soleils et tous les mondes du Protocosmos sont constitués par la divine substance de l'Esprit Divin.

Nous pouvons monter ou descendre, retourner à l'Absolu ou descendre au règne minéral. Les âmes qui entrent au Règne minéral restent d'abord soumises à 96 ordres de lois, puis à 192 et, à mesure qu'elles involuent dans ce règne submergé, elles se compliquent avec un nombre de lois de plus en plus grand. Ceux qui entrent à l'Abîme minéral involuent, reculent, en passant par les règnes animal, végétal et minéral. Quand les égarés arrivent à l'état minéral, quand ils se fossilisent complètement sous la surface de la terre, alors ils se désintègrent et sont réduits en poussière. L'Abîme est le creuset de fusion ; il faut que les ténébreux se désintègrent dans l'Abîme pour que l'essence, l'âme, se libère et retourne à son Esprit Divin, d'où elle est sortie un jour. Dans le creuset de l'Abîme, les âmes pétrifiées sont fondues par le processus cosmique qu'Ibsen a symbolisé comme le fondeur de boutons dans « Peer Gynt ».

Il est clair que cette fusion des formes pétrifiées et rigides qui ont perdu le pouvoir de se développer, comporte d'épouvantables souffrances et des amertumes indescriptibles. Le creuset de fusion a pour objet de restaurer le produit psychique défectueux, de le ramener à son état naturel de pureté primitive, et de le libérer des corps lunaires, après avoir désintégré le Moi au moyen de l'Involution submergée. Dans le creuset de fusion cosmique, les corps lunaires et l'Égo sont réduits en poudre. Ce n'est qu'en réduisant en poudre l'Égo et ses corps lunaires que l'on peut libérer de l'Abîme l'Essence, l'Âme, le Principe psychique.

Un sage auteur disait : « La descente aux enfers est, par conséquent, un voyage vers l'arrière dans l'involution ; un glissement dans une densité toujours croissante, dans l'obscurité, la rigidité et l'ennui inconcevable du temps ; une chute vers l'arrière à travers les âges jusqu'au chaos primitif, d'où l'ascension infinie vers la connaissance de Dieu doit reprendre depuis le commencement ».

Le Livre des Morts Tibétain dit, à propos de l'Abîme : « En tombant là, tu auras à subir des souffrances insupportables, sans que tu puisses voir l'heure où tu leur échapperas ». Dante situe l'Enfer à l'intérieur de la Terre et considère qu'il est formé de sphères concentriques de densité croissante, ces sphères étant de type sublunaire. Chacune de ces sphères submergées est gouvernée par une quantité accablante de lois, cette quantité pouvant commencer par être 96 pour devenir ensuite 192 et se multiplier de plus en plus, en accord avec la Loi du Trois.

Un maître, parlant de l'Enfer disait : « C'est là le Naraka hindou situé au-dessous de la terre et au-dessous des eaux. C'est aussi l'Aralu babylonien, la terre du non-retour, la région de l'obscurité, la maison d'où l'on ne ressort pas, le chemin dont le voyageur ne revient jamais, la maison dont les habitants ne voient pas la lumière, la région où la poussière est le pain que l'on mange et la boue la nourriture. C'est le Tartare grec auquel menait la bouche de la terre d'où s'écoule du feu et où il y a d'énormes fleuves de feu et plusieurs rivières de boue : une caverne dans la terre, qui est la plus grande de toutes et qui, de plus, traverse toute la Terre ».

« Ceux qui sont considérés incurables sont jetés par l'ange dans le Tartare et n'en ressortent plus. C'est l'Amenti égyptien représenté dans le plan cosmique de la grande pyramide par une chambre obscure dans le rocher, à cent pieds sous la surface et de laquelle part un corridor final qui ne conduit nulle part ».

Enfer vient du mot latin Infernus et ce mot signifie Région inférieure. La région inférieure n'est pas la région cellulaire où nous vivons ; la région inférieure est le sous-monde, le Règne minéral submergé sous la surface de la croûte terrestre. L'Enfer est donc un sous-monde avec sept régions à l'intérieur de la Terre. La lithosphère est le règne des minéraux et la Barysphère est le règne des métaux.

Tous les êtres humains, un peu plus tard ou un peu plus tôt, s'identifient avec le monde minéral à cause de leur persistance dans le crime, et finissent par entrer dans le Règne minéral pour subir le sort des minéraux. Les processus géologiques et les temps géologiques sont épouvantablement lents et douloureux. Rares sont les êtres humains qui se décident à se libérer des 48, 24, 12 et 6 lois pour entrer dans l'Absolu. L'humanité dans son ensemble préfère toujours passer des 48 lois aux 96. Il est plus facile d'entrer dans le monde des 96 lois que de se libérer des 48, l'humanité préfère toujours le plus facile. Avoir un cœur dur, un cœur de pierre, etc. enchante l'humanité, s'identifier avec le Règne minéral et partager le sort du minéral enchante l'humanité.

Tous les Enfers religieux sont des symboles du Règne minéral ; les enfers atomiques de la nature constituent le sous-monde minéral. Ce qui est normal, naturel, c'est que l'humanité, dans sa presque totalité, entre dans le Règne minéral. Ce qui est étrange, ce qui est révolutionnaire, c'est que quelques-uns se réalisent et, après s'être libérés de toutes les lois, entrent dans l'Absolu.

Se libérer des 48, des 24, des 12 et des 6 lois, signifie faire de terribles surefforts et ces surefforts ne plaisent pas aux gens. Les gens veulent toujours le plus confortable, le plus facile et c'est pourquoi presque tous les êtres humains, un peu plus tard ou un peu plus tôt, cessent de naître pour entrer dans le sous-monde des 96 lois.

Ce n'est qu'à travers la Révolution de la Conscience que nous pouvons nous libérer des 48, des 24, des 12 et des 6 lois, mais la Révolution de la Conscience ne plaît pas aux gens. Les gens préfèrent danser, boire, forniquer, commettre l'adultère, s'enivrer, gagner beaucoup d'argent, etc. Cela est plus confortable pour les gens que la Révolution de la Conscience.

La Révolution de la Conscience comporte trois facteurs qui ne plaisent pas aux gens : 1^O^ Mourir ; 2^O^ Naître ; 3^O^ Se sacrifier pour l'humanité.

Voilà qui est difficile pour les gens en général. Rare est celui qui veut mourir, c'est-à-dire désintégrer son cher Je. Rare est celui qui se résout vraiment à réaliser la connexion sexuelle sans éjaculation de la semence, dans le but de fabriquer son Corps astral légitime, son authentique Corps mental et son véritable Corps causal, ou Corps de la Volonté consciente. Rare est celui qui est résolu à se sacrifier pour le salut du monde. Les gens préfèrent jouir des plaisirs de la terre et entrer ensuite dans le sous-monde minéral pour y subir le sort des minéraux ; c'est plus facile, plus confortable, plus doux. La Révolution de la Conscience requiert de terribles surefforts et les gens n'aiment pas ce qui les dérange.

Chapitre 4 - La Matérialité Cosmique

La science de la musique, avec la combinaison scientifique et mathématique correcte des vibrations agissant sur l'Ens-Seminis chaotique et précosmique, est à l'origine de sept ordres de mondes avec sept états de matérialité. Les Écoles ésotériques enseignent qu'il y a dans le monde sept plans de Conscience Cosmique.

Nous ne pouvons pas oublier non plus qu'à l'intérieur de notre monde, sous la surface de la Terre, se trouvent sept régions atomiques submergées qui sont les Enfers atomiques de la Nature.

Le saint Heptaparaparshinokh (la Loi du Sept) est une loi fondamentale de tout le créé.

Les vibrations sonores des sept centres de gravité ont été à l'origine de tous les processus TROGOAUTOÉGOCRATIQUES (alimentation réciproque de tout l'existant). Ces processus en viennent finalement à cristalliser toutes les concentrations de mondes.

La musique, le verbe est à l'origine de tous les processus de fusion mutuelle des vibrations. Grâce à cette loi de l'alimentation mutuelle de tout l'existant, sous l'impulsion scientifique des vibrations sonores, certaines vibrations sortent de certaines autres et des substances cosmiques de densités différentes et de vitalités différentes s'unissent et se séparent pour former des concentrations grandes ou petites relativement indépendantes, le résultat de tout ceci étant l'Univers.

Le premier ordre de mondes est très spirituel et est dans le sein de Celui qui n'a pas de nom. Le deuxième ordre de mondes a un type de plus grande matérialité. Dans le troisième ordre de mondes, la matérialité augmente, et ainsi de suite ; dans chacun des sept ordres, il y a aussi un échelonnement septénaire de la matérialité.

Le monde, l'univers en général, est constitué de vibrations et de matières. « Énergie est égale à la masse multipliée par la vitesse de la lumière au carré ». « La masse se transforme en énergie, l'énergie se transforme en masse ».

La matière se trouve dans un état vibrant. La vitesse de la vibration est inversement proportionnelle à la densité de la matière.

Chaque atome du premier ordre de mondes contient à l'intérieur de lui-même un atome de l'Absolu et c'est pourquoi le premier ordre de mondes est spirituel à cent pour cent. Chaque atome du second ordre de mondes contient trois atomes de l'Absolu et a donc un peu plus de matérialité, bien qu'il soit toujours très spirituel. Chaque atome du troisième ordre de mondes contient à l'intérieur de lui-même six atomes de l'Absolu et il est clair que la matérialité y est encore plus grande. Chaque atome du quatrième ordre de mondes contient à l'intérieur de lui-même douze particules primordiales, c'est-à-dire douze atomes de l'Absolu, et il est donc logique de dire que le quatrième ordre de mondes a une matérialité plus grande que les trois ordres précédents. Chaque atome du cinquième ordre de mondes a à l'intérieur de lui-même vingt-quatre atomes de l'Absolu et c'est pourquoi il est clair que la matérialité y est beaucoup plus grande.

Nous autres, pauvres animaux intellectuels, qui avons le malheur d'être condamnés à la peine de vivre, avons la malchance d'exister dans ce recoin écarté et obscur de l'Univers, qui appartient à un monde de sixième ordre. Chaque atome de notre monde de 48 lois contient à l'intérieur de lui-même 48 atomes de l'Absolu. La matérialité de notre monde est horrible et tout ce qui peut être atteint de soi-même avec une suprême facilité dans les mondes 6, 12 ou 3, ne peut être atteint ici que dans le sang et avec des souffrances indicibles.

Au-dessous de nous se trouve le sous-monde où la matérialité est affreusement dense. La première région de l'Abîme a des atomes qui contiennent chacun à l'intérieur de lui-même pas moins de 96 lois, quatre-vingt-seize particules primaires, quatre-vingt-seize atomes de l'Absolu. Dans la deuxième région du règne minéral, chaque atome contient cent quatre-vingt-douze atomes de l'Absolu, et ainsi de suite.

Le règne minéral est donc épouvantablement matérialiste et c'est pourquoi la vie sous la terre est réellement un Enfer. Néanmoins il est bon d'éclaircir le fait que l'Enfer a sa mission : il est le crématoire cosmique et il est donc nécessaire. Quelqu'un a dit : « Enfer vient du mot latin Infernus, région inférieure, donc l'Enfer est le monde où nous vivons ici-bas ». Ce quelqu'un s'est bien trompé car la région cellulaire où nous vivons n'est pas la région inférieure.

Nous vivons dans le sixième ordre de mondes, gouvernés par 48 lois, et le monde inférieur est le septième, en accord avec la Loi du Sept. Nous savons déjà que le septième monde est le sous-monde dont la première région est gouvernée par 96 Lois.

L'Enfer n'est pas un lieu rempli de flammes. L'Enfer est un sous-monde, bien qu'il soit logique de dire que dans le sous-monde brûlent les flammes des passions. Tous les Enfers religieux ne sont que des symboles du sous-monde. Le temps dans le règne minéral est un temps de rochers, un temps épouvantablement lent et terriblement accablant. Chaque petit événement dans le sous-monde équivaut à 80 ans, 800 ans, 8 000 ans ou 80 000 ans.

Les égarés de l'ancienne Terre-Lune, appelés Lucifers, Ahrimans et Anagarikas au turban rouge, vivent toujours dans ce Règne minéral submergé et croient qu'ils vont très bien, et qu'ils sont en train de progresser. Les perdus croient toujours qu'ils vont très bien et sont toujours pleins de bonnes intentions

Chapitre 5 - La Nature

Le pauvre animal intellectuel faussement appelé homme, peut développer toutes ses possibilités occultes s'il le veut bien, mais le développement de toutes ces possibilités n'est pas vraiment une loi. La loi pour l'homme-machine est de naître, grandir, se reproduire et mourir à l'intérieur du cercle vicieux des Lois mécaniques de la Nature.

Jésus le Christ, dont nous célébrons ce soir la naissance par des rituels et une fête, a dit ce qui suit : « Efforcez-vous pour entrer par la porte étroite, parce que beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et n'y parviendront pas ». Étroite est la porte et resserré le chemin qui conduit au développement de toutes les possibilités de l'homme, mais bien peu nombreux sont ceux qui rencontrent cette porte et ce chemin.

Le chemin qui conduit au développement de toutes les possibilités occultes de l'homme va en fait contre la nature, contre le Cosmos, contre la vie sociale ordinaire et courante, contre soi-même, contre tout et contre tous. Cela explique pourquoi le chemin est si difficile et exclusif. Quelqu'un l'a appelé le « Sentier de la lame de rasoir ». C'est un chemin très amer, plus amer que le fiel, c'est l'opposé de la vie courante, de la vie de tous les jours. Il se fonde sur une autre catégorie de principes ; il est soumis à d'autres lois.

Le pauvre animal intellectuel appelé de façon ambiguë homme, peut développer toutes ses possibilités s'il le veut bien, mais ses possibilités peuvent aussi rester sans aucun développement et peuvent aller jusqu'à se perdre totalement. Plusieurs pseudo-occultistes et pseudo-ésotéristes supposent à tort que ces possibilités peuvent se développer d'elles-mêmes grâce à la sage Loi de l'Évolution, mais ce concept est complètement faux parce qu'aucune loi mécanique ne peut développer toutes nos possibilités latentes.

L'Autoréalisation intime de l'homme n'est jamais le produit de quelque mécanique, mais bien le résultat d'un travail conscient fait avec une suprême patience et une suprême douleur pour nous-mêmes et à l'intérieur de nous-mêmes. Ce n'est qu'au moyen de travaux autoconscients successifs et ininterrompus à l'intérieur de nous-mêmes que nous pouvons développer toutes nos possibilités occultes.

La Loi de l'Évolution et du Progrès, et la Loi de l'Involution et de la Régression, sont deux lois mécaniques qui travaillent de façon harmonieuse et coordonnée dans toute la Nature. Tout évolue et involue, avance et recule ; l'évolution est présente dans tous les organismes qui naissent et se développent ; l'involution est présente dans tous les organismes qui vieillissent et meurent.

Dans la vie ordinaire de tous les jours, parmi toutes ces écoles pseudo-ésotériques, pseudo-occultistes, spiritualistes, scientifiques, etc., il ne s'en trouve aucune qui contienne toutes les possibilités du chemin et, tôt ou tard, elles ne peuvent nous conduire qu'à la mort, elles ne peuvent nous mener à rien d'autre. Le Sentier de la lame de rasoir est plein de dangers au dedans et au-dehors. Il est très rare que quelqu'un trouve le chemin, mais il est encore plus rare de trouver quelqu'un qui n'abandonne pas le chemin et arrive au but.

Il existe dans le monde plusieurs écoles pseudo-ésotériques et pseudo-occultistes ayant de très bonnes intentions, et faisant des études précieuses, qui ne nuisent à personne et qui sont bénéfiques pour tous, mais là n'est pas le Chemin. Sans aucun doute le Chemin est plutôt caché, étroit, et ce qui est encore pire, affreusement difficile. Le Chemin ne plaît qu'à un petit nombre de personnes ; les pseudo-ésotéristes, pseudo-occultistes et membres de certaines sectes très jolies détestent le Chemin et le qualifient de magie noire.

L'Évolution mécanique de l'Animal intellectuel appelé par erreur Homme est nécessaire à la Nature jusqu'à un certain point bien défini. Au-delà de ce point, l'évolution mécanique du bipède humain devient non seulement superflue pour la Nature, mais lui est même nuisible.

Les processus évolutifs et involutifs de l'humanité correspondent aux périodes d'évolution et d'involution des planètes dans l'espace. Pour aller à l'essentiel, nous dirons que, en réalité, l'humanité n'évolue pas ; certains changements se produisent à la périphérie de la conscience humaine, mais aucun changement ne se produit au centre de la Conscience humaine.

Les multitudes qui acclamaient Néron et demandaient la crucifixion du Christ-Jésus, les multitudes qui prenaient plaisir à lapider les prophètes, sont toujours les mêmes : elles ont simplement changé d'époque et de costumes ; l'Essence demeure la même, elle n'a pas progressé.

Les planètes produisent des changements, quelquefois évolutifs, quelquefois involutifs, à la périphérie de l'Animal intellectuel. Des civilisations tombent, de nouvelles surgissent, mais l'Âme, l'Essence, demeure la même. Cette triste fourmilière humaine vit à la surface de la Terre pour accomplir les desseins de la Nature et satisfaire ses besoins. La Terre ne gaspille rien, car elle veut vivre, et elle utilise aussi bien les produits de l'Évolution que ceux de la dégénération, même si les intentions à l'origine de ces produits étaient complètement différentes.

L'Animal Intellectuel peut se convertir en homme véritable au moyen de l'Autoréalisation intime, mais l'Autoréalisation de toutes les masses humaines est non seulement quelque chose d'impossible, mais serait même préjudiciable à la planète où nous vivons. La Nature n'a pas besoin de l'Autoréalisation intime de l'homme ; celle-ci est même contraire à ses intérêts. C'est pour cette raison qu'il existe certaines forces, malheureusement noires, qui s'opposent violemment à l'Autoréalisation intime des multitudes humaines.

La vie générale de l'humanité s'est divisée en deux courants depuis l'époque de la fameuse civilisation Tikliamishienne qui a existé plusieurs siècles avant que naisse Babylone. L'évangile Chrétien nous parle des deux troupeaux, le troupeau des brebis et le troupeau des chèvres. Il ne fait aucun doute que la quasi-totalité des êtres humains qui peuplent la Terre appartient au royaume des chèvres.

La Nature avale ses propres fils, la Nature mange ses chèvres, qui sont aussi nombreuses que les grains de sable dans la mer. La vie humaine sur la Terre s'écoule en deux courants : celui des brebis et celui des chèvres.

L'homme qui possède réellement et véritablement l'Être, l'Intime, suit le courant du fleuve de la vie. L'homme qui ne possède pas l'Être suit le courant du fleuve ténébreux de la mort. Le fleuve de la vie va se perdre dans l'océan de l'Esprit universel de Vie. Le fleuve de la mort va se perdre parmi les crevasses des régions de la Terre. La Terre a besoin de nourriture et le fleuve de la mort la lui apporte dans ses eaux noires.

La Construction involutive qui se produit à l'intérieur de la planète Terre ne pourrait avoir lieu sans l'activité des hommes à poil de chèvre qui entrent dans le Monde souterrain. À travers tout ce mécanisme vital du monde, à travers tous ces processus chimiques qui structurent la roche dure, se trouve le psychisme collectif des hommes à poil de chèvre. Les ténébreux fournissent au fer, au silex et au granit leur consistance physique. Si, par quelque procédé, nous pouvions extraire de l'Enfer (règne minéral), tous les ténébreux qui y habitent, la roche dure perdrait sa consistance, sa dureté, et deviendrait élastique, plastique, inutile ; alors sa fin serait un fait inévitable.

La première libération de l'homme consiste précisément en cette possibilité de passer du courant ténébreux qui est prédestiné à disparaître dans les profondeurs de la Terre, au courant lumineux qui doit se jeter dans l'océan de la Grande Lumière.

Il n'est pas facile de passer du courant noir au courant blanc ; pour ce passage il est urgent de renoncer à tout ce qui nous plaît et nous semble une bénédiction, à tout ce qui nous paraît romantique et précieux, etc. Il faut mourir au monde, dissoudre le Moi, abandonner tout ce qui a un goût de délices et de passions, etc.

Il faut naître, et naître c'est travailler avec le Grain, avec la Semence ; naître est un problème sexuel. Il est indispensable d'aimer nos semblables et de nous sacrifier totalement pour eux. Le Chemin est plus amer que le fiel et il ne convient pas à la nature parce qu'il est contraire à ses desseins.

Le Règne minéral (l'Enfer) se nourrit de l'humanité ; l'humanité fait partie de la vie organique de la Terre, elle est la nourriture de la Terre. Si toute l'humanité s'autoréalisait, cela serait fatal pour le Règne minéral. La Nature s'oppose à l'Autoréalisation intime de l'homme parce que cela est contraire à ses propres intérêts ; ce qui est normal, naturel, c'est que le Règne minéral avale toute l'humanité.

Jésus le Christ a dit : « Sur mille qui me cherchent un seul me trouve, sur mille qui me trouvent un seul me suit et sur mille qui me suivent un seul est à moi ».

Chapitre 6 - La Révolution de la Conscience

La Révolution de la Conscience est le CINQUIÈME ÉVANGILE ; nous avons besoin de façon urgente d'un changement radical, total et définitif, et cela n'est possible qu'au moyen de la Révolution de la Conscience. L'Autoréalisation intime n'est possible chez des individus isolés qu'avec l'aide de connaissances et de méthodes adéquates. Une telle Révolution intime ne peut se produire qu'à l'intérieur de l'individu et va de fait contre les intérêts de la nature.

Le développement de toutes les possibilités occultes de l'Animal intellectuel est nécessaire uniquement et exclusivement pour lui-même ; le développement de ces possibilités individuelles n'intéresse ni la nature ni personne. Le plus grave de tout cela est de savoir que personne n'a l'obligation d'aider l'Individu révolutionnaire, personne n'a la moindre intention d'aider un révolutionnaire de cette sorte. Celui-ci est complètement seul et si un Maître révolutionnaire se décide à nous orienter, c'est que nous avons vraiment eu beaucoup de chance.

Les forces ténébreuses qui s'opposent résolument à l'Autoréalisation intime des grandes masses humaines, s'opposent aussi, et même de façon violente, à l'Autoréalisation intime de l'Individu révolutionnaire. Tout homme révolutionnaire doit être assez astucieux pour tromper les forces ténébreuses ; mais les masses humaines ne peuvent malheureusement pas le faire, seul l'Individu révolutionnaire peut trouver le moyen d'être plus rusé que ces forces ténébreuses.

Il n'y a pas d'Autoréalisation obligatoire ni mécanique ; l'Autoréalisation intime de l'homme est le résultat d'une lutte consciente. La nature n'a pas besoin de l'Autoréalisation intime de l'être humain ; elle ne la désire pas, la déteste et lutte contre elle avec ses meilleures armes. L'Autoréalisation intime ne peut être une nécessité urgente que pour l'homme révolutionnaire, quand celui-ci se rend compte de son horrible situation et de l'abominable sort qui l'attend, qui est d'être avalé voracement par le règne minéral.

La Révolution de la Conscience n'est possible que dans le sens de gagner, de conquérir nos propres possibilités latentes, nos propres trésors cachés. Si toute l'espèce humaine voulait obtenir ce qui lui revient de droit, l'Autoréalisation intime deviendrait impossible, parce que ce qui est possible pour l'Individu révolutionnaire est impossible pour les masses.

L'avantage du révolutionnaire séparé, c'est qu'il est réellement très petit et que pour les fins de la grande Nature, l'existence d'une machine de moins n'a pas la moindre importance. Si une cellule microscopique de notre corps se révolte contre nous, cela n'a pas la moindre importance, mais si toutes les cellules de notre corps se révoltent contre nous, alors là oui, la chose est grave et nous allons chez le médecin pour combattre cette révolution avec toutes les armes de la science. De même, ce qui se produit chez un individu isolé est trop petit pour influencer toute la vie de l'organisme planétaire dans lequel nous vivons, nous nous mouvons et avons notre Être.

Ceux qui affirment que tous les êtres humains arriveront tôt ou tard à l'Autoréalisation intime grâce à l'évolution de la nature sont d'extraordinaires menteurs, des farceurs, des fumistes, parce qu'il n y a jamais eu et qu'il n'y aura jamais d'Autoréalisation mécanique.

L'Autoréalisation intime est la Révolution de la Conscience et celle-ci ne peut jamais faire sa révolution de façon inconsciente. La révolution de l'homme est la révolution de sa volonté et ne pourra jamais être une révolution involontaire de type mécanique. L'Autoréalisation intime est le résultat de suprêmes auto-efforts volontaires et parfaitement autoconscients. L'Autoréalisation intime exige de formidables surefforts individuels et ceux-ci ne sont possibles qu'au moyen de la Révolution de la Conscience.

Jésus le Christ, dont nous célébrons la nativité en cette nuit de 1965, n'a jamais promis le Royaume à tous les êtres humains. Jésus a mis l'accent sur la difficulté d'entrer dans le Royaume.

« L'arbre qui ne donne pas de fruit, coupez-le et jetez-le au feu ». « Il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus ». « Le royaume des cieux est semblable à un filet que vous jetez dans la mer et qui regorge de toutes sortes de poissons. Une fois qu'il est plein, vous le tirez sur le rivage et, une fois assis, vous recueillez le bon poisson dans des barils et jetez le mauvais dehors. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront, et ils sépareront les méchants d'entre les justes, et les jetteront dans la géhenne du feu (le règne minéral). Là seront les sanglots et les grincements de dents ».

Il n'y a que l'homme véritablement révolutionnaire qui puisse entrer au Royaume de la Magie Blanche, au Royaume de l'Ésotérisme, au Magis Regnum ou Regnum Dei. Jésus l'a dit : « Le royaume des cieux est assailli avec courage ; ce sont des courageux qui l'arrachent ».

Ce qui est normal, ce qui est naturel, c'est que la race des Animaux intellectuels faussement appelés hommes tombe dans l'Abîme et y soit dévorée par Am-nit, le dévoreur des morts, dont les mâchoires de crocodile sont une préfiguration de toutes les bouches de l'Enfer du Moyen-Âge. Ce monstre abominable (symbole du règne minéral, avec ses sept régions atomiques submergées), en partie reptile, en partie lion et en partie hippopotame, qui surgit, selon les dires des Égyptiens, d'un lac de feu ardent, est le dévoreur de cœurs, le dévoreur des non revendiqués et pour les Égyptiens il symbolisait une sorte de terrible Vautour cosmique, dont la fonction était de consommer les déchets ou les dépouilles de l'humanité.

Il n'est pas rare que quelqu'un entre dans le Règne minéral, c'est là chose normale et le Règne minéral en a besoin pour sa nourriture psychique ; ce qui est rare, c'est que quelqu'un entre au royaume de la Haute Magie, car là n'entrent que les Révolutionnaires de la Conscience, ardents comme le feu.

Chapitre 7 - Les Trois Facteurs

Les Trois Facteurs de la Révolution de la Conscience sont : 1^o^ Naître. 2^o^ Mourir. 3^o^ Se Sacrifier pour l'humanité.

Il est de toute évidence impossible de célébrer la Nativité du Cœur si le Christ ne naît pas en nous. Celui qui veut célébrer avec jubilation la Nativité du Cœur doit fabriquer les Corps existentiels supérieurs de l'Être. Ce n'est qu'en fabriquant les Corps existentiels supérieurs de l'Être que nous pouvons incarner le Christ interne.

Nous avons déjà dit dans tous nos Messages précédents que les Corps internes mentionnés par les Écoles pseudo-ésotériques et pseudo-occultistes ne peuvent pas servir à notre Autoréalisation intime parce que ce sont des Corps lunaires. Il nous faut d'urgence fabriquer les Corps solaires, les Corps existentiels supérieurs de l'Être. La fabrication de ces Corps solaires n'est possible qu'en pratiquant le Maïthuna (Magie sexuelle), dans le but de transmuter le fameux Hydrogène sexuel SI-12. Ce n'est qu'avec l'Hydrogène SI-12 que nous pouvons fabriquer les Corps existentiels supérieurs de l'Être.

Il est tout à fait impossible d'incarner l'Être si nous ne possédons pas les Corps solaires, si nous ne les fabriquons pas au moyen du Maïthuna (Magie sexuelle). Nous avons déjà donné maintes et maintes fois la clé du Maïthuna, mais nous devons la répéter dans ce « Message de 1965-1966 » pour ceux qui ne la connaissent pas : connexion sexuelle du Lingam-Yoni, sans jamais renverser l'Ens-Seminis de toute sa vie.

Nous avons aussi donné beaucoup d'indications et d'éclaircissements dans les Messages précédents sur la nécessité de savoir mourir. La mort mystique, la mort du Moi, la mort du Moi-Même, la mort du Soi-Même est urgente. Nous avons trop expliqué que le Moi est une légion de diables. Il est urgent de désintégrer le Moi, de le réduire en poussière, dans le seul but qu'existe seulement l'Être à l'intérieur de nous. Il est clair que pour désintégrer le Moi il faut une éthique révolutionnaire basée sur la psychologie. Nous avons enseigné cette éthique, nous avons enseigné cette psychologie. La dissolution du Moi est une révolution radicale, totale et définitive.

Le troisième facteur fondamental de la Révolution de la Conscience consiste à se sacrifier pour l'humanité, à montrer le chemin aux autres ; là est la charité bien comprise, là est l'amour.

Nous avons donné beaucoup d'indications et d'explications dans nos messages précédents sur les Trois Facteurs fondamentaux de la Révolution de la Conscience, mais les gens sont tièdes et le Christ a dit : « Soyez chauds ou froids, mais pas tièdes, car je vomirai les tièdes de ma bouche ».

Les pseudo-ésotéristes et pseudo-occultistes réagissent aux Trois Facteurs de notre cinquième Évangile, chacun selon son âge, son conditionnement mental, ses préjugés, ses passions, ses faiblesses, etc.

Les personnes pleines de puissance sexuelle préfèrent commencer le travail par le Maïthuna, mais elles jettent aux oubliettes la mort du Moi et le sacrifice pour l'humanité.

Les pauvres vieillards décrépits, vieux et vieilles, tout comme les malades et les impuissants préfèrent commencer le travail par la dissolution du Moi, mais ils commettent l'erreur de confondre notre éthique révolutionnaire avec cette fausse morale tiède, subjective, insipide, incohérente, absurde, tant criée sur les toits par tous les petits frères des différentes écoles pseudo-ésotéristes et pseudo-occultistes. Enfin, quelques-uns de ces petits frères, des écoles ci-dessus mentionnées, préfèrent commencer le travail par le sacrifice pour l'humanité, en faisant quelque chose pour leurs semblables, mais ils commettent l'erreur d'oublier la dissolution du Moi et le Maïthuna.

Il y a aussi de très nombreux cas de personnes sexuellement puissantes et pleines de vie, qui préfèrent commencer le travail par la dissolution du Moi, mais ne sont pas révolutionnaires. Elles veulent dissoudre le Moi avec cette fausse morale niaise, avec cette morale désuète mentionnée ci-dessus, et qui abonde, comme nous l'avons déjà dit, parmi les gentils frères de toutes les écoles pseudo-ésotériques et pseudo-occultistes.

D'ordinaire, ces personnes se plaisent à dire avec un certain air de fausse sainteté : « Ce dont nous avons besoin tout d'abord, c'est de la moralité, car sans elle il n'y a rien. Tout le reste vient après », et ainsi ils s'échappent en fuyant pour se réfugier dans l'inertie pesante et horrible de la fausse morale.

Il est clair que tous ces gens courent inéluctablement à la catastrophe, et même s'ils ont des millions de vies dans ce monde, ils finissent par cesser de naître pour entrer dans le Règne minéral. L'Abîme est plein de gens sincères qui se sont trompés, et de personnes remplies de bonnes intentions.

Il est correct qu'un vieillard impuissant remette le Maïthuna à une de ses vies futures et commence à travailler en dissolvant le Moi, mais il n'est pas correct de vouloir dissoudre le Moi à base de bondieuserie. Il est correct que les personnes pleines de puissance sexuelle se mettent dès maintenant à travailler avec le Maïthuna pour fabriquer leurs Corps solaires, mais il n'est pas correct que ces personnes ne se préoccupent ni de la dissolution du Moi ni du sacrifice pour l'humanité. Il est correct de nous sacrifier pour l'humanité, mais il n'est pas correct d'oublier la dissolution du Moi et la fabrication des Corps existentiels supérieurs de l'Être. L'Autoréalisation intime n'est possible qu'en travaillant avec les Trois Facteurs fondamentaux de la Révolution de la Conscience.

Chapitre 8 - L'Abus Sexuel

Il est urgent qu'en ce Noël 1965-1966, nous comprenions de façon intégrale la nécessité de nous libérer de ce monde de 48 lois dans lequel nous vivons, si nous ne voulons pas tomber dans le monde horrifiant des 96 lois.

L'étude des 48 lois dans lesquelles nous vivons réellement est une étude très profonde. Si nous voulons nous libérer des 48 lois, nous devons les étudier en nous-mêmes.

Au début, nous comprendrons que nous sommes contrôlés par d'innombrables lois créées par nous-mêmes et par les gens qui nous entourent, puis nous comprendrons que nous sommes réduits en esclavage par ces mêmes lois. Quand nous commençons à nous libérer de toutes ces lois ennuyeuses créées par la société, il est clair que nos semblables deviennent nos ennemis car nous ne coïncidons plus avec eux dans leur façon erronée de penser, de sentir et d'agir.

La Révolution de la Conscience est terrible et nos semblables la haïssent mortellement de façon instinctive parce qu'ils ne la connaissent pas. Faire rentrer l'Énergie sexuelle vers l'intérieur et vers le haut, dissoudre le Moi et donner sa vie pour les autres est quelque chose d'étrange et d'exotique pour les chèvres et elles sont aussi nombreuses que les grains de sable dans la mer, et elles vivent comme nous. Pour les abuseurs du sexe, la Révolution de la Conscience est impossible et les hommes à poil de chèvre ne sont pas disposés à laisser tomber leurs abus sexuels.

La machine humaine a sept centres, cinq inférieurs et deux supérieurs, dont les gens ne soupçonnent même pas l'existence.

Nous allons maintenant étudier les cinq centres inférieurs : le premier est le Centre intellectuel, le deuxième est le Centre émotionnel, le troisième est le Centre du mouvement, le quatrième est le Centre de l'Instinct et le cinquième est le Centre du sexe.

Il ne fait aucun doute que le sexe est le centre de gravité de toutes les activités humaines. Les gens sont mus par le sexe quand ils vont à l'église, ils sont mus par le sexe quand ils se réunissent au café, ils sont mus par le sexe quand ils dansent. Quand l'homme rencontre sa compagne et qu'ils s'unissent sexuellement, la société a commencé. La mécanicité du sexe est effrayante et l'animal intellectuel ne veut pas la comprendre. Quand nous nous rendons conscients du sexe et de ses fonctions, quand nous travaillons avec le Maïthuna (la Magie sexuelle), la mécanicité disparaît et nous entrons sur le chemin de la régénération sexuelle. Le sexe possède le plus grand pouvoir d'esclavage et le plus grand pouvoir de libération totale. La nouvelle naissance dont Jésus a parlé à Nicodème dépend totalement du sexe. L'Ange Interne doit naître du sexe et ce n'est qu'avec le Maïthuna que nous pouvons l'obtenir. Si nous voulons la Nativité Véritable, il faut que l'Enfant-Dieu de Bethléem naisse à l'intérieur de nous et cela n'est possible qu'avec le Maïthuna.

Le merveilleux Hydrogène SI-12 est la matière avec laquelle travaille le sexe et que fabrique le sexe ; c'est la semence, la semence à l'intérieur de laquelle se trouve à l'état latent l'Ange Interne. Nous avons déjà expliqué qu'avec la transmutation de l'Hydrogène SI-12 nous pouvons fabriquer le véritable Corps astral, le véritable Corps mental et le Corps causal légitime ; dans nos Messages précédents, nous avons parlé très clairement de tout cela. Aucun abuseur du sexe ne peut fabriquer les Corps existentiels de l'Être et à cause de cela, ces malheureux conservent après la mort leurs véhicules lunaires. Ce n'est qu'en fabriquant les Corps solaires, les Corps existentiels supérieurs de l'Être, que nous pouvons nous libérer des 48 lois.

L'abus sexuel est l'action du sexe à travers les autres centres de la machine humaine ou l'action des autres centres à travers le centre sexuel. Chaque centre de la machine doit travailler avec son énergie propre, mais malheureusement les autres centres dérobent l'énergie du sexe. Quand les Centres intellectuel, émotionnel, moteur et instinctif dérobent l'énergie sexuelle, c'est alors que se produit l'abus sexuel. Le plus grave de tout cela est que le Centre du Sexe doit à son tour dérober l'énergie des autres centres afin de pouvoir travailler. Tout cela est de l'abus sexuel.

Quand le sexe travaille avec son propre Hydrogène SI-12, il peut alors se transmuter pour fabriquer les Corps existentiels supérieurs de l'Être. Malheureusement les gens abusent de l'énergie sexuelle ; ils se complaisent dans le désordre et sont enchantés de gaspiller l'Hydrogène SI-12.

Il est facile de découvrir l'abus sexuel des gens. Quand il y a abus sexuel, l'intellect, l'émotion, le mouvement, l'instinct ont une « saveur » spéciale, une certaine teinte impossible à confondre, une ardeur passionnée, une certaine véhémence qui ne laisse pas de place au doute. Tout cela peut se voir dans les plans mentaux des chefs de guerre, dans les corridas de taureaux, dans les efforts passionnés des joueurs de football pendant une olympiade, dans les instincts passionnels violents des gens. Chaque fois qu'il y a gaspillage diabolique de l'intellect, émotions violentes, mouvements passionnels, courses passionnelles d'automobiles, de chevaux, de bicyclettes, jeux olympiques, etc., ou bien instincts bestiaux en action, on peut dire qu'il y a de l'abus sexuel. Le plus grave de tout cet abus est que le Centre du sexe se voit obligé de travailler avec les hydrogènes plus pesants qui correspondent aux autres centres.

Quand le sexe est obligé de travailler avec un Hydrogène comme le 48, le 24, etc., il lui est alors impossible de fabriquer les Corps existentiels supérieurs de l'Être.

Ceux qui jouissent avec les films, romans ou images pornographiques, utilisent l'énergie sexuelle dans le centre pensant et il est clair qu'ils restent avec la tendance à se satisfaire uniquement de leurs fantaisies sexuelles et qu'ils développent tôt ou tard une impotence de type psycho-sexuel, c'est-à-dire que lorsqu'ils ont véritablement à effectuer l'acte sexuel, celui-ci échoue lamentablement. Quand le Centre émotionnel dérobe l'énergie sexuelle, on voit les sentimentalismes stupides, la jalousie, la cruauté, etc. Quand le Centre du mouvement travaille avec l'Hydrogène SI-12 dérobé au sexe, on voit apparaître tous les abuseurs du centre du mouvement, les joueurs de football, les équilibristes de cirque, les cyclistes des grandes courses, etc. Quand le Centre de l'instinct déroge l'énergie sexuelle, il y a alors dépense d'énergie dans des actes instinctifs, passionnels, violents. L'abus sexuel se termine véritablement quand nous établissons à l'intérieur de nous-mêmes un « Centre de Gravité permanent ».

Nous avons déjà dit et nous répétons que le Moi est une légion de diables, le Moi se trouve sous forme pluralisée, les cinq Cylindres de la Machine humaine donnant origine et force aux légions de petits Moi dont l'ensemble constitue ce qui s'appelle l'Égo, le Moi, le Moi-Même. Le Moi pluralisé gaspille bassement l'Essence que nous avons à l'intérieur de nous pour fabriquer l'Âme. Quand nous dissolvons le Moi pluralisé, nous mettons fin au gaspilleur et alors l'Essence s'accumule à l'intérieur de nous-mêmes, se convertissant en un Centre de Gravité permanent. Quand nous établissons à l'intérieur de nous-mêmes un centre de gravité permanent, le sexe en vient alors à travailler avec son propre hydrogène : l'Hydrogène SI-12. L'ésotérisme gnostique enseigne que quand le sexe travaille avec sa propre énergie, avec son propre hydrogène, l'abus sexuel prend fin parce que chaque centre en vient alors à travailler avec l'énergie qui lui correspond, avec l'hydrogène qui lui correspond et non avec l'Hydrogène SI-12 dérobé au sexe.

Il est nécessaire de dissoudre le Moi si nous voulons que se termine l'abus sexuel. Plusieurs Initiés du passé ont dissous le Moi en partie et ont ainsi fabriqué les Corps existentiels supérieurs de l'Être. Malheureusement, ils ont oublié très rapidement la nécessité de désintégrer totalement le Moi, de façon radicale. Le résultat d'un tel oubli fut un renforcement renouvelé du Moi pluralisé. Les Initiés de ce type se sont convertis en Hanasmussens à « double centre de gravité ». Dans les mondes internes, ces sujets ont une double personnalité, l'une blanche, l'autre noire ; exemple Andrameleck. Quand nous invoquons ce mage dans le Monde moléculaire, il peut venir à nous comme un grand Adepte de la Loge Blanche ou comme un grand Adepte de la Loge Noire ; ce sont deux adeptes et cependant un même individu. Andrameleck est un HANASMUSSEN à double centre de gravité, il est un Mage blanc et noir à la fois.

Qui veut véritablement ne pas subir le sort horrible d'Andrameleck doit travailler intensément avec les Trois Facteurs de base de la Révolution de la Conscience. Qui veut se libérer des 48 lois doit en finir avec l'abus sexuel. Qui veut en finir avec l'abus sexuel doit annihiler le Moi, le réduire en poudre. Il est urgent d'établir un équilibre complet des cinq Centres de la Machine et cela n'est possible qu'en dissolvant le Moi.

Chapitre 9 - Le Moi et l'Être

En matière de psychologie, nous devons faire une nette différence entre le Moi et l'Être. Le Moi n'est pas l'Être, ni l'Être le Moi. Tout le monde dit : « Mon être, je pense en mon être », mais ne sait pas ce qu'est l'Être et le confond avec le Moi.

Quand nous frappons à une porte, si on nous demande : Qui est là ? Nous répondons toujours en disant : C'est Moi. En cela nous ne commettons pas d'erreur et la réponse est exacte, mais quand nous disons : Tout mon être est triste, malade, abattu, etc., alors nous nous trompons lourdement parce que le pauvre animal intellectuel faussement appelé homme ne possède pas encore l'Être.

Seul l'Être peut faire et l'homme-machine, le pauvre animal intellectuel, ne peut rien faire ; tout lui arrive, il est un simple jouet mécanique mû par des forces qu'il ignore. L'animal intellectuel a l'illusion de faire, mais en vérité il ne fait rien : tout arrive à travers lui. On nous frappe et nous réagissons en frappant, on nous harcèle pour le paiement du loyer, et nous réagissons en cherchant de l'argent avec anxiété, quelqu'un blesse notre amour-propre et nous réagissons en commettant une folie, etc.

Le pauvre animal intellectuel est toujours victime des circonstances ; il n'est pas capable d'être la source consciente des circonstances, mais croit à tort qu'il en est la source. En fait il n'y a que l'Être (l'Intime) qui puisse déterminer consciemment les circonstances, mais par malheur l'animal intellectuel ne possède pas encore l'Être (l'Intime).

Beaucoup d'étudiants d'écoles pseudo-ésotériques et pseudo-occultistes, pleins d'ambitions métaphysiques raffinées, commettent l'erreur de diviser leur cher Moi en deux moitiés arbitraires et absurdes. Ils qualifient la première moitié de Moi supérieur et regardent la deuxième moitié avec mépris en se disant que c'est là le Moi inférieur. Le plus curieux de tout cela, le plus comique et le plus tragique à la fois, est de voir ce malheureux Moi inférieur lutter désespérément pour évoluer et se perfectionner afin d'atteindre un jour l'union convoitée avec le Moi supérieur.

Le pauvre mental de l'animal intellectuel qui fabrique le Moi supérieur, en lui conférant des attributs divins et en lui donnant des pouvoirs arbitraires pour contrôler le mental et le cœur, est tout simplement ridicule. Le même Moi se divisant en deux, le même Moi voulant se remêler après s'être divisé en deux, le même Moi se séparant et voulant se joindre à nouveau. Les ambitions du Moi n'ont pas de limites, il veut et désire se faire Maître, Deva, Dieu, etc.

Le Moi se divise en deux pour revenir se rejoindre et être un, et croit ainsi à tort qu'il peut voir comblées ses ambitions super-divines. Toutes ces feintes du Moi sont des fraudes habiles du mental, des sottises sans valeur aucune. Le mental fabrique à son goût un comique Moi supérieur qu'il revêt du titre de Mahatma et auquel il appose un nom sonore pour ensuite s'auto-agrandir et tomber dans la mythomanie.

Nous connaissons le cas d'un mythomane qui se laissa pousser la barbe et les cheveux, se revêtit d'une tunique à la Jésus-Christ et dit à tout le monde qu'il n'était rien de moins que la réincarnation de Jésus-Christ. Il y eut naturellement beaucoup d'imbéciles qui non seulement l'adorèrent, mais continuent encore à l'adorer.

Quand le mental a le mauvais goût de se créer le Moi supérieur comme une entité séparée et super-divine, il a aussi l'habitude de fausser la réalité en supposant à tort que cette entité est l'Être, l'Intime, le Réel. Il veut arbitrairement que le Moi supérieur fabriqué par lui soit l'Être, et il lui attribue stupidement des choses qu'il a fabriquées, des choses qui n'ont rien à voir avec l'Être. Ces sottises du mental sont semblables à du faux-monnayage : le mental fabrique un faux de l'Être, et ce faux billet est le Moi supérieur. Les mythomanes ont un amour-propre terrible et effrayant, ils vivent très attachés à eux-mêmes, adorant leur faux billet, leur Moi supérieur qu'ils crient sur tous les toits.

Tout mythomane est un psychopathe ridicule, tout mythomane se surestime à l'extrême et se considère lui-même comme un dieu que les gens sont obligés d'adorer. Ce ne sont cependant pas tous ceux qui fabriquent un Moi supérieur qui tombent dans la mythomanie. Il y a une grande quantité de fanatiques qui ne sont pas mythomanes et qui n'aspirent qu'à évoluer pour arriver à l'union avec le Moi supérieur.

Ces fanatiques ne mangent pas un morceau de viande, ne boivent pas un seul verre de vin, et ils critiquent férocement toute personne qui mange un petit morceau de viande ou qui tient un verre de vin dans sa main, prêt à porter un toast. Ces fanatiques sont insupportables, ils sont d'habitude végétariens à cent pour cent, se croient eux-mêmes très saints mais à la maison ils sont cruels avec leur femme, avec leurs enfants, avec leur enfants, etc. Ces gens se plaisent à forniquer, à commettre l'adultère, à convoiter, à brûler d'ambition, pourtant ils se croient très saints.

Le mental n'est qu'une entrave pour l'Être (l'Intime), il ne sait rien de ce qui est Réel. Si la pensée connaissait le Réel, l'Intime, l'Être, tous les gens auraient déjà la compréhension. Ce n'est qu'à travers la méditation profonde que nous pouvons faire l'expérience de l'Être, de l'Intime. L'expérience de l'Être, de l'Intime, nous transforme radicalement. Les mythomanes ont l'habitude de contrefaire cette expérience à l'aide de projections mentales inconscientes, qu'ils s'empressent ensuite de relater à tout le monde. La plupart du temps, ces mythomanes sont victimes de leurs propres fraudes, et, se croyant des dieux, ils aspirent à être adorés par tous.

Il est complètement impossible d'expérimenter l'Être, l'Intime, le Réel, sans être arrivés à l'état de véritables maîtres techniques de la science mystérieuse qui s'appelle Méditation. Il est complètement impossible d'expérimenter l'Être, l'Intime, le Réel, sans être arrivé à une véritable maîtrise du calme et du silence du mental. Cependant, il ne faut pas se tromper, en prenant des vessies pour des lanternes, car le Moi aussi ambitionne et convoite ces silences et va jusqu'à se les fabriquer artificiellement.

Pendant la méditation profonde, nous avons besoin du calme et du silence total du mental, mais nous n'avons pas besoin de ce faux silence et de cette fausse tranquillité fabriqués par le Moi. Il ne faut pas oublier que le diable disant la messe réussissait d'habitude à tromper les gens les plus perspicaces. Il est logique de dire que si nous voulons faire taire le mental de force, que si nous voulons le calmer en le torturant, en le ficelant, en étant mus par la convoitise d'expérimenter l'Être, nous n'arriverons qu'à des silences pleins d'artifices et à des quiétudes arbitraires produites par le Moi. Celui qui veut, en vérité, un silence légitime et non un faux silence, un calme véritable et non une fausse tranquillité, ce qu'il a de mieux à faire est d'être entier, de ne pas commettre l'erreur de se diviser lui-même entre sujet et objet. Penseur et pensée, Moi et non-Moi, contrôleur et contrôlé, Moi supérieur et Moi inférieur, Moi et ma pensée, etc.

Savoir méditer, c'est être sur le chemin de l'Illumination intérieure. Si nous voulons apprendre à méditer, nous devons comprendre qu'il n'existe aucune différence entre Moi et Ma Pensée, c'est-à-dire entre Penseur et Pensée.

Le mental humain n'est pas le cerveau. Le cerveau est fait pour élaborer la pensée, mais il n'est pas la pensée. Le mental est de nature énergétique et subtile, mais nous commettons l'erreur de nous auto-diviser en milliards de petits fragments mentaux, dont l'ensemble constitue le Moi pluralisé. Quand nous essayons de réunir tous ces fragments pendant la méditation, avec la saine intention d'être entiers, alors tous ces fragments se mettent à former un autre grand fragment avec lequel nous devons lutter et qui rend impossible la quiétude et le silence du mental.

Nous ne devons pas utiliser la méditation pour nous diviser en un Moi supérieur et un Moi inférieur, Moi et Mes pensées, Mon mental et Moi, parce que le Mental et le Moi, mes Pensées et Moi, sont un tout, sont l'Égo, le Moi pluralisé, le Soi-Même, etc.

Quand nous comprenons véritablement que le Moi supérieur et le Moi inférieur, de même que Mes pensées et Moi, etc., ne sont tous que l'Égo, le Moi-Même, il est évident qu'au moyen de cette compréhension en profondeur, nous nous libérons de la pensée dualiste, et que le mental demeure alors véritablement calme et dans un profond silence. Ce n'est que quand le mental est réellement calme, dans un véritable silence, que nous pouvons faire l'expérience de ce qu'est la Réalité, de ce qu'est l'Être authentique, l'Intime.

Tant que le mental est embouteillé dans le dualisme, il est totalement impossible pour nous d'être complets. L'Essence du mental (la Bouddhata) est extrêmement précieuse, mais malheureusement, cette Essence est plongée dans la bataille des antithèses. Quand l'Essence du mental s'échappe pendant la méditation, de la bataille des opposés, nous pouvons faire l'expérience du Réel, de l'Être, de l'Intime. Il y a dualisme quand j'essaye de réunir tous les fragments de mon mental en un seul. Il y a dualisme quand mon mental est esclave du bien et du mal, du froid et de la chaleur, du grand et du petit, de l'agréable et du désagréable, du oui et du non, etc. Il y a dualisme aussi quand nous nous divisons en Moi supérieur et Moi inférieur et aspirons à ce que le Moi supérieur nous contrôle durant la méditation.

Celui qui a expérimenté l'Être pendant la méditation, est guéri pour toujours du danger de tomber dans la mythomanie. L'Être, l'Intime, le Réel, est complètement différent de ce que les pseudo-ésotéristes et pseudo-occultistes appellent Moi supérieur ou Moi divin. L'expérience du Réel est complètement différente, distincte, de tout ce que le mental a jamais expérimenté. L'expérience du Réel ne peut être communiquée à personne, parce qu'elle ne ressemble à rien de ce que le mental a expérimenté auparavant. Quand on a expérimenté le Réel, on comprend alors très profondément l'état désastreux dans lequel on se trouve, et l'on n'aspire qu'à se connaître tel que l'on est, sans désirer être plus que ce qu'on est.

De nos jours, le pauvre animal intellectuel faussement appelé homme n'a à l'intérieur qu'un seul élément utile. Cet élément est la Bouddhata, l'Essence du mental, avec laquelle nous pouvons faire l'expérience de l'Être, de l'Intime, du Réel. Ce précieux élément est placé au fond de la bouteille de l'intellect animal. Quand, pendant la méditation intérieure profonde, le mental demeure parfaitement calme et absolument silencieux au-dedans comme au-dehors, non seulement au niveau superficiel, mais aussi dans tous les couloirs, passages, zones et domaines du subconscient, alors l'Essence, l'élément précieux, s'échappe de la bouteille et fusionne avec l'Être, l'Intime, pour expérimenter le Réel.

Chapitre 10 - La Vérité

Beaucoup de personnes croient en Dieu et beaucoup de personnes sont athées : elles ne croient pas en Dieu. Il y a aussi de nombreux individus qui ne sont ni croyants ni athées. Ces derniers essaient de bien se comporter dans la vie au cas où Dieu existerait. Nous disons que croire en Dieu ne signifie pas avoir expérimenté Ce qu'est la Vérité, Ce qui s'appelle Dieu. Nous disons que douter de l'existence de Dieu ne signifie pas avoir expérimenté la vérité. Il nous faut expérimenter Cela, qui peut nous transformer radicalement, Cela que plusieurs appellent Dieu, Allah, Tao, Zen, Brahma, INRI, etc.

Le mental du croyant est embouteillé dans la croyance et celle-ci n'est pas l'expérience de Ce qu'est la Vérité, Dieu, Allah, ou quelque autre nom qu'on veuille lui donner. Le mental de l'athée est embouteillé dans l'incroyance et celle-ci n'est pas non plus l'expérience de Ce qu'est la Vérité, Dieu, Brahma, etc. Le mental de celui qui doute de l'existence de Dieu est embouteillé dans le scepticisme et celui-ci n'est pas la Vérité. Ce qui Est, ce qu'est la Vérité, Dieu, Allah : de quelque façon que nous appelions ce qui n'a pas de nom, cela est totalement différent de la croyance, de la négation et du scepticisme. Tant que le mental est plongé dans l'un quelconque de ces facteurs d'ignorance, il ne peut expérimenter ce que les Chinois appellent Tao, Ce qui est Divin, Ce qu'est la Vérité, Dieu, Allah, Brahma, etc. Une fois que quelqu'un a expérimenté ce qui ne peut se définir, parce que la définition le déforme, Cela, que certains appellent Dieu, il est clair qu'il passe par une transformation radicale, totale et définitive.

Quand Pilate demanda à Jésus : « Qu'est-ce que la Vérité ? » Jésus garda le silence. Quand on posa la même question au Bouddha, il tourna le dos au demandeur et se retira. La Vérité est incommunicable, comme l'est l'extase sublime que nous ressentons quand nous contemplons un beau coucher de soleil. La Vérité est une question d'expérience mystique et ce n'est que par l'extase que nous pouvons en faire l'expérience. Tout le monde peut se donner le luxe d'avoir une opinion sur la Vérité, mais la Vérité n'a rien à voir avec les opinions. La Vérité n'a rien à voir avec la pensée, la Vérité est quelque chose dont on ne peut faire l'expérience qu'en l'absence du Moi. La Vérité vient à nous comme un voleur dans la nuit et au moment où on s'y attend le moins. En fait, la Vérité est quelque chose de très paradoxal : celui qui la sait ne la dit pas et celui qui la dit ne la sait pas. La Vérité n'est pas quelque chose de tranquille et d'extatique ; la Vérité est l'inconnu d'instant en instant. La Vérité n'est pas un but auquel nous devons arriver, la Vérité se trouve cachée au fond de chaque problème de la vie quotidienne. La Vérité n'appartient ni au temps ni à l'éternité ; la Vérité est au-delà du temps et de l'éternité. La Vérité, Dieu, Allah, Brahma, ou quelque nom qu'on veuille donner à ce qu'est la Grande Réalité, est une série d'expériences vivantes toujours en expansion et une signification à chaque fois plus profonde.

Certaines personnes ont une idée de la Vérité et d'autres personnes s'en font d'autres idées. Chacun a ses propres idées sur la Vérité, mais la Vérité n'a rien à voir avec les idées : elle est totalement différente de toutes les idées. Il y a beaucoup de personnes dans le monde qui croient avoir la Vérité, sans l'avoir jamais expérimentée dans la vie. Ces gens, généralement, veulent enseigner la Vérité à ceux qui l'ont déjà expérimentée maintes fois. L'expérience de la Vérité est impossible sans la sage concentration de la pensée. Il y a deux types de concentration, le premier type est exclusiviste et le deuxième type est plénier, total, non-exclusiviste. La véritable concentration n'est pas le résultat d'un choix, avec toutes ses luttes : il ne s'agit pas de choisir telles ou telles pensées. Croire que cette pensée-ci est bonne et que celle-là est mauvaise ou vice versa, me dire qu'il ne faut pas penser à ceci, mais qu'il est mieux de penser à cela, etc., crée en fait des conflits entre l'attention et la distraction, et là où il y a conflits, il ne peut y avoir de calme et de silence du mental.

Nous devons apprendre à méditer sagement et à mesure que surgit dans le mental une pensée, un souvenir, une image, une idée, un concept, etc., nous devons l'observer, l'étudier, en extraire le meilleur.

Quand le défilé des pensées s'est terminé, le mental demeure calme et dans un profond silence. Alors l'Essence du mental s'échappe et l'expérience de l'Être, qui est la Vérité se produit. Notre système de concentration n'exclut rien et inclut tout d'une façon pleine, totale et entière. Notre système de concentration est le chemin qui nous conduit à l'expérience de la Vérité.

Chapitre 11 - Les Niveaux Occultes du Subconscient

Une certaine nuit d'automne, il n'y a pas très longtemps, un étudiant gnostique disait à son Maître : « Ça ne m'intéresse pas de m'autoréaliser ni de me perfectionner. Tout ce qui m'intéresse c'est de travailler pour la libération du prolétariat et que le reste aille au Diable ». Et le Maître répondit : « L'eau et le savon ne nuisent à personne ». Et il ajouta : « Tu peux continuer à travailler pour la libération du prolétariat, mais baigne-toi et mets-toi assez de savon ». L'étudiant comprit la parabole du Maître et garda un silence respectueux.

Il y a des gens qui se soignent l'extérieur, ne mangent pas de viande, ne boivent pas, ne fument pas, se croient de haute classe, mais la nuit, ils ont des pollutions. Il y a des gens qui convoitent de ne pas avoir de convoitise. Ces personnes détestent la convoitise et pourtant elles convoitent de ne pas avoir de convoitise. Il y a beaucoup de personnes qui convoitent des vertus, le Moi se repaît de médailles, d'honneurs, de vertus. Les pauvres gens croient qu'en convoitant les vertus, ils arriveront à les posséder.

Les gens ne veulent pas se rendre compte que l'Amour n'existe pas et que ce n'est qu'en comprenant tous les processus de la haine dans les différents couloirs, domaines et régions du subconscient, que prend fin la haine et que naît de façon naturelle, spontanée et pure ce qui s'appelle Amour. C'est ainsi que l'Amour vient à exister.

Les gens convoitent la vertu de L'ALTRUISME, mais ce n'est qu'en comprenant comment procède l'égoïsme dans les différents niveaux du subconscient que nous pouvons annihiler l'égoïsme. Une fois l'égoïsme mort, naît en nous, sans aucun effort, la fleur précieuse de l'altruisme.

Les gens convoitent la vertu précieuse de L'HUMILITÉ. Ces pauvres gens ne veulent pas comprendre que l'humilité est une fleur très fragile. Il suffit que nous nous sentions satisfaits de cette vertu pour qu'elle cesse d'exister en nous. Il faut comprendre très à fond le processus de l'orgueil dans les différents niveaux occultes du subconscient. Ainsi prend fin l'orgueil et alors naît en nous, sans aucun effort, la fleur exotique de l'humilité.

Les gens convoitent la vertu de la CHASTETÉ, mais ce n'est qu'en transmutant et en sublimant l'énergie sexuelle et en comprenant tous les processus de la luxure dans tous les niveaux occultes du subconscient, que l'on annihile cet horrible vice et que naît en nous de façon naturelle et sublime, la fleur exotique de la chasteté.

Les gens convoitent la vertu de la DOUCEUR, mais ce n'est qu'en comprenant tous les processus de la colère dans les couloirs subconscients du mental, que naît en nous la vertu précieuse de la douceur.

Les gens convoitent la vertu de la DILIGENCE, mais ce n'est qu'en comprenant de façon entière tous les processus de la paresse dans les niveaux occultes du subconscient que naît en nous la diligence, après que la paresse a été désintégrée.

L'envie est le ressort secret de l'action dans cette société qui se targue d'être civilisée. Il y a des gens qui convoitent la vertu de la JOIE du bien d'autrui, mais ce n'est qu'en comprenant que l'envie, c'est d'avoir de la peine du bien d'autrui et que cette peine se produit dans tous les rayons subconscients du mental, que se désintègre cette peine et que naît en nous la joie pour le bien d'autrui.

Beaucoup de personnes convoitent de ne pas être GOURMANDES, mais ce n'est qu'en comprenant tous les processus subconscients de la gourmandise que nous cessons d'être gourmands.

Les étudiants gnostiques doivent apprendre à explorer le subconscient au moyen de la méditation. Il ne suffit pas de comprendre un défaut de façon intellectuelle, il faut étudier le subconscient. Très souvent un défaut disparaît du niveau superficiel de l'intellect, mais continue à exister dans les différents domaines subconscients du mental. Il nous faut mourir d'instant en instant. À mesure qu'on annihile les défauts, le Moi meurt d'instant en instant. Le Moi convoite des vertus pour se renforcer. Ne convoitez pas de vertus : elles naîtront en vous à mesure que les défauts mourront, à mesure que le Moi se désintégrera.

Ce n'est qu'avec un mental calme et silencieux, lorsque nous sommes submergés dans une profonde méditation intérieure, que nous pouvons extraire du sépulcre de la mémoire subconsciente toute la poussière millénaire dont notre intérieur s'est chargé depuis les temps antiques. Le subconscient est mémoire, le subconscient est la noire sépulture, blanchie à l'extérieur, immonde à l'intérieur.

Il n'y a rien d'agréable à voir la noire sépulture du subconscient avec tous les os et la poussière du passé. Chaque défaut caché dégage une puanteur à l'intérieur de la noire sépulture subconsciente, mais une fois qu'on l'a vu, il devient facile de le brûler et de le réduire en cendres. C'est ainsi que nous mourons d'instant en instant. Il faut sortir du sépulcre de la mémoire toute la poussière subconsciente. Ce n'est qu'avec le calme et le silence mental que nous pouvons extraire de la noire sépulture subconsciente toute la poussière du passé, pour la réduire en cendres avec le feu merveilleux de la compréhension profonde.

Beaucoup d'étudiants gnostiques, quand ils explorent le subconscient, commettent l'erreur de se diviser eux-mêmes entre intellect et subconscient, analyseur et analysé, sujet et objet, percepteur et perception, moi et mon subconscient, Moi et Non-Moi, etc. Ce type de division crée des antagonismes, des luttes, des batailles entre ce que je suis et ce qui est le subconscient, entre l'intellect et le subconscient ; de telles luttes sont absurdes, parce que moi et mon subconscient sont tous deux moi, sont tous deux le moi subconscient, car l'intellect aussi est subconscient. L'animal intellectuel est subconscient à quatre-vingt-dix-sept pour cent. L'homme-machine n'a pas encore éveillé sa conscience, c'est pour cela qu'il n'est qu'un homme-machine.

Quand le mental se divise entre intellect et subconscient, analyseur et analysé, etc., il se produit des antagonismes et des luttes, et où il y a antagonismes et luttes, il ne peut y avoir quiétude et silence du mental. Ce n'est qu'avec la quiétude et le silence mental parfait que nous pouvons extraire de la noire sépulture mentale subconsciente toute la poussière du passé pour la brûler et la réduire en poudre avec le feu de la compréhension. Ne disons pas : Mon moi a de la colère, de la convoitise, de la luxure, de l'orgueil, de la paresse, de la gourmandise, etc. Il est mieux de dire : J'ai de la colère, de la convoitise, etc.

Chapitre 12 - Le Maître Chinois Han Shan

Il est parvenu jusqu'à nous un résumé de l'autobiographie du Maître chinois appelé Han Shan, qu'il vaut la peine de commenter pour une meilleure compréhension de ce « Message de Noël 1965-1966 ».

Le Maître Han Shan naquit à Chuan, en Chine, dans la belle région chinoise de Nanking. La Mère Divine annonça en songes à une femme très humble de la région de Nanking qu'elle concevrait un enfant et elle conçut effectivement un bel enfant qui naquit le 12 octobre 1545. Cet enfant était le grand Maître chinois appelé Han Shan.

Alors que l'enfant n'était âgé que de douze ans, il était sur le point de mourir à cause d'une grave maladie, mais son humble mère pleine de foi, pria la Divine Mère Kundalini, lui demandant la guérison de l'enfant et lui promettant de tout son cœur que, si l'enfant guérissait, elle le confierait au Monastère pour qu'il se fît moine. Quand l'enfant guérit, sa bonne mère le fit inscrire au monastère Bouddhiste de la Longue Vie.

L'enfant Han Shan avait démontré très tôt qu'il était vraiment un Maître. Après la mort d'un oncle et la naissance du fils d'une tante, Han Shan commença à se préoccuper intensément de l'étude des mystères de la vie et de la mort. La mère de Han Shan fut vraiment très sévère avec cet enfant. Un jour, elle se dit : « Je dois vaincre en lui son naturel trop délicat, pour qu'il puisse étudier comme il se doit ».

À l'âge convenable, l'enfant entra au monastère et se convertit en un véritable dévot de Kwanyin, la Mère Divine. Un jour, il récita devant sa maman chinoise le Sutra de la Bodhisattva Kwanyin, en entier, et sa mère fut naturellement remplie d'un grand étonnement. La tradition raconte que quand le Maître Ta Chou Chao vit ce bel enfant, il s'exclama de joie : « Cet enfant arrivera à devenir un Maître des hommes et des cieux ». Quand le Maître en question interrogea l'enfant en lui demandant ce qu'il voulait devenir : un haut fonctionnaire public ou un bouddha, l'enfant répondit plein d'assurance : « Je veux devenir un Bouddha ».

Encore jeune, Han Shan se sentit profondément désireux de suivre la carrière ésotérique. Après avoir lu la vie du grand Maître chinois Chung Feng, il se dédia définitivement à la vie spirituelle. La tradition dit que le Bouddha Amida lui apparut dans les mondes internes avec les Bodhisattvas Kwanyin et Ta Shih. Il ne fait pas le moindre doute que tout cela fut décisif pour que Han Shan se consacre pleinement à la vie ésotérique.

Han Shan adopta le nom de Ching Yin après avoir écouté une merveilleuse conférence sur les dix portes mystérieuses. Quand Ching Yin arriva à l'âge de vingt ans, le Maître du Monastère, son grand Maître, mourut. Mais avant de mourir, il appela à lui tous ses moines et leur dit : « J'ai quatre-vingt-trois ans et je dois très bientôt abandonner ce monde. J'ai actuellement quatre-vingt disciples, mais le disciple qui aura à continuer mon œuvre est Han Shan (Ching Yin). Après ma mort vous devrez lui obéir et respecter sa parole, sans tenir compte de son âge ». C'est ainsi que le maître Han Shan commença dans le monde sa grande œuvre.

Alors qu'il étudiait le livre de Shao Lung et corrigeait les épreuves, il fut illuminé en lisant la phrase d'un Brahmane qui retourne chez lui après une longue absence et dont les voisins s'exclament : « Regardez, l'homme qui habitait ici autrefois vit encore ». À quoi le vieux Brahmane répond : « Ô, non ! Je semble être un vieillard, mais en réalité je ne le suis pas ». En lisant cela, Han Shan s'écria : « En réalité, les Dharma n'ont ni commencement ni fin ». Comme cela est vrai, comme cela est vrai !

Le Maître Fa Kuang fut celui qui instruisit profondément Han Shan sur la technique scientifique de la méditation. Il lui enseigna aussi la dissociation du mental, de la subconscience et des perceptions sensorielles, et comment se maintenir sur les sentiers sacrés de la connaissance pendant la méditation.

Les associations du mental pour former des phrases, des souvenirs, des images, des idées, des désirs, etc., constituent la cause fondamentale du bavardage mental incessant et de toute la bataille des antithèses. Si par la compréhension nous arrivons à la dissociation mentale, si par la compréhension nous arrivons à nous dissocier de tous les souvenirs subconscients, si par la compréhension nous arrivons à éliminer les éléments subjectifs de nos perceptions, alors il est clair que le mental reste tranquille et en silence, non seulement au niveau superficiel, mais aussi dans les niveaux plus profonds du subconscient.

Han Shan atteignit la quiétude et le silence du mental, et se convertit de fait en un Maître Illuminé de Perfection. Les vieux sages disaient : « Si tu ne permets pas que ton mental soit perturbé si tu écoutes pendant trente ans le bruit de l'eau qui coule, tu arriveras à la compréhension miraculeuse d'Avalokitesvara ». Han Shan se convertit en un athlète de la méditation interne et rien ne pouvait le perturber. Sa nourriture consistait en graines, légumes verts et racines, en quantité suffisante pour vivre. Han Shan se transforma en un véritable athlète du calme et du silence mental, et atteignit l'Illumination.

Le résultat ou la conséquence de l'Illumination, ce sont les pouvoirs que beaucoup convoitent, mais qui viennent au mystique sans qu'il ait besoin de les convoiter, quand il est réellement arrivé à l'Illumination. Han Shan raconte qu'un jour, après avoir mangé son pot-au-feu à base de racines, de légumes verts, etc., il sortit pour se promener, mais fut soudain surpris de voir qu'il n'avait ni corps, ni mental : il ne voyait plus qu'un Tout Illuminé, Parfait, Lucide et Serein. À partir de ce moment, tous les pouvoirs de clairvoyance positive, de clairaudience formidable, de télépathie, de superbe intuition, etc., s'éveillèrent totalement en lui, Han Shan, grâce au calme et au silence du mental, et comme conséquence de l'Illumination. Han Shan composa alors ce poème précieux transcrit par Chan Chen Chi :

« Quand règne la sérénité parfaite

on atteint la véritable illumination.

Comme la réflexion sereine inclut tout l'espace,

Je peux me mettre à regarder le monde

qui est formé de songes et seulement de songes.

Aujourd'hui je comprends réellement la vérité et la justesse des enseignements du Bouddha ! »

Grâce à beaucoup de méditation intime et grâce au calme et au silence suprême du mental, Han Shan était arrivé à éveiller la Bouddhata, c'est-à-dire l'Essence, la Conscience.

Pendant les heures de sommeil, Han Shan cessa de rêver et vivait totalement éveillé dans les Mondes supérieurs. Au retour dans le Corps physique, après le repos du sommeil, il apportait à son cerveau physique tous les souvenirs de son expérience dans les Mondes supérieurs. Il réussit à atteindre tout cela, grâce au calme et au silence du mental.

Une nuit, pendant que son corps physique dormait, Han Shan entra au temple de la Grande Sagesse. Les Maîtres Chin Yan et Miao Feng, en Corps astral, l'accueillirent avec une immense allégresse. Dans ce temple, Han Shan reçut l'enseignement hautement précieux de l'entrée au Dharma-Dhatu. C'est par cette entrée qu'il put connaître en profondeur ce que sont les Lois de l'Évolution ou du Progrès, et de l'Involution ou de la Régression.

Han Shan comprit aussi qu'il existe des terres bouddhiques qui se pénètrent et se compénètrent mutuellement sans se confondre, et que l'autorité et le service sont des lois fondamentales dans ces régions. Il comprit que ce qui discrimine en nous est le subconscient et ce qui ne discrimine pas est la sagesse. Il comprit aussi que la pureté ou l'impureté dépendent totalement de notre mental.

Han Shan alla en Corps astral à l'intérieur du Temple de Maitreya Bodhisattva. C'est celui-ci qui lui dit, en lisant dans un rouleau qu'il avait ouvert : « Ce qui discrimine en nous est le subconscient ; ce qui ne discrimine pas est la sagesse. Si tu dépends de la subconscience, tu te corromps ; si tu t'appuies sur la sagesse, tu obtiendras la pureté. De la corruption proviennent la vie et la mort. Lorsqu'on atteint la pureté, il n'est plus besoin de Bouddhas ».

Quand Han Shan retourna chez lui après de longues et nombreuses années d'absence, les voisins demandèrent à sa mère : « D'où vient-il celui-là ? Est-il venu par terre ou par mer ? » La mère répondit : « Il est venu à nous du vide ». C'est vrai, Han Shan était venu du Vide Illuminateur. Ainsi est-il écrit et ainsi le raconte Chang Chen Chi.

La quiétude et le silence absolus du mental, après de grandes pratiques, provoquent la rupture de l'enveloppe et notre entrée dans le Vide Illuminateur. Nous entrons alors en extase parce que notre Conscience s'éveille.

Salutations Finales

J'envoie avec un immense amour mon salut fervent de Noël et du Nouvel an 1965-1966 à tous les frères gnostiques du monde entier.

Il faut que vous tous, mes frères, compreniez que nous sommes en train de donner la deuxième partie de notre Message.

Étudiez bien-aimés, pratiquez la méditation dans tous les Lumitiaux et aussi individuellement.

Les Lumitiaux gnostiques doivent se convertir en centres de méditation. Pratiquez bien-aimés, priez, transmutez vos sécrétions sexuelles en feu et lumière, dissolvez le Moi, luttez infatigablement pour ouvrir partout de plus en plus de Lumitiaux.

Vous y avez établi un règlement, et ce règlement doit inclure au moins une heure de méditation en groupe. Rappelez-vous que la méditation en groupe produit un vortex magnétique formidable qui, par aimantation cosmique, aura le pouvoir d'attirer vers vous un certain type de forces divines très nécessaires.

Tout Lumitial doit être un centre de méditation. Multipliez partout les Lumitiaux pour le bien du Grand-Œuvre du Père.

Il est urgent que tout Lumitial ait ses missionnaires et que ceux-ci travaillent avec la plus grande intensité à ouvrir de toutes parts de plus en plus de Lumitiaux.

Bien-aimés, recevez mon salut gnostique : Paix Invérentielle !

Que l'Étoile de Bethléem resplendisse sur votre chemin. Je vous souhaite de tout cœur un joyeux Noël et une heureuse Année Nouvelle.

Samaël Aun Weor