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Mon Retour au Tibet

Mon Retour au Tibet

Message de Noël 1969-1970

Samaël Aun Weor

Chapitre 1 - Les Sept Éternités

L'Espace Abstrait Absolu est la Causa Causorum de tout ce qui est, a été, et sera.

L'espace profond et heureux est l'incompréhensible Séité, l'ineffaçable et mystique racine des 7 Cosmos, l'origine mystérieuse de tout ce que nous connaissons en tant qu'esprit, matière, univers, soleils, mondes, etc.

« Cela », le Divin, l'espace de la félicité, est une terrible réalité par-delà l'Univers et les Dieux. « Cela » n'a pas la moindre dimension et, en vérité, c'est ce qui est, ce qui a toujours été et qui sera toujours ; c'est la vie qui palpite intensément en chaque atome et en chaque soleil.

Parlons maintenant du grand océan de l'esprit. Comment pouvoir le définir ? Certes, il est Brahma, la première différentiation ou modification de « Cela » devant lequel tremblent les Dieux et les hommes.

« Cela » est la racine de l'esprit et de la matière, mais ce n'est ni l'un ni l'autre.

« Cela » transcende les lois des nombres, mesures et poids, de part en part, quantité, qualité, devant, derrière, au-dessus, en-dessous, etc.

« Cela » est ce qui est réalité par-delà la pensée, le verbe et l'acte.

« Cela » n'appartient pas au temps et se trouve trop au-delà du silence, du son, et des oreilles pour être perçu.

« Cela » est l'immuable lumière, en profonde abstraction divine, qui n'a jamais été créée par aucun Dieu, ni par aucun homme ; c'est ce qui n'a pas de nom.

Brahma est esprit, mais « Cela » n'est pas Esprit. L'Absolu, l'Immanifesté, est lumière incréée.

Où était la matière première du Grand-Œuvre ? Il est évident qu'elle reposait avant l'aurore de la création au sein profond de l'Espace Abstrait Absolu.

En réalité, cette matière primordiale est finalement l'âme de l'unique, le noumène vivant de toute substance, matière cosmique indifférenciée.

La sagesse antique dit que Brahma, le Père, l'océan de l'esprit universel de vie, à la venue de la Grande Nuit (ce que les Hindoustans appellent Pralaya ou dissolution de l'Univers) se submerge dans l'Espace Abstrait Absolu pendant 7 éternités.

Les 7 éternités signifient « evos » (conservé de l'espagnol) ou périodes de temps totalement définies, claires et précises.

On nous a dit qu'un Mahakalpa, grand âge ou jour cosmique, a effectivement un total de 311 040 000 000 000 ans. Un Mahapralaya, une nuit cosmique, équivaut évidemment à la même quantité de temps.

L'espace est rempli d'univers. Tandis que quelques systèmes de mondes sortent de la nuit profonde, d'autres parviennent à leur crépuscule ; ici, des berceaux, plus loin, des sépulcres.

Avant que ne se lève ce Grand Jour dans lequel nous vivons, nous nous mouvons et avons notre Être, qu'existait-il ? Le Rig-Veda répond en disant :

« Ni quelque chose ni rien n'existait

Le ciel resplendissant n'existait pas.

Même l'immense voûte céleste ne s'étendait pas là-haut.

Qu'est-ce qui recouvrait tout ? Qu'est-ce qui l'abritait ?

Qu'est-ce qui l'occultait ?

C'était l'insondable abîme des eaux.

La mort n'existait pas, mais il n'y avait rien d'immortel.

N'existait aucune limite entre le jour et la nuit,

Seul l'Un respirait, inanimé et par soi

Car il n'a jamais eu d'autre que Lui.

Régnaient les ténèbres et tout le principe était voilé

Dans une obscurité profonde, un océan sans Lumière ;

Le germe, jusqu'alors caché dans l'enveloppe

Fait jaillir une nature, de la chaleur fervente.

Qui connaît le secret ? Qui l'a révélé ?

D'où a surgi cette création multiforme ?

Même les Dieux vinrent plus tard à l'existence.

Qui sait d'où vint cette grande création ?

Ce dont procède toute cette création immense

Que sa volonté ait créé, ou qu'elle ait été muette,

Le voyant le plus élevé, au plus haut des cieux

Le connaît ou, Lui-même non plus peut-être, ne le sait pas.

Contemplant l'éternité.

Avant que fussent jetés les fondements de la terre

Tu étais. Et quand la flamme souterraine

Rompra sa prison et dévora la forme

Tu seras encore, comme Tu étais avant,

Sans souffrir aucun changement quand le temps n'existera plus.

Ô Intelligence Infinie, divine Éternité ! »

Rig Veda

Chapitre 2 - Gens d'autres Mondes

Nous, pauvres et misérables vers de terre de la boue, serions-nous par hasard si niais que nous ayons besoin d'enquêter plus encore sur cette question de possibles visiteurs extra-terrestres ?

Toutes les données que nous possédons ne seraient-elles pas plus que suffisantes ?

Serions-nous, pour notre malheur, si obtus, si lents et balourds que nous ne puissions comprendre que depuis les temps antiques des gens d'autres mondes nous ont toujours rendu visite ?

Ils nous évitent ? Ils nous fuient ? Ils ne sortent pas à la lumière du jour ? Ne ferions-nous pas de même, par hasard, devant une tribu de cannibales ?

Les gens des autres mondes savent très bien que, précisément, nous ne sommes pas de douces brebis, et ils préfèrent, avant de tomber entre nos félines griffes fratricides, disparaître furtivement dans le ciel étoilé.

Que feraient les grandes puissances avec ce type de vaisseaux cosmiques ? Il n'est pas difficile de le deviner.

Comme ces « soucoupes volantes » chargées de bombes atomiques se révèleraient épouvantables !

Se retrouver en prison ; sans aucun motif, comme cela ; ou se convertir en cobaye dans un laboratoire à fin d'expériences pour qu'on vous enlève des glandes ou qu'on vous injecte diverses substances, dans le but de connaître vos réactions, n'a certes rien d'agréable. N'est-ce pas ? Les visiteurs extra-terrestres, c'est évident, ne veulent pas subir pareil sort, raison pour laquelle ils préfèrent nous éviter, ne pas faire attention à nous.

Ceci ne signifie pas que les gens des autres mondes ne puissent pas se défendre ; il est clair que s'ils ont déjà conquis l'espace, ils doivent également posséder des armes formidables ; mais ils ne sont pas des assassins et il vaut mieux, de toute évidence, éviter les problèmes.

Et quant à nous ? Quand serons-nous capables de rendre des visites à nos amis extra-terrestres ?

Certains spéculateurs romantiques des XVIIIème et XIXème siècles envisageaient la possibilité de voyager jusqu'à la Lune poussés par des ailes ou au moyen de ballons aérostatiques.

De telles fantaisies disparurent évidemment du milieu intellectuel quand on découvrit la limite de notre atmosphère planétaire.

Les moyens scientifiques du voyage spatial défini revécurent avec les œuvres merveilleuses de Konstantin Eduardovich Tsiolkovski dans lesquelles sont mentionnées les fusées cosmiques.

En 1920, le savant en question prédit que dans un futur assez proche, les ondes courtes des radios pénètreraient dans notre atmosphère et se convertiraient en le moyen de communication stellaire principal. Cette prophétie est en train de s'accomplir ; les scientifiques modernes, malheureusement, ne sont pas encore capables d'interpréter les messages cosmiques.

Tsiolkovski croit que sur une planète au moins, située à un endroit quelconque, les êtres humains ont déjà atteint une technologie qui leur permet de vaincre la force de gravité et de coloniser l'Univers.

Il est évident que nous autres, les gnostiques, nous allons beaucoup plus loin. Nous savons très bien, par expérience mystique directe, que toute humanité inoffensive de l'espace cosmique infini peut s'offrir le luxe de voyager vers d'autres mondes habités.

On parle beaucoup en ces temps modernes de la possibilité de voyages dans des systèmes solaires, et même de fantastiques fusés propulsées par l'énergie atomique et guidées par la pression de la lumière. Il existe actuellement de très belles théories spatiales, aussi bien les russes que les nord-américains luttent consciencieusement pour la conquête de l'espace.

Il est malheureusement évident que pour arriver à n'importe quelle étoile semblable au Soleil qui nous éclaire, à l'intérieur d'une période de temps bien humain, il est nécessaire de rompre tout d'abord la barrière de la vitesse de la lumière.

Dans cette barrière existe le monde tridimensionnel ; la rompre, la transcender équivaut de ce fait à pénétrer réellement dans la quatrième dimension ; cette dernière, en soi, est le temps.

La conquête suprême de l'espace étoilé est impossible si le temps n'a pas été conquis auparavant.

Sans doute, nous affirmons radicalement que la conquête du temps est impossible tant que nous restons enfermés dans ce monde tridimensionnel de la vie, déterminé par la vitesse de la lumière.

Dans la quatrième dimension, il est évident que nous pouvons voyager dans le temps, nous submerger dans le lointain passé, ou nous projeter dans le lointain futur ; rappelons-nous que le temps est rond.

Si un vaisseau cosmique décollait de notre monde affligé à une vitesse supérieure à celle de la lumière vers quelque mystérieux soleil resplendissant situé quelque part, à l'incommensurable distance de 137 années-lumière, il est certain, manifeste, qu'en revenant à cette vallée de larmes, tout en conservant pendant tout le trajet la même vitesse, son équipage devrait passer par une terrible confusion en retrouvant notre Terre avancée de 274 ans dans le temps.

Cependant, quelle est la fusée cosmique capable, en vérité, de voyager à une vitesse supérieure à celle de la lumière ?

Il est certain que le fameux système de fusées, s'il peut vraiment nous emmener jusqu'à la Lune avec quelques difficultés et éventuellement jusqu'à Mars, se révèle au fond complètement absurde pour la conquête de l'espace infini.

Purcell, éminent homme de science, analysa sérieusement la quantité d'énergie indispensable pour réaliser un hypothétique voyage sidéral aller-retour à n'importe quelle rutilante étoile qui se trouverait située à quelques 12 années-lumière, avec la particularité spécifique d'atteindre à mi-chemin - tant à l'aller qu'au retour - une vitesse maximum de 99% de la vitesse de la lumière (nos chers lecteurs ne doivent pas oublier que la lumière voyage à la vitesse non négligeable de 300 000 km/seconde).

Reste encore la question du combustible. Il ne fait aucun doute que la fusion de la bombe à hydrogène dans laquelle les isotopes de cet élément, tels le tritium et le deutérium qui se combinent savamment pour former l'hélium, est certainement la source d'énergie la mieux appropriée disponible actuellement.

Pensons un moment, cher lecteur, à la terrible efficacité de cette fusion extraordinaire qui fait resplendir le Soleil. Il est clair que dans cette formidable réaction, 4 noyaux d'hydrogène se transforment dans une chaleur superlative et une puissante pression pour former un noyau d'hélium.

La merveilleuse énergie de cohésion qui maintient le noyau d'hélium totalement uni est sans aucun doute légèrement inférieure à celle des noyaux d'hydrogène originaux. On nous a dit qu'après la réaction, il y a un résidu qui agit sous forme d'énergie libre dans son mouvement.

Il est certain, évident, pathétique, que ce type spécial d'énergie libérée est imposant, terrible, car, selon l'équation d'Einstein : l'énergie divisée par la masse est égale au carré de la vitesse de la lumière (E = mc2). La valeur « E » a, c'est clair, de gigantesques proportions.

Purcell suppose très justement qu'avec ce type de fusion solaire, on aurait besoin de rien de moins que de 16 000 millions de tonnes d'hydrogène pour mouvoir son vaisseau sidéral dans l'hypothétique voyage.

Il est clair que pour ce voyage à 12 années-lumière, ce véhicule cosmique aurait un poids approximatif de 100 tonnes.

Il est logique que ce vaisseau cosmique devrait être accéléré au décollage, arrêté à l'atterrissage, accéléré à nouveau pour commencer le retour à la Terre et finalement, être encore retenu à l'atterrissage en ce monde. Toutes ces manœuvres impliquent une terrible consommation de milliers de millions de tonnes de combustible. Quelle fusée serait capable de transporter semblable chargement ?

Il nous resterait encore le recours d'obtenir de l'énergie en combinant intelligemment la matière et l'antimatière. Il est démontré à satiété que si deux de ces substances contraires font contact direct, elles se détruisent mutuellement en libérant de l'énergie sous forme de rayons gamma.

Nous devons reconnaître, au nom de la vérité, que c'est certes l'unique processus connu par lequel matière comme antimatière peuvent se transformer en énergie. Les fameux rayons gamma qui se trouvent effectivement à l'extrême de l'onde courte dans le spectre électromagnétique, pourraient évidemment propulser un vaisseau cosmique dans des conditions identiques à celles de la pression de la lumière.

À chaque particule atomique correspond, de fait et de droit propre, une antiparticule. Il est facile de comprendre que l'antiparticule est le reflet de son original. Il est évident que si ce dernier en soi est chargé négativement comme l'électron, sa particule s'avèrera indubitablement positive. Ce problème d'engendrer de l'énergie pour lancer un vaisseau cosmique apparemment résolu, l'hypothétique voyage de Purcell n'en est pas expliqué pour autant.

On aurait rapidement besoin pour ce voyage de 406 400 tonnes de combustible également réparties entre matière et antimatière. Est-ce qu'un navire de 100 tonnes pourrait par hasard charger une telle quantité de combustible ?

Et, nous devons le répéter car il ne s'agit pas de l'oublier, que nous parlons d'un hypothétique voyage à 12 années-lumière seulement. Quel serait le problème de combustible si le supposé vaisseau devait se transporter à 50 ou 500 années-lumière ?

Ceci, naturellement, est un problème sans solution ; si nous voulons réellement conquérir l'espace, nous devons envisager la question sous un autre angle. Nous avons besoin d'une authentique révolution scientifique : il est urgent d'apprendre à utiliser l'énergie solaire. Marconi disait à juste titre : « Où un rayon de soleil arrive, l'homme peut arriver ».

Énergie solaire et quatrième dimension seront les deux fondements de la future humanité. Il est nécessaire de tracer la quatrième verticale, et ceci n'est possible qu'en étudiant l'atome à fond. Quand la quatrième coordonnée sera tracée, il sera alors possible d'élaborer une nouvelle géométrie de type tétradimensionnelle. Il est facile de comprendre qu'on peut créer, sur ce fondement vivant, une physique révolutionnaire à 4 dimensions.

La physique actuelle se montre régressive, retardataire, réactionnaire ; elle ne sert à rien pour la conquête de l'espace, elle est obsolète, désuète. Nous pourrons, quand nous aurons une physique révolutionnaire tétradimensionnelle, fabriquer des vaisseaux cosmiques capables de traverser instantanément la barrière de la vitesse de la lumière.

De tels vaisseaux cosmiques voyageraient dans le temps à des vitesses des millions de fois supérieures à la vitesse de la lumière.

Cette sorte de navires poussés par l'énergie solaire n'auraient pas à charger de combustibles d'aucune espèce et voyageraient librement dans l'espace infini. Le monde tridimensionnel n'est pas tout, ce n'est certes rien de plus qu'une feuille de l'arbre de la vie ; pensons à la quatrième dimension. Nous allons révolutionner la science. Nous parvenons déjà à traverser la barrière du son avec des avions et des capsules ultrasoniques, mais nous n'avons pas encore pu outrepasser la barrière de la vitesse de la lumière.

Chapitre 3 - La Conscience

Quand me parviennent ces souvenirs, effluves ardentes d'avril et d'aurore, quand je sens, à vrai dire, cette fraîche rosée de gouttes de ciel, je souffre pour tous ces millions d'êtres humains qui dorment et pleurent.

J'ai éveillé la conscience, je suis parvenu à l'illumination. Où allais-je, endormi, par le rude rocher découpé à ras ? Je regardai attentivement le firmament et il était très haut ; la cime terrible avec son vertige m'attira ; je tournai le visage vers la profondeur traversée, je vis la terre et elle était très en bas.

L'oiseau Phénix au vol rapide me toucha de ses ailes à la blancheur immaculée et alors, rempli de ferveur, je priai en sachant que le parfum de la prière arrive jusqu'à Dieu.

J'implorai pour les endormis, pour ces sincères qui se trompent, qui rêvent qu'ils sont éveillés, pour ceux qui ont échoué et supposent aller très bien.

Le Sage rêve de la splendide rose du pré magique qui entrouvre ses délicieux pétales à l'étoile vespérale de l'amour.

Le barde chevelu rêve du timide ruisseau chantant qui descend de la montagne, égoutté, fondu en argent, le tout transformé en un filigrane qui court et qui passe.

L'infortunée mère rêve au fils qu'elle a perdu à la guerre et ne conçoit aucun sort plus dur ; elle pleure au pied de son portrait le bonheur brisé, et le rayon joue avec la torture et allume même un arc-en-ciel dans chaque goutte.

Faust rêve à sa Marguerite au blanc visage tranquille sous le dais exquis de sa blonde chevelure qui, telle une cascade d'or, retombe sur ses épaules d'albâtre. Quel abîme si profond dans sa pupille, perfide et bleutée comme l'onde !

Entre les griffes effrayantes de la douleur, le pauvre animal intellectuel rêve qu'il est Brutus, déchiquetant le cœur de César en mille morceaux ; Spartacus le terrible, dévastant la campagne ; Ulysse dans son palais d'Ithaque, tuant dans sa fureur les prétendants de son épouse ; Tell rejetant l'embarcation de son pied ; Cléopâtre séduisant Marc-Antoine ; Cromwell devant le supplice d'un monarque ; Mirabeau dans le Tabor des nations ; Bolivar et cinq peuples libérés ; Morelos sur les champs de bataille.

L'amoureux rêve à l'étoile d'Orient qui s'élève resplendissante, au rendez-vous tant espéré, au livre qu'elle tient dans ses mains, à sa fenêtre romantique.

L'époux offensé rêve à l'obscure altercation et à l'âpre rébellion, il souffre l'indicible et en meurt même dans le cauchemar.

Le luxurieux rêve de l'impudique nudité de la diablesse qui se love tel un porc dans la fange de l'immondice.

L'enivré rêve qu'il est riche, jeune, vaillant chevalier de grand renom, courageux dans la bataille.

Amado Nervo rêve à « L'aimée immobile » et Victor Hugo aux « Misérables ».

Cette vie de type lunaire n'est qu'un tissu de rêves.

Ils ne se trompèrent pas, les antiques sages de la terre sacrée des Vedas, en disant que ce monde est Maya (illusion).

Ah ! Si ces pauvres gens cessaient de rêver ! Comme la vie serait différente !

Les 4 Évangiles insistent sur la nécessité de réveiller la conscience, mais comme ils sont écrits en clés, personne ne les comprend.

En ces instants me viennent à la mémoire d'ineffables souvenirs.

Une de ces nuits d'automne, je parlais délicieusement avec un Adepte dans les mondes supérieurs.

Converser avec un frère majeur des dimensions supérieures dans les univers parallèles est, certes, quelque chose d'impossible pour les endormis, pour ces pauvres gens qui rêvent.

Heureusement, je suis éveillé.

Le sujet de la conversation fut varié. Le dialogue se déroula en synthèse. Litelantes écoutait et se taisait. Il est évident qu'elle aussi est éveillée et prend plaisir à m'accompagner ; c'est mon Épouse-Prêtresse.

Et cette conversation s'écoulait délicieusement, tel un fleuve d'or sous l'épaisse forêt du soleil. Le vénérable voulait une entrevue avec moi, ici, en bas dans la région tridimensionnelle.

Il fut nécessaire de définir les facteurs temps et lieux. Litelantes protesta ; minuit et si loin de notre maison, tout simplement au centre de la ville de Mexico.

Ses protestations furent inutiles. Lui et moi nous fixâmes le rendez-vous et donnâmes notre parole.

Les mois d'automne passèrent. J'attendais avec un intérêt suprême, le vieil an neuf 1968.

Cependant, tout passe ; il ne me fallut pas trop attendre et la nuit désirée arriva.

Je sortis de la maison tôt ; il fallait qu'il en soit ainsi, car cette nuit devait comporter beaucoup de visites et je devais m'avancer.

Un taxi me conduit sur la chaussée de Tlalpan jusqu'au Zocalo. Je dus descendre exactement à « 20 de novembre », à un coin de la « Plaza de la Constitucion ».

Je devais payer la course. « Combien vous dois-je ? » « 2 pesos, monsieur ». « Voilà, payez-vous ». Le chauffeur reçut l'argent sans se douter de rien - ni même de très loin - ni à propos de moi, ni à propos de mon voyage. Que peut savoir un endormi ? Le pauvre chauffeur connaissait-il mes études, par hasard ? Que pouvais-je exiger de lui ? Un rêveur de plus conduisant un taxi, voilà tout !

Et j'allai par le centre même du Zocalo et m'arrêtai devant le grand pylône de fer, lequel était la hampe de notre drapeau national, endroit exact du mystérieux rendez-vous.

Il est évident que je devais tout d'abord reconnaître le lieu, et ainsi en fut-il, mais il n'était même pas encore 10 heures du soir.

Je marchai dans l'avenue « 5 de Mayo », lentement, très lentement, et j'arrivai au parc de l'Alameda.

Le gel de l'hiver qui souffle dans les montagnes où jamais ne se bercent ni nuances, ni arômes, tombait en frais torrents d'argent, recouvrant les pelouses flétries.

Je m'assis sur un banc du parc ; le froid de cette nuit d'hiver était terrible. De-ci, de-là, des enfants bien emmitouflés jouaient, joyeux ; les vieillards conversaient, austères, de choses peut-être très sérieuses et très graves, ou pour le moins, tout à fait sans importance. Les amoureux souriaient avec de lucifériens regards de feu. Les lumières aux couleurs variées resplendissaient et comme il se doit, quelques déguisements ne manquaient pas dans cet ensemble bigarré et pittoresque de Nouvel An ; des gens qui prenaient plaisir à se faire photographier entre les 4 rois mages.

Fumée qui jaillissait de la montagne, obscure nostalgie, étrange passion, soif insatiable, immortel ennui, tendre aspiration, subconscient indéfini, soif infinie de l'impossible. Voilà ce que l'humanité ressent en de tels moments.

Je me promenai à plusieurs reprises près des fontaines cristallines, contemplant de belles choses, à côté des sapins ; des ballons de couleurs, variées représentations symboliques de l'an vieux et du Nouvel An, chariots tirés par les cabris du Capricorne, etc.

Plus d'une fois, tournant lentement dans l'avenue « 5 de Mayo », je m'approchais de la hampe de notre drapeau national, au centre vivant de la « Plaza de la Constitucion ».

Je regardai anxieusement aux alentours ; l'endroit glorieux était relativement solitaire et, pour comble cette nuit, le drapeau de la patrie ne resplendissait pas avec son aigle de l'esprit, son serpent sacré et son figuier de Barbarie de la volonté.

Obscurs Alexandre et Spartacus ! Que vous êtes loin de comprendre tout ceci ! Vous fûtes dans les sanglants travaux de guerre semeuse de lauriers et de malheurs, des idoles d'argile qui tombèrent en morceaux sur terre.

En une sublime absorption, je scrutai mon esprit, méditant sur le mystère de la vie et de la mort.

Il ne manquait plus qu'une demi-heure pour ce rendez-vous du Mystère. Je me promenai, silencieux, bien des fois par-là, entre le Zocalo et le parc de l'Alameda. Bientôt, regardant ma montre, je soupirai profondément en disant d'une voix qui m'étonna moi-même : « Enfin ! L'heure est proche ».

Il était nécessaire de presser un peu le pas pour retourner de nouveau à l'endroit du rendez-vous attendu.

Les cloches de la vieille cathédrale métropolitaine résonnèrent, quand anxieux, je m'arrêtai devant la hampe du drapeau national ; il ne me manquait que 15 minutes avant minuit ; je regardai aux alentours, comme si j'enquêtais, comme si je cherchais quelque signal qui m'indiquerait la présence du Maître.

D'innombrables questions m'assaillaient : ce Gourou ne serait-il pas capable de concrétiser le rendez-vous ? L'Adepte n'avait peut-être pas passé le souvenir de ce rendez-vous à son cerveau physique ?

Finalement, ah, Dieu ! Les 12 coups de cloche du Nouvel An résonnent dans les tours du temple. Je commençais à me sentir comme déçu lorsque quelque chose d'insolite se passe : je vois 3 personnes en face de moi. C'est une famille étrangère, peut-être nord-américaine, anglaise ? Je ne sais pas. Le monsieur avance seul jusqu'à moi ; je l'observe attentivement ; je connais ces traits, ce visage majestueux ; c'est le Maître. Il me félicite, m'embrasse, me souhaite un total succès pour l'année 1968 et ensuite se retire.

Je note cependant quelque chose d'étrange en lui : il est venu comme un somnambule, inconscient, comme mû par une force supérieure à lui ; ceci m'alarma et m'attrista un peu.

Est-il possible que la conscience du Maître soit éveillée dans les mondes supérieurs et endormie dans le monde physique ? Ceci est certes, étrange, énigmatique et profond.

Après la rencontre avec le Maître, je ne me sentis plus frustré et j'avais de la joie au cœur.

J'avançai heureux jusqu'à l'atrium de la cathédrale en question ; j'attendais et bientôt mon fils Osiris arriva dans sa petite voiture couleur feu ; il s'arrêta un instant pour me prendre et m'emmener à la maison.

« Le Maître a-t-il accompli son rendez-vous ? » Fut sa première question et il est clair, puisque la réponse fut affirmative, qu'il en fut très content, puis il garda le silence.

Il est utile de dire qu'après cet évènement, j'eus avec le Maître une nouvelle entrevue dans les mondes supérieurs. Je le remerciai d'être venu au rendez-vous et le félicitai ; le Gourou, très joyeux, se sentit satisfait d'avoir pu conduire sa personne humaine jusqu'à l'endroit prévu.

Il est évident que le Maître en soi est ce que les hindous appellent Atman, l'Esprit Divin, fusionné avec l'Âme Spirituelle (Bouddhi).

L'Âme Humaine revêtue de sa personnalité terrestre est ce que dans l'Orient mystérieux, on dénomme sagement : Bodhisattva.

Il est facile de comprendre que cet homme qui vint à moi était le Bodhisattva du Maître.

Et il venait endormi ! Quelle douleur ! C'était un Bodhisattva tombé. Pourtant, le Maître était parvenu à le contrôler et à le conduire comme un automate, comme une marionnette, jusqu'au lieu du rendez-vous.

Il n'est en aucune manière étrange qu'un Bodhisattva (âme humaine du Maître), après être tombé, se submerge lamentablement dans le sommeil de l'inconscience.

Dans les temps antiques, à cette époque où des fleuves d'eau pure de la vie jaillissaient lait et miel, nombre de Maîtres vécurent sur la surface de la Terre. Avec le fatal évènement du Kali Yuga, l'âge noir dans lequel nous vivons malheureusement, de nombreux Bodhisattvas tombèrent, et la lyre d'Orphée tomba en morceaux sur le pavé du temple.

« La grande Divinité est tombée à la renverse. Elle repose sur un côté, le visage contre terre ; néanmoins, les hiérarchies célestes la relèvent ».

Chapitre 4 - Le Temps

Si nous observons attentivement toute chose de ce monde mayavique où nous vivons - une table, par exemple - nous découvrons avec un étonnement mystique trois aspects parfaitement définis : longueur, largeur, hauteur. Il est cependant évident que dans la table de notre exemple concret existe un quatrième facteur spécifique totalement défini : je veux me référer à l'idée du temps.

Depuis combien de temps l'humble charpentier a-t-il fabriqué cette brillante table : quelques minutes seulement ? Peut-être des heures, des mois ? Des années ?

Longueur, largeur, hauteur sont sans aucun doute possible de type cartésien, les trois aspects euclidiens de ce monde tridimensionnel dans lequel, pour le bien ou pour le mal, nous vivons ; mais il est clair qu'il serait absurde d'exclure le quatrième facteur de nos postulats. Le temps en soi, considéré comme quatrième dimension, contient intrinsèquement deux propriétés fondamentales : la temporelle et la spatiale.

Il est vrai, authentique, indubitable, que l'aspect chronométrique de la vie est en fin de compte uniquement l'instable superficie du fond spatial. Tout homme cultivé concevait - des années avant que le savant Einstein ne surprenne le monde avec la fameuse théorie de la relativité - le facteur temps comme une ligne droite ; aujourd'hui, tout intellectuel accepte que ce facteur est courbe.

Il n'en reste pas moins évident qu'en ce XXème siècle, il y a encore des gens qui gardent un esprit médiéval.

De grands intellectuels modernes, utopistes de nature, divaguent dans la jolie fantaisie d'une éternité en ligne droite, temps prolongé de manière infinie.

Le gnosticisme révolutionnaire enseigne dialectiquement que l'éternité en soi n'a rien à voir avec le concept temps.

Le mouvement gnostique international affirme instamment qu'il existe une cinquième dimension connue sous le nom solennel d'Éternité.

En accord avec la sage loi de Récurrence, tout dans la vie revient se passer comme cela se passa à l'intérieur du cercle vicieux du temps.

Certes, les temps se répètent éternellement, mais qu'on ne confonde pas le temps avec l'éternité.

À l'intérieur de l'éternel maintenant de la grande vie existe une incessante répétition d'évènements et de temps.

La courbe du temps tourne à l'intérieur du cercle parfait de l'éternité, mais il est clair que ces deux roues sont différentes.

Ce qui est au-delà des deux cercles mystérieux est la sixième dimension, et le fondement vivant de toute cosmogénèse, nous devons le chercher dans la Région Zéro inconnue.

Puisque le savant Einstein a déjà démontré mathématiquement la relativité du temps, nous pouvons appuyer l'idée que dans l'Absolu Immanifesté, le quatrième facteur de notre monde tridimensionnel n'a pas d'existence.

Avant que le cœur flamboyant du système solaire d'Ors, dans lequel nous vivons, nous nous mouvons et avons notre Être, ne commence à palpiter intensément après le Grand Pralaya (nuit cosmique), le temps n'existait pas car il gisait endormi dans le sein profond de l'Espace Abstrait Absolu.

Si, à la fin du Mahamvantara (jour cosmique), les 7 dimensions fondamentales de l'Univers se retrouvent réduites à un simple point qui se perd comme une goutte dans le Grand Océan, il est évident que le temps cesse alors d'exister. Les mondes comme les hommes, les animaux et les plantes, naissent, grandissent, vieillissent et meurent. Tout ce qui respire sous le soleil a une période de temps définie.

L'unité de vie, pour toute créature qui vit, équivaut de fait et de droit propre à chaque palpitation de son cœur. On nous a dit, certes très sagement, que tout le ciel étoilé est un système de cœurs qui palpitent intensément. Il est évident que chaque palpitation des mondes se réalise chaque 27 000 ans.

La vie totale de tout monde qui resplendit et scintille au sein profond de l'inaltérable infini équivaut à une somme complète de 2 700 000 000 palpitations du cœur cosmique.

L'humble insecte qui vit seulement un après-midi d'été, vit en vérité autant qu'un homme ou qu'un monde mais de manière plus rapide. Il est écrit avec des braises ardentes que le nombre de palpitations cardiaques pour les bêtes, hommes et mondes est toujours le même, plus ou moins rapide ou plus ou moins lent.

Le temps est trop relatif et sur la scène du monde passent de nombreux acteurs qui portent leur propre chronomètre. Il existe, en outre, des calculs secrets et un temps ésotérique, et ceci tout Adepte le sait.

Chapitre 5 - Darol Froman

Les sobres raisonnements mathématiques de Purcell disqualifiant le système des fusées cosmiques et les fameux voyages sidéraux vers d'autres univers solaires, ne découragèrent évidemment pas tout le monde. Au contraire, et bien que cela paraisse incroyable, ils stimulèrent même cette idée saugrenue et fantastique qu'à une date pas trop lointaine vraisemblablement, les hommes de science pourraient propulser la Terre à leur caprice, la sortir de son orbite pour la transporter à un autre endroit de la galaxie.

Cette suggestion insensée fut proposée par Darol Froman, ex-directeur technique du « Los Alamos Scientific Laboratory » au Nouveau Mexique. L'énergie fondamentale, pour donner forme concrète à ce monstrueux projet ténébreux, pourrait s'obtenir par des réactions de fusion en utilisant les eaux des mers comme combustible.

Il est cependant notoire et évident que l'apport maritime de deutérium, forme lourde de l'hydrogène qu'on utilise malheureusement et sinistrement dans la bombe H, se révèle tout à fait insuffisant pour propulser la planète Terre à de grandes distances. Cependant, selon l'homme de science déjà cité, on pourrait résoudre ce problème aigu en utilisant la réaction qui a lieu dans le Soleil (en combinant 4 noyaux d'hydrogène pour former un noyau d'hélium). Ce procédé scientifique suggéré par Froman pour propulser cette terre d'amertumes pourrait fonctionner correctement pendant 8 000 millions d'années, temps bien suffisant pour abandonner le système d'Ors et arriver à d'autres systèmes solaires situés à quelques 1 300 années-lumière.

« Pour beaucoup d'entre nous », dit Froman, « le vaisseau spatial le plus commode jamais imaginé, serait la Terre elle-même. De sorte que, si la position actuelle ne nous satisfait pas pour telle ou telle autre raison, nous nous transporterons à un autre endroit, avec la Terre et tout (ce qui s'y trouve). Nous n'aurions pas à nous préoccuper des pénalités usuelles des voyages spatiaux. Par exemple, le problème des radiations disparaîtrait grâce à l'atmosphère et parce que nous voyagerions à faible vitesse. Vous pouvez voir la tranquillité et le confort de ce mode de voyage sur la diapositive suivante ».

Quelques commentateurs racontent qu'en disant cela, il se donna le luxe de projeter sur un écran devant son auditoire, la scène délicieuse de quelques jeunes filles jouant au golf dans un très bel endroit.

Jouer au ballon ou faire une partie de golf ? Ceci n'a rien de mauvais ! Mais vouloir jouer avec les mondes, oui, voilà qui était une plaisanterie de très mauvais goût. Et si cela échappait aux mains des hommes de science ?

Et si les hommes de science avaient la main lourde ? Si, par manque de précaution, ils altéraient la rotation normale du globe terrestre, alors, qu'arriverait-il ? Quel serait le résultat ?

Avez-vous déjà oublié le cataclysme de l'Atlantide ? La verticalisation de l'axe terrestre provoqua alors la submersion de ce vieux continent.

Darol Froman ne sait rien des Lois Cosmiques ; il est évident qu'il les ignore radicalement. Que peuvent savoir les gens de la psychologie tridimensionnelle, des Fohats et de leurs Lois ? Que les Fohats ont établi des lois inviolables ? C'est indiscutable. Mais croyez-vous, par hasard, que des hommes comme Froman acceptent nos énoncés de bonne grâce ?

Il est évident, certain, patent, manifeste, que chaque monde de l'espace infini contient en lui-même son propre Fohat directeur, intelligent et conscient.

Qu'est-ce que connaît Froman aux 48 lois ? A-t-il étudié un jour quelque chose des 24 ou 12 ou 6 ordonnances ? Darol Froman voulant violer, à son caprice, les lois cosmiques de notre Fohat planétaire ! Auriez-vous déjà entendu chose plus absurde ?

Des millions, des billions de mondes sont produits dans chaque Mahamvantara (Jour Cosmique) et chaque unité planétaire a, de bon droit, son propre Fohat Autoconscient, Omniprésent et Omniscient.

En vérité, ce n'est pas une entreprise facile que celle d'essayer de déplacer le Fohat contenu à l'intérieur de notre organisme planétaire.

Si les acolytes de Froman essayaient effectivement de cristalliser ce monstrueux projet, le résultat serait une épouvantable catastrophe planétaire.

Chapitre 6 - L'ordre Sacré du Tibet

Papus dit dans son « Traité élémentaire de Sciences Occultes » que les vrais Initiés d'Orient sont ceux qui sont assignés aux sanctuaires secrets du Brahmanisme, car eux seuls sont capables de nous donner la clé réelle de l'Arcane A.Z.F. grâce à la connaissance de la langue atlante primitive : Watan, racine fondamentale du sanscrit, de l'hébreux et du chinois.

L'Ordre Sacré du Tibet extrêmement antique est certes l'authentique dépositaire du trésor réel de l'Aryavarta. D'antiques traditions archaïques qui se perdent dans la terrifiante nuit de tous les âges assurent que cette institution vénérée se compose de 201 membres ; le plan majeur est formé de 72 Brahmanes.

Il est écrit au fond des siècles et en caractères de feu que Bhagavan Aclaïva, le Grand Maha-Rishi, est le régent secret de l'ordre mystérieux.

Par le Saint-Huit signe de l'infini, tout Chela, à condition d'une conduite droite, peut se mettre en contact direct avec cette organisation secrète.

Le Saint-Huit tracé horizontalement est sans aucun doute un vivant Clepsydre. Si l'on considère intimement l'extraordinaire formation de ce signe merveilleux, il ressort clairement la continuité d'un même trait qui ferme un double circuit dans le premier trait, tandis que dans le second un seul ferme en se déviant dans l'autre pour se projeter à l'extérieur après avoir coupé le signe au point même de son croisement.

L'un ferme, l'autre ouvre. C'est donc cette clé dont on a besoin pour ouvrir toutes les portes et couper tous les courants formés par l'énergie atomique, depuis celle que nous avons imaginée et avons déposée dans le fond de la conscience, jusqu'à celle qui est originelle de toutes, qui circule de la même manière dans le centre vital de la Neuvième Sphère.

Bien, maintenant éviter grâce à ces recours les risques propres à toute expérience astrale, ainsi qu'obtenir une sortie autoconsciente et rapide sont, entre autres, des raisons bien suffisantes pour que l'Ordre Sacré du Tibet puisse appuyer sa devise : « Rien ne résiste à notre Pouvoir ».

En accord avec la description antérieure, on suggère l'exercice suivant : 1- Quiétude et silence du mental; 2- Imaginer vivement le Saint-Huit; 3- Méditer profondément sur l'Ordre Sacré du Tibet; 4- Ce signe lie ou sépare tous les éléments régis par l'énergie atomique s'il est tracé avec les doigts : majeur, index et pouce de la main droite sur la superficie du plexus cardiaque.

Aimez le Saint-Huit, vénérez-le et concentrez-vous profondément en lui. Ce nombre, finalement, de cette manière, est un clair emblème de ce Mercure Philosophique - véritable incarnation d'Hermès - avec lequel l'Initié doit travailler dans le Magistère du Feu.

Méditez sur le signe sacré de l'infini, parfaite représentation du nexus vivant qui enlace sagement les deux mondes divin et matériel, qui commande respectivement les eaux d'en haut et celles d'en bas de l'espace profond, dans la seconde phase de la création, qui s'unissent finalement dans le foyer central interne de la conscience individuelle, comme véhicule, canal et moyen d'expression de l'un en l'autre. Concentrez-vous profondément en le saint symbole, en l'ineffable Huit, en ce double courant de feu et d'eau qui s'entrecroisent sagement dans la Neuvième Sphère, à l'intérieur des entrailles vivantes de la Terre.

Rappelez-vous la noble figure alchimique de Basile Valentin, resplendissante variation du Caducée, symbole sacré du Mercure des Sages dans lequel s'unissent les propriétés actives du Soufre avec la merveilleuse fécondité productrice du Sel, pour réaliser sagement l'union mystique de deux luminaires (lumières) dans trois mondes.

Qu'il y ait de la profondeur dans votre méditation. Méditez sur l'Ordre Sacré du Tibet. Évoquez ces 8 Kabires ou Kabirim du signe de l'Infini, ces 8 frères, divinités sémites ineffables dont le culte et les mystères passèrent ensuite aux grecs et aux romains, leur centre spécial se trouvant à Samothrace. Ces Dieux Saints considérés enfants d'Héphaïstos ou de Vulcain et d'une belle enfant de Protée apparaissent, nés du Feu Sacré qui se développe et se déroule à l'intérieur de la Terre. Ces 8 frères sont donc les recteurs de la nature, les générateurs des phénomènes vitaux, les régulateurs de toutes les activités fondamentales de l'organisme planétaire où nous vivons. Méditez et priez, restez alertes et vigilants, telle la vigie en période de guerre et ne tombez pas dans la tentation.

Que le Saint-Huit ineffable et terriblement divin se submerge, tel un baume précieux, dans votre cœur endolori, et que les 8 Kabires guident vos pas jusqu'à l'Ordre Sacré du Tibet. Soyez, je vous le dis, Entiers, Unitotaux, Réceptifs. Une de ces nuits, n'importe laquelle, vous serez appelés du temple des Himalayas.

« Demandez et l'on vous donnera, frappez et l'on vous ouvrira ».

Ô Lanu, dis-moi, es-tu disposé à supporter les épreuves ? Les vieux sages d'Orient disent que les épreuves de base fondamentales sont au nombre de 7, indispensables pour la réception initiatique dans l'Ordre Sacré du Tibet. Le Maître Luxemil a déjà parlé de la dernière de ces épreuves. Serait-il par hasard très agréable d'expérimenter la terreur de la mort ?

C'est seulement ainsi cependant que nous en venons à comprendre que le prix de l'autoréalisation intime de l'Être se paye avec la vie elle-même.

Le lugubre sort m'échoit de contempler la trace ignée de ce qui fut ! J'ai connu les luttes, j'ai connu des épreuves ; je frappai, comme d'autres, aux portes du temple. Cette beauté séductrice du Temple oriental donna un éclair de vie à mon âme douloureuse, comme le rayon qui colore et pose dans le nuage qui pleure, l'arc-en-ciel qui réjouit. Image sacrée du temple agréable et irradiante, elle fut cette étoile errante ou rapide météore, la foudre qui traça dans ma nuit un ardent sillon d'or. Cet ineffable sanctuaire du Tibet est le fanal et la torche, l'haleine rafraîchissante et le tourbillon qui agite, le calme de l'esprit qui recrée et de la tempête qui flagelle.

Insondable mystère, harmonie douce et forte, sévère et grave. Dieu me concède de t'obtenir, comme lyrisme funèbre, gloire de sang, fleur d'abîme, deuil et gloire de la mort.

Sur ce noir fleuve de l'existence profane brille l'austère et grave vérité, tel le silence des étoiles au-dessus du terrible crépitement des vagues. Et je fus soumis à d'indicibles épreuves entre ces murs sacrés, dans la noble cour du temple. Que de souvenirs ! Que le soir replie dans le vide son aile d'or, qui me viennent à l'esprit pour le bien de mes lecteurs ces réminiscences ésotériques, que les étoiles tintinnabulent, que les oiseaux nocturnes me disent beaucoup de choses en secret !

Dans cette cour de mystères, une Dame Adepte, après tant et tant d'épreuves vraiment épouvantables et terribles, me montra sinistrement la figure horrible et désincarnée de la mort ; tête de mort osseuse, entre deux tibias croisés. Laissez-moi vivre encore un peu. Je suis en train de travailler pour l'humanité dolente - je paierai tout ce que je dois en me sacrifiant pour la grande orpheline. Ayez de la compassion pour moi. « Si tu avais été préparé, tu mourrais en présence de cette figure ». Ceci fut la réponse suivie d'un silence terrifiant.

Moi, vil ver de terre boueuse, debout à côté d'une de ces solennelles colonnes invaincues du sanctuaire : « Pauvre de moi, aïe, aïe, aïe ! » De terribles souvenirs me vinrent à l'esprit.

J'étais dans l'Ordre Sacré du Tibet, mais ceci n'était pas nouveau pour moi ; je me souviens qu'en d'autres temps j'avais été dans ce même lieu, debout à côté de la même colonne vénérable. Dans la cour autour de la table sacrée, un groupe de Nirmanakayas était assis et ces êtres ineffables distillaient la félicité.

Oh, Dieu ! Des tuniques si belles, vêtements de paradis, visages si divins ! Quelques Sambhogakayas étaient parmi eux, lesquels comme on le sait, ont 3 perfections de plus que les Nirmanakayas.

Permettez que je vous dise quelques mots. Me viennent à la mémoire en ces instants le souvenir d'autres temps : il y a de nombreux siècles déjà, j'étais ici, en ce même lieu, près de cette même colonne. « Si tu n'avais pas été ici avant », me répondit un vénérable vieillard, « tu ne serais pas revenu frapper aux portes de ce temple ». J'avançai de quelques pas, me retirant de la colonne, pour me placer avec révérence devant la table des saints ; le vieillard qui avait pris la parole au nom de tous les élus se leva pour me faire quelques justes reproches.

Quel majestueux visage ! Il paraissait un Christ vivant ; dans ses yeux se reflétaient beaucoup de jours et de nuits cosmiques ; sa barbe sacrée était une vive représentation du verbe universel de vie, et sa chevelure immaculée tombant sur ses ineffables épaules nous rappelait l'Ancien des jours de la Kabbale hébraïque.

Il parla et dit des choses terribles ; il mentionna une femme que j'avais connue après la submersion du vieux continent atlante. « Te souviens-tu de celle-ci ? » « Oui, vénérable Maître, je m'en souviens ». Il est évident que par elle j'avais échoué dans les temps antiques. « Te rappelles-tu de celle-là ? » « Oui, vénérable Maître, je m'en rappelle ». Vint alors à mon esprit le vivant souvenir d'une reine tibétaine. En Asie centrale, au cœur même des Himalayas, existait un merveilleux royaume il y a de cela près d'un million d'années. Les habitants de cet antique pays furent le résultat d'un mélange Aryen-Atlante.

Tout ésotériste sait très bien que la première sous-race de notre cinquième Race actuelle a fleuri en Asie Centrale. J'ai vécu dans ce vieux pays et connu la reine en question, celle que le Maître me rappelait en me faisant le reproche. Elle vint à moi, alors que j'étais un prêtre de l'Ordre Sacré du Tibet. La malheureuse souffrait et me conta ses tragédies. Le monarque, son époux, était amoureux d'une autre femme et, naturellement, la malheureuse reine était tombée dans le désespoir. Je voulus l'aider, fis ce que je pus pour elle, mais je commis de graves erreurs.

Assaillir le mental d'autrui est un délit et il serait absurde de nier mes propres erreurs ; j'utilisai les pouvoirs psychiques de manière évidemment négative et j'allai même jusqu'à commettre l'erreur de recevoir quelqu'argent. Le trésor royal me paya la somme au compte des dépenses de la reine. L'époux abandonna sa concubine ; le roi et la reine se sont réconciliés pour le bien du pays.

Apparemment, j'avais bien agi, mais rappelons-nous les mots du Maître Moria : « Dans les cadences du vers, le délit se cache aussi ». Toute lumière faite, il est facile de comprendre que je tombai dans l'absurde, que je commis des stupidités et que, bien que j'aie été un Deux-Fois-Né, je fus sévèrement châtié. Le vieillard était là, rappelant toutes ces choses et il est clair que ma douleur morale fut grandement épouvantable.

« Tu as eu recours à l'Ordre de la Jarretière ? » « Oui, vénérable Maître, j'ai eu recours à lui », fut ma réponse. Comment le nier ? Le regard de ce vieillard très sacré me traversait le cœur, impossible de me cacher devant la divinité. Je me rappelai alors cette antique personnalité que j'avais eue dans l'antique Rome. On me confia d'établir une forte trame pour la quatrième sous-race de cette cinquième Race-Racine, et j'utilisai alors la personnalité humaine de Jules César. J'ai formé le Grand Empire Romain, je me battis comme un lion dans les Gaules et tout le monde sait que je fus assassiné par Brutus le traître.

Je n'avais aucun besoin de recourir à l'Ordre de la Jarretière : les lois secrètes de la Grande Vie Universelle m'auraient aidé de toute façon sans le besoin de cette institution romaine. Je me sentis après ces reproches honteux de moi-même, peiné et le cœur endolori.

Une Dame Adepte déguisée en bourreau rituel avança résolument jusqu'à moi, avec le fouet sacré dans sa main droite. Je compris immédiatement que je devais passer par la flagellation évangélique. Je m'acheminai vers l'intérieur du temple, bien lentement, le long de cette cour vétuste entourée d'archaïques murailles. Meurs ! Meurs ! Meurs ! s'exclama la Dame, tandis qu'elle me fouettait réellement avec le fouet sacré.

Oui, c'est ce que je veux : mourir, mourir, mourir ; fouettez-moi plus fort ; et ces coups de fouet, au lieu de produire en moi cette épouvantable douleur de la torture, entraient en moi comme l'eurent fait des rayons électriques, me faisant du bien, car je sentais qu'à l'intérieur de moi ces entités qui constituent le Moi pluralisé étaient abattues à mort.

Il est écrit qu'Horus doit vaincre et détruire les démons de Seth (Satan) pour que l'âme ressuscite dans le cœur d'Osiris (le Christ).

Il est évident, certain et pathétique, qu'après être revenu à la seconde naissance, j'avais besoin de mourir en moi-même, ici et maintenant. Ceci n'est pas la mort ordinaire, commune et courante des profanateurs de la vie, qui inspire une si grande terreur aux êtres vulgaires, à ces multitudes qui peuplent la surface de la Terre.

Ceci, certes, est la Mort Initiatique ou Philosophique des Maîtres à laquelle Giordano Bruno fait allusion quand il écrit « Coloro Che Filosofano Dirittamente Intendono a Morire ».

C'est là la mort de Seth, le Moi-Même, le Soi-Même, tellement adoré par tant de sincères fourvoyés.

Nombre d'années de ma vie ont passé et jamais je n'ai pu oublier cet évènement cosmique arrivé au cœur des Himalayas. Aujourd'hui, je suis mort, j'ai intensément travaillé avec l'aide de mon Serpent sacré : les démons rouges de Seth ont été mis en déroute.

Grande fut la lutte, mais j'ai obtenu la Mort Initiatique.

Le chemin est plus amer que le fiel. Beaucoup sont appelés et peu sont les élus. Le sentier de la vie est formé des traces des sabots du cheval de la mort.

J'avais besoin de dissoudre l'Égo, de mourir, oui, et maintenant, je parle parce que...

Chapitre 7 - Méditations

En ce monde de la manifestation cosmique, il n'existe en vérité de gloire aux couleurs plus hautes que celle d'être dans la Lumière créée de l'Univers, un de ces creusets dans lequel tout l'enchantement de l'âme se condense comme le feu de l'éther dans les soleils.

Il n'est pas vrai que Brahma, l'Esprit Universel de Vie, soit dépourvu en lui-même de cette splendide unité. Qu'importe que le sublime Prométhée, sous la terrible étincelle que son front attire, morde la boue de la terre dans sa lutte si, comme Antée, il se lève héroïque chaque fois qu'il tombe ?

Se battre, lutter, souffrir, se libérer finalement, se perdre comme une goutte diamantine dans l'océan de la lumière incréée est, certes, l'aspiration la meilleure. Les Dieux surgissent de l'abîme au moyen du feu et se perdent dans l'Absolu.

Au moment où j'écris ces lignes me viennent en mémoire tant de choses. Une de ces nuits-là, en profonde méditation intime, j'abandonnai le monde illusoire de Maya et, libéré de ces fers de l'existence amère, je me submergeai au cours du Samadhi dans le monde de l'esprit. Il n'y a pas de meilleur plaisir que celui de se sentir l'âme dégagée du corps, des sentiments et du mental.

Immense est la joie ineffable de ces Âmes de Diamant qui se perdirent dans le Grand Alaya de l'Univers. Et enivré par l'extase, j'entrai par les portes du temple aux parois transparentes. Avec l'œil ouvert de Dagma, avec cette vision spirituelle de l'Adepte ou Jivanmukta, je regardai vers le bas dans les profondeurs et je vis alors au fond de l'abîme nombre d'êtres chéris.

Océan du mental cosmique, précipice, fossé, profondeur qui épouvante. Comme ils souffrent ! Aïe ! Ne me désolez pas ainsi, ayez de la compassion pour moi. Que cesse notre écart, yeux qui font peine, yeux à l'aspect de feuilles trempées de rosée.

Et ces ombres se dilataient, mélancoliques et étranges, prenant des traces mystérieuses d'humidité qui éteint les teintes de flamme. Murmure de mots confus et vagues de la profonde tristesse de l'âme. Pauvres ombres ! Vaines formes du monde mental !

De même que la mer furieuse fouette sans clémence la plage de ses vagues, de même du monde du mental, de la mer de l'entendement surgissaient des vagues qui tentaient inutilement, désespérées, de fustiger le seuil du temple aux parois transparentes. Litelantes, la Dame Adepte, s'exclama indignée : « Ces femmes gênent vraiment, elles essaient d'arriver jusqu'ici », et elle dégaina son épée flamboyante tout comme moi. Ces épées se retournèrent un instant, menaçantes, lançant partout un feu dévorant. Et ces ombres vaines du mental universel se perdirent, terrifiées, dans l'épouvantable abîme de Maya. En l'absence du corps, des sentiments et du mental, nous en venons à expérimenter de manière directe ce qu'est la Vérité.

Ces pauvres ombres (Égos) du Samsara ou terre des amertumes, sont certes un composé douloureux de pensée, sentiment et désir, qui en se concentrant dans telle ou telle autre direction, se convertit en fait en quelque chose de semblable à de la volonté.

Comme les êtres ineffables sont différents, ils sont, eux, forts, vivants, des créatures solaires, d'ardentes flammes. Il n'existe pas dans les seigneurs de la flamme, cette profonde tristesse de l'âme, ces yeux à l'aspect de feuilles chargées de larmes. Les feux intelligents de l'aurore de toute création sont saturés de félicité. Ces êtres d'or, ces ineffables, ne sont pas les douloureuses ombres du mental ; en eux resplendissent la Sagesse, l'Amour et le Pouvoir.

Ce sont les Ah-Hi mystérieux et terriblement divins qui demeurent au-delà du mental et des ombres qui pleurent. Dans la nuit cosmique profonde, avant que le cœur du système solaire ne commence à palpiter intensément, le mental universel n'existait pas, car il n'y avait pas d'Ah-Hi pour le contenir. Ces Ah-Hi mystérieux et terriblement divins constituent l'Armée de la Voix, le Verbe, la Grande Parole, les troupes d'êtres spirituels si distincts, si différents des ombres du mental qui pleurent.

À toute lumière, il se révèle ostensible, clair et palpable, que ces êtres bienheureux, que ces flammes bienheureuses, surgissent du sein de l'Absolu, à l'aube de la vie, pour donner et établir des lois dans le vivant laboratoire de la nature.

À la fin du jour, le grand âge, ces ineffables cessent d'exister et se perdent finalement dans l'inconcevable joie du profond Espace Abstrait Absolu. Le mental en soi et toutes ses vaines ombres illusoires cessent d'exister réellement quand s'achève le Jour Cosmique. Les Dieux savent bien que dans le sein de la lumière incréée, le mental se dissout comme une bulle de savon. Dans ce qui n'a pas de nom, l'existence du mental est impossible, bien que ses latences permettent de deviner une lointaine possibilité pour le futur.

Au crépuscule de l'Univers qui scintille dans l'infini, les Élohim doivent rompre tout fer qui, d'une manière ou d'une autre, les attache à l'existence, et se libérer radicalement de tout ce qui s'appelle mental, volonté et conscience.

Chapitre 8 - Évolution et Involution

Dans les temps antiques, Anaximène de Milet le grand sage, insista sur cette idée que le nombre de mondes habitables est infini. Ce philosophe insinua alors que la vie qui vibre et palpite sur la superficie de la Terre s'engendra dans le limon ou fange de l'océan et qu'ensuite, peu à peu, avec le devenir des innombrables siècles, elle s'adapta progressivement au milieu ambiant. Anaximène pensait très sérieusement que toutes les espèces vivantes, l'animal intellectuel à tort appelé homme inclus, descendent d'êtres océaniques archaïques.

Épicure crut en la « génération spontanée » et ses idées se répercutèrent intensément dans les milieux intellectuels des XVIIème et XVIIIème siècles. Il est superflu de dire que Newton et Harvey acceptèrent cette théorie.

Jean-Baptiste Helmont crut que la clé de la vie réside exclusivement dans la fermentation et se donna même le luxe de proposer des méthodes pour la génération des scorpions et autres êtres vivants ; le plus drôle chez ce sage fut sa fameuse formule pour créer et engendrer des souris : « Si on tord une chemise sale dans l'embouchure d'un pot qui contient quelques grains de blé, la fermentation exsudant de cette chemise sale, altérée par l'odeur des grains de blé, donne lieu au bout de 21 jours à la transformation du blé en souris ».

Il est évident que cette formule s'avère au fond à cent pour cent ridicule.

En l'année 1765, le monde intellectuel des Pays-Bas fut agité par de terribles discussions qui tournaient autour des bactéries et des protozoaires. Pour nombre d'entre eux, ces organismes microscopiques se développaient de manière intellectuelle et spontanée, bien que Leeuwenhoek ait suspecté qu'ils provenaient de l'air.

Entre-temps, Buffon, le très fameux naturaliste français - à qui nous devons la très discutable théorie de la collision, à l'aide de laquelle beaucoup ont tenté d'expliquer l'origine du système solaire d'Ors où nous vivons tous - donna une habile explication scientifique au thème inquiétant de la génération spontanée : « La matière vivante », dit-il, « compte des molécules organiques qui, durant le processus de putréfaction sont capables de se réajuster par elles-mêmes pour former de nouveaux organismes de matière achevant de mourir ».

Il est évident que le sophisme d'une explication si absurde se trouve dans le « réajustement » spontané, le hasard, sans un principe directeur intelligent.

Laplace, l'auteur de la théorie de la nébuleuse ou nuage de poussière, pour expliquer l'origine du système solaire suggéra l'idée que les plantes et les animaux du monde ou nous vivons doivent leur existence aux rayons solaires.

Le conflit intellectuel le plus aigu du XIXème siècle trouva son théâtre sur le terrain des idées de Pasteur et de Darwin.

Cette question passablement épineuse, relative aux formes inférieures de vie et à la génération spontanée, occasionna de violents débats quand Darwin rendit publique sa théorie de l'évolution.

Pasteur, lance en arrêt, alla contre le dogme de l'évolution, quand il ridiculisa Jules Michelet qui, de manière absurde, décrivit la vie comme étant engendrée dans une goutte d'eau marine très riche en nitrogène, et un peu de mucosité ou gelée fécondante qui, sans doute, au bout de 10 000 ans, évolua à la dignité d'insecte et au bout de 100 000 ans, à celle de singe et d'homme.

Pasteur en termina sagement avec la théorie de la génération spontanée quand il dit : « Non, on ne connaît actuellement aucune circonstance par laquelle on peut affirmer que des êtres microscopiques soient venus au monde sans germes ni prédécesseurs qui leur ressemblent. Tous ceux qui prétendent démentir cette réalité ne sont rien de plus que jouets des illusions, victimes d'expériences mal réalisées, criblées d'erreurs, qu'ils ne savent pas expliquer ou dont ils ignorent comment les éviter ».

Pasteur montra à l'auditoire qui l'écoutait attentivement, un flacon qui contenait une matière fermentable depuis de nombreuses années. Il est évident que le récipient étant hermétiquement fermé, les micro-organismes de l'air ne purent pénétrer à l'intérieur et, en conséquence, la matière ne fermenta pas.

Darwin, dans une lettre antérieure à l'année 1871, écrit textuellement ce qui suit :

« On a dit fréquemment que toutes les conditions nécessaires pour la première génération d'un organisme se trouvent maintenant présentes et qu'elles pourraient avoir été toujours présentes (et allez donc : un conditionnel aussi rempli de doute !) ; s'il était possible de concevoir que dans une petite mare chaude, avec toutes sortes d'ammoniaque et sels d'acide phosphorique, lumière, chaleur, électricité, etc., elle fut formée chimiquement d'un composé de protéines disposé à drainer des variations encore plus complexes, actuellement, cette matière serait instantanément dévorée ou absorbée, chose qui ne se serait pas produite avant la formation des êtres vivants ».

Pasteur en termina avec le fondement de la théorie évolutive et transformatrice de Darwin quand il réduisit en poussière cosmique la théorie de la génération spontanée. La vie en elle-même, la forme la plus basse et élémentaire comme dans une bactérie incluse, peut uniquement surgir réellement d'une autre vie.

Les germes de l'existence dorment pendant la nuit profonde du Grand Pralaya, au sein de l'Espace Abstrait Absolu, et viennent à la manifestation cosmique quand s'initie l'aurore du Mahamvantara. Les germes vivants, au cours du Jour Cosmique, sont soumis aux lois de L'Évolution et Involution, Rythme, Vibration, Nombre, Mesure et Poids.

Chaque espèce a, en elle-même, son prototype vivant, ses germes originels. Les germes vivants de la vie universelle, intelligemment suspendus dans l'atmosphère vitale du monde où nous vivons, peuvent être classés. Il est ostensible, palpable et clair que le milieu ambiant environnant, dans chaque planète de l'inaltérable infini, est sujet à des changements variés.

Il est évident que chaque espèce germinale spécifique exige, pour sa manifestation, des conditions vitales, claires et précises.

N'importe quel spécimen germinal élémental peut et doit évoluer et se développer durant son cycle d'activité particulier. Il est indubitable et même axiomatique que tout modèle ou type germinal involue et revient à son état élémentaire primitif quand son cycle d'activité s'achève.

Exemple : les polypes des fleurs, aujourd'hui de simples micro-organismes involuant en voie récessive, furent dans la ronde précédente d'épouvantables géants armés de terribles tentacules, très semblables aux poulpes marins.

Les énormes monstres antédiluviens qui autrefois désolèrent des cités cyclopéennes, laissant partout leur trace indélébile de terreur et de mort, existent encore en plein XXème siècle. Ce sont aujourd'hui tout juste de simples microbes suspendus dans l'atmosphère. Dans un monde du futur Mahamvantara, ces germes de vie se développeront inévitablement.

Et que dirons-nous de la race intellectuelle-animale de bipèdes tricérébrés et tricentrés ?

Pourquoi ce spécimen, échantillon ou modèle bestial raisonnant, devrait-il être une exception à la très grande règle ? Il est évident que les germes de ce bipède, à tort appelé homme, commencèrent leurs multiples processus évolutifs dès l'aurore même du Mahamvantara.

Avez-vous déjà entendu parler de la race protoplasmique ? Il ressort avec la clarté du Zénith que la susdite génération géante, au-delà du temps et de la distance, fut en vérité la culmination d'une longue série de processus évolutifs dont le théâtre se situa dans les dimensions supérieures de la nature.

Il faut donc savoir que les générations suivantes de l'espèce humaine, descendantes de ces géants archaïques, démesurés, rétrocèdent peu à peu depuis les temps antiques, involuant vers leur état germinal primitif.

L'anthropogenèse enseigne que n'importe quel monde de l'espace infini se convertit tôt ou tard en le théâtre des 7 races humaines. Nous savons bien à propos que dans ce monde de tant d'infortunes, nous sommes précisément la cinquième génération.

Il est évident que la sixième race sera de stature encore plus petite, et toutes lumières faites, il est évident que la dernière génération sera lilliputienne.

La nature dispose toujours de spécimens, modèles ou exemplaires vivants, pour démontrer ses vérités. Au moment où j'écris ces lignes me vient à la mémoire le cas singulier d'une certaine tribu Lémure-Lilliputienne qui vécut jusqu'à il y a peu de temps dans le Lipez en Bolivie, Amérique du Sud.

D'antiques traditions affirment que les hommes, comme les femmes de cette mystérieuse tribu, avaient un corps atteignant à peine des statures de 15 à 25 cm. Ceux qui passent par-là disent que ce curieux village où demeuraient autrefois ces lilliputiens existe encore et se trouve à quelques 120 Km de Potosi, en Bolivie.

Il nous paraît franchement très lamentable que ce village insolite, semblable à une cité jouet, ait été abandonné par ses très petits et étranges habitants.

Il ne serait pas difficile de deviner que cette tribu insolite se mit dans la quatrième dimension pour se transporter à quelque lieu moins exposé à la vue profane des curieux.

Les sages aztèques ne se trompèrent pas quand ils exposèrent leur idée selon laquelle « les Fils du Troisième Soleil se convertirent en oiseaux ».

Au crépuscule de la vie terrestre, des instants avant que la Terre ne soit convertie en une nouvelle lune, l'espèce animale intellectuelle sera revenue à son état germinal.

Il est évident qu'après la mort du monde physique, les germes humains continueront à évoluer dans les dimensions supérieures de la nature jusqu'à retourner à l'état élémental, atomique, originel.

Il est écrit en caractères de feu dans le Grand Livre de la Vie, qu'à la fin du Grand Jour Cosmique, tout germe vital doit dormir profondément dans le chaos pendant 7 éternités.

En vérité, en vérité, je vous le dis, seuls la Musique, le Verbe, le Logos peuvent éveiller les germes vitaux à l'aube de tout Mahamvantara pour un nouveau cycle d'activité.

Oremus...

Chapitre 9 - Momies Égyptiennes

Ô Keb ! Génie de la terre ! Puissant seigneur du monde, sublime protecteur des vénérables momies, au pays ensoleillé de Kem, Salut !

Qu'entendent mes oreilles ? Ô Dieux de l'Amen-Râ ! Le verbe ineffable d'Hermès Trismégiste, le trois fois grand dieu Ibis de Toth, résonne encore dans le fond profond de tous les âges.

Une torpeur d'éternité pèse sur les antiques mystères du sphinx du désert et les âmes de l'Amenti aspirent à une nouvelle manifestation Neptunienne-Amentine.

En ces moments me vient en mémoire une réincarnation égyptienne.

Je naquis là-bas et y vécus sous la dynastie du pharaon Khephren. Bien que mes paroles puissent sembler énigmatiques et étranges, je vous dis en vérité que mon corps physique ne mourut pas et s'en fut au sépulcre. Catalepsie ? Oui ! De quel type ? Il nous est impossible de vous expliquer car vous ne comprendriez pas maintenant.

Ah ! Mais mon cas, certes, ne fut pas une exception. Beaucoup d'autres hiérophantes allèrent au sépulcre en état de catalepsie.

Que certains types spéciaux de momies continuent à vivre et sans aliment aucun, mais avec toutes leurs facultés naturelles en suspens, voilà qui ne doit nous surprendre en aucune manière.

Rappelez-vous que les crapauds pendant l'hiver, enterrés dans la boue, gisent cadavériques sans aucune nourriture, mais reviennent à la vie au printemps. Avez-vous entendu parler de l'hibernation ? À Paris, cette branche scientifique est très avancée ; un docteur de mes amis m'informa qu'ici au Mexique on allait l'établir également. Tout organisme humain déposé en chambre d'hibernation à température plus basse que 0° dort profondément et ressemble à un cadavre dont toutes les facultés humaines sont mises en suspens. On nous a dit que le premier homme ayant servi de cobaye pour cette expérience est resté dans cet état tout un siècle. On dit que ce sujet vit encore.

La catalepsie égyptienne va encore beaucoup plus loin ; elle est en outre sagement combinée avec la magie et la chimie occulte.

Mon âme évidemment s'échappa du corps ; ce type de momification très spécial ne fut indiscutablement pas un obstacle à ma continuation du cycle de mes réincarnations. L'âme de n'importe quel hiérophante égyptien a 4 corps : 1- la Momie; 2- le Ka (corps astral); 3- le Ba (corps mental); 4- le Ku (corps causal).

Je m'éloignais de la Momie ou plus exactement mon âme s'émancipa de ce corps momifié. Mon âme vêtue de ses véhicules supérieurs poursuivit dans l'Amenti, continuant à se réincarner ensuite dans différents lieux du monde. Il existe pourtant encore un fil sympathique magnétique qui maintient d'une certaine manière une certaine relation entre mon âme et la momie.

Mon esprit, parfois, se met dans le corps apparemment mort. Il est évident qu'alors le véhicule en question sort momentanément de son état cataleptique.

Mon humaine personnalité actuelle n'est pas un obstacle à cette sorte d'expérience ; personne ne peut entraver l'esprit. Lui peut sortir la momie du sépulcre en la submergeant dans la quatrième dimension. Lui peut abandonner la quatrième dimension et entrer dans ce monde à trois dimensions pour visiter quelqu'un. Lui connaît la région des canaux et des courants, l'endroit humide, l'antichambre de cette région chimique où nous vivons. Il sait ouvrir la porte de Keb qui donne accès à la région de l'air. Il a le pouvoir d'appeler les êtres magiques avec l'aide desquels il peut pénétrer dans la région des cinq sens pour se rendre visible et tangible devant quelqu'un. Mon esprit, après de telles expériences, peut faire revenir la momie à son sarcophage. Après ma mort, mon âme pourrait se réincorporer définitivement à cette momie si Tum (prononcer Toum : le Père) en décidait ainsi. Ce corps, alors, sortirait définitivement de l'état cataleptique et mon âme vêtue de cette chair pourrait vivre comme n'importe quelle personne et voyager de pays en pays.

Il recommencerait à manger, boire, vivre sous la lumière du soleil, etc. Cette momie serait définitivement enlevée à son sépulcre au travers de la quatrième dimension.

Chapitre 10 - Les Sept Sentiers de la Félicité

Dans ce labyrinthe inextricable et confus de théories pseudo-ésotériques et pseudo-occultistes, ce que l'on dit et discute relativement aux sept rayons d'action cosmique est certes abondant.

Machines humaines aux langues vipérines qui disent des merveilles !

Gens qui dorment sur la surface de la terre : bipèdes tricérébrés ou tricentrés qui ignorent mais encore ignorent qu'ils ignorent. Machines ! Qui passent, vont et viennent... Parlez, discutez si bon vous semble, mais en vérité je vous dis que vous ne savez rien.

Expérience mystique directe, cela est savoir ; mais en vérité le vécu ésotérique, l'extase, ne sont que pour des hommes à la Conscience éveillée. Voulez-vous cesser d'être des machines ? À la bonne heure, je vous félicite... Mais commencez par vous éveiller.

Ah ! Si les gens s'éveillaient, s'ils arrêtaient d'être des machines... Comme la vie serait différente. Cela parait incroyable, mais avec 10 % de conscience éveillée seulement, les guerres disparaîtraient et la paix règnerait dans cette vallée de larmes.

Sachez-le, souverains et vassaux, illustres et mendiants, vos misérables existences ne sont qu'un tissu de rêves.

Le navire sur la lointaine haute mer suit le hasard de l'élan d'un oiseau. Où va-t-il ? Le navigateur génois ne le sait pas lui-même, car il dort.

Il y a dans cette tragique conscience que nous portons au-dedans de nous, des tristesses qui exaltent et des allégresses qui ternissent ; il y a des réjouissances qui pleurent et des souffrances qui chantent, et l'animal intellectuel tue toujours ce qu'il adore le plus.

Conscience qui dort, comme tu serais distincte si tu t'éveillais !

Tu connaîtrais les 7 sentiers de la félicité, la lumière de ton amour brillerait de toutes parts, les oiseaux se réjouiraient dans le mystère de leurs bois, la lumière de l'esprit resplendirait et les joyeux élémentaux de la nature chanteraient pour toi des poèmes d'or.

Une nuit, peu importe laquelle, la date, le jour et l'heure, je conversais avec un Adepte de la Fraternité Blanche dans l'Univers parallèle de la cinquième dimension ; la conversation, en vérité, était suave, délicieuse et s'écoulait doucement tel un fleuve d'or sous l'épaisse forêt du soleil. Bientôt, sous le sublime feuillage de l'arbre de la vie, je l'interpellais : « Avez-vous un corps physique ? Est-ce que vous êtes conscient ? ».

Il est évident, ostensible que ses réponses me laissèrent évidemment pleinement satisfait. « Oui, je suis éveillé. J'ai un corps physique mais je sens qu'en ce moment ma conscience commence à s'endormir, lentement, peu à peu, à mesure que mon véhicule dense m'attire vers ce que l'on appelle l'état de veille ».

Le moment le plus intéressant fut celui pendant lequel l'Adepte, flottant extatique dans l'ambiance sidérale, joignit bienheureusement ses deux pieds de sorte que leur plante entrèrent en contact. Il parut alors se fortifier, sa conscience retrouva sa lucidité.

J'imitai son exemple, bien sûr, et l'Adepte m'expliqua la clef en me disant : « Tu pourras avec ce secret résister à l'attraction magnétique du corps dense et tu pourras rester hors de lui tout le temps que tu désireras ».

Il est ostensible et clair que seuls les Adeptes tels que lui, hommes véritables, conscients et éveillés, savent ce que sont les 7 chemins. Dans la nuit cosmique, les 7 sentiers de la félicité n'existent pas et seul l'Un respire, inanimé et par lui-même.

Avant que le cœur du système solaire ne commence à palpiter intensément, les causes de la douleur n'existaient pas parce qu'il n'y avait personne pour les produire ni pour être appréhendé par elles.

Chapitre 11 - La Panspermie d'Arrhenius

Quelques-uns des prédécesseurs de Darwin crurent que le regroupement des espèces en arbres généalogiques était le résultat de l'évolution d'une espèce à une autre. Cette croyance, bien évidemment, est au fond une hypothèse absurde car nous n'avons jamais assisté à la naissance d'une nouvelle espèce.

Lamarck pensait que l'évolution avait lieu par l'adaptation de plantes et d'animaux au milieu ambiant, les caractéristiques acquises se transmettant à la génération suivante.

Darwin alla même encore plus loin dans ses exposés, avec cette idée farfelue que des types nouveaux émergeaient de variations occasionnelles dues au hasard, ou par le fait d'erreurs d'hérédité et qu'ensuite ils étaient supprimés pour la survie du plus apte.

Jetant un coup d'œil rétrospectif sur le long sentier de l'évolution, M. Darwin conclut en déclarant que dans le passé confus doit avoir existé quelque forme première de vie, simple et rudimentaire, d'où proviennent toutes les autres existences. Elle s'avère finalement très intéressante cette question que cet auteur se fit à lui-même.

« D'où proviennent ces espèces originelles ? » Dans l'une de ses dernières lettres dont on peut supposer qu'elle fut même l'ultime qu'il dicta et signa avant sa mort, il déclarait instamment que les connaissances de ce temps-là étaient si pauvres que n'importe quelle tentative sérieuse pour expliquer l'origine de la vie serait un échec.

M. Darwin mourut sans avoir découvert l'origine de la vie après avoir écrit une théorie absurde, sans base ni fondement.

Pasteur fut beaucoup plus compréhensif : souvenons-nous bien de ce coup qu'il asséna à l'idée absurde que la vie pouvait surgir de matière inorganique. Le grand savant dit : « Il y a une qualité spécifique des substances chimiques des choses animées qui les situe fondamentalement à part des substances inorganiques ».

Pasteur désavoua tous les fanatiques de la génération spontanée de manière si catégorique qu'en vérité, bien que cela semble incroyable, seuls quelques complices de cette théorie bien farfelue s'aventurèrent à spéculer sur l'origine de la vie.

Inutile de dire que des restants, les uns optèrent pour l'idée de la nécessité de quelqu'étincelle miraculeuse pour donner vie au premier être vivant ; les autres, incontestablement les plus sages, recoururent à la sagesse orientale selon laquelle la vie est éternelle, les formes changeantes seules étant périssables.

Les germes de la vie voyagent éternellement de soleil en soleil, de monde en monde, à travers le temps et la distance. Des remous électriques, tourbillons de force, s'échappent des mondes en portant en leur sein des germes de vie. Des tourbillons électriques viennent aux mondes portant en leur ventre les germes de la vie.

La difficulté offerte par la théorie de la Panspermie d'Arrhenius était que même les spores des bactéries ayant survécu à l'ébullition dans les éprouvettes de Fouchet auraient probablement été tuées par les rayons ultra-violets solaires peu après avoir traversé rapidement la couche atmosphérique protectrice terrestre. Les rayons au plus grand effet mortel pour les spores sont sans doute ceux d'une longueur d'onde inférieure à 3000 angströms. Selon des calculs postérieurs réalisés par Carl Sagan dans la fameuse Université de Berkeley en Californie, ces spores n'auraient pu survivre, pas même pendant le trajet de la Terre à Mars ou vice versa.

Sagan affirmait néanmoins que les rayons ultra-violets sont beaucoup plus faibles à des distances depuis le Soleil vers des planètes comme Uranus ou Neptune, et qu'en ce qui les concerne, la théorie de la Panspermie n'est pas totalement écartée, même si on ne peut selon lui l'appliquer à l'origine de la vie sur la Terre.

Nous les gnostiques allons beaucoup plus loin ; nous ne parlons pas de spores mais affirmons que les germes élémentaux de la vie sont emportés et apportés par des tourbillons électriques.

Il est évident que si les germes élémentaux de vie universelle n'étaient pas dûment protégés au cours de leurs voyages interplanétaires, ils seraient annihilés par les rayons solaires ultra-violets.

Après tout ce cycle évolutif vient des âges involutifs et les espèces retournent à leur état germinal primitif. L'évolution et l'involution de chaque espèce en particulier exigent des conditions vitales précises. Toutes les espèces vivantes qui ont évolué et involué sur la planète Terre ont répété des cycles identiques dans d'autres mondes.

La théorie de la Panspermie d'Arrhenius a été améliorée par les gnostiques et il est évident que ses fondements sont exacts.

Chapitre 12 - Les Mystères Égyptiens

Salut, ô déesse sacrée Athénée-Neith ! Que tes œuvres et merveilles sont grandes.

Les dieux et les sages savent bien que tu es la divine Clitone de l'Atlantide submergée.

Il est écrit en caractères de feu dans le grand livre de la vie que toi, ô déesse, tu sus intelligemment sélectionner la fine fleur de la semence de Vulcain pour fonder l'auguste cité d'Athènes.

Ô Neith ! Tu établis Saïs dans le delta du Nil : le pays ensoleillé de Kem s'incline respectueusement devant toi. Salut ! Salut ! Salut !

Ces phrases du prêtre de Saïs résonnent encore au fond des siècles :

« Ô, Solon, Solon, vous les Grecs n'êtes que des enfants ! Il n'y a pas en Grèce le moindre vieillard ! ».

« Vous êtes tous jeunes d'âme, c'est pourquoi vous ne thésaurisez aucune opinion vraiment antique et venue de tradition archaïque ».

« Vous ne possédez aucune connaissance blanchie par le temps, et voilà pourquoi au long des siècles les destructions d'hommes et de peuples entiers se sont succédées en grand nombre, les plus grandes d'entre-elles par le feu et par l'eau, les plus petites par d'autres causes diverses ».

« Ainsi existe parmi vous la vieille tradition qu'autrefois Phaeton, le fils du Soleil, comme il s'entêtait à conduire le char de son père, il avait incendié la terre et que blessé par la foudre il avait péri ». « Un récit de ce genre est de caractère fabuleux et la vérité que dissimule une si grande fable sous son symbole est que tous ces corps célestes se meuvent dans leur orbite, souffrent des perturbations qui déterminent dans le temps une destruction périodique des choses terrestres par un grand feu ».

« Au cours de telles catastrophes, ceux qui demeurent dans les montagnes et les endroits élevés, arides, périssent plus rapidement que les habitants des bords de mer ou des fleuves ».

Le Nil auquel nous devons la vie de tant de manières, nous sauva alors de ce très grand désastre, et quand les dieux purifièrent alors la terre en la submergeant, si les vachers et les pasteurs ne périrent pas tous sur les montagnes, les habitants de vos cités, au moins furent emportés peu à peu jusqu'à la mer en suivant le courant des fleuves ».

« Dans notre pays, pourtant, ni alors, ni à aucune autre époque, les pluies n'ont fécondé nos champs comme d'autres, mais la nature a disposé ainsi, que l'eau nous vint de la terre elle-même par le fleuve ».

« C'est la cause pour laquelle notre pays peut conserver les traditions les plus antiques parce que ni chaleurs extrêmes, pas plus que pluies excessives ne l'ont dépouillé de ses habitants ; en outre, la race humaine peut bien augmenter ou diminuer en nombre d'individus, jamais elle n'en arrivera à disparaître totalement de la surface de la terre ».

« De sorte que, pour cette raison, et quant à tout ce qui s'est fait de beau, de grand ou de mémorable sous n'importe quel aspect, soit dans votre pays, soit dans le nôtre ou dans un autre encore, cela est écrit depuis de nombreux siècles et conservé dans nos temples ; mais chez vous et chez les autres peuples, même si l'usage de l'écriture et de ce qui est nécessaire à un état civilisé ne date pas d'une époque très récente, subitement, à des intervalles déterminés, viennent tomber sur vous comme une peste cruelle, des torrents qui se précipitent du ciel et ne laissent rien subsister, hormis des hommes étrangers aux écritures et aux muses, de sorte que vous commencez votre enfance, pour ainsi dire, et ignorez tout évènement de votre pays ou du nôtre qui remonte au temps lointain ».

« Ainsi, Solon, tous ces détails généalogiques que tu nous as donnés en ce qui concerne votre patrie, ressemblent à des contes pour enfants ».

« En conséquence, vous ne parlez pas de déluge, alors qu'il s'en est réalisé bien d'autres auparavant ».

« En outre, vous ignorez que dans votre pays a existé la race d'hommes la plus excellente et parfaite, dont toi et toute la nation vous descendez, après qu'elle ait entièrement disparu, excepté un petit nombre ».

« Vous ne le savez pas parce que les premiers descendants de celle-ci moururent sans rien transmettre par écrit pendant bien des générations, parce qu'autrefois, Solon, avant la grande destruction par les eaux, cette même république d'Athènes qui existait à ce moment-là était admirable dans la guerre et se distinguait en tout par sa prudence et la sagesse de ses lois, autant que par ses actions généreuses et comptait, enfin, avec les institutions les plus belles dont on n'ait jamais entendu parler sous les cieux ».

« Solon ajoutait qu'il resta stupéfié en entendant semblable récit et que rempli d'infinie curiosité, il pria les prêtres égyptiens d'élargir leurs récits ».

Je fus réincarné en la terre sacrée des pharaons au cours de la dynastie du pharaon Khephren. Je connus à fond les antiques mystères de l'Égypte secrète et en vérité, je vous dis que je n'ai jamais pu les oublier.

En ces magnifiques moments me viennent à la mémoire de merveilleux évènements.

Un soir, peu importe lequel, comme je marchais lentement dans les sables du désert sous les rayons ardents du soleil tropical, je traversais silencieux comme un somnambule une rue mystérieuse de sphinx millénaires devant le regard exotique d'une tribu nomade qui m'observait depuis ses tentes. À l'ombre vénérée d'une très antique pyramide, j'eus à m'approcher un moment pour me reposer brièvement et arranger patiemment les brides d'une de mes sandales. Ensuite, diligemment, je cherchais anxieusement l'auguste entrée ; j'aspirais à retourner au droit chemin.

Le gardien, comme toujours, était sur le seuil du Mystère. Impossible d'oublier cette figure hiératique au visage de bronze et aux pommettes saillantes. Cet homme était un colosse. Dans sa dextre il empoignait avec héroïsme la terrible épée, sa contenance était formidable et il ne fait aucun doute qu'il portait de plein droit le tablier maçonnique.

L'interrogatoire fut sévère : « Qui es-tu ? - Je suis un suppliant aveugle qui vient chercher la lumière ». « Que désires-tu ? - La Lumière » (il serait très long de transcrire dans le cadre de ce chapitre tout l'examen verbal traditionnel).

Ensuite, d'une manière que je qualifie de brusque, on me dépouilla de tout objet métallique et même des sandales et de la tunique.

Le plus intéressant fut cet instant pendant lequel cet homme herculéen me prit la main pour me faire entrer dans le sanctuaire ; inoubliables furent ces instants pendant lesquels la porte pesante tourna sur ses gonds d'aciers en produisant ce Do mystérieux de la vieille Égypte.

Ensuite arriva la rencontre avec le Frère Terrible, les épreuves du feu, de l'air, de l'eau et de la terre peuvent être trouvées par tout illuminé dans les mémoires de la nature.

Dans l'épreuve du Feu, j'eus à me contrôler du mieux que je pus alors que je traversais un salon de flammes, le sol était jonché de poutres d'aciers chauffées au rouge vif ; le passage entre ces barres de fer était très étroit ; c'est à peine s'il y avait assez d'espace pour poser les pieds ; en ces temps-là beaucoup d'aspirants périrent dans cet effort. Je me rappelle avec horreur cet anneau d'acier enclavé dans la roche, au fond on ne voyait que l'horrible précipice ténébreux ; pourtant, je sortis victorieux de l'épreuve de l'air, là où d'autres périrent, je triomphais.

Bien des siècles passèrent et je n'ai pas encore pu oublier, malgré la poussière de tant d'années, ces crocodiles sacrés du lac ; sans les conjurations magiques, j'aurais été dévoré par ces reptiles comme ce fut toujours le cas pour de nombreux aspirants. D'innombrables malheureux furent triturés et brisés par les roches de l'épreuve de la terre, mais je triomphais et je vis avec indifférence deux masses qui menaçaient mon existence en se refermant sur moi comme pour me réduire en poussière cosmique.

Certes, je ne suis rien d'autre qu'un misérable ver dans la boue de la terre mais je sortis victorieux. Ainsi, en vérité, voilà comment je retournais au sentier de la Révolution de la Conscience après avoir beaucoup souffert. Je fus reçu dans le Collège Initiatique, on me revêtit solennellement de la tunique de lin blanc des Prêtres d'Isis et on me plaça sur la poitrine la Croix Tau égyptienne.

« Salve, Ô Râ, semblable à Tum (le Père), tu te lèves au-dessus de l'horizon et pareil à Horus (l'Intime) tu culmines dans le ciel ».

« Ta beauté réjouit mes yeux et tes rayons (solaires) illuminent mon corps sur la terre ».

« Quand tu navigues dans ta barque céleste (l'astre-Roi), la paix s'étend sur les vastes cieux ».

« Voici que le vent gonfle tes voiles et réjouit ton cœur ; d'une marche rapide tu traverses le ciel ».

« Tes ennemis sont terrassés et la paix règne autour de toi, les génies planétaires chantent ta gloire en parcourant leur orbite ».

« Et quand tu descends à l'horizon derrière les montagnes de l'ouest, les génies des étoiles fixes se prosternent devant toi et t'adorent » (parce que tu es le Logos Solaire).

« Grande est ta beauté, à l'aube comme au soir, ô toi, Seigneur de la vie et de l'ordre des mondes. Gloire à toi ô Râ, quand tu te lèves à l'horizon et quand le soir, pareil à Tum (le Père) tu te couches ! ».

« Car en vérité, tes rayons (solaires) sont beaux quand, depuis le haut de la voûte céleste, tu te montres dans toute ta splendeur ».

« C'est là où habite Nut (la Mère Divine Kundalini) qui t'apporta au monde ».

« Voici que tu es couronné Roi des Dieux. La Déesse de l'océan céleste Nut, ta Mère, se prosterne en adoration devant toi ».

« L'ordre, l'équilibre des mondes, émanent de toi. Depuis le matin quand tu pars, jusqu'au soir à l'arrivée, tu parcours le ciel à grandes foulées » (Tu es le Christ-Soleil).

« Ton cœur se réjouit et le lac céleste reste pacifié... Terrassé le démon (l'Égo, le Moi pluralisé) - ses membres sont coupés, ses vertèbres sectionnées (ainsi en advient-il quand nous le dissolvons).

« Des vents propices poussent ta barque vers le port. Les divinités des quatre régions de l'espace t'adorent ! Ô toi, substance divine d'où procèdent toutes les formes et tous les êtres ».

« Voici que tu achèves de prononcer une parole et la terre silencieuse t'écoute... »

« Toi, Divinité Unique (Christ-Solaire) - Tu régnais déjà dans le ciel à une époque où la terre avec ses montagnes n'existait pas encore ».

« Toi le Rapide, Toi le Seigneur, Toi l'Unique, Toi le Créateur de tout ce qui existe ! »

« À l'aube des temps, tu modelas la langue des divines hiérarchies ! » (Il mit la parole dans le larynx des dieux).

« Tu arrachas les êtres au premier océan (le chaos) et tu les sauvas sur une île du lac d'Horus (l'Intime). Puissé-je respirer l'air des narines de ton nez et le vent du nord qu'envoie Nut (la Mère Divine), ta Mère ! ».

« Ô Râ, daigne sanctifier mon esprit ! Ô Osiris, rends à mon âme sa nature divine ! Gloire à toi ô Seigneur des Dieux ! Loué soit ton nom ! ».

« Ô créateur d'œuvres admirables, éclaire de tes rayons mon corps qui repose dans la terre pour toute l'éternité ! »

(Cette prière est extraite du livre égyptien de la Demeure occulte).

Chapitre 13 - Lumière Noire

« Osiris est un Dieu Noir ». Mots terribles, effrayants, insolite phrase mystérieuse qui était prononcée dans le secret des temples au cours des cérémonies initiatiques au pays ensoleillé de Kem.

Les Dieux et les Hommes savent bien qu'Osiris Numen, le Dieu égyptien, s'avère au fond absolument incompréhensible pour nous tous. Ce qui est un mystère, ce que nous ne comprenons pas est noir pour l'intellect humain ; après cette explication, nos lecteurs comprendront enfin la profonde signification de cette phrase mystérieuse.

Au commencement ou aurore de chaque univers, l'éternelle Lumière Noire ou obscurité absolue se convertit en chaos. Il est écrit en caractères de feu dans tous les livres sacrés du monde que le Chaos est la Pépinière du Cosmos. Le Rien, le Chaos, est certes et sans le moindre doute l'Alpha et l'Omega, le début et la fin de tous les mondes qui vivent et palpitent dans l'inaltérable infini.

Dans le Aitareya Brahmana, précieuse leçon magistrale du Rig-Veda, se retrouve démontrée à satiété la terrible identité entre ces lumineuses idées brahmanes et pythagoriciennes, car les uns et les autres s'appuient sur les mathématiques.

Dans le volume hindoustani cité, on fait fréquemment allusion au Feu Noir, à l'obscure sagesse abstraite, Lumière Absolue inconditionnée et sans nom.

Cette Séité abstraite est le Zéro Aster primitif des Parsi, le Rien saturé de vie, Cela... Cela... Cela... Dieu en soi, c'est-à-dire l'Armée de la Voix, le Verbe, la Grande Parole, meurt quand arrive le Grand Pralaya, la Nuit Cosmique, et renaît terriblement divin à l'aurore du Mahamvantara.

Le zéro absolu radical en arithmétique transcendante, l'espace abstrait en géométrie, l'inconnaissable Séité, ne naît pas, ne meurt pas, ne se réincarne pas.

De tout cet inconnaissable ou zéro radical émane, quand commence tout univers sidéral, la Monade pythagoricienne, le Père-Mère gnostique, le Purusha-Prakriti hindou, l'Osiris-Isis égyptien, le Protogonos Dual ou Adam-Kadmon kabbaliste, le Theos-Chaos de la théogonie d'Hésiode, l'Ur-Anas ou Feu et Eau chaldéen, le Ruach Élohim ou Divin Esprit du Seigneur flottant sur les eaux génésiaques du premier instant.

Dans la nuit profonde, seules les ténèbres remplissaient le tout sans limites ; car Père, Mère et Fils étaient une fois de plus Un, et le Fils ne s'était pas encore éveillé pour la roue et ses pérégrinations en elle.

Après ces mots, Oremus... Méditons... Adorons. Allons maintenant au plus profond de notre être et, en l'absence du Moi, cherchons avec infinie humilité.

Là-bas... très à l'intérieur... au-delà du corps, des sentiments et du mental, nous trouverons l'enfant Horus, l'Esprit divin, notre Être réel dans les bras de sa Mère Divine Kundalini, Isis, dont aucun mortel n'a levé le voile. Elle est en vérité l'aspect féminin d'Osiris, le Père qui est en secret ; celui-ci en lui-même est la face masculine d'Isis. Les deux sont le Iod-Hévé des hébreux, Jah-Hovah ou Je-Hovah que les juifs de ces temps du Kali-Yuga confondirent intentionnellement avec Yahvé, lequel comme dit Saturnin d'Antioche est le génie du mal, le diable.

Que m'écoutent les dieux et que me comprennent les hommes ! Comme de la mer profonde surgissent avec un élan terrible les vagues furieuses qui s'écrasent sur la plage sablonneuse, de même se lance du sein de Saraswati, l'éternelle Mère Espace et se manifeste en nous le Serpent igné de nos pouvoirs magiques, notre Mère cosmique particulière.

Le Seigneur est encore plus à l'intérieur et, comme dit H.P. Blavatsky, il y a autant de Pères dans le ciel que d'hommes sur la Terre ; tous sont cependant les émanations de Brahma, l'océan de la grande vie.

Osiris, Isis, Horus, vous trois, donnez-nous un signal et venez jusqu'à nous.

Père, Mère et Fils, divine Trimurti ineffable et terriblement divine, trois aspects de notre Être authentique.

À l'aurore de chaque Mahamvantara, le Fils, l'enfant Horus, l'Esprit divin de chacun doit envoyer dans cette vallée de larmes le meilleur de lui-même, son Essence, dans le propos de s'autoréaliser.

La bataille est terrible. Horus, l'Intime, l'Esprit particulier de chacun, doit vaincre les diables rouges (le Moi pluralisé), s'il est vrai qu'il veut obtenir l'Âme-Diamant.

Imaginez ne serait-ce qu'un moment le divin androgyne Rasit ou Brasit, le Père-Mère gnostique déjà pourvu de l'Âme-Diamant ; ainsi sont ceux qui parviennent à la libération finale.

Tout androgyne divin n'a cependant pas l'âme-diamant. En vérité, en vérité, je vous dis que beaucoup de flammes sont sans autoréalisation. Horus certes est le véhicule d'Iod-Hévé, l'instrument indispensable pour l'autoréalisation.

Osiris et Isis échouent quand Horus est mis en déroute dans les batailles pendant sa pérégrination par la roue fatale du Samsara (vallée de larmes). Quand Horus sort victorieux des batailles contre les diables rouges, l'immortelle triade pourvue de l'âme-diamant se submerge pour toujours dans l'ineffable joie de l'Espace Abstrait Absolu.

Chapitre 14 - La Radioastronomie

La radioastronomie, science atlante qui se perd dans la nuit profonde des siècles, ressurgit en notre temps d'une façon apparemment accidentelle grâce aux incessants efforts réalisés par Karl G. Jansky et les Bell Telephone Laboratories pour détecter l'onde de haute fréquence qui interférait de manière trop gênante dans les communications vitales transocéaniques de leur compagnie.

Jansky commença ses observations en août 1931 avec une longueur d'onde de 14,6 mètres (20 600 kilocycles) et parvint très rapidement à détecter les sources des deux types d'onde. La première fut attribuée aux éclairs qui se produisent de façon terrible pendant n'importe quel orage. La deuxième, le savant en question la signala dans des orages très éloignés dont les radio-émissions étaient déviées vers la Terre, probablement par les régions ionisées des couches hautes de l'atmosphère.

Cependant apparaît quelque chose d'insolite ; il arriva à détecter ce qu'il ne cherchait pas : un sifflement de voix aigu d'étrange intensité variait lentement pendant le jour. Jansky informa très sincèrement le Procceding of the Institute of Radio Engineers que la direction de ce bizarre et mystérieux sifflement passait par les quatre points cardinaux de la rose des vents toutes les vingt-quatre heures.

« Au mois de décembre passé, ainsi qu'en janvier » dit-il « sa direction coïncidait généralement avec celle du Soleil, sa source ne pouvant être détectée avec précision ». Il informa ensuite « que sa direction allait en se déviant, et qu'en mars il précédait en temps la direction du soleil, et ce d'environ une heure ».

Jansky, c'est évident, émit beaucoup de suppositions, fit de nombreuses conjectures quant à cet étrange sifflement et ceci à juste titre : l'affaire était trop bizarre, mais à la fin il tira ses propres conclusions.

« Les radio-émissions » dit-il « paraissaient provenir ou d'une source unique, ou bien d'un grand nombre de sources disséminées dans tout le firmament au-delà du système solaire ». On a pu trouver avec une entière exactitude que le centre cosmique spécial d'où proviennent ces radio-émissions se trouve dans le centre de notre galaxie, dans la constellation du Sagittaire elle-même.

Ceci ne signifie absolument pas que des ondes de tous les autres coins de la Voie Lactée ne parviennent pas à la Terre. Il est évident que notre galaxie est une source vivante de bruits radio, avec plusieurs zones de grande intensité d'émission. Le Logos résonne et notre Voie Lactée n'est pas muette ; elle se soutient par le Verbe, le son, par le Fiat lumineux et spermatique du premier instant.

« Au début était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu ».

Le son, le Verbe, la parole créatrice, se propage partout et arrive en tous lieux.

Évidemment, la deuxième guerre mondiale, épouvantable en tous sens, empêcha tout progrès nouveau en radioastronomie.

Les opérateurs britanniques dénoncèrent en février 1942 une nouvelle forme d'obstruction adoptée par les allemands ; mais quand on fit connaître la nouvelle interférence à J.S. Hey de l'Army Operational Research Group, on put vérifier que le son perturbateur avait son origine dans une tache solaire.

Nous pouvons affirmer sans crainte de nous tromper que les ondes radio sont une amplification des ondes lumineuses de plus grandes longueur. La merveilleuse découverte de ce que quelques parties du ciel brillent dans la frange du spectre radio signifie en fait que quelque chose de complètement nouveau a surgi soudain dans le firmament.

On a pu prouver intégralement que les nuages d'atomes d'hydrogène individuels, contrairement à ce qui se passe avec les paires d'atomes du gaz d'hydrogène, émettent réellement des ondes radio d'une longueur de 21 centimètres. L'éminent homme de science Van de Hulst suggéra très sagement que les nuages d'hydrogène dispersés dans tout l'univers doivent éparpiller des ondes radio de 21 centimètres dans toutes les directions.

L'atome d'hydrogène compte bel et bien un électron et un proton, les deux décrivant d'authentiques orbites, royales et magnifiques, agissant pour autant harmonieusement comme de fines baguettes magnétiques. Ainsi comme des aimants contigus, les pôles du même nom se repoussent mutuellement ; l'alignement le plus parfait de ces particules arrive quand leurs pôles magnétiques se trouvent dans la direction opposée.

L'atome pour cela acquiert une force déterminée qui lui permet de libérer l'électron de telle façon que son pôle positif reste aligné avec le pôle positif du proton. Une fois que cette libération a eu lieu, l'atome conserve une légère réserve d'énergie. Vient finalement le meilleur : l'électron est libéré en émettant très intelligemment cette énergie sous la forme d'onde radio. Celle-ci oscille toujours avec une fréquence de 1 420 405 752 fois par seconde (1 420 mégacycles), ce qui correspond à une longueur d'onde de 21 centimètres.

La découverte des émissions de 21 cm donna évidemment un formidable élan à la radioastronomie. Dès lors il est ostensible, palpable et clair, que l'on a pu enregistrer scientifiquement des éruptions sur le Soleil, déterminer la température de la superficie lunaire et des planètes les plus proches, découvrir l'existence de particules atomiques attrapées et tournant furieusement dans des champs magnétiques éloignés, comme cela arrive dans les nuages gazeux turbulents de la nébuleuse du Cancer, etc.

La première grande antenne du National Radio Astronomy Observatory, en Virginie occidentale, fut projetée pour des longueurs d'onde de 21 cm.

Deux physiciens proposèrent de chercher des signaux intelligents venant d'autres mondes.

Il est évident qu'en ces moments critiques de notre existence, d'autres humanités planétaires nous envoient des trains d'ondes correspondant aux nombres premiers en désirant ardemment notre réponse. La présence de signaux interstellaires est totalement réelle et si nous ne les captons pas, c'est que les moyens pour le faire ne sont pas à notre portée. Beaucoup d'intellectuels nieront l'importance profonde, pratique et philosophique qu'aurait le registre des communications interstellaires.

Nous les gnostiques croyons qu'une recherche particulière des signaux mérite, en vérité, une série de super-efforts considérables. Les possibilités de succès sont difficiles à estimer, mais si nous ne faisons pas de recherche, si nous n'essayons pas, ces possibilités sont réduites à zéro.

Il existe sans doute une centaine d'étoiles de taille tout à fait appropriée à une distance de 50 années-lumière.

Il est évident que des 7 étoiles qui se trouvent à 15 années-lumière, 3 d'entre-elles (Alpha du Centaure, Serpentaire 70 et Cygne 61) sont pleinement visibles de la Terre, par le fond merveilleux de la Voie Lactée. Ceci nous invite à penser que les émissions de 21 cm provenant de plus loin qu'elles, seraient 40 fois plus intenses que celles d'autres régions de l'espace étoilé infini.

Donc, les signaux qui viennent de près de ces étoiles à la longueur d'onde indiquée pourront être reçus uniquement s'ils sont d'intensités exactes.

On aurait besoin pour envoyer aux mondes éloignés de quelques 10 années-lumière d'une antenne comme celle projetée par la Nacy for Sugar Groce, en Virginie occidentale, à condition que l'antenne réceptrice ait les mêmes dimensions que le transmetteur et qu'on utilise des transmetteurs pas plus puissants que ceux actuellement utilisés sur Terre.

Nous devons comprendre que depuis longtemps d'autres humanités planétaires ont établi des canaux de communication ; un jour nous devrons les connaître et elles espèrent toujours patiemment la réponse de notre monde terrien, chose qui leur annoncerait qu'une nouvelle société est entrée pour faire partie de la fraternité intelligente.

Chapitre 15 - Le Démon Apopi

Mort en moi-même, je fus confirmé dans la lumière ; j'entrai alors au temple et signai mes documents.

Le pas suivant consista en l'ascension au premier ciel de type lunaire ; les adeptes m'enseignèrent à me protéger de l'attraction fatale qu'exercent les enfers sublunaires sur quelqu'un. On me donna à sentir une branche qui avait sur moi un effet très spécial. Ce délicat parfum avait réellement une odeur de sainteté. « Avec ce parfum tu pourras te défendre de l'attraction lunaire » s'exclama l'adepte qui était en train de m'instruire.

Je connais vraiment cet adepte, il n'est rien moins que l'instructeur supérieur du temps des deux-fois-nés ; son caractère est semblable à du citron mais il irradie une infinie sagesse, un amour sans limite ni rive. Celui qui veut monter doit d'abord descendre, c'est la Loi. Toute exaltation est précédée d'une humiliation. J'avais besoin d'annihiler les corps lunaires, évidemment, ceux-ci constituant pour moi comme un fatal appendice.

Je commençai donc par le corps de désirs, le fameux Rupa Kama cité par H.P. Blavatsky, que beaucoup de pseudo-ésotéristes et pseudo-occultistes ont confondu avec le corps astral. Il est évident que tout animal intellectuel a le Rupa Kama et c'est, en vérité, justement le démon Apopi des mystères égyptiens. Je m'exclamai alors, avec le livre de la demeure occulte : « Ô Démon Apopi, tu dois mourir dans les profondeurs du lac du ciel, dans les enfers atomiques lunaires, là où mon Père qui est en secret a ordonné que tu meurs. Recule donc démon malin du désir devant les flèches de ma lumière qui te font beaucoup de mal ».

« Voici que les dieux qui m'aident déchirent ta poitrine sans aucune miséricorde. La déesse à tête de lion, épouvantablement divine, immobilise tes membres, te retire la force bestiale que tu possèdes ».

« La déesse à tête de scorpion, le troisième aspect de la Mère Divine, marchant en toi-même, transformée en ténébreux scorpion, fait pleuvoir sur toi sa coupe de destruction ».

« Disparais donc définitivement, Apopi, ennemi de Râ (le Logos) ; tu voudrais aussi te mêler aux mystères de la Loge Blanche, traverser victorieux les régions de l'orient interne et ceci en conservant le venin de tes désirs, mais tu t'es trompé de porte car ton destin est l'abîme et la mort ».

« Apopi ! Tu as été renversé ! La douleur que t'a infligée la déesse à tête de scorpion, tu l'as bien ressentie ! Tu ne connaîtras jamais plus les jouissances de la passion sexuelle ! »

« Râ, mon Dieu Interne, te fait reculer, fulminé par la foudre de la justice cosmique ; il te bat, te blesse à mort, ouvre mille coupures sur ton visage passionné, brise tes os, te réduit en poussière ».

Il y a dans les enfers atomiques lunaires des enchantements délicieux, des beautés terriblement malignes, fascinantes. Rappelez-vous, cher lecteur, que dans les miraculeuses cadences du vers, le délit se cache aussi.

Dans ces exquises régions de la concupiscence, enivrantes et qui rendent fou, jaillissent les délicieux vers infernaux comme ceux que nous transcrivons ensuite en manière d'illustration.

Désirs

Je voudrais franchir cette distance

cet abîme fatal qui nous divise

et m'enivrer d'amour de la fragrance

mystique et pure et que ton être répand.

Je voudrais être l'un des rubans

dont tu décores tes tempes radieuses,

je voudrais, dans le ciel de tes bras,

faire la gloire que tu as sur les lèvres.

Je voudrais être eau et qu'entre mes vagues

qu'entre mes vagues tu vinsses te baigner

pour pouvoir comme j'en rêve tout seul

t'embrasser partout en même temps.

Je voudrais être lin et dans ton lit

là-bas dans l'ombre te couvrir avec ardeur

trembler avec le tressaillement de ton sein

et mourir de plaisir en te comprimant.

Oh je voudrais être bien plus ! Je voudrais

te porter en moi comme la nuée au feu,

mais non comme la nuée en sa course

pour exploser et se séparer ensuite.

Je voudrais te confondre en moi-même

te confondre en moi-même et t'enfouir en moi,

je voudrais te convertir en parfum,

te convertir en parfum et t'aspirer.

T'aspirer en un souffle comme une essence

et unir à mes battements tes battements

et unir à mon existence ton existence

et unir à mes sens tes sens.

T'aspirer dans un souffle de l'ambiance

et voir ainsi sur ma vie calmement

tout l'appel de ton corps ardent

et tout l'éther du bleu de ton âme.

Le feu de la douleur est comme la flamme du verre en lequel la myrrhe se consume : parfois il purifie, élève et embaume, échange l'aloès âpre qui s'enflamme en un délicat parfum céleste.

En aucune manière il ne me serait possible de nier que dans le monde des morts, nous qui sommes morts en nous-mêmes, devons annihiler les corps lunaires.

Apopi, le Rupa Kama théosophique, en mémoire de vieilles passions sexuelles, secrète impudeur parfois mystique et ineffable, romance qui rend fou, poésie qui enivre de ses contes d'amour.

Je me remis entre les bras de ma Mère afin qu'elle fit de moi ce qu'elle voulait. Ô Dieu ! Elle me sauva ! Apopi est mort ! Quelle joie ! Cette bête ne pourra plus affliger mon cœur endolori.

Passa le galop des passions. Dans la forêt proche résonnent les voix des dieux ineffables. La passion sexuelle d'Apopi mourut, et non loin du nid où les oiseaux du mystère roucoulent leurs tendres mélodies, je me sens plus heureux que le cygne lumineux qui vit de Leda l'immortelle blancheur.

Je suis celui qui hier ne disait rien de plus que le vers bleu et la chanson profane. Comme la « galatea gongorina », la marquise de Verlaine m'enchanta vraiment, et j'associai ainsi la passion sublime à une sensuelle hyperesthésie humaine. Dans le ton vif des musiques sonores qui anime le cœur des bacchantes ivres, buvant du vin, arrosant des roses et tissant des danses, je me vautrai dans la boue comme le porc.

Apopi est mort, elle est arrivée l'heure du suprême triomphe concédé à mes larmes et mes offrandes, par le pouvoir de ma Divine Mère.

Chapitre 16 - Les Sept Seigneurs Sublimes

En vérité, la lumière est le pain cosmique qui nous nourrit le plus substantiellement. Je la sentis dans les roches millénaires de la montagne et dans les eaux très pures du fleuve. Je la vis telle une délicieuse vierge se tressant une couronne de roses pour ses tempes enchanteresses, dans l'imposant silence de midi... Je la sentis, ineffable, pénétrer en mon âme avec sa blonde procession d'atomes dansants.

La petite herbe sacrée du bois faisait vibrer en contrebas dans le timide ruisseau chantant, les roues tournesols de ses tiges délicates et, submergé dans le mystère, un scarabée apprenait patiemment à lever le monde dans chaque feuille. De ma grotte d'anachorète et de pénitent, je surpris les pierres dans la transcendantale expérience mystique de succion de la lumière, et de s'absorber en elle avec une soif infinie.

En ces instants, certes, le vacarme mondain avec ses vaines joies passagères et ses amertumes infinies avait cessé d'exister pour moi ; il s'était évanoui comme un rêve.

Les feuilles flétries violemment détachées des arbres solitaires, flottant dans l'air, poussées par les brises automnales, se perdirent dans la forêt. La montagne exhibait dans le désastre de sa solitude les bras mutilés de ses rochers. Délicieux moments dans le bleu silence du profond bocage. Noumène enchanteur de l'ombrage.

L'Adam du péché se prosterna avec révérence devant ce qui n'a pas de nom et comprit le besoin de mourir d'instant en instant. Nous ne sommes pas importants. Notre vie a le bref destin de la rose qui éclot un matin luxuriant, et repose le soir déshéritée. Tu ne veux pas le délice sensuel qui avilit et énerve le pauvre animal intellectuel. Le monde et moi, nous ne nous comprenons pas ; ma bouche est triste de chanter des choses ineffables et les gens ne me comprennent pas.

Le séisme humain a détruit mon cœur et tout expire en lui ; la sagesse de la mort est terriblement divine. Il n'existe plus de lien ; tout est rompu... plaise au Ciel qu'il en soit ainsi. Sois béni, amer calice épuisé avec plaisir, mon âme se repose enfin, elle ne désire rien. Adieu, monde niais, je vais partir très loin ; dans de brefs instants, la barque de Râ mettra les voiles et sillonnera les ondes éternelles, tel un coursier ailé qui vole, rapide, m'emportant d'ici.

La méditation quotidienne est le pain du sage, sans lequel il est impossible d'atteindre l'illumination intérieure du Bouddha. Ma concentration fut très profonde et comme je méditai chaque fois plus intensément, je tombai en extase. Les tentatives de Mara furent inutiles pour m'éloigner du chemin, ses efforts furent vains.

La lumière de midi riait joyeuse à la porte du mystère ; là-bas, dans le recul du lointain, le palmier nubile frissonnait romantique, ivre de soleil. Dans le rosier des « mille et une nuits » du verger parfumé, les roses s'enflammaient et dans la fontaine cristalline, la mousse souriait en savonnant les roses. Instants délicieux, indescriptibles, indéfinissables, indicibles. Samadhi de l'ascète, fruit exquis de la méditation. Et j'oubliais le corps et les sentiments et la mort ; il n'y a certes pas de meilleur plaisir que celui de sentir son âme détachée. Et surgirent à mon esprit d'exquis vécus, des évènements très intimes. Je me rappelai très vivement du précédent Mahamvantara, le crépuscule des Dieux et la nuit profonde.

La Lune qui fut autrefois un monde rempli de lumière et de vie tomba décidément dans les bras de la mort.

Les sept Seigneurs sublimes et les sept Vérités cessèrent d'exister et passèrent à Être. L'Univers lunaire fut dévoré par ce qui est et pourtant n'est pas, pour être exhalé plus tard. Et la vie dormit pendant sept éternités au sein profond de l'Espace Abstrait Absolu. Quelque chose resta cependant ; tout ne se perd pas, la mort dévore les formes mais le parfum du souvenir continue. L'Univers précédant resta déposé comme un simple souvenir dans l'intelligence des Dieux Saints.

Il est écrit en caractères de feu que les saints souvenirs projetés sur l'éternel écran de la lumière incréée, constituent l'Univers du Plérôme. Jardin de félicité dans la nuit du cosmos, infinis délices... absorption sublime, inépuisable joie ; chaque étincelle virginale revint à sa flamme et, naturellement, la mienne ne fit pas exception.

J'étudiai alors humblement dans le temple ces enseignements que de très anciens Paramarthasatyas (habitants de l'Absolu) nous avaient remis en de précédentes Nuits Cosmiques. Ces êtres aujourd'hui invisibles pour nous tous, étaient passés au-delà de nos propres capacités de compréhension. Combien de temps dura cette extase ? Je ne sais pas, je ne veux pas le savoir. Maintenant, tout est passé, aujourd'hui j'effeuille patiemment le mystère des jours, heure après heure.

Mon immortelle espérance, tel l'obscur pèlerin, brûle d'un feu embrasant dans l'ineffable orchestration des sphères. Nuit de rédemption, retiens tes ailes brodées de la lumière de mes souvenirs.

Chapitre 17 - Une Magnifique Convention

S'agissant de la vérité, il convient d'affirmer instamment ce qui se sent. Sans aucun désir de compétition avec d'autres écrivains, excluant sincèrement toute vaine ostentation, courant cependant le risque de tourmenter nombre d'envieux, il est de mon devoir de confesser que je fus le premier à annoncer l'existence des vaisseaux cosmiques. Dans le courant de l'année 1950, après bien des déboires, galanteries et lettres de défi, sortit mon premier livre : « le Mariage Parfait », qui, comme chacun le sait, la foule discuta et tint pour immoral. Il faut donc savoir que ce livre, écrit bien à propos, explique le mystère des soucoupes volantes.

Je n'esquivai pas alors ce thème très épineux et, sans lésiner sur les raisons, j'exposai en vérité très franchement mon idée sur les vaisseaux cosmiques. Évidemment, Julio Medina V., insigne homme à l'intelligence éclairée et au cœur noble, outre le fait de financer cette édition sur son propre pécule, dessina également ces objets volants non identifiés. Il faut absolument comprendre que ce travail artistique si notoire eut des fondements et des modèles réels. Cet illustre maître eut la joie de vérifier par lui-même la réalité de l'existence de ces vaisseaux extraterrestres furtifs.

Tandis que, silencieux et tranquille, il rentrait chez lui avec son épouse d'une promenade sur la plage sablonneuse de la mer des Caraïbes, quelque chose d'insolite arriva : il fut certes surpris par quelques vaisseaux cosmiques lesquels, flottant dans l'espace bleu, se perdirent finalement au sein de l'inaltérable infini.

Le 13 mars 1954, le journal « Los Angeles Times » divulgua une information à propos d'une étrange convention, dans une débauche stupide de moqueries et de sarcasmes. Il ne s'agissait de rien de moins qu'un groupe de personnes réunies, affirmant solennellement avoir voyagé dans des vaisseaux cosmiques de provenance extraterrestre. Cet évènement curieux eut lieu à un endroit des États-Unis appelé « le rocher géant » dans le désert, près de la Vallée impériale. Tous ceux qui étaient venus au cours de la convention virent un vaisseau cosmique ; des centaines de personnes l'attestèrent. Le mystérieux vaisseau se posa sur les automobiles comme s'il observait la multitude, et se perdit plus tard dans l'espace. La Convention des soucoupes volantes fut organisée sous les auspices de l'excellentissime monsieur Georges Van Tassel.

En ouvrant le programme, Van Tassel accusa franchement quelques terriens jaloux d'avoir saboté le meeting et dit que l'on avait dressé des barricades sur le chemin de sable conduisant au gigantesque rocher.

Une des choses les plus intéressantes fut l'intervention d'un jeune homme très intelligent, de Détroit, appelé Richard T. Miller, qui prit la parole avec enthousiasme afin d'expliquer très clairement son vol extraordinaire de douze heures dans un vaisseau cosmique de cent cinquante pieds de diamètre, lequel avait été très savamment réglé pour envoyer des messages en anglais, au moyen de puissants rayons infra-rouges. Il dit que le contact fut convenu lorsque, du vaisseau interplanétaire, ils lui suggérèrent de se présenter sur un terrain de golf abandonné à quarante miles de Détroit.

Une fois arrivé sur le lieu, le mystérieux appareil extraterrestre lui apparut soudain, le prit rapidement à bord et s'éleva à une grande vitesse. Le jeune homme décrivit ensuite ses expériences sensationnelles au cours de douze heures pendant lesquelles il resta dans la salle de contrôle où de gigantesques tableaux de bord manœuvraient le vaisseau. Il ajouta, rempli d'une émotion infinie, qu'il lui fut permis de regarder une super-télévision, grâce à laquelle il lui fut possible de pénétrer visuellement dans une automobile où quelques-uns de ses amis de la Terre essayaient de communiquer avec le vaisseau par signaux radio. Il expliqua ensuite très sereinement qu'il fut rapporté au terrain de golf par le capitaine extraterrestre du merveilleux vaisseau.

Miller et son associé Georges H. Williams sont maintenant en train de travailler très intensément à ce qu'ils appellent « Telonid Research Center », à Prescot en Arizona. Il est admirable qu'ils soient parvenus, entre autres choses, à enregistrer un disque avec la voix d'une créature de l'espace extérieur qui entra en communication avec eux.

Un des visiteurs qui recueillit la meilleure audience dans la convention fut le docteur Charles Laughed de Chicago qui, au mois de décembre 1953, se fit une grande publicité sur tout le territoire des États-Unis quand il déclara franchement et sans aucune crainte avoir reçu une communication de l'espace dans laquelle on prédisait des catastrophes sur la Terre, et la réapparition des continents perdus Lémure et Atlante.

Les gens continuèrent à arriver en voiture et par avions, tandis qu'un pittoresque ensemble humain bigarré, composé d'une multitude de curieux, se regroupait autour de la plate-forme où se trouvaient les orateurs.

« Nous sommes ici pour révéler les choses, et non pour les cacher », commença par dire Van Tassel. « Les vaisseaux de l'espace sont conduits par des intelligences supérieures aux nôtres ».

« Les hommes de l'espace sont ici pour nous aider au moment critique. Nous les orateurs, réunis pour la première fois aujourd'hui, avons une tâche à effectuer et nous allons l'effectuer ».

Truman Bethurum, auteur d'un livre intitulé « Scow from Clarion » dit avoir eu onze conversations avec des gens de l'espace cosmique et dit : « Un matin, il y eut tant de vaisseaux spatiaux au-dessus de Washington que la force aérienne crut au péril d'une attaque venant d'une autre planète ».

Un moment intéressant : quand le groupe disant avoir effectué des voyages en vaisseaux spatiaux se réunit pour que le journaliste les filme.

À côté de Miller et Bethurum se trouvaient Jorge Adamski, Dana Howard et Orfeo Angelucci.

Les descriptions des voyages dans l'espace infini se poursuivirent ensuite dans une immense ferveur.

Un homme qui se promenait aux alentours avec un compteur Geiger dit que l'air du « rocher géant » était imprégné de rayons cosmiques qui étaient soit des rafales de nuages atomiques venant du Nevada, soit produits par des navires de l'espace.

De toute façon, tout le monde était en observation, dans l'attente de l'atterrissage d'un vaisseau.

Pour conclure ce chapitre, nous dirons : il s'avère en vérité très intéressant que quatre ans après notre annonce - pour la première fois - de l'existence de vaisseaux cosmiques, cette magnifique convention ait été effectuée comme pour corroborer nos affirmations.

Chapitre 18 - Mon Retour au Tibet

Ah ! Le temps où une dame adepte tibétaine très particulière dans l'Ordre Sacré du Tibet s'écriait en me disant : Meurs !

Le livre égyptien de la Demeure occulte dit : « Le jour où Horus (l'Intime) obtient la victoire sur Seth (l'Égo animal) et ses démons, moi, défunt, je triomphe de mes ennemis pendant la nuit de la fête en laquelle le Dieu Djed est élevé en Djedu, devant les divinités qui résident sur les voies de la mort ».

Mourir en moi-même, dissoudre le Moi, le réduire en poussière cosmique, ne se révéla certes pas une tâche très facile. Je dois cependant confesser très sincèrement que je demeurai fidèle aux décrets de Tum (mon Père qui est aux cieux). Jamais je ne pourrais nier que j'entrai avec ma Divine Mère Kundalini dans les repaires de Seth (les quarante-neuf régions du subconscient).

Celui qui veut monter doit d'abord descendre, c'est la Loi : toute exaltation est précédée d'une humiliation. Chaque défaut psychologique vu intérieurement avec l'œil d'Horus a en vérité une forme satanique animale.

Compréhension et élimination sont radicales. Sans ces deux facteurs, il s'avèrerait impossible d'éliminer les démons rouges (les défauts). Comprendre tout d'abord ; éliminer en second lieu.

Beaucoup de néophytes comprennent mais n'éliminent pas. Je vous dis avec certitude que ceux-là échouent. Le mental n'est pas tout ; il peut justifier ou condamner, cacher ou excuser, mais non éliminer. Je le compris ainsi, et priai ma Mère ; le résultat fut merveilleux.

Ô Divine Mère Kundalini ! Serpent Igné de nos pouvoirs magiques ! Isis, dont aucun mortel n'a levé le voile ! Sophia ! Les dieux du Jardin des Hespérides savent bien que tu peux éliminer les défauts. Nous partageâmes le dur travail, ma Mère et moi : je comprenais et elle éliminait.

Tout défaut compris à fond était immédiatement éliminé par ma Mère ; jamais elle ne m'abandonna. Jamais elle ne me laissa seul. J'appris à combiner la méditation avec la prière. Je méditais pour comprendre. Je priais pour supplier.

Retourner au vétuste monastère tibétain fut toujours ma plus grande aspiration ; je retournai à ce saint lieu après avoir beaucoup souffert. Cime immaculée du délice. Tibet secret ! En toi, tout a un air de mystère !

Ces Himalayas éternels ont, certes, l'innocente profondeur du miroir. Neiges éternelles, sobres couvents bouddhistes, moines priant et méditant, murmurant très doucement « Om Mani Padme Hum ».

Ces mystiques connaissent les tourments des races déjà passées qui vécurent et moururent à l'ombre de leur masse colossale. Ils connaissent, eux, les vols des aigles et la foudre qui les marque de son paraphe de feu. Sur les flancs de leurs montagnes roule le tonnerre des rudes ouragans et dans leurs temples sépulcraux se noient des signaux cosmiques à saveur d'éternité.

J'avais besoin en accord avec les antiques us et coutumes millénaires, de quelqu'un qui répondrait de moi, une âme charitable, un parrain qui me présenterait à l'Ordre, et je le trouvai grâce à Dieu ! Il paya mon droit d'entrée ou plus exactement mon droit de réadmission à l'ordre vénéré, avec de la monnaie ésotérique que la multitude humaine ne connaît pas.

Pour le retour, point de fête ; c'est écrit et cela, les divins comme les humains le savent bien. Simplement et sans ostentation aucune, je revins occuper mon poste dans l'Ordre et poursuivis le travail autrefois abandonné quand je m'éloignai du bon droit chemin. Je recommençai mon travail en faisant la charité ; il fut nécessaire d'aider dans le monastère une pauvre âme qui cherchant la lumière avait frappé à nos portes.

« Demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira » : ceci est Amour... Le feu de la charité fait des miracles. Cette suppliante était malheureusement trop endormie : je fis en vérité d'énormes efforts pour la réveiller, mais ce fut totalement inutile. Il est évident que cette créature souffrante n'avait même pas commencé à lutter contre les démons de Seth (l'Égo) ; sa conscience était totalement emprisonnée dans le Moi.

Ô, vieux monastère protégé par de très antiques murailles, comme je t'aime ! Comment oublier cette ineffable cour et cette table sacrée à laquelle s'asseyaient les Nirmanakayas de compassion ? Comment oublier ces salons de travail et les multiples couloirs variés, ineffables, où circulent, vont et viennent les Adeptes de la Lumière ?

Chagriné, le cœur contrit, réellement repenti, j'implorais, je demandais à ma Divine Mère, la priais très sincèrement d'éliminer le défaut psychologique qui au cours d'une méditation très profonde avait été intégralement compris. Le travail ésotérique me permit alors de mettre en évidence, à satiété, la pluralité du Moi. De minutieuses observations me permirent de faire apparaître de manière effective l'intime relation existant entre défaut et entité. Je pus ostensiblement vérifier que chaque erreur en soi est multiface.

Pénétrer, concevoir l'idée de petits mois criards et querelleurs, entités de type malin personnifiant des défauts, sera pour nos lecteurs chose claire et connue.

Pour ces diverses entités, la coexistence désordonnée et absurde à l'intérieur de notre propre psyché n'est pas un obstacle.

Malheureusement, ces agrégats psychiques, subjectifs, infernaux, continuent à exister au-delà du sépulcre. Le retour palpable, authentique, indiscutable, de ces valeurs subjectives abominables à de nouvelles matrices est un axiome mathématique.

Ahamkrita Bhava - ces deux mots sanscrits signifient : « condition égoïque » de notre conscience.

Évidemment, la conscience embouteillée dans toutes ces entités qui constituent l'Égo se développe et vit en fonction de son propre conditionnement.

Atma-Vidya : nous faisons référence par ce terme hindou à l'illumination divine.

Il est certain que la conscience engloutie dans les innombrables moi qui constituent l'Égo ne jouit pas de l'authentique illumination ; elle se trouve en état de torpeur, dort, est victime des vaines illusions de Maya.

Atma-Shakti : nous soulignons par ce terme l'antique sagesse, le pouvoir absolument spirituel.

En conséquence, nous pouvons et devons insister sur cette idée que la conscience ne peut pas jouir du légitime pouvoir spirituel tant qu'elle ne s'est pas libérée de sa condition égoïque. Quand Méphistophélès (l'Égo) est réduit à l'état de cendres, la conscience se libère et s'éveille.

Maintenant, oui, vous comprenez, illustres lecteurs, pourquoi on exigea de moi que je meure. On ne peut revenir à l'Ordre Sacré du Tibet qu'en éliminant l'Égo.

Mais, mon Dieu ! Rappelez-vous, cher lecteur, qu'il n'y a pas de roses sans épine, toi, tu le sais. Quelle douleur je ressentis en parcourant tous les villages, tous les hameaux du Tibet ! Partout, ça et là, je pus voir les troupes sino-communistes qui, traîtreusement, avaient envahi la terre des Adeptes. Que les profanateurs sont épouvantables. Voyez-là les soldats rouges aux portes mêmes des pagodes sacrées, se moquant cyniquement de ce qu'ils ne comprennent pas.

Je supplie le divin Padma Sambhava, incarnation du Lotus, protecteur de tous les êtres conscients, pour la liberté du Tibet. Je prie tous les sublimes Pères et Mères des Bouddhas des cinq ordres d'éloigner pour toujours ces hordes barbares qui ont assassiné les saints.

Bhagavan Aclaïva, Maître protecteur de notre ordre sacré, éloignez du Tibet les hordes brutales du Marxisme. Le Tathagata (Bouddha) le sait bien ! Combien il dut souffrir en contemplant la terrible solitude de la vallée d'Amitaba. Qu'en fut-il de ces fêtes religieuses qui réjouirent autrefois la sublime vallée ? Maintenant on ne voit partout que les troupes sanguinaires du Marxisme.

Jusqu'à quand devra continuer cette amertume ?

Le monastère de l'Ordre Sacré du Tibet est heureusement très bien protégé dans la quatrième dimension.

Chapitre 19 - Le Karma des Dieux Saints

O Divine Mère Kundalini ! Serpent igné de nos pouvoirs magiques ! Je souffre beaucoup et tu le sais, que je veuille cacher ma douleur dans les ombres du bois... Elle affleure au grand jour sous la lumière du soleil. Je t'aime, Mère adorable, comme l'oiseau errant qui demeure dans la forêt aime sur notre fertile terre parfumée, et cet amour sacré qui embrasse l'âme immortelle, chante sur la lyre d'Orphée et pleure dans mon âme.

Je t'aime, ma Reine, Mère profonde, Cybèle, Réa, Tonantzin, je t'adore avec cette fièvre sublime qui donne des baisers sans taches pour couvrir tes pas, qui se déverse en roses de la vie, qui s'écrit avec des étoiles. Je me sens tien, tout entier, ma Mère Vierge Immaculée. Qu'y a-t-il en mon être qui ne soit pas pour toi ? De mon faible cœur d'homme jusqu'à mon ultime idée sainte. Je vécus pour t'adorer, Dame sublime ; mon existence enfin dépouillée d'illusions, mes constantes extases cherchent dans le sanctuaire de ton innocence, la gloire et la chaleur de tes délices. Esclave de ta beauté magique, toujours surhumaine, je rends mon cœur à tes tendresses.

Parle-moi comme tu me parles. Comme ton accent caractéristique pénètre agréable dans mes oreilles d'anachorète. Regarde-moi comme tu me regardes... dans la douceur infinie de tes jolis yeux, éloignés des vaines illusions du monde. Mère profonde et bonne, aux lèvres de grenade, aux dents d'ivoire, prends pitié de moi. Petite Mère sainte, belle petite tête aux boucles d'or qui déferlent sur tes épaules de ciel, aie pitié de moi. Je t'adore, ma lumière, tu le sais bien. Mes pensées volent vers le ciel, entourant ton visage comme des oiseaux décorant les riches architraves d'un temple d'espérance et de consolation. Jamais je ne rencontrai en ce siècle de lieu aussi délicieux que le jardin de ma Mère. Gisant là, j'oubliai mes soucis, j'entendis les sons d'oiseaux doux et modulés.

Aussitôt que je fus couché sur la terre, je me sentis libéré de toute souffrance. J'oubliai toute peine, toute douleur passée ; bienheureux celui qui demeurerait ici.

La prairie dont je vous parle avait une autre bonté ; elle ne perdait sa beauté ni dans la chaleur ni dans le froid, elle était toujours entièrement verte car aucune tempête n'en défraîchissait la verdure. Les hommes et les oiseaux qui allaient et venaient, emportaient des fleurs, toutes celles qu'ils voulaient, sans que leur nombre ne déclinât dans le pré ; pour une qu'ils emportaient, trois ou quatre autres naissaient.

Ah ! Si les pauvres gens revenaient au verger d'Éden. Si, repentis, ils revenaient au Jardin Spirituel de leur Divine Mère, ils comprendraient alors la vanité du désir d'exister dans cette vallée de larmes. Selon les enseignements ésotériques, la cause réelle de ce désir de vie « senciente » demeure pour toujours cachée, et ses premières émanations sont les abstractions les plus profondes. Allégresse du silence, résonnance du fugace murmure, lune du jour, topaze végétale, bijou sombre, forme de l'espérance cachée, montre-moi la cause, la secrète racine de l'existence.

Quand ton âme sera l'empire de la désillusion, quand la souffrance aura épuisé tes larmes, quand le monde te cautérisera sans miséricorde, quand la douleur te fouettera, tu pourras passer la porte tentatrice, la blanche porte, l'ultime Thulé. Alors, tu discourras lentement dans le jardin de ton âme ; là-bas, ta Divine Mère, dans le plus profond secret, t'enseignera le Karma des Dieux, racine des mondes, origine de toute existence.

Attendons, ne souffrons pas, ne lançons jamais à l'invisible notre négation, comme un défi. Pauvre créature triste ! Tu verras, tu verras, ta Mère s'approche, elle s'approche ! Tu entendras le secret cosmique de ses lèvres bénites. Les dieux de l'aurore pleurèrent quand le cœur du Système solaire commença à palpiter après la profonde nuit du Grand Pralaya. Rappelle-toi, mon fils, que les dieux aussi se trompèrent. Ces divins Élohim écrivirent leurs erreurs sur la page cosmique du jour passé.

En comprendras-tu maintenant la raison ? La cause réelle de l'Univers ? Le secret vital de la vie « senciente » ? Le désir de vivre ? Quand se leva l'aurore, je vis le Logos Causal se mouvant sur la surface des eaux. « Ne commencez pas encore l'aurore du Mahamvantara ! » crièrent les dieux saints entre leurs sanglots ! Leurs prières furent inutiles, et vaines leurs lamentations : de temps en temps, le grand Être s'arrêtait un moment pour lire le Karma de ces resplendissants fils de l'aurore.

Les pauvres enfants prièrent, pleurèrent beaucoup ainsi que la Mère, avec ferveur ; tout resta silencieux et l'on n'entendit ensuite dans les sanglots apaisés des vagues que la rumeur de l'existence.

Ô Mère, que votre grandeur dispose de moi à son loisir !

Pour bien des raisons intrinsèques, je vais transcrire maintenant un très beau poème de Don Ramon del Valle Inclan :

KARMA

Je veux édifier une maison

comme le sens de ma vie,

je veux en la pierre laisser mon âme érigée.

Je veux travailler mon ermitage

au milieu d'un verger latin,

latin d'Horace et grimoire byzantin.

Je veux transmettre ma virilité honnête

au fils et au petit-fils,

rénover dans ma verge le respect.

Ma maison comme une pyramide

doit être temple funéraire,

le murmure qui meut ma clamide est de tiers-point.

Je veux faire ma maison villageoise

avec une véranda à l'orient,

et méditer au soleil dévotement.

Je veux faire une maison stoïque

murée en pierre de Barbance

la maison de Sénèque, héroïque de tempérance.

Et qu'elle soit travaillée de pierre

ma maison KARMA de mon clan,

et un jour je la décorerai de lierre

sur le dolmen del Valle Inclan.

Les causes vitales de l'existence avaient été détruites pendant la nuit cosmique profonde. Le Karma des divins et des humains en suspens, l'invisible qui est ainsi que l'invisible qui fut demeurèrent dans l'éternel Non-Être, l'Être Unique.

Dans les ondes d'argent de l'atmosphère tiède et transparente de tout l'Univers qui agonise, telle l'Ophélie naufragée et dolente, flotte la tendre sérénité de la vie. Ensuite les mondes se dissolvent et vient la nuit du Grand Pralaya, l'âme frémit de joie, étincelle qui revient à la flamme de l'Être, qui est certes un Non-Être pour le vain raisonnement.

Chapitre 20 - La Belle Séléné

Des nouvelles alarmantes de dernière heure soulignent l'idée que les Tyriens comme les Troyens sont sur le point d'alunir.

Un écrivain très intelligent disait : « Quand l'homme arrivera sur la Lune, il devra se dépouiller des patries et drapeaux, des armes destructrices et des ambitions impérialistes ; il portera la conscience de son humanité et ses meilleurs équipements scientifiques pour l'enquête de vérité, de ce qu'il y a dans les « cirques », les mers et les montagnes élevées de Séléné, et voir quels métaux et ressources en général on peut extraire de la superficie lunaire. Il serait inique et criminel de profiter de telles ressources à des fins guerrières, en faisant valoir des droits de conquête et en prétendant à sa possession pour un ou deux pays seulement de superficie lunaire, établissant des « Petites Amériques » ou des « Petites Russies ».

Nous ne devrons pas emporter sur la Lune des supériorités raciales supposées, ni la prédominance des nations fortes sur les faibles. Et si des colonies « sélénites » en arrivaient à s'établir, ce ne serait pas ces camps ou ces bagnes, mais des communautés où la coopération, la fraternité et le sacrifice mutuel seraient les conditions d'une survie précaire, et qui sait, peut-être douloureuse au début ».

Belles paroles, magnifiques intentions, sublimes vœux ! La crue réalité de la vie est malheureusement différente ; de telles phrases s'adressent aux anges, et nous ne sommes que des démons pervers.

Dieu bénisse les sublimes aspirations de cet auteur. Nous voudrions bien que tous les gens pensent comme lui ! La chose, malheureusement, est très différente. Le mal, en ce cas, commence précisément avec la « Tour de Babel », l'absurde système de fusées cosmiques, produit vital de l'ignorance. Des navires extraterrestres équipés par des gens d'autres mondes seraient tout indiqués, mais ceci exige un plus grand effort, et il est ostensible que les terriens haïssent mortellement le droit chemin.

Réduire en poussière le Moi psychologique, acquérir des mérites, éliminer les frontières, etc., est une abomination pour les mauvais, alors que ce sont là les conditions fondamentales de la navigation cosmique. N'importe quelle humanité planétaire remplissant ces conditions reçoit les vaisseaux cosmiques (soucoupes volantes). Le système des fusées viole la Loi. De très antiques traditions disent que les Titans atlantes voulurent assaillir le ciel et ils furent foudroyés par la terrible foudre de la Justice Cosmique.

Nous les terriens de ce siècle sommes finalement à un nouveau carrefour ; la rencontre personnelle avec les Génies devient inévitable ; cet évènement pourrait se produire sur Séléné ou sur Mars. De toute manière, les faits parleront d'eux-mêmes. Le moment venu d'entendre des conditions arrivera ; nous sommes devant le dilemme d'être ou de ne pas être de la philosophie.

« Les prophéties devront s'accomplir comme elles ont été écrites, par un chemin ou par un autre. Ou le Royaume des cieux s'établit sur la Terre, ou l'annihilation de ses habitants sera inévitable ».

« Le choix repose sur l'homme lui-même. Mais la responsabilité initiale repose sur les épaules des leaders spirituels du monde entier ».

Ces affirmations du présent message de Noël 1969-1970 auraient provoqué des rires en d'autres temps. Maintenant tout est différent. Tyriens et Troyens sont sur le point d'alunir.

Il est bien certain que l'on inventera des fusées cosmiques toujours plus puissantes et que beaucoup de gens voyageront jusqu'à la Lune dans les décades futures.

Il est indiscutable que la Grande Prostituée exportera sur Séléné toutes ses abominations. Il est évident et manifeste que les terriens établiront sur notre satellite voisin, des hôtels, des habitations en tous genres, des cabarets, des maisons de jeux, des maisons de tolérance, etc.

La nuit lunaire, d'une durée de près de 14 jours, donnera aux touristes un spectacle évidemment merveilleux. L'atmosphère lunaire dont les astronomes nient instamment l'existence, existe en vérité, même si c'est sous une forme très raréfiée. Il ne fait aucun doute que la non-existence d'une atmosphère lunaire semblable à celle de la Terre n'est pas un obstacle à ce que notre satellite voisin possède une certaine « ionosphère ».

Il est ostensible que le champ ionosphérique lunaire possède peu d'épaisseur, il permet cependant la production de phénomènes lumineux de nature thermoélectrique, lesquels peuvent expliquer à eux seuls l'apparition de taches variables et de points de grande luminosité ou brillants, observables au cours des nuits de pleine lune.

La décomposition des électrons et des ions en positrons et mégatons ou anti-positrons nous approche évidemment de la connaissance intime de ces merveilleuses zones électromagnétiques, d'une grande conductibilité électrique. L'atmosphère lunaire très ténue ou mince pourrait être améliorée artificiellement par des moyens ou procédés scientifiques adéquats.

Le corps céleste qui a été un motif de fascination pour l'humanité, déclencha cette première impression de Lowell : « On dirait du plâtre ou du sable de plage de couleur grise ». La Lune telle qu'elle fut captée par Apollo 8 et son image envoyée à la Terre, fut décrite par les astronautes nord-américains comme vaste, désolée et impénétrable, quelque chose comme une pierre-ponce gigantesque. Il est ostensible et manifeste que la Lune est un monde mort, un cadavre cosmique.

L'affirmation selon laquelle la Lune est un monde naissant, est évidemment ridicule. Affirmer que la Lune est un morceau de terre lancé dans l'espace est une ineptie. Il est évident qu'en quelques endroits très lointains de la croûte lunaire existent encore des résidus de vie végétale et animale très « larvaires » ; il est également indiscutable que dans le sous-sol lunaire il y a en quelques endroits des possibilités d'eau. Très bientôt, les explorateurs du sol sélénite pourront mettre en évidence la réalité de ce pont dont nous parle Keyhoe, et dont l'observation est attribuée à J. O. Neill, éditeur de sciences dans le journal « Herald Tribune ».

Il est clair que ce pont a été érigé par des créatures intelligentes ; ce n'est donc pas un phénomène naturel.

La Lune est le satellite de la Terre, dans la mécanique céleste exclusivement. D'un point de vue plus philosophique, nous pouvons, nous devons même insister sur l'idée que la Terre est le satellite de la Lune.

Aussi surprenante que puisse paraître cette déclaration insolite, les connaissances scientifiques ne cessent de le confirmer à satiété. Ces évidences sont notoires, preuves en sont les marées, les changements cycliques dans de nombreuses formes de maladies qui coïncident avec les phases lunaires ; on peut les constater dans le développement des plantes, et l'influence de la Lune sur les phénomènes de conception et gestation humaine est très marquée. La Lune comme tout monde de l'espace infini, naquit, grandit, vieillit et mourut.

La Lune fut une planète vivante au cours du grand Jour Cosmique passé ; alors elle eut des vies minérales, végétales, animales, humaines très riches. La Lune est la mère de la Terre et tourne incessamment autour de sa fille comme si elle était vraiment un satellite. La Lune est donc celle qui représente le rôle principal et de la plus grande importance, tant dans la formation de la Terre elle-même, qu'en ce qui concerne le peuple des êtres humains.

Sans aucun doute, la Lune mère transféra ses pouvoirs vitaux à sa fille (la Terre) en exhalant son dernier soupir. Les archéologues pourront découvrir dans le sous-sol lunaire des ruines de gigantesques cités qui existèrent autrefois dans le Mahamvantara passé. Il est évident que la Lune pourra être utilisée comme plate-forme cosmique pour de futurs voyages vers d'autres mondes habités.

Tout Jivanmukta ou Mahatma pourra vérifier par lui-même les précédentes manifestations dans le monde lunaire. Il est ostensible que la Lune fut en d'autres temps la demeure des sélénites. Il ne s'avère pas difficile de comprendre que sur la croûte lunaire, sept races humaines évoluèrent et involuèrent. En accord avec la sage loi de la Récurrence se déroulant toujours dans tous les mondes, la première race sélénite fut une génération de géants.

Basés sur ladite loi, nous pouvons comprendre sans grande difficulté que les dernières familles de Séléné furent lilliputiennes. Le retour involuant de l'humanité sélénite à l'état germinal élémentaire primitif est indiscutable. Le repos des germes élémentaires au cours du grand Pralaya est, de fait, un axiome de l'antique sagesse.

La loi de l'éternel retour rendit possible le nouveau développement des germes élémentaires de la vie. La loi de récurrence répéta tout le processus évoluant et involuant de ces germes lunaires, ici, sur la planète Terre (rappelons-nous que notre monde est fils de Séléné). Si tout se répète, il est indiscutable que toute l'histoire de l'humanité terrienne est une répétition dans le temps des annales de Séléné. Dans un lointain futur, l'humanité terrestre sera revenue à l'état germinal élémentaire primitif : la Terre, alors, sera une nouvelle lune.

Chapitre 21 - Le Sanglier Noir

Opalescences d'ambre enchanteur et délicieux, flottements translucides du mystérieux mirage... Dilutions de lumière comme d'ineffables étoiles au travers d'une ramure parfumée... Blondes lignes mourant au sol, noyées par les incertitudes de l'atmosphère qui dessine avec les nuages des caprices gracieux sur les douces floraisons de majolique...

Aquatique transparence d'un enchantement spectral, enveloppant toute chose en une tendre caresse cosmique. Dans le mystère de la nuit, la salle noyée dans la pénombre d'imprécisions marécageuses...

Les colonnes, les amphores et les coupes, semblent en vérité d'énormes fleurs lacustres endormies en des pâleurs lactées...

Il y a dans l'ambiance un je ne sais quoi, des pressentiments d'angoisse flottant dans l'air, des fleurs flétries meurent dans un vase d'albâtre.

La lumière de Séléné pâle comme la mort, taciturne, entre par la fenêtre en imitant un châle d'argent.

Le silence sépulcral est douloureux et profond comme un grand cœur empli d'infinis pressentiments. Dans le ciel nocturne parsemé d'étoiles qui tintinnabulent doucement, les nuances fondent lentement. Les ultimes rayons solaires ressemblent à de grandes cicatrices rouges qui meurent derrière l'énigme des feuilles. Heure étrange où le ciel saphir ressent l'infinie douleur de mourir. Les êtres et les choses naissent et meurent au sein profond d'un sommeil obsédant. L'ombre grandit peu à peu, devient gigantesque, semble un monstre qui avale la vie... Calme profond, fraîcheur du feuillage, nudité de la nuit florissante, flétrissement des roses du crépuscule tombées livides dans le silence.

Le globe brumeux de la Lune esquive, délicieuses irisations de mirages sur la froide pâleur du bois plein de tendresses indicibles. Je ne suis en cette nuit délicieuse, ni seul, ni accompagné ; je me trouve en état de plénitude, j'ouvre le livre des morts des antiques égyptiens et fouille les mystères de la région de Buto (du monde de l'Esprit Pur). Je connais cette région. Oui ! Oui ! Oui !

Il y a longtemps, je laissai là-bas dans le royaume minéral submergé, dans le monde souterrain, dans la région de Mendes, mon cadavre, mes cadavres ; mon Moi, mes Mois ; je suis en vérité un défunt, c'est pourquoi je comprends le livre de la demeure occulte.

Je connais les trois aspects ineffables de la Divine Mère Kundalini, Serpent igné de nos pouvoirs magiques.

Je n'ignore pas, ma Dame, que tu es l'Immanifestée déesse Shutet et que tu resplendis dans les étoiles fixes. Je n'ignore pas, ma Reine, que tu es l'Isis Manifestée, déesse des chasseurs de la région de Buto ; c'est vrai, tu poursuis les démons de Seth (les mois diables), tu les attrapes, tu les élimines.

Je sais, ma Mère, ce qu'est ton troisième aspect. Salut ! Hécate, Proserpine, Coatlicue, Reine des enfers et de la mort.

« Savez-vous, vous tous, pourquoi la région de Buto fut offerte à Horus (l'Être divin de l'homme) ? Je le sais, mais vous, vous ne le savez pas ».

« Voici que Râ (le Logos Solaire) donna cette région à Horus (l'Être de chaque homme), pour l'indemniser de la blessure dont il souffrit à l'œil (le troisième œil entre les sourcils). Râ, en effet, dit à Horus : Laisse-moi voir ce qui est arrivé à ton œil, et le regarda... Ensuite, Râ dit à Horus : Regarde par-là, surveille ce sanglier noir (l'Égo). Et Horus (l'Être Intime) le surveilla sans relâche. Le sanglier, totalement furieux, l'assaillit. Ensuite, Horus (l'Être) dit à Râ : Le sanglier (l'Égo) m'a donné un coup à l'œil (la clairvoyance ; le sixième sens détruit par les passions animales) ».

Ce sanglier noir (le Moi), n'inspire rien d'autre à Horus (l'Être) que répugnance. L'œil d'Horus ne pourra resplendir à nouveau au front de l'homme qu'à la mort du sanglier noir.

Vallée du Samsara, nuit obscure, solitude merveilleuse dans laquelle mes gens attendent ce message de Noël 1969-1970.

Vallée profonde, nuit du serpent, amoureux de ton silence, je souffre beaucoup en me rappelant qu'il existe dans le monde nombre de personnes adorant le sanglier noir. Les démons de Seth pourraient-ils par hasard parvenir à la perfection ? Le sanglier noir évoluant, dit-on ? Mon Dieu, quelle horreur ! Quelle ignorance ! Pauvres gens !

Satan évoluant ? Quelle stupidité, quelle ineptie ! Méphistophélès se perfectionnant ? Le diable disant une messe ? Le sanglier noir doit mourir. Horus l'abhorre, Râ l'abomine ; le destin de Seth et de ses diables rouges est la mort, certes.

Comme mes réflexions furent profondes en cette nuit de mystère.

Les heures passèrent. L'aube rayonna sur le bleu profond du lac, le vague profil des nuages ressemblait à des flocons de neige. La lumière indécise du début du jour commença à apparaître comme une caresse de lune sur la cendre d'une colline fraîchement brûlée pour les semailles. Le soleil luit comme la torche de mon verbe ; cierge nuptial chargé de parfums exquis. Matin radieux, en lequel le vol des colombes attendries se mêla à la chute de la rosée, tombant sur la terre comme un baume odoriférant.

Une mystérieuse mélodie parcourt les environs enveloppés dans une ineffable lumière et s'éparpille dans l'espace lointain, telle un délicieux arôme, comme l'haleine de l'âme de la mer proche.

Tout, dans les clartés diffuses pleines de frémissement musical, semble se préparer à écouter le miracle de la parole : la divine annonciation du Verbe.

Chapitre 22 - Mortalité et Immortalité

Mystique rose ineffable de la profonde vallée de l'Esprit... Mère immortelle de mon cœur ! Écoute-moi ! Lumière de mes yeux, oriente, rose de mon jardin, l'horizon de ma vie, comme l'hébraïque Abigail prudente, comme l'aimable Ruth. Aie pitié de moi ! Vigoureuse Huri à la couleur vermeille, aux yeux bleus remplis d'amour, ma Mère très belle. Délicate et fraîche fleur du continent fécond de mon âme...

Jasmin embaumé de Jonia, cultivé dans un jardin où il y a les verdeurs de l'Erin (l'Irlande) sans les brumes de Calédonie. Par toi, j'appris à aimer, sans toi, je ne suis rien. Divine princesse Kundalini, adorable Serpent. Tu m'enseignas le secret de l'abîme.

Et je descendis au monde souterrain, enquêtant, fouillant, cherchant. Sans toi, Mère Adorable ! Je n'aurais même pas pu trouver cette porte du mystère où Dante trouva écrites ces paroles terribles.

« Par moi, on va à l'éternelle douleur ; par moi, on va à la race condamnée ; la justice anima mon sublime architecte ; la divine puissance me fit la suprême sagesse et le premier amour. Avant moi, rien ne fut créé, à l'exception de l'immortel, et je dure éternellement. Ô, vous qui entrez, abandonnez toute espérance ! »

Je connus le couloir des oisifs et le passage de l'Achéron et je naviguai dans la barque de Charon jusqu'à l'autre rive. Je suis entré par les portes maudites de la cité de Dité ; je connais les fossés profonds qui ceignent cette terre désolée.

Malheur à celui qui succombe face aux épouvantables horreurs des trois furies. Et je vis de nombreux colosses tombés involuant dans le royaume minéral submergé. Et je vis des muses ; autrefois vermeil, leur teint devenait pâle et sinistre.

Je trouvai le glorieux tombeau et les bacchantes accourant, comme toujours, pour décorer de leurs roucoulements. Les bacaris se flétrissent sur les fronts bronzés des lubriques silènes abyssaux, et des lierres de thyrse florissants et secs sont comme des foins épuisés. Les insolents consuls de Rome qui, insoumis, assistent à l'inhumation car leur orgueil énervant ne dompte pas encore le joug immortel de l'évangile.

Viennent sur leurs traces, les luxurieuses courtisanes du Latium, les poètes bohèmes et dégénérés, les doctes gens hypocrites et pervers, les porcs matérialistes ennemis de l'Éternel.

Et dans l'éclat de sa faucille que l'inexorable Parque brandit contre le misérable mortel, présage dont ils ne voient pas le passage sublime ; ils ne comprennent pas la voix qui leur parle de spiritualité. Voyez là-bas la célèbre impératrice Sémiramis essayant d'étancher la soif de sa luxure !

Regardez ! Plus loin, il y a Capanée l'orgueilleux ancien de Crête, l'un des 7 rois qui demeurèrent à Thèbes ; il déprécia Dieu et semble continuer à le déprécier. Et ils poursuivirent en une procession inépuisable. Neo qui vengea la mort de la belle Déjanire et donna même sa vie pour elle ; le centaure Chiron qui éduqua Achille et l'irascible Fobo.

Ô ! Combien de délits ! Mon Dieu ! Quand achèvera-t-on de les énumérer ? Dans quel livre pourraient-ils tenir ? Fleuve noir de l'humanité involuant dans le temps, tombant vers l'arrière, vers le passé.

Cher lecteur, Dieu veuille déverser sur ton chemin le suave parfum du lys et que tu épures le nectar cristallin du plaisir honnête, libre de peines. Ne descends pas, mon fils, parce que l'échelle de la descente compte sept échelons au bout desquels se trouve le cycle de la terrible nécessité. Redevenir bête, plante et pierre dans les mondes infernaux... est, certes, plus amer que la bile.

Souvenez-vous des cruelles harpies qui précipitèrent les Troyens des Strophades ; Dante les vit tourmenter les plantes humaines dans l'Averne, les faisant saigner de leurs exécrables griffes. Je veux que tu saches que dans le noyau même de la Terre où se trouve l'abominable trône de Dité, j'ai vu des créatures fossilisées se réduire en poussière cosmique.

Spectacle horrible, inoubliable et dantesque ; prostituées, femmes de mauvaise vie forniquant sur des couches immondes ; hétaïres, dévoyées, catins, se désintégrant lentement, perdant peu à peu bras, doigt, jambes, etc. La seconde mort est effrayante, terrifiante. L'Égo et ses corps lunaires se désintègrent très lentement dans le Tartare, répugnante souffrance pour les âmes perdues.

« Que vienne Méduse, et nous la convertirons en pierre ! » s'exclament les trois furies ; « Nous avons mal fait de ne pas nous venger de l'entrée audacieuse de Thésée ». En méditation profonde, je vis deux âmes perdues sortant de l'Averne après la seconde mort. Elles n'avaient heureusement plus d'Égo ni de corps lunaires mais leurs tuniques sacrées étaient tachées de la boue de la terre. Les malheureuses créatures pleuraient au souvenir de leur douloureux voyage sous l'écorce terrestre.

À l'heure qu'il est, elles vivent à nouveau en tant que gnomes, jouant, allègres, sous le tendre regard de notre seigneur le Soleil.

Dans quelqu'éternité future, elles rentreront aux paradis élémentaux des plantes.

Dans un futur très lointain, elles pourront avoir la joie de se réincorporer à des organismes animaux, pour voler sous forme d'aigles, ou marcher par les bois profonds de la nature, ou nager sous la forme de poissons dans les profonds abîmes des eaux.

Ces âmes reconquerront ostensiblement après de nombreux billions ou trillions d'années l'état humain qu'elles perdirent autrefois. Et si, par malheur, elles retombaient ? Aïe ! Aïe ! Aïe ! Comme le cycle de la terrible nécessité est douloureux.

Venez, vous qui savez le verbe, plein de gracieuse majesté et brio qui, tel Gongora hier, orne Darius, purifie Icaza et subtilise Nervo. Viens et tu verras des torrents cachés, ésotériques, de foi profonde et de virile intrépidité, latents dans les rochers, dans les airs, dans les eaux et dans le feu ! Malheur à vous, animaux intellectuels qui peuplez la surface de la Terre ! Pauvres âmes à conscience égoïque vêtus d'habits lunaires ! Votre implacable soif forge, en vain, de folles attaques, insultant le ciel : vous n'avez pas encore conquis l'immortalité ; l'involution submergée vous attend dans les mondes infernaux.

Je vais maintenant vous raconter, à âme ouverte, une expérience mystique transcendantale : écoutez-moi, je vous prie.

La nuit champêtre me blesse de sa chaste beauté, de toute sa splendeur « de motivo en principio » (essentiellement évidente, NdT). Nous, un groupe de frères gnostiques, nous prenant par les mains, fîmes une chaîne magique dans la cour de la maison. Nous priâmes beaucoup. Oui ! Et ensuite nous fîmes une invocation à l'Ange Anaël, l'ange de l'amour. Au-dessus des murs sévères, bercées par la brise, les limpides ramures riaient délicieusement, et la gracile fraîcheur de leur rire égrenait l'argent du ruisseau couronné de dentelles. Une voix claire et douce troubla mes sens. Était-ce la voix d'une sirène ou la berceuse de la mer ? Regardez, regardez, regardez ! L'Ange Anaël arrive ! Oui, Oui, avons-nous tous répondu.

Nos yeux se posèrent, attentifs, sur quelques blanches colombes qui volaient joyeusement au-dessus de notre demeure. Je me rappelle encore l'oiseau d'argent et de feu, si pur, si tendre, si doux. Lui, était le guide.

Anaël ! Anaël ! Anaël ! Nous sommes-nous tous exclamés.

La nuit était douce et paisible, ténue et odorante. Elle avait un goût de roses. Après tant de cris d'allégresse vint une pause. Nous attendions... nous soupirions... ces oiseaux disparurent dans le mystère, et, ensuite trois coups scandés et rythmés résonnèrent solennellement à la porte de la maison ; j'ouvris moi-même, précipitamment...

Ils sont là, ce sont eux ! Ils sont arrivés ! S'exclamèrent tous les frères du groupe. Nous sortîmes tous pour recevoir le groupe de très beaux enfants célestes terriblement divins. Ils portaient des fleurs dans leurs mains et, en leur présence, on se sentait revivre son enfance. Ils me donnèrent envie de jouer.

Nous pûmes vérifier que ces très belles créatures venaient vêtues de l'habit de noces de l'âme (les corps solaires).

Dans les âmes de ces anges si purs, nous ne trouvâmes rien qui, sous une forme ou une autre, aurait ressemblé au Moi de la psychologie. Seul l'Être resplendissait en ces enfants. Ces dieux saints aiment intensément la pauvre humanité dolente, c'est évident.

Il est ostensible que dans un lointain passé, ces vénérables travaillèrent dans la Forge des Cyclopes. Leurs corps glorieux les rendent immortels dans tous les départements du royaume. Il n'est pas difficile de deviner qu'ils éliminèrent radicalement les corps lunaires. Je me prosternai humblement aux pieds d'Anaël, l'Ange de l'amour. J'avais besoin de le consulter à propos de quelque chose. Sa réponse me laissa pleinement satisfait. Bien des années sont passées et je continue à méditer. Impossible d'oublier tout ceci. Aujourd'hui, avec l'air d'un moinillon en cellule, je recherche dans les rances chroniques, j'écris pour que d'autres lisent.

Nous, les frères de ce groupe, nous rappelons encore la présence de ces êtres ineffables, de leur voix enchanteresse, de leur port majestueux. La lumière pure de l'esprit nous touchait les tempes tandis que des épées nous blessaient, splendeurs se transformant en de sombres lumières, des pas de danse : quiétude sculptée et timide violence de l'air dans les chevelures, nuages, trésors, allégresse.

Des vagues de lumière, très claires, vides, qui brûlaient notre soif comme du verre nous enfonçant sans voix, feu pur en longs tourbillons résonnants. Je reviens à ma solitude, je réfléchis et médite.

D'où a surgi cette création multiforme ? Qui en connaît le secret ? Qui l'a révélé ? Même les Dieux, ces divines créatures angéliques, vinrent à l'existence plus tard... Contemplant l'éternité... Avant que ne soient jetés les ciments de la terre... Tu étais.

« Et quand la flamme souterraine rompra sa prison et dévorera la forme, Tu seras encore, comme Tu étais avant, sans souffrir aucun changement quand le temps n'existera plus ».

Avant que ne se lève l'aurore du Mahamvantara. La forme Une d'existence sans limite, infinie, sans cause, s'étendait seule en sommeil, sans rêverie, et la vie palpitait, inconsciente, dans l'Espace Abstrait Absolu, dans toute l'extension de cette omniprésence que perçoit l'œil ouvert de Dagma. « Dieu ne meurt jamais ! » disent les bardes chevelus couronnés de lauriers.

Nous chantons les crépuscules des dieux... La mort de l'éternel est très relative... Levons le calice et prions...

Quand vient la Nuit Cosmique, l'Armée de la Voix se submerge au sein de l'espace profond, absolu, inconditionné... Il est ostensible qu'alors, elle cesse d'exister dans l'Univers.

Quand frise l'aurore du Grand Jour, la Grande Voix ressurgit et l'Esprit de Dieu se meut à la surface des eaux.

Chapitre 23 - En Construisant des Molécules

René Dubos a dit : « Le grand spectacle de la science continue encore à être représenté, seulement il se poursuit caché derrière une toile sans auditoire, ni auditeurs ; seuls les interprètes interviennent. Se joignant à l'entrée en scène, quelques bavards loquaces et mal informés vendent au public de confuses imitations des grands rites. On a promis au monde des miracles bon marché mais il ne participe plus aux grands mystères ».

À l'aube de la vie, la matière complexe de nos corps se trouvait dans les germes élémentaires atomiques à l'état latent, mais elle se développa très lentement au cours des innombrables siècles. Il est ostensible et manifeste que dans les processus variés de la transformation graduelle de la matière organique, interviennent toujours les quatre types fondamentaux de molécules.

Protéines : on les compte dans les matières structurelles les plus importantes de tous les organismes ; sous forme d'enzymes, il est évident qu'elles servent concrètement de catalyseurs spécifiques sans lesquels les réactions chimiques vitales se produiraient très lentement, voire pas du tout.

N'importe quelle molécule de protéine compte, en vérité, des centaines d'acides aminés intelligemment enlacés en une chaîne merveilleuse qui tend à former une spirale, avec des atomes d'hydrogène comme liens très savants afin d'assujettir fermement les spirales à leur endroit.

On a nous dit que des 80 acides aminés connus, 20 seulement interviennent dans l'élaboration des protéines. Comme les 28 lettres de l'alphabet (espagnol), ils peuvent se disposer en formant des combinaisons infinies qui expriment clairement leurs fonctions.

Acides nucléiques : ce sont des substances admirables dont dépend la qualité essentielle de la vie : la continuité de l'existence. La forme connue sous le nom d'ADN (acide désoxyribonucléique) demeure dans le noyau de la cellule, comme un magasin ou dépôt de directives, afin que celle-ci fonctionne correctement.

Indiscutablement, son célèbre parent ARN (acide ribonucléique) est le transmetteur des directives qui proviennent de l'ADN ; il élabore les protéines des parties de la cellule.

Les acides aminés s'enlacent ou s'enchaînent très sagement pendant le processus pour satisfaire la norme ADN. Les molécules d'ADN sont des spirales doubles magistralement ordonnées d'une manière très semblable à un escalier en colimaçon de grande longueur. Les splendides côtés de ce formidable escalier comptent des unités de sucre et de phosphate ; les degrés en sont des purines et pyrimidines accouplées.

Il y a dans l'ADN seulement 4 purines et pyrimidines : adénine et guanine (purines), cytosine et thymine (pyrimidines), qui se chargent de manière certes très subtile de porter les messages comme les signes de l'alphabet Morse : en traits et points. Celles qui se trouvent dans l'ARN sont les mêmes, à cette exception que la thymine est remplacée par l'uracile.

Lipides : ce sont des matières grasses fondamentales qui emmagasinent l'énergie vitale et font partie de la structure de la cellule. Leurs molécules comptent des atomes d'hydrogène et quelques-uns d'oxygène montés dans une armure d'atomes de carbone enchaînés.

Polysaccharides : ce sont des chaînes de molécules de sucre qui accumulent l'énergie et qui, sous forme de cellulose, composent les précieuses parois cellulaires. On nous a dit qu'une molécule de cellulose compte quelques 2000 unités de glucose.

D'éminents hommes de science soulignent l'idée que les polysaccharides font partie de la nombreuse famille des hydrates de carbone.

Il est indubitable que les 4 éléments primaires de ces substances vitales - hydrogène, carbone, nitrogène et oxygène - sont précisément les principes chimiques les plus actifs de l'Univers.

Ce fait, certes très intéressant, mérite d'être mentionné : seuls les protéines et les acides nucléiques contiennent de l'hydrogène ; dans beaucoup de protéines, on constate la présence notoire du soufre, le phosphore étant un composant indispensable des acides nucléiques. Aux environs de 1930, on découvrit que l'atmosphère des planètes Jupiter et Saturne était très riche en méthane et ammoniaque, et on put vérifier postérieurement que le méthane abondait sur Uranus et Neptune. Ces investigations contribuèrent à renforcer l'idée que l'atmosphère première de la Terre avait appartenu à la variété méthane-ammoniaque.

Urey supposa - à tort certes - que la lumière ultraviolette, comme les décharges électriques, auraient pu avoir libéré des molécules dans cette atmosphère, leur permettant de se regrouper pour former des composés organiques plus complexes. On cherche la clé de la synthèse des composés organiques, on enquête.

Miller suppose que dans une atmosphère archaïque dominée par l'hydrogène se trouve l'origine de la vie. D'accord, il est indiscutable que l'hydrogène en soi est la première émanation de la matière primordiale universelle (Mulaprakriti), mais si nous voulons connaître l'origine de la vie, nous devrons aller au fond des choses.

Le mot « matière » est très discutable car il renferme des concepts variés ; le dictionnaire le définit comme suit : « sujet, occasion, thème, cause, motif, substance, nature, etc. ». La matière est donc quelque chose de très intellectuel, abstrait, vague, indéfini ; il inclut, contient virtuellement toute une procession d'idées.

Le terme « procession » signifie étymologiquement « théorie », mais utilisé dans un style savant ou concernant la Grèce antique, il signifie « Théorie des Panathénées ».

La matière en soi, comme substance « Per Se », passe, dépasse, traverse le cadre étroit de la géométrie tridimensionnelle d'Euclide. Les infinis processus de la matière sont multidimensionnels, et ceci est évident.

Les choses vues sous cet angle, il est ostensible que la Terre avec tous ses phénomènes variés, exista avant dans la quatrième dimension. Continuant, poursuivant avec le système inductif, nous pouvons et devons même souligner l'idée d'une existence encore plus antique de notre monde, dans ce qui s'appelle la cinquième dimension.

Le Jivanmukta, l'Adepte ou Mahatma authentique voit grâce à l'œil ouvert de Dagma, va beaucoup plus loin et découvre des traces de notre monde dans les sixième et septième dimensions. Cet œil ouvert est la vue purement spirituelle de l'Adepte ; il est cependant urgent d'expliquer qu'il ne s'agit pas de clairvoyance, mais bien de la faculté d'intuition spirituelle au moyen de laquelle on peut obtenir la connaissance directe et exacte. Le système déductif-néoplatonicien et oriental, opposé à la méthode inductive-aristotélicienne, nous permet de comprendre la descente échelonnée de notre monde depuis l'inconnu, passant graduellement d'une dimension à une autre, jusqu'à sa cristallisation dans sa forme dense actuelle.

Il est évident que tous les germes vitaux, pendant la descente planétaire, se développent en construisant des molécules. Il est indiscutable, effectif et réel, que cellules, organes et organismes se développent avec les atomes et les molécules.

L'énergie cosmique, dans tout germe vivant, opère en trois modes : Centrifuge, Centripète et Neutre.

Si la première de ces trois forces se révèle extravertie et fondamentale pour l'action, il est certain que la deuxième s'introvertit en attirant les atomes et organisant les molécules, tandis que la troisième sert de point d'appui. Cette planète en descente graduelle pénétra finalement dans la région tridimensionnelle, apportant avec elle une formidable cargaison de germes et d'organismes. Il s'avère évident pour n'importe quel Mahatma que le trésor le plus précieux qu'apporta ce grand vaisseau appelé « Terre » fut la première race humaine qui vécut sur la calotte polaire nord.

Il est indéniable que les actuels pôles nord et sud se trouvaient dans la zone équatoriale.

Il est clair, positif et authentique que si nous excluons la faculté d'intuition, l'œil interne et spirituel de l'Adepte, alors nous échouons lamentablement dans ce type d'investigation parce que toute l'histoire géologique du premier milliard et demi d'années de la Terre, en cette région des trois dimensions, semble être enterrée ou perdue de manière définitive, radicale et absolue.

La tâche pour reconstruire le mode selon lequel la vie et ses formes primitives ont dû émerger est certes rendu difficile par le manque complet d'informations sur les fossiles de cette époque.

Le renseignement le plus digne de confiance - en dehors de quelques vestiges d'algues - ne date que de 500 millions d'années, c'est-à-dire d'une époque bien postérieure à celle de l'ère au cours de laquelle eurent lieu les évènements de l'évolution les plus importants.

Nous pouvons affirmer avec un certain degré de confiance scientifique que la vie cellulaire telle que nous la connaissons à la surface de la Terre existe dans des millions d'autres lieux de l'Univers.

Ceci ne nie pourtant pas la possibilité qu'il existe d'autres formes de matière en plus de celle-ci, que l'on pourrait appeler vivantes et qui, selon le modèle que nous avons formé sur notre sol, se révèlent étranges.

Maintenant, nous avons transporté la vie du lieu déterminé qu'elle occupait, il y a fort peu, comme un évènement spécial et unique, à un état de matière amplement diffusé multidimensionnellement dans tout l'Univers.

Les facteurs fondamentaux indispensables pour la transformation en matière de cellule vivante, sont au nombre de cinq :

1. Formation des composés organiques

2. Transformation de ceux-ci en composés organiques plus complexes

3. Origine des produits chimiques, clé de la vie, comme protéines et acides nucléiques

4. Origine des structures et métabolisme (chimie énergétique).

5. Évolution du métabolisme.

Appliquez cette formule en cinq points aux organismes en processus de cristallisation et le problème de l'origine de la vie se trouve résolu.

Je précise : j'utilise le terme « cristallisation » de manière convenable pour indiquer, signaler l'arrivée, l'entrée d'un quelconque organisme dans la région tridimensionnelle.

Il est évident que les organismes en voie de cristallisation furent soumis à d'incessantes évolutions passées dans les dimensions supérieures de la nature. Chercher l'origine de la vie exclusivement dans la région tridimensionnelle serait une ineptie ; ce serait absurde.

Chapitre 24 - La Révolution de la Conscience

Vergers favoris de la lumière solaire qui charge des fruits délectables, rivalisant en douceur avec le miel... Qui, du poète, possède les attributs, adoucit, comme Orphée au son de sa lyre, la sauvagerie des brutes...

Le Verbe explique tout... Les ténèbres se dissolvent... La Lumière se fait...

« Et voici que j'avance jusqu'à la demeure du roi des dieux (le Père qui est en secret) (un esprit ailé me conduit) »

« Salve, ô toi qui planes par les étendues du ciel et qui illumine le fils de la blanche couronne ! (le Fils de l'homme) »

« Que ma blanche couronne (qui resplendit sur la tête des saints) puisse être sous ta protection, que je puisse vivre à côté de toi ! (mon Père). Et voici que j'ai recueilli et réuni tous les membres dispersés du grand Dieu. Maintenant, après avoir créé entièrement un chemin céleste, j'avance par ce chemin ».

(Livre de la Demeure Occulte, chapitre LXXVI)

Ah ! Si les gens comprenaient ce que signifie « recueillir et réunir les membres dispersés », les différentes fractions de notre être intérieur, malheureusement embouteillées dans tant d'éléments subconscients ! Ah ! S'ils cessaient d'exister radicalement pour être définitivement entiers, unitotaux, complets.

Si vraiment ils se résolvaient à mourir d'instant en instant ! Alors... Oui, ils cesseraient radicalement d'exister, pour être définitivement. Dans le pays ensoleillé de Kem au cours de la dynastie de Khephren, je compris la nécessité de revenir sur le droit chemin, de donner forme à mon propre sentier céleste.

« Exiguë est la porte, étroit est le chemin qui conduit à la lumière, et peu sont ceux qui le trouvent ». « De mille hommes, un peut-être essaie de parvenir à la perfection ; de ceux qui le tentent, un seul, sans doute, parvient à la perfection, et parmi les parfaits, peut-être un me connaît parfaitement » (verset 3 chapitre 7 de la Bhagavad Gita).

« De mille qui me cherchent, un seul me trouve ; des mille qui me trouvent, un seul me suit, de mille qui me suivent, un seul est mien ».

Les dieux et les quelques hommes qu'il y a eu dans le monde savent bien que les foules se meuvent toujours dans le ciel de la terrible nécessité (voir chapitre 22 de ce message).

En récapitulant les mystères, dans la terre sacrée du Nil abondant, je pus me rappeler d'épouvantables difficultés. Le sentier du fil du rasoir est plein de dangers, au-dedans comme au-dehors. Le sentier de la révolution de la conscience s'écarte des chemins de l'évolution et de l'involution.

Jésus le Grand Kabire, dit : « Qui veut marcher sur mes traces, qu'il se renie lui-même, prenne sa croix et me suive ». Ce sont là les trois facteurs de la Révolution intime. Le dogme de l'évolution est réactionnaire ; nous parlons d'insurrection mystique. Moi, un vieux lama tibétain, j'entrai dans les Mystères égyptiens après beaucoup de souffrances. Ah ! Quelle douleur me causa la mort de mon frère ! Ceci fut pour moi décisif. Pauvre petite barque que la mienne ! Brisée sur les rochers, sans voile et sans destin, seule parmi les vagues !

Je fus heureusement aidé et, j'étudiai beaucoup. J'entrai au Collège Sacerdotal comme un quelconque néophyte et, après de successives exaltations, je fus un hiérophante. Que je fus à la fois médecin et hiérophante ? C'est une chose que je ne pourrai jamais nier.

Je voyageais journellement sur mon chameau, apportant de nombreux remèdes pour mes malades, noble mission du médecin. Impossible d'oublier ma demeure en la terre sacrée d'Hermès. Vieille maison familiale entourée de murs vétustes.

Litelantes - comme toujours - était mon Épouse-Prêtresse ; elle ne l'ignorait pas et s'en souvient encore. À moi incombe le grand honneur d'avoir été le précepteur du pharaon Khephren. Je fus le précepteur de ce garçon et cela ne me pèse en aucune manière, car il fut plus tard un grand souverain.

Je me souviens de choses terribles. Ceux qui violaient le vœu de silence et divulguaient le Grand Arcane étaient condamnés à la peine de mort : on leur coupait la tête, on leur arrachait le cœur et leurs cendres étaient éparpillées aux quatre vents. L'exécution se réalisait dans une cour empierrée, entourée de terribles murs sur lesquels on voyait des peaux de crocodiles et de mystérieux hiéroglyphes.

Dans le Sahaja Maïthuna, dans le Sexe-Yoga, avec son Lingam-Yoni et sa pudeur se cache l'indicible secret. La lumière égyptienne se levant, varie en nuances d'ineffable vigueur qui développe en chaque âme d'infinis pouvoirs. Lumière anxieuse du courant du fleuve sacré, que presse la frondaison de l'acacia, symbole sacro-saint des maîtres ressuscités. Lumière, face aux fraîches rizières que parfume la fleur du citronnier, si fertiles en chansons estivales comme en doux crépuscules de janvier.

Dans la nuit profonde de tous les âges, résonnent encore les paroles du prêtre de Sais : « Solon, Solon. Aïe, mon fils ! Le jour viendra où les hommes riront de nos hiéroglyphes sacrés et diront que nous, les antiques, adorions des idoles ».

Chapitre 25 - Alaya et Paramartha

Alaya, c'est l'Anima Mundi de Platon, la Sur-Âme d'Emerson soumise à des changements périodiques incessants.

Alaya, en soi, est éternelle et immuable, mais souffre cependant de terribles changements pendant les manifestations Mahamvantariques. Les Yogas-Charyas de l'école Mahayana disent que l'Alaya est la personnification du Vide Illuminateur. Il est indubitable qu'Alaya est le fondement vivant des sept cosmos.

Quand le mental est tranquille et en profond silence, l'âme s'échappe pour s'enfoncer dans le grand Alaya de l'Univers.

J'expérimentai cette vérité il y a de nombreuses années au cours de la méditation ; malheureusement, je n'avais pas encore dissous à cette période le moi pluralisé, et la terreur perturba l'expérience. Je sentis que je me perdais définitivement dans le vide de l'annihilation bouddhiste ; océan de lumière infini, incompréhensible, au-delà du corps, des sentiments et du mental ; radical oubli du moi-même.

La conscience, libérée de sa condition égoïque, se perdit telle une goutte dans la mer... le vide sembla se faire plus profond... abîme terrifiant... Je cessai d'exister... Je me sentis être mondes, fleurs, oiseaux, poissons, soleils radieux, humble plante et arbre gigantesque, insignifiant insecte qui dure seulement l'espace d'un après-midi d'été et aigle rebelle. L'océan de mon être continuait encore à s'étendre ; l'impersonnalisation semblait chaque fois plus profonde. Il ne resta de ma forme humaine, pas même le souvenir ; j'étais tout et rien à la fois.

Un pas de plus et qu'en serait-il de moi ? Oh quelle terreur ! Et cet océan de mon être qui continuait à s'étendre encore plus, de manière effrayante. Et alors ma chère individualité, quoi ?

Il est ostensible qu'elle était aussi condamnée à mort. Épouvante, terreur, panique, peur ! Soudain, je sentis que je me retrouvais en moi-même, je perdis l'extase, je revins, tel le génie d'Aladin à sa bouteille ! J'entrai dans le temps, je restai embouteillé dans l'Égo ! Pauvre Méphistophélès, malheureux, il était tremblant de lâcheté ! Ainsi est Satan.

Il est évident que cet infortuné m'avait fait perdre le Satori bouddhiste, le Samadhi.

Alaya, bien qu'éternel et immuable en son essence, se reflète en chaque objet de l'Univers, comme la Lune dans l'eau claire et tranquille.

Parlons maintenant de Paramartha. Les Yogas-Charyas interprètent ce terme sanscrit à leur manière : ils pensent que cela dépend d'autres choses (Paratantra) ; chacun est libre de penser comme bon lui semble. Les Madhyamikas disent instamment que Paramartha est exclusivement limité en Paranishpana ou perfection absolue.

Il est indiscutable que les premiers croient et soutiennent que, dans cette vallée du Samsara, seule existe Samvritisatya, la vérité relative.

Il est indubitable que les seconds enseignent l'existence de Paramarthasatya, la vérité absolue.

« Aucun Arhat gnostique ne saurait atteindre la connaissance absolue, avant de s'identifier avec Paranirvana ». On nous a dit très sagement que Parikalpita et Paratantra sont ses deux grands ennemis.

Parikalpita (en tibétain Kuntag) est l'erreur vaine de ceux qui sont leurrés dans cette vallée de larmes, ces pauvres gens à la conscience égoïque, malheureuses créatures adorant le Moi.

Paratantra est le monde phénoménique. Pauvres de ceux qui ne savent pas découvrir les causes de l'existence. Il y a relativement peu de temps, je fus le témoin, en méditation profonde, de quelque chose d'insolite. Je vis, certes, et avec un étonnement mystique, deux Adeptes qui après être parvenus à la pleine identification avec Paranirvana, obtinrent la libération finale. Vêtus de leur tunique de lin blanc, la tête couverte d'un voile d'une blancheur immaculée qui leur descendait jusqu'aux pieds, ces Frères entrèrent dans l'Espace Abstrait Absolu. Je n'ai franchement pas encore perdu la capacité d'étonnement. Je me sentis étonné, surpris, stupéfait ; je les accompagnai jusqu'à l'anneau-que-l'on-ne-passe-pas (la porte de l'Univers).

Je les vis pénétrer dans la lumière incréée de l'Absolu, emplis d'une infinie humilité, d'une infinie vénération. Ils passèrent au-delà des dieux et des hommes, et se convertirent en Paramarthasatyas, pour se submerger là, pourtant, comme de simples apprentis... Même dans l'Absolu, il existe des exaltations mystiques successives qui sont pour nous, au-delà de toute compréhension.

Chapitre 26 - Le Contrôle de la Natalité

Les gonades de la femme sont les ovaires, les seins et l'utérus, et celles de l'homme sont les testicules, le phallus et la glande prostatique. Il est ostensible que ces glandes génératrices se trouvent être, au fond, de merveilleux micro-laboratoires sexuels.

Il est indubitable que lesdites glandes possèdent une double fonction, car elles ont une sécrétion interne et une sécrétion externe. S'il est bien certain que les ovaires produisent l'ovule, il n'en est pas moins évident qu'ils incrètent une formidable substance endocrine qui vitalise la femme et la rend féminine. Il est tout à fait vrai, effectif et réel que les testicules ont l'Ens Seminis (l'entité du semen) pour sécrétion externe, dans laquelle flottent les zoospermes qui viennent à être, de ce fait, les germes vitaux de l'existence. L'incrétion hormonale intime de l'enveloppe des testicules est le merveilleux pouvoir qui donne l'énergie à l'homme et le rend essentiellement masculin.

Le mâle normal est celui qui a des gonades masculines normales. Les ovaires régulent très sagement la distribution du calcium chez la femme, et cela est déjà démontré. Un nombre trop élevé de grossesses, pour des raisons de circonstances, engendre les terribles cas d'ostéoporose ou déformations ayant pour cause le ramollissement des os, lesquels sont très communs dans les différents pays densément peuplés du monde où nous vivons. On a pu vérifier scientifiquement que les grossesses très fréquentes usent vraiment toutes les réserves de calcium, et alors il est évident que les os s'en ressentent.

N'importe quel médecin peut vérifier, mettre en évidence par lui-même, que beaucoup de femmes souffrent de maux de dents lorsqu'elles sont enceintes.

Chez les hommes, ce sont les testicules qui régulent le calcium dans les os, leur donnant force et stabilité. Les savants, au cours de nombreuses années d'observation et d'expérience, on put vérifier que l'homme aux os très forts, est en général sexuellement très viril.

Il est tout à fait prouvé, par des observations scientifiques profondes, que quelques-unes des glandes endocrines agissent intelligemment comme des accélérateurs des glandes sexuelles, tandis que d'autres diminuent cette action.

D'éminents biologistes, dont nous ne saurions douter, pensent que la glande thymus retient l'appétit sexuel.

On sait que les ovaires émettent un ovule tous les 28 jours en accord avec le cycle lunaire. Il est évident que ce gamète féminin est recueilli dans l'une des trompes de Fallope et conduit à l'utérus où il doit retrouver le germe masculin (spermatozoïde), si toutefois une nouvelle vie doit commencer. Il est démontré à satiété qu'il n'existe, dans la vie, de force plus péremptoire dans son expression, que cet effort des germes masculins et du germe féminin pour se rencontrer.

Le contrôle de la natalité est un délit ; le contrôle de la fécondation est un devoir. Il existe, en ces temps de crise mondiale d'explosion démographique, trois systèmes absurdes pour le contrôle de la fécondation : A- Physique, B- Chimique, C- Biologique.

On inclut dans le premier système : stérilets, spirales, préservatifs, membranes, etc.

Le second système comprend des pommades spermicides à base d'arsenic, du mercure, etc. (poisons cellulaires).

Dans le troisième système on trouve les pilules contraceptives, la ligature des trompes ou du cordon spermatique, des ovules, etc. (Samaël Aun Weor cite des produits pharmaceutiques en usage au Mexique, NdT).

Il est évident que tous les procédés physiques de contraception, mécaniques à 100%, outre le fait d'engendrer des destructions organiques très souvent irréparables, relâchent radicalement l'éthique humaine et conduisent à la dégénérescence. Toutes les pommades appliquées au vagin causent des irritations chimiques et des déséquilibres dans les cellules du col de la matrice. Il ne fait aucun doute que tous les anti-ovulatoires biologiques, évitant la chute de l'ovule dans la matrice, causent un épouvantable déséquilibre du merveilleux axe hypophyse-gonades.

Il est indispensable de comprendre à fond le terrible pouvoir de ces agents vitaux appelés lysosomes, sans lesquels le noyau de la cellule organique ne pourrait jamais être maintenu vivant. Toute lumière faite, il est clair et manifeste que les lysosomes stabilisés du zoosperme et de l'ovule engendrent sainement et fortement. La pilule contraceptive et autres éléments biologiques, chimiques, détruisent les lysosomes des zoospermes et des ovules, engendrant alors des créatures malades, folles, paralytiques, sourdes et muettes, aveugles, idiotes, homosexuelles (masculines ou féminines). Les hommes de science ont pu vérifier par eux-mêmes que les pommades appliquées au col de la matrice, dans le but de la bloquer, détruisent les lysosomes cellulaires.

Ces lysosomes détruits agissent librement en annihilant des cellules, engendrant des ulcères et des cancers des parois vaginales et du col de la matrice. Les lysosomes, en pleine activité harmonieuse dans la cellule vivante, constituent le fondement de l'existence.

Il y a plusieurs formes de lysosomes : amylases (hydrates de carbone), lipases (graisses), catalases, oxydases, peroxydases, protéases (protéines), hydrolases (hydrogènes).

Le lysosome, en soi, est indubitablement un centre électromagnétique enzymatique. Dans le noyau vivant de la cellule, demeure le méson K, lequel, en irradiant vers la périphérie, donne origine aux lysosomes intracellulaires, par la loi de l'éternel Heptaparaparshinokh.

En harmonie avec l'infini, en contact avec la nature, se stabilisent la tension superficielle, les pressions osmotique et oncotique de toutes les cellules, globules rouges, zoosperme, etc. Le Fab, les détergents, les insecticides, les pommades spermicides, drogues, hormones animales, monoxyde de carbone, etc., détruisent les lysosomes des zoospermes, ovules, etc.

L'air vital hors des villes, le prana des bois, le soleil, l'eau pure, etc., fortifient et enrichissent l'organisme en prodigieux lysosomes. Les lysosomes sont, certes, les agents actifs du fond vital (Lingam-Sarira). Il est indubitable que les procédés physiques, chimiques et biologiques en vogue pour le contrôle de la natalité, détruisent les lysosomes, engendrant d'épouvantables maladies et en finissent avec la vie.

Le Mouvement Gnostique International a des procédés et des méthodes scientifiques révolutionnaires pour le contrôle de la fécondité. Notre système a le formidable avantage de ne pas détruire de lysosomes. Notre méthode construit des lysosomes, enrichit l'organisme humain, le vitalise.

Je veux m'en référer instamment au Sahaja Maïthuna hindou, le fameux Caretza italien. Il existe une documentation abondante concernant tout ceci dans le Kama-Kalpa, ainsi que dans les œuvres de tous les alchimistes médiévaux : Sendivogius, Paracelse, Nicolas Flamel, Raymond Lulle, etc. Il est lamentable que le Kama Soutra ait été caricaturé et déformé de manière monstrueuse, abominable, sinistre.

Les biologistes, au cours de nombreuses années d'observation ainsi que d'expérience directe, ont pu mettre en évidence que les glandes sexuelles ne sont pas des capsules fermées, car elles excrètent et incrètent des hormones. Ce mot, hormone, vient d'une racine grecque qui signifie soif d'être, force d'être.

Le pouvoir vital des hormones est ostensible et étonnant ; les économiser, les incréter, les faire retourner vers l'intérieur et vers le haut, dans le saint propos d'enrichir la vie, n'est pas un délit.

On a pu pleinement vérifier que les incrétions sexuelles hormonales intensifient la production hormonale de toutes les glandes endocrines. Le torrent sanguin conduit les hormones sexuelles, les transporte, les met en contact avec tous ces micro-laboratoires glandulaires. Non-éjaculation du semen, voilà la façon radicale d'éviter la fécondation et d'intensifier l'incrétion hormonale.

Le problème de la fécondation se trouve résolu si l'homme évite l'éjaculation et la femme l'orgasme. Théléma (Volonté). C'est ce qui est exigé pour se retirer à temps avant le spasme sexuel.

Le désir sexuel réfréné fera monter l'énergie créatrice ; c'est ainsi que le cerveau se séminise et le semen se cérébralise. Le semen peut, évidemment, se transformer en énergie, comme il est indiscutable que l'énergie sexuelle monte au cerveau. Il est certain et manifeste qu'il existe des canaux nerveux spécifiques pour l'ascension de l'énergie sexuelle ; le bistouri, malheureusement, ne pourra pas les trouver car ils appartiennent à la quatrième dimension.

Je veux me référer, maintenant, de manière concrète, à cette paire de cordons connus en Inde sous le nom d'Ida et Pingala. Ida, chez l'homme, part du testicule droit et Pingala du testicule gauche ; chez la femme, cet ordre s'intervertit et les cordons partent des ovaires.

Ces deux canaux, fins à l'extrême, se nouent gracieusement dans l'os coccygien et montent ensuite comme deux serpents enroulés dans l'épine dorsale jusqu'au cerveau. L'ascension continuelle de l'énergie sexuelle le long de ces canaux nerveux nous transforme radicalement, nous transforme en Mutants (Génies). Nous sommes en train de parler concrètement du Sahaja Maïthuna, du Sexo-Yoga, du Tantrisme Blanc. C'est l'unique système qui soit sain pour résoudre le très grave problème de l'explosion démographique. C'est la clé pour contrôler de manière intelligente et sans aucun préjudice la fécondation humaine.

Le sacrifice épouvantable que représente la non-éjaculation pour les personnes luxurieuses est un fait certain. Il convient d'affirmer que la nature ne fait pas de sauts ; le débutant peut, doit même réaliser le changement progressivement. Si l'on veut réellement consolider, affirmer, fixer notre système, je considère nécessaire de commencer par des pratiques sexuelles courtes, de durée très brève, d'une à cinq minutes par jour, tout au plus.

On peut ensuite, évidemment, allonger la durée de chaque pratique. Les grands athlètes du Sexo-Yoga peuvent pratiquer le Sahaja Maïthuna pendant une heure par jour. Il n'est absolument pas convenable de commencer par de longues pratiques sexuelles ; le changement doit se réaliser de manière méthodique, avec une infinie patience, sans aucune défaillance, jamais.

Le mouvement du phallus dans l'utérus doit être lent et très doux ; on devra éviter toute violence. Il convient de se rappeler que si les mouvements sexuels se font très forts, le résultat est le spasme accompagné d'une lamentable perte de liqueur séminale. Quand survient le danger d'éjaculer, on l'évite par le contrôle de la respiration.

L'homme, en ce cas, retire rapidement le phallus du vagin et se couchera en décubitus dorsal (sur le dos) ; il retiendra ensuite son souffle, fermant ses narines avec les doigts : index et pouce. S'il doit recommencer à inhaler, il le fera, mais de sorte à retenir son souffle le plus possible.

Il devra, à ce moment, se réfréner intensément et imaginer que son énergie sexuelle monte par les deux canaux Ida et Pingala jusqu'au cerveau. La femme peut, doit même utiliser le même procédé, afin d'éviter l'orgasme et la perte de liqueur sexuelle féminine.

N'importe quel Yogi dans la terre sacrée des Vedas connaît le Sahaja Maïthuna, sait contrôler le danger du spasme grâce à la rétention du souffle. Le néophyte, s'il échoue au début de cet effort, ne doit cependant pas défaillir ; il apprendra, finalement, avec beaucoup de patience et d'effort. Un des merveilleux avantages de notre système est de conserver la puissance sexuelle pendant toute la vie.

Dans le futur Message de Noël 1970-1971, nous enseignerons la méthode pratique pour engendrer des enfants sains, intelligents, forts, à volonté et dans un ordre dûment planifié.

Chapitre 27 - Le Sahu Égyptien

Des nuages dorés baignent la muraille. Les corbeaux noirs que le travail alchimiste n'a pas encore blanchis, croassent au-dessus de leurs nids où ils veulent encore se reposer.

Tandis que la fiancée, l'âme, seule et jeune, enfermée dans la bouteille de l'Égo, soupire, mélancolique, et dirige ses yeux sur le bleu rideau du ciel qui l'isole du monde... ses mains abandonnent un moment la tapisserie sur laquelle elle tisse et défait un destin.

Pauvre Bouddhata, âme malheureuse ; elle est certes bien seule. Le fiancé, l'éternel aimé, l'esprit, parcourt des terres lointaines. Seule, la solitude, chaque nuit dans son alcôve, opprime son cœur et ses larmes coulent et tombent comme une pluie légère, fécondant la terre. La Lune s'en est allée mais les Pléiades ne s'en vont pas, il est minuit ; le temps s'écoule tandis qu'elle est étendue sur le lit... Oh tellement seule...

Comme le vent du bois fouette impitoyablement les chênes corpulents, Éros secoue et agite la pauvre solitaire. Ah ! Pouvoir revêtir l'habit de noces... pouvoir épouser le bien-aimé... L'infortunée, malheureusement, est vêtue de fripes lunaires, en habit du désir et mental animal.

Si elle connaissait le secret de la Pierre philosophale ! Si elle le comprenait, si elle ne le rejetait point ! Ô pierre sans âge, vieille comme le monde. Pourquoi les gens te détestent-ils autant ? Il est écrit en lettres d'or que Nahilla, fille de Nadir, aime Shebbun, le plus intrépide des guerriers, tu le sais...

Dans le sexe est la clé, le secret de la Pierre Philosophale (voir le chapitre 26 de ce Message de Noël 1969-1970).

L'âme ne peut élaborer le To Soma Heliakon si ce n'est à base d'incessantes transmutations sexuelles, en travaillant avec le Sahaja Maïthuna : l'habit de noces, le Sahu égyptien. Pauvre âme solitaire, revêts l'habit nuptial, épouse le bien-aimé afin de pouvoir t'asseoir à la table des convives.

« Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces ; mais ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs, en disant : dites aux conviés : voici, j'ai préparé mon festin ; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces. Mais, sans s'inquiéter de l'invitation, ils s'en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son trafic ; et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent. Le roi fut irrité ; il envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers, et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : les noces sont prêtes ; mais les conviés n'en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez. Ces serviteurs allèrent dans les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut pleine de convives. Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n'avait pas revêtu un habit de noces. Il lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces ? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus » (Matthieu, chapitre 22, versets 1 à 14).

Le livre égyptien de la Demeure occulte dit : « Parcours les limites du ciel les plus éloignées ! Ainsi, comme parvenant à être Horus, tu as acquis un corps glorieux, Sahu (l'habit de noces de l'âme), ainsi que la couronne de Némès (la couronne des saints), elle t'a été adjugée. En vérité, ta Parole de Puissance (le Verbe) atteint les extrêmes limites du ciel ».

« Prends donc possession des attributs divins d'Horus (l'Être), qui sont ceux d'Osiris (le Logos intime de chacun), dans la région des morts » (dans cette région où vivent ceux qui dissolvent le Moi).

« Voici qu'Horus (l'Être) répète pour moi les mots sacrés prononcés par son Père (l'Être de l'Être), le jour des funérailles (du Moi). Fais que le Dieu à double tête de lion te concède la couronne de Némès (la couronne de la sainteté) qu'il garde, afin que tu puisses parcourir les routes du ciel et voir ce qui existe jusqu'aux limites de l'horizon ! Pourvu que je sois admis dans le culte secret et qu'il me soit donné de contempler le mystère de la naissance de la divinité. Et voici qu'avec son corps glorieux, Horus revêt mes membres ».

Il est écrit dans les pages mystérieuses du grand livre de la vie, qu'il est nécessaire de naître de nouveau pour entrer au royaume des cieux.

C'est la seconde naissance dont le Grand Kabire Jésus parle au rabbin Nicodème : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau (semen) et d'Esprit (Feu), il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean, chapitre 3, verset 5).

Le livre de la Demeure occulte dit : « Voici que je nais et que je viens au monde dans l'Univers de Re-Stau (le royaume des dieux). Grâce aux libations de mon prêtre (ô Gourou) devant Osiris (le Logos Intime), je jouis de la félicité dans les corps glorieux « Sahu ». Je suis reçu parmi les esprits de Re-Stau (le Monde, synthèse merveilleuse des corps solaires, c'est le fruit extraordinaire du figuier) ».

Cet arbre a été, est et sera toujours le symbole vivant du Sexe. Malheur au figuier stérile ! L'Évangile chrétien raconte que le Kabire Jésus, « le matin, en retournant à la ville, il eut faim. Voyant un figuier sur le chemin, il s'en approcha ; mais il n'y trouva que des feuilles, et il lui dit : Que jamais fruit ne naisse de toi ! Et à l'instant le figuier sécha » (Matthieu, chapitre 21, versets 18-19).

Chapitre 28 - L'Inconscient

Selon Hegel, « l'Inconscient » n'aurait jamais entrepris la vaste et laborieuse tâche de développer l'Univers, que dans l'espérance d'atteindre une claire conscience de soi-même.

Le terme « Inconscient » est finalement très ambigu, douteux, confus et discutable. Nous pouvons utiliser ce terme de manière conventionnelle pour indiquer ou signaler un mystérieux créateur, quelque chose qui est bien au-delà de la Conscience. Il est indéniable que Parabrahman, l'Esprit universel de vie, transcende tout ce qui s'appelle la Conscience et, évidemment, nous pouvons le dénommer « Inconscient ».

À l'intérieur de ce thème strictement humain, nous pouvons et même devons appuyer l'idée selon laquelle, avant de transcender la « Conscience », nous avons besoin de la réveiller. « La Conscience absolue derrière les phénomènes » est une proposition trop vague, incohérente et imprécise.

Il est finalement absurde de confondre « Conscience » et « Être Absolu ». Nombre de philosophes, malheureusement, croient en ces aberrations du mental. Sat, l'Absolu Immanifesté, n'a rien à voir avec la Conscience ; cette dernière, aussi brillante soit-elle, se trouve être une misérable bougie de cire face à la lumière incréée de ce qui n'a pas de nom.

Les écoles de Shelling et de Fichte ont certes beaucoup divergé du concept archaïque et primitif d'un principe absolu et n'ont reflété qu'un aspect de l'idée fondamentale du Vedanta. « L'Absoluter Geist », vaguement suggéré par Von Hartmann dans sa pessimiste philosophie de l'inconscient, bien que ce soit peut-être la meilleure approximation dans la spéculation européenne sur l'Advaïta-Indas, reste cependant très loin de la réalité, car elle commet l'erreur d'identifier l'Être Absolu avec ce que l'on appelle « Conscience ».

Le bipède humain ou, disons mieux, l'homoncule à tort appelé homme, incapable de former un seul concept qui ne soit relatif à des phénomènes complètement empiriques, est impuissant à cause de sa constitution strictement intellectuelle et animale, à lever même une extrémité du voile qui recouvre la majesté de l'Espace Abstrait Absolu.

La Conscience Cosmique, le Grand Alaya de l'Univers, doit s'éveiller en chaque être humain. Nous devons insister cependant sur la nécessité de ne pas confondre Conscience et Absolu.

« Le fini ne peut concevoir l'infini, ni appliquer à lui-même sa propre sorte d'expériences mentales. Comment peut-on dire que l'inconscient et l'Absolu peuvent ne pas avoir un même élan instinctif ou l'espoir d'atteindre une claire conscience d'eux-mêmes ? »

Il est indubitable que nous devrons éveiller la conscience si nous voulons sincèrement l'illumination. Cet éveil superlatif est impossible si l'on n'est pas passé, tout d'abord, par la terrible annihilation bouddhique. Je veux faire instamment allusion à la destruction du Moi, à la mort du moi-même.

Il y a deux types d'illumination. La première peut s'appeler « Eau Morte » parce qu'elle a des attaches. De la deuxième, on fait l'éloge en tant que « Grande Vie » parce qu'elle n'a pas d'attaches ; elle est l'expérience directe du vide illuminateur.

Il est clair, on ne peut plus clair, que nous devons tout d'abord nous rendre autoconscients, pour expérimenter de manière totale l'aspect illuminé de la Conscience. Il nous serait ostensiblement impossible de nous submerger dans le courant du son, dans le vide illuminateur, sans avoir au préalable déchiqueté les entraves qui, d'une manière ou d'une autre, nous attachent à la conscience.

Avec l'annihilation du Moi, nous transformons le subconscient en conscient ; nous devons ensuite détruire les fers qui nous mettent en relation avec la conscience.

Le vide illuminateur est « l'inconscient » (ce dernier terme étant utilisé dans le sens de quelque chose allant bien au-delà de la conscience). Avez-vous entendu parler d'Anupadaka ? Le sens strict et rigoureux de ce mot signifie : « sans parents, sans progénitures ». Osiris est le Père qui est en secret, la Monade particulière de chacun. Isis est la Duade, l'aspect féminin, la Divine Mère Kundalini. Horus est l'Intime, notre Esprit Divin, la Triade. Il est facile de comprendre que, quand Horus sort victorieux de ses batailles contre les démons rouges (Mois Diables), il se donne alors le luxe d'avaler sa propre âme.

Après le banquet vient le meilleur à l'âme-diamant : Père, Mère et Fils ; Osiris, Isis et Horus ; trois feux divins se mélangent, fusionnent pour former une seule flamme : un Anupadaka.

Le Seigneur occulte, plongé dans l'Absolu, dans l'inépuisable et inconcevable félicité, l'Anupadaka ne peut avoir de parents puisqu'il existe par lui-même et il est Un avec l'Esprit Universel de vie.

Le mystère de la hiérarchie des Anupadakas dans l'Espace Abstrait Absolu est pour nous au-delà de toute compréhension possible.

Chapitre 29 - Des Boules de Feu Vert

En ces instants de crise mondiale, les scientifiques modernes s'affrontent à une énigme de l'espace ; je veux faire instamment allusion au mystère des boules de feu vert. Ces boules resplendissent, rutilent, pour s'évanouir ensuite, comme si elles avaient été éteintes par un interrupteur de contrôle à distance et sans laisser la moindre trace.

Les habitants d'Albuquerque, Nouveau-Mexique, nous a-t-on dit, sont habitués à cette sorte de mystère, car ils vivent à côté de la station de Los Alamos, où il y a des secrets atomiques. Les voyageurs savent bien qu'au bout de la ville se trouvent les forces armées de la base de Sandia, lieu où est déposée, pour le malheur de notre monde affligé, la terrible bombe atomique. Dans ce même état, évidemment, est situé le fameux laboratoire de White Sands, spécialisé dans la fabrication de projectiles téléguidés. Pourtant, malgré tous ces mystères, les habitants de l'endroit restèrent étonnés, stupéfaits, surpris, lorsqu'ils virent passer silencieusement une brillante boule de feu vert.

« Un évènement mystérieux eut lieu - il y a de cela quelques années - dans la nuit d'un dimanche du mois de novembre passé, en un endroit du désert qui traverse le Nouveau-Mexique.

Les étoiles brillaient dans le ciel par une nuit claire ; une jeep roulant à 25 miles à l'heure sur cette route était conduite par trois étudiants de l'Université du Nouveau-Mexique : Ted Chamberlain, en stage de géologie, son ami Gus Armstrong, propriétaire de la jeep, et le troisième Tom Bebooy.

On approchait des neuf heures du soir et les jeunes gens rentraient d'une chasse à San Augustin, près de Magdalena. Ils emportaient à l'arrière de la jeep le produit de leur chasse.

Tout à coup, les trois furent aveuglés pendant une seconde. Au loin dans le ciel, au nord-ouest, une gigantesque boule de feu brûlant traversa rapidement le firmament. Sa queue était blanchâtre, mais la boule était d'une couleur vert irradiant, comme si elle avait été un tube de néon, ou encore, comme le dit Chamberlain, semblable à du cuivre flambant dans un four de laboratoire ».

« Regardez ! Cria Armstrong tandis qu'il perdait le contrôle de la jeep, laquelle dévia de sa route, fit un tonneau et dispersa ses occupants sur le sable du désert. Au-dessus de leurs têtes, la boule s'évanouit silencieusement ; quelques minutes plus tard, les trois jeunes gens effrayés retournèrent dans la jeep et roulèrent vers Albuquerque.

Quelque chose de semblable avait eu lieu quelques nuits auparavant. Lertes Miller et son épouse, de Palo Alto en Californie, se trouvaient sur la route 60, près de Glove en Arizona. Un peu avant la tombée de la nuit, ils virent une flamme vert bleuté qui brûlait au-dessus de leurs têtes.

Il est clair et indubitable que les boules de feu vert sont des phénomènes radicalement différents des météores communs et courants.

Il est évident - et les observateurs le savent très bien - que ces boules de feu sont certes plus grandes et lumineuses que la belle Séléné. Aucun météore n'est ainsi. Son épouvantable silence étonne ; n'importe quel météore de ce gabarit tombe dans un grand vacarme. Tous les témoins sont d'accord sur le fait que ces boules se déplacent en ligne droite dans notre atmosphère planétaire. Un quelconque météore, grand ou petit, tombe en entrant dans notre atmosphère en courbe concave.

Il y a maintenant un nombre incalculable de conjectures à propos du mystère des boules de feu vert. Quelques habitants de l'Ouest accusent la boule d'être responsable de l'effondrement de la tour d'eau de Tucumari, Nouveau-Mexique, qui tua quatre personnes, car les investigations révélèrent que la boule de feu passa au moment précis où se produisit l'effondrement suite à un court-circuit dans les lignes. Nous nous trouvons donc devant une terrible énigme, et il ne nous reste franchement pas d'autre remède que celui de revenir à la panspermie d'Arrhenius (voir chapitre 11).

« Le spectacle des grandes boules de feu vert passant dans le ciel comme un éclair est une expérience inoubliable ; ceux qui comme ces milliers d'américains les ont vues par le Sud-Est, se demandent « Qu'est-ce que cela ? »

La réponse à cette formidable interrogation, le mouvement gnostique international la donne, en disant : « des tourbillons électriques, tourbillons de force, s'échappent des mondes et portent en leur sein des germes de vie. Des tourbillons électriques parviennent aux mondes en apportant des germes de vie dans leur ventre ».

Il est évident que le système solaire, notre monde affligé inclus, est déjà arrivé à un endroit du cosmos où les tourbillons électriques porteurs de germes vitaux se sont rendus visibles. Notre système solaire, dans son éternel voyage à travers l'inaltérable infini, est arrivé à un lieu de l'Univers où les évènements cosmiques les plus inattendus peuvent survenir.

Chapitre 30 - Vérité Justice

C'était la nuit du mystère et, dans ma sombre demeure, l'obscurité terrible croissait d'instant en instant. Ma lampe pâle pétillait dans sa très lente agonie et ses reflets livides déversaient une clarté sinistre. Le vent de la rue, âpre et impitoyable, faisait grincer mes fenêtres.

Il fouettait la pluie de cristal qui tombait en crépitement et, comme la tempête déchirait le chaos de son épée d'éclair, je pensai à la vallée des ténèbres et à la demeure des pervers.

« Que mon âme ne soit pas asservie, ni traînée en captivité par les démons. Qu'il me soit permis de tourner la tête devant l'échafaud de Sepdu (l'échafaud du Karma) ! Soyez loués, ô vous, esprits planétaires de la constellation de la hanche (Balance) ! ».

Quant à vous, ô divins couteaux des mystères », dit le livre sacré de la Demeure occulte, « clamant depuis le fond profond des siècles, vous, les deux bras divins de la balance cosmique, qui illuminez et réjouissez l'Univers et conduisez suivant le rythme des époques, les jeunes et les vieux, regardez ! »

« Voici Thot, le Bouddha intime de chaque homme ; le Seigneur des mystères procède aux libations devant le maître des millions d'années (le Logos Universel de la Vie) et lui ouvre le chemin à travers le firmament ».

« Thot est celui qui immobilise les ouragans et les enferme dans ses forteresses (il est certes le Bouddha intérieur de chaque être vivant, le Seigneur des pouvoirs). Ô vous, divins esprits du Karma, éloignez de moi la misère et les souffrances. Et que ma personne puisse être agréable à Râ (Dieu). Écoutez hommes et Dieu : ce firmament d'acier qui avait protégé le monde de l'Amenti (la région des morts), le démon Apopi (le corps de désirs de chaque être vivant) l'a troué ; il est donc évident que même les ténébreux les plus pervers peuvent se mettre en cette demeure ».

Ah ! Quand les gens cesseront-ils de confondre l'authentique Astral avec le démon Apopi ? Quand les pseudo-occultistes comprendront-ils que le corps de désirs cité par la Théosophie est l'épouvantable démon Apopi ? Les gens communs et courants n'ont pas de corps astral ; ils n'ont que le véhicule lunaire des désirs, l'épouvantable démon Apopi. Que m'écoutent les humains et les habitants des limbes - écoutez donc : vous avez besoin de fabriquer le Corps Astral dans la Forge des Cyclopes.

Râ abhorre le démon Apopi et il est ostensible que tout authentique défunt autoréalisé doit éliminer le démon Apopi après avoir revêtu le Sahu égyptien.

Le Livre des morts s'exclame, disant : « Voici que j'arrivai devant les hiérarchies célestes et délivrai pour toujours Râ du dragon Apopi. Je veille ! En vérité jamais le Dragon ne pourra s'approcher de lui. Je saurai m'emparer des signes magiques placés devant moi par le Démon. Les nourritures sépulcrales ne me manqueront pas. Thot me pourvoira de la puissance magique, résultat de mes actes, de mon Karma dans la vie passée ».

« Et je ferai circuler la Vérité-Justice dans la barque céleste de ma vie, établissant les hiérarchies divines dans mon cœur pour des millions d'années, je triompherai au milieu d'elles ».

La déesse Maat (Justice) arrive devant son Seigneur et Dieu. Rappelez-vous que les fonctions du Karma résident dans la brillante constellation de la hanche (Balance). Tremblez devant les divins couteaux de la Loi. Sachez que l'on paye du Karma, non seulement pour le mal qui se fait, mais encore pour le bien qui, pouvant être fait, ne se fait pas. Parcourez le cycle des métamorphoses dans la barque de Kepra, le vaisseau de notre propre vie.

Il est indiscutable que vous devrez vous transformer une fois, et encore une autre fois en crocodiles, chaque fois qu'il vous sera nécessaire de descendre dans les mondes infernaux ; à toute exaltation mystique correspond, évidemment, tout d'abord une humiliation ; celui qui veut monter doit d'abord descendre, c'est la Loi.

En éveillant la Conscience, vous vous transformerez en éperviers à tête humaine, capables de voler librement dans l'espace étoilé. Vous devrez évidemment vous convertir en Najas, Serpents : le jour viendra où vous serez comme le lotus.

« Que les dieux me concèdent ton trône, ô Râ, ainsi que ton corps glorieux. Ta route, je la parcours ; et, à l'aube, je rejette le démon Nebt (le démon de la mauvaise volonté) qui vient dissimulé derrière une colonne de flammes et qui, dans un long couloir étroit, m'attaque à l'improviste ».

« En vérité, j'ai été prévenu à l'avance en ce qui concerne les dangers qui m'attendent. Voici que je prends place dans la barque de Râ et que je reçois les offrandes qui me sont dues ».

Chapitre 31 - La Base Homogène

Le Gnosticisme révolutionnaire n'accepterait jamais un Dieu anthropomorphe dans le style du Jéhovah biblique, assis là-haut sur un trône de tyrannies et lançant des foudres et des étincelles contre cette triste fourmilière humaine. Il est ostensible que le mouvement gnostique international n'a jamais été athée.

Nous confessons sincèrement que « force et forces » est une chose très unie dans la création. « Dieux ! Il y a un Dieu ! » s'exclamait Victor Hugo.

Il est évident que la variété est unité : le polythéisme se synthétise dans l'unité. La somme totale de tous ces êtres célestes appelés : Élohim, dieux, Dhyani-Choans, Dhyani-Bouddhas, Anges, Devas, Archanges, etc., constituent tout ce qui peut être appelé Dieu. Nous avons toujours cru que la « mortalité et l'immortalité » est quelque chose de trop relatif et, bien que cela paraisse incroyable, Dieu meurt aussi, à la fin du Mahamvantara.

Ceci ne signifie pas annihilation divine ; il est indiscutable qu'à la fin du Grand Jour Cosmique, 1'Armée de la Voix, le Verbe, ce qu'on appelle Dieu, cesse d'exister dans le cosmos et vient à Être dans l'Absolu. Être est mieux qu'exister et la raison d'Être de l'Être, est l'Être lui-même. Notre légitime existence est dans l'Absolu, qui est un Non-Être, un Non-Exister, pour la raison humaine.

L'Absolu n'est pas un Dieu, pas plus qu'un individu divin ou humain ; il serait absurde de donner une forme à ce qui n'a pas de forme, stupide de tenter d'anthropomorphiser l'espace. L'Absolu est, certes, l'Espace Abstrait, inconditionné et éternel, bien au-delà des Dieux et des hommes.

Quand commence l'aurore du Mahamvantara, l'hétérogénéité se développe à partir de l'homogénéité ; l'Armée de la Voix (Dieu) renaît pour revenir encore créer. Les biologistes cherchent actuellement leur protoplasme homogène, les chimistes leur protide, tandis que la science cherche fiévreusement la force dont l'électricité, le magnétisme, la chaleur, etc., sont des différenciations.

En arrivant à cette partie du présent chapitre, il est nécessaire de parler un peu plus clairement, que je dise ce que j'ai expérimenté directement par moi-même. Il est indiscutable que je suis passé par l'expérience mystique de différents Pralayas précédents, puisque je suis un Archange d'antiques Mahamvantaras.

Le mot sanscrit qui pourrait définir cela, et là où s'engendrent et se dissolvent toutes choses, est sans aucun doute : Prabhavapyaya, traduisez ce mot par « lieu ou plan où s'engendrent et se dissolvent toutes choses ».

Il est pourtant nécessaire d'insister sur l'idée transcendantale selon laquelle le « Prabhavapyaya » n'est pas la « Mère du Monde, ni la « Matrice » du Cosmos, ni la cause matérielle de notre planète Terre. Nous, les gnostiques, trouvons la racine du cosmos exclusivement dans le Parabrahman et la Mulaprakriti, l'éternel Père-Mère, l'Androgyne divin. Jamais je n'ai pu oublier ces instants du Plérôme de la joie, où les Pères-Mères enseignèrent les lois de la nature à leurs enfants ; je me souviens qu'ils les instruisirent en chantant délicieusement dans le langage de la lumière.

Il est donc indiscutable que nous devons chercher l'essence plastique existant par elle-même, la base Homogène de l'Univers, dans Parabrahman et Mulaprakriti, l'Un, Cela, sous deux aspects.

Tout en approfondissant cette question tellement abstraite et même, pour beaucoup, difficile à comprendre, je me rappelle que pendant la nuit profonde du Pralaya, les Pères-Mères ou Androgynes Divins n'oublient pas facilement l'Univers qui exista, et ce souvenir se projette dans l'Espace Abstrait Absolu, formant des paradis d'une félicité inconcevable dans ce qui n'a pas de nom. Il ne fait aucun doute que, si nous arrachions une fleur merveilleuse de l'un de ces Éden de l'Absolu et que nous l'apportions ensuite au cosmos, elle cesserait instantanément d'avoir la moindre existence.

Chapitre 32 - Les Mutants

Il faut comprendre que du moment où Louis Pauwels et Jacques Bergier parlèrent didactiquement et scientifiquement des mutants, il se produisit dans le monde intellectuel une véritable inquiétude idéologique. Ces Mutants sont indiscutablement quelque chose d'insolite, quelque chose de curieux ; il est cependant urgent d'élucider, d'éclaircir, d'illuminer méticuleusement ce sujet d'étude.

Nous pouvons découvrir clairement - si nous approfondissons cette affaire d'importance vitale - deux sortes de mutations. Nous qualifierons les premières de favorables, quant aux secondes nous les appellerons défavorables. Mutation signifie changement, altération, variation. Le fondement, la base et l'appui du Mutant est le Sexe.

Les deux auteurs cités plus haut croient voir dans les enfants prodiges des cas réels d'authentiques mutants. Le docteur J. Ford Thomson, après avoir examiné 5000 enfants en Angleterre, trouva un accès de fièvre d'intelligence. Des derniers 90 enfants de 7 à 9 ans interrogés par ce psychiatre, 26 avaient un quotient intellectuel de 140, ce qui équivaut à un génie, ou peu s'en faut.

Le docteur Thomson dit que le strontium 90, produit radioactif qui pénètre dans le corps, peut en être responsable. Ce produit n'existait pas avant la première explosion atomique.

Deux savants nord-américains, C. Brooke et Robert K. Enrdes, dans leur fameuse œuvre intitulée « The nature of living things », croient pouvoir démontrer que l'agglomération des gènes souffre actuellement une perturbation et que, par l'effet d'influences encore mystérieuses, une nouvelle race d'hommes est en train d'apparaître, dotée de pouvoirs intellectuels supérieurs.

Cette thèse est indéniablement assez audacieuse, et il faut l'accueillir avec certaines réserves. Il est on ne peut plus clair que la cause de l'hérédité a été localisée dans les chromosomes. Il s'avère totalement manifeste que l'hérédité biologique peut être transformée radicalement pour engendrer un mutant. Il y a dans la question de la transmutation sexuelle et le Sahaja Maïthuna, comme nous l'enseignons dans le chapitre 26 du présent Message de Noël 1969-1970, un terrible sacrifice ainsi qu'une authentique rébellion psychologique ; nous dirons plus exactement : une insurrection déclarée contre l'hérédité biologique.

Le résultat patent de ce type très spécial de rébellion psycho-sexuelle est le Mutant. Nous, les gnostiques, avons besoin d'étudier profondément les lois cardinales et définitives de la mutation scientifique. N'importe quel mutant légitime, de type « favorable », est le résultat spécifique de distinctes cristallisations de l'Hydrogène sexuel SI-12.

Indiscutablement et très clairement, cet Hydrogène représente le produit final de la transformation des aliments, à l'intérieur du merveilleux laboratoire de l'organisme humain. Il s'avère ostensible que c'est cela la matière primordiale avec laquelle travaille le sexe.

Il ne fait aucun doute que c'est là la substance première du Grand Œuvre que le sexe fabrique très sagement. Il ne fait aucun doute, non plus, que l'Ens-Seminis et son Hydrogène SI-12 caractéristique, est semence et fruit à la fois. Transmuter ce prodigieux hydrogène pour lui donner une intelligente cristallisation dans une seconde octave supérieure, signifie, de fait, créer une nouvelle vie à l'intérieur de l'organisme existant, donner une forme évidente au « Corps Astral ou Sidéral des Alchimistes et kabbalistes ».

Le maître G. disait : « Vous devez comprendre que le « Corps Astral » naît du même matériel, de la même substance, de la même matière que le corps physique. La seule chose qui diffère est le procédé. Tout le corps physique, toutes ses cellules restent, pour ainsi dire, imprégnées par les émanations de la matière qui est SI-12. Et, quand ces cellules sont assez saturées, la matière SI-12 commence à se cristalliser ». Le dit maître ajoute : « La cristallisation de cette matière constitue la formation du « Corps Astral ». La transition de la matière SI-12 à la condition d'émanations est ce que l'alchimie appelle la « Transmutation », ou la transformation.

Et le maître G. continue en disant : « Précisément, cette transformation du corps physique en astral est ce que l'alchimie appelait la transformation des métaux grossiers en métaux fins, c'est-à-dire l'obtention d'or à partir des métaux ordinaires » (La clé scientifique de la transmutation sexuelle est le Sahaja Maïthuna enseigné dans le chapitre 26 de ce livre).

L'homoncule, à tort appelé homme, ne naît pas avec le corps astral ; ce précieux véhicule n'est évidemment pas un accessoire indispensable pour l'existence dans ce monde physique ; l'organisme humain possède un siège vital qui lui permet de vivre.

Le corps astral est un luxe que bien peut seulement peuvent se donner. Un animal humain sans ce véhicule sidéral peut produire l'impression d'être très intelligent et même spirituel, et peut ainsi, c'est ostensible, se leurrer lui-même et en leurrer d'autres.

Le maître G., cependant, oublia quelque chose : je veux m'en référer instamment au démon Apopi des Mystères égyptiens ; c'est en soi le corps de désirs. Il est évident que les pseudo-ésotéristes et pseudo-occultistes confondent ce démon avec le précieux corps astral. Il se révèle indiscutable que l'horrible démon Apopi, siège de toute bestialité passionnelle, se trouve en intime relation avec le système nerveux grand sympathique. Approfondissons un peu plus ce thème tellement important ; allons au fond, au mental.

Que la liberté me soit permise de n'être pas d'accord avec le Docteur J. Ford Thomson. Je ne crois pas, franchement, que les fameux enfants prodiges découverts par le psychiatre en question soient des mutants ! Rappelons-nous que l'Égo est mémoire et qu'il revient à de nouvelles matrices humaines, qu'il se réincorpore indiscutablement après chaque mort.

Écoutons ce dicton populaire : « Ce n'est pas parce que le diable est diable qu'il en sait autant, mais plutôt parce qu'il est vieux ».

À ces heures de la vie, les Égos sont déjà vieux ; ils sont revenus à ce monde bon nombre de fois ; ils ont trop répété ce qu'ils savent, ce qu'ils apprirent, et le résultat en sont les dénommés « enfants prodiges » ; ce sont des gens qui connaissent leur office à merveille, et c'est tout.

Le misérable homoncule improprement appelé homme, ne possède pas encore l'authentique Mental Solaire ; il n'a que l'entendement de la bête intellectuelle ; l'animal rationnel, même quand il est « enfant prodige », n'est pas « mutant ».

Concevoir un mutant au mental de type lunaire, animal bestial, serait le comble de l'absurde (ceci n'est possible qu'avec les mutants qualifiés de « défavorables »).

Mais là encore, malheureusement, les grands clairvoyants du pseudo-ésotérisme et pseudo-occultisme réactionnaires se trompèrent lamentablement lorsqu'ils confondirent le démon Haï, horreur d'Osiris, avec le légitime véhicule mental solaire. Le démon intellectuel cité est, sans discussion possible, le corps mental lunaire, animal, qui occupe actuellement, dans notre organisme humain, la place que devrait occuper l'authentique Mental-Christ, du Mutant « favorable ».

L'animal intellectuel ne naît pas avec le corps mental de type solaire ; s'il veut se convertir en un « Mutant favorable », il doit le fabriquer. Il est ostensible que l'alchimiste peut, et doit transmuter l'Hydrogène SI-12, le transposer à une troisième octave musicale par le Sahaja Maïthuna ; dont le résultat serait sa cristallisation sous la forme splendide et surprenante du véhicule suprasensible, mental solaire. Ceci est le Mental-Christ de l'Arhat Gnostique, résultat extraordinaire de la transmutation sexuelle.

Ce type spécifique de mental est aussi différent de celui de l'intellect animal que l'eau, de l'huile.

Un autre thème très discutable, et qu'il ne convient en aucune manière d'oublier dans ce chapitre, est celui du Corps Causal, ou corps de la volonté consciente. Il est clair, patent et manifeste qu'en cela, également, les clairvoyants de quelques systèmes pseudo-ésotériques et pseudo-occultistes se trompèrent lamentablement : ils confondirent l'essence avec le corps causal. L'Essence, en soi, n'est qu'une fraction de l'âme humaine.

Cet homoncule improprement appelé « homme » est indiscutablement soumis à la loi de récurrence, il n'est capable d'engendrer rien qui ne soit nouveau, il est victime des circonstances. L'Égo, chaque fois qu'il retourne à cette vallée du Samsara, répète exactement tous les actes de ses vies antérieures, soit en spirales plus élevées, soit en spirales plus basses.

En ces temps de pseudo-occultisme bon marché, on parle beaucoup de la loi d'Épigénèse : la capacité d'engendrer de nouvelles circonstances. Il est évident que seuls les Hommes Authentiques, à la volonté consciente, peuvent modifier leur destin et engendrer un nouvel ordre de choses. L'animal intellectuel n'a pas fabriqué le corps de la volonté consciente, le véhicule causal ; le pauvre homoncule rationnel est toujours victime des lois éternelles de retour et de récurrence. Indiscutablement, le poste que le Corps Causal devrait occuper en nous est malheureusement occupé par le démon Nebt des Mystères égyptiens. Ce démon, ostensiblement, est la vivante personnification de la mauvaise volonté.

Nous devons, s'il est vrai que nous voulons sincèrement incarner l'Être, créer le corps causal. Seul l'Être peut le faire. Lui seul peut modifier les circonstances et exercer la loi d'Épigénèse avec maestria. Celui qui veut vraiment fabriquer le corps causal doit transmuter l'Hydrogène SI-12 et le transposer immédiatement à une quatrième octave musicale au moyen du Sahaja Maïthuna, pour le cristalliser en la forme excellente du véhicule de la volonté consciente. L'authentique mutant possède, de fait et de droit, les quatre corps physique, astral, mental et causal.

La condition vitale pour la seconde naissance, est la possession des quatre corps de l'Alchimie. Celui qui incarne l'Être parvient à la seconde naissance, se convertit en un Deux-Fois-Né, en un légitime Mutant. Il est donc indiscutable que le type du Mutant favorable est le résultat de cristallisations positives de l'Hydrogène sexuel SI-12. Nous ne devrons pas oublier, cependant, qu'il existe également des mutants défavorables, des cristallisations négatives de l'Hydrogène sexuel SI-12.

Je veux m'en référer instamment aux tantristes noirs, à ces alchimistes qui renversent le Vase d'Hermès, qui éjaculent l'Ens-Seminis pendant le Maïthuna ; ces alchimistes développent l'abominable Organe Kundartiguateur et fortifient, à l'intérieur d'eux-mêmes, les trois traîtres d'Hiram Abiff et les démons de Seth. Ces trois traîtres : Judas, Pilate et Caïphe sont, précisément, les trois démons des Mystères égyptiens cités dans ce chapitre : le démon du désir, le démon du mental et le démon de la mauvaise volonté.

Le mutant « défavorable » se trouve devant le dilemme de désintégrer sa fausse cristallisation ou d'entrer dans l'involution submergée, dans le cycle de la terrible nécessité. Le mutant défavorable ne peut pas incarner l'Être en lui-même ; il est, de fait, un échec cosmique. Le mutant défavorable est, certes, un homoncule pervers, jamais un homme vrai. Il est ostensible que, pour être un Homme authentique, il faut tout d'abord avoir fabriqué les corps solaires et avoir incarné l'Être.

Le légitime mutant est donc l'Homme, l'Adepte véritable, aussi différent de l'animal intellectuel que le jour, de la nuit.

La radioactivité peut engendrer la modification des gènes de certains individus, mais ne pourrait jamais créer un mutant favorable ou défavorable. La protéine du gène, légèrement affectée, cesserait de produire - comme le dit Louis Pauwels - certains acides qui sont la cause de l'angoisse. Nous verrions alors apparaître des gens qui n'ont peur de rien, cyniques et pervers, jouissant de tuer ; mais ceux-ci ne sont pas des mutants, comme le supposent tant d'auteurs.

Il me paraît absurde que les effets de la radioactivité répondent, comme le croit Pauwels, à une volonté dirigée vers le haut.

Ce concept, que la mutation génétique produite par la radioactivité atomique de ces temps signifie une ascension spirituelle, ne me paraît pas correct. La radioactivité intensive peut, évidemment, altérer l'ordre des gènes et engendrer des embryologies défectueuses, mais de tels spécimens monstrueux ne sont pas des mutants. Nous ne nions pas qu'il existe la mutation, le changement, la variation, dans une embryologie monstrueuse, mais l'authentique mutant, que nous sommes en train d'étudier dans ce chapitre, est radicalement différent de cela.

Que du seul fait de l'altération de protéine du gène naisse un mutant, me paraît une idée absurde.

Cette idée du mutant est fascinante, étonnante, formidable. Du côté des lucifériens, Hitler sort en criant : « Je vais vous dévoiler le secret : la mutation de la race humaine a déjà commencé, il y a des êtres surhumains ».

« Du côté de l'hindouisme rénové », dit Pauwels, « le Maître de l'Ashram de Pondichéry, l'un des plus grands penseurs de la Nouvelle Inde, Sri Aurobindo Ghose, fonda sa philosophie et ses commentaires des textes sacrés sur la certitude d'une évolution ascendante de l'humanité, se réalisant par mutations ».

Nous, les gnostiques, insistons sur l'idée que la naissance du mutant n'est pas possible au moyen d'explosions atomiques et radioactives. Nous ne communions pas avec des hosties de parchemin, on ne peut nous tromper. Nous n'accepterons jamais le dogme de l'évolution. Le MUTANT EST LE RESULTAT DE LA RÉVOLUTION DE LA CONSCIENCE, le produit vivant de la RÉBELLION PSYCHOLOGIQUE.

L'idée extravagante du Docteur Louis Wolf, spécialiste anglais de maladies infantiles, à Londres, me paraît utopique : il affirme que, dans ce pays, naissent 30 000 mutants phénylcétonuriques par an. « Ces mutants », dit Pauwels, « possèdent des gènes qui, paraît-il, ne produisent pas dans le sang certaines enzymes qui agissent dans le sang normal ». Ledit auteur poursuit en disant qu'un mutant phénylcétonurique est incapable de dissocier la phénylalanine.

Pauwels explique, ensuite, que cette incapacité rend l'enfant vulnérable à l'épilepsie, l'eczéma, et provoque, toujours suivant l'auteur, une coloration gris-cendre des cheveux, donnant chez l'adulte une propension aux maladies mentales. Cet auteur croit que cette race phénylcétonurique, en marge de l'humanité normale, est le résultat de mutations défavorables produites par la radioactivité.

Pauwels ne veut pas se rendre compte que cette race phénylcétonurique est malade, et non mutante, même pas du type défavorable.

Pauwels ne veut pas comprendre que ces spécimens humains malades sont, certes, le résultat des explosions atomiques.

Il est lamentable que l'on fasse une mystique de ces folies scientifiques que sont les expériences atomiques, la bombe H, etc. Pauwels croit en la possibilité de mutations favorables par la radioactivité de cette époque fatale dans laquelle nous vivons ; il suppose que ce type positif de mutants pourrait bien avoir, dans son sang, des produits susceptibles d'améliorer son équilibre physique et d'augmenter son coefficient d'intelligence bien au-delà du nôtre.

Pauwels pense que cette sorte de mutants pourrait porter en ses veines des sédatifs naturels, qui les mettraient à l'abri des chocs psychiques de la vie et des complexes d'angoisse, etc.

Il est lamentable que cet auteur intelligent ait fait une religion des explosions atomiques et de leurs radiations.

Chapitre 33 - Le Démon Haï

Il y a très longtemps de cela, je trouvai un cachot dans un vieux palais. À l'intérieur se trouvait un vénérable ancien. Sa barbe auréolée avait trois mèches, sa blanche chevelure avait 31 boucles. C'était l'Ancien des jours, la bonté des bontés, le caché du caché, la miséricorde des miséricordes. Son cou était comme une tour de marbre, ses yeux comme les étangs d'Hesbon à côté de la porte de Bat-ra-bim, son nez comme la tour du Liban, regardant toujours du côté de Damas. Je tombai à genoux, mordant la poussière de la terre. Je criai, angoissé, le poignard à la main ! Je m'exclamai de toutes les forces de mon âme : « Je l'ai tué, je l'ai tué ».

Étrange vision... Les années passèrent, les jours de la folle jeunesse s'en furent, et à la fin, je compris. Il est écrit en caractères de feu dans le livre de la Loi, que les Bodhisattvas tombés rentrent dans le cycle de la terrible nécessité avec une triple accusation : premièrement, d'avoir assassiné le Bouddha ; deuxièmement, d'avoir déshonoré les dieux ; troisièmement, d'un grand nombre de délits communs et courants. J'étais un bodhisattva tombé, oui, oui ! Si je ne m'étais pas repenti, il est indiscutable que j'aurais dû entrer dans l'involution submergée du royaume minéral.

Avez-vous entendu parler du Comte Zanoni ? J'eus, moi aussi, un corps physique immortel. Dans le vieux continent Mu, après la sortie de l'Éden, je revins aux mystères, le cœur contrit.

J'avalai la terre ! Oui, oui ! Mon corps fut mis au sépulcre : ceci, les dieux le savent. Après trois jours vint la résurrection initiatique ; j'utilisai la quatrième dimension pour m'échapper de mon sépulcre. Les saintes femmes traitèrent mon corps lémure à l'aide de nombreuses drogues et onguents aromatiques.

Le vieux continent Mu se submergea dans les eaux tourmentées du Pacifique pendant plus de 10000 ans d'incessants tremblements de terre et d'éruptions volcaniques. Je continuai à exister dans le continent atlante, avec mon corps immortel ; je menai nombre de pèlerinages mystiques qui se dirigeaient parfois au Yucatan ou à Teotihuacan, etc.

Il pourrait paraître tout à fait impossible aux personnes qui ne sont pas versées dans le Gnosticisme Révolutionnaire que l'on parvienne à l'immortalisation de l'organisme humain. Les sages actuels veulent précisément ceci, mais ils ne connaissent évidemment pas nos formules. Je confesse qu'à cette époque, il me plaisait d'habiter très spécialement dans une vallée couverte maintenant par les eaux orageuses du Golfe du Mexique.

La quatrième race racine, ou celle des Atlantes, évolua notablement jusqu'à son but, et se précipita ensuite par le chemin involutif descendant. Toute ascension est suivie d'une descente, c'est ostensible, comme toute montée est suivie d'une descente. Quand le continent qui fut connu sous le nom d'Atlantide se submergea dans l'océan Atlantique, quelques survivants continuèrent à exister sur les terres actuelles, comme commencent à le pressentir déjà les études paléontologiques.

Je veux m'en référer instamment à deux sortes de gens : d'abord, les fameux troglodytes atlantes, en état décidément involutif, plongés évidemment dans la barbarie la plus épouvantable dont la science occidentale a surpris les restes caractéristiques dans les profondes cavernes de la terre.

Les seconds sont les Atlantes en état évolutif. Les Pélasges historiques, des gens très cultivés qui, depuis les premières manifestations ignées de la deuxième catastrophe transalpine, commencèrent leur retour vers les régions orientales dont ils étaient originaires.

C'est de là, ostensiblement, que vint la tradition universelle de l'exode de IO, du Jardin des Hespérides (Poséidon), à travers toute l'Europe méridionale et par le Bosphore, jusqu'à la Colchide et l'Arménie, où, dit la tradition, s'arrêta l'Arche de Noé, soit le saint culte initiatique de l'Ararat et des montagnes aryennes où naissent, avec d'autres fleuves, le Tigre et l'Euphrate.

Un savant ésotériste dit : « Ces Pélasges, ou Aryens-Atlantes d'Occident, reçurent un nom différent dans chacune des régions du monde où ils se sont répandus. Comme leur œil de l'intuition était encore ouvert, en tant que dépositaires dans une certaine mesure des vérités initiatiques, on les appela « cyclopes » et on nomme « édifices cyclopéens » les gigantesques constructions qu'ils érigèrent. On voit encore en Pennsylvanie nord-américaine, jusqu'à l'Oxus et l'Aral, à travers l'Europe et l'Afrique, des restes stupéfiants de ces constructions.

On les appelait :

- Tyriens et Titans, du Dieu It ou Ti, l'Hercule qui les commandait et sur lequel il y a beaucoup plus de données qu'on ne le croit ;

- Calchas ou Chaldéens ou Calcides, tant pour leur origine pré-atlante du pays des Calchas auquel ils retournaient, comme pour connaître le cuivre (Calcas) et se développer dans un âge de franche décadence ;

- Arcadiens parce qu'ils connaissaient la navigation et qu'ils avaient passé la mer avec leurs capitaines rédempteurs. Arcadiens est une corruption du mot Accadiens, c'est-à-dire de l'Arche, ou vaisseau symbolique qui les rappelle ;

- Colquides ou Colchides est une corruption du mot calcis (connaissance de la numérotation, de l'écriture hiéroglyphique-hiératique et symbolique, kabbale, etc.) ;

- Araméens ou hommes aryens ;

- Druides en raison de leurs prêtres initiés et de leur culte du feu, c'est-à-dire du Soleil, de la pureté, de la vérité enterrée dans la catastrophe ;

- Janus, en raison de son Inca conducteur ou prêtre-roi (Iao, Tao, Ianus, etc.) ;

- Bretons ou Britanniques de Brit, la race radicale aryenne de ce qui brille, qui luit, donc toujours, et pour toujours, le soleil ;

- Menphires ou Menhirs, connus pour être des hommes occidentaux ou mieux, pour leur culte du feu, les pierres de leurs sépulcres s'appelant toujours menhirs ;

- Nahuas ou Nahuatls au Mexique, et en certaines parties d'Arabie, Syrie, ou Nébo, la sagesse initiatique ;

- Tuathas de Danand, pour les mêmes raisons déjà données, ou à peu près ;

- Sumériens (de Suria le Soleil), à Babylone et à Ninive ;

- Tiahuanacos ou Huanacos au Pérou ;

- Thessaliens primitifs, pour le retour mentionné de leurs pèlerinages ;

- Minoens, pour leur colonisation de l'île de Crète et Mycéniens pour d'autres semblables en Asie Mineure et en Grèce.

- Germains pour leur sagesse en matière de choses célestes, comme en matière de choses terrestres ;

- Hémiarites ou Homérites, pour leur double caractère aryen (d'origine) et atlante (de leur époque et pays de colonisation) ;

- Camites, pour leur instructeur Cam, Jan ou Janus, hyperboréens dans les régions où les grecs les connurent et par l'île blanche, au-delà du boréal, aux meilleures traditions initiatiques de la première race racine ;

- Axinos ou inaccessibles dans l'idée Jina, Phrygiens de la déesse Phriha, Junon ou Diane-Lunus scandinave ;

- Mysiens, ou envoyés pour sauver l'humanité troglodyte de sa ruine morale et physique définitive ;

- Taurides pour leur culte Mithriaque qui vint donner son nom à la célèbre cordillère arménienne ;

- Phalégiens, pour être d'éternelles comètes humaines, pèlerins ou errants ;

- Caretes et Chyrites pour leurs faits quiritaires (Kyrie, lance, rayon de soleil) et pour leurs cauries ou curies ;

- Énéens ou Aoniens, pour leur Énée, Ennos, Enoch, Janus ou Noé, etc.

Ce fut indiscutablement dans le monde oriental, précisément au cours de la brillante époque Aryenne-Atlante, que je commis une erreur très semblable à celle du comte Zanoni. Ce comte s'amouracha indéniablement d'une belle artiste napolitaine ; le résultat en fut épouvantable : il mourut sous la guillotine pendant la révolution française.

Le comte Zanoni était un immortel chaldéen ; il reçut l'élixir de longue vie dans les temps antiques et il est facile de comprendre que le sexe lui était déjà interdit. Mon cas fut semblable, moi, un antique lémure au corps immortel, tombai également dans les bras de Kundry, l'Ève de la mythologie hébraïque, la femme par antonomase. Le résultat fut la fatale perte de mon précieux véhicule lémure.

Il est écrit en caractères de feu dans le livre de la vie qu'aucun maître ressuscité ne doit revenir au sexe. Ceci, les divins et les humains le savent. La violation de cette grande loi signifie : Mort.

Mon erreur capitale, évidemment, fut d'avoir accepté le cadeau de Cupidon en pleine jeunesse. Je dis aux hommes et aux dieux d'éviter d'immortaliser le corps jeune.

Quand fleurit la civilisation de la première sous-race aryenne sur le plateau central de l'Asie, je tentai de me remettre à flot ; j'entrai, alors, avec une grande humilité dans l'Ordre Sacré du Tibet, et me convertis en un Lama authentique. Je dus, indiscutablement, recommencer à fabriquer les corps solaires au moyen du Sahaja Maïthuna.

Dans les archives akashiques de la nature, il est écrit que je reconquis alors la Seconde Naissance. Je commis, malheureusement, certaines erreurs trop graves, en essayant d'aider la reine de mon pays avec la clef sacrée It. Voilà pourquoi je fus expulsé de l'ordre vénéré, et restai dans le Samsara. Je retournai en Égypte à l'époque de la dynastie du pharaon Khephren et je réussis, en grande partie, mais non en totalité.

Je suis revenu aujourd'hui dans le droit chemin après avoir beaucoup souffert ; je suis à nouveau debout maintenant. Je connais à fond le sentier de la révolution de la conscience ; c'est pourquoi je suis l'Avatar de la nouvelle ère du Verseau. Le désir unique de tous les homoncules intellectuels, improprement appelés « hommes », est de se libérer de la mort ; mais ils ne savent pas se délivrer de la vie.

Bienheureux les dignifiés par la glaciale beauté de la bénie déesse Mère Mort. Bienheureux, ceux qui détruisirent le monde illusoire de la vaine existence, ceux qui ont dissout le Moi, et se trouvèrent dans tous les abîmes. La Mort ! Ce qui, hier, fut notre tout, n'est aujourd'hui que notre Rien. Éternité ! Beauté sépulcrale...

Je pleurai abondamment, je descendis à la Forge des Cyclopes ; je criai de toutes les forces de mon âme ! Écoutez ma voix implorante, ô Isis ; déchire ta capuche ! Et toi, étoile inconnue, par pitié, fais-moi un signe de lumière. Éternité, rends-moi ce que tu me pris, ma tunique de pourpre, mon habit de noces.

Abîme du profond mystère ! Restitue-moi ce qu'absorba ta profondeur ! Sphinx du désert d'Égypte, prête ton oreille, compatis, maintenant, nuit obscure... Que de mers sans plage, quelle nuit infinie, quels puits si profonds, que de fauves stygiens, je trouvai à l'intérieur de moi-même...

Je revins à la seconde naissance, vêtu de l'habit de noces de l'âme ; j'appris à mourir en moi-même. Je vis et, pourtant, je suis mort. Ah ! Si les gens connaissaient tout cela.

La nuit où je retournai à l'Ordre Sacré du Tibet, je fus heureux ; je laissai dans les abîmes profonds le cadavre du terrible démon Apopi.

Seigneur ! Seigneur ! Combien je souffre de voir les pauvres gens tellement leurrés. Ils pensent avoir déjà le corps astral. En vérité, ils ne possèdent que le corps de désirs, l'abominable démon Apopi.

Beau travail de ma Mère Kundalini ! Elle réduisit l'épouvantable démon du désir. Mais le mental ? Aïe, Aïe ! Je me sentais tellement orgueilleux avec mon démon mental !

Avec l'épouvantable diable mental, l'effrayant diable Haï. Je croyais, moi aussi, qu'il était l'authentique véhicule intellectuel.

Ô Dieux ! La luxure fut la causa causorum de mon véhicule mental lunaire. Ainsi, je le compris. Si je l'avais su avant. Oui, je le savais, mais je l'avais oublié.

J'ouvre le livre égyptien de « La Demeure Occulte », et j'étudie le chapitre qui dit à la lettre près : « Arrière, démon Haï (Démon du mental), horreur d'Osiris. Ta tête (le véhicule mental lunaire) a été coupée par Thot (le Bouddha Intime). Les cruautés (le travail de désintégration du mental), que j'ai exercées sur ta personne, m'ont été ordonnées par les Hiérarchies du ciel ».

« Arrière donc, Démon Haï, toi envers qui Osiris ressent de l'horreur. Éloigne-toi de ma barque (le propre navire de ma vie) poussée par des vents propices. Dieux du ciel qui avez abattu les ennemis d'Osiris (ces entités ou Mois-Diables qui constituent l'Égo). Veillez ! Les dieux de la vaste terre sont poursuivis. Va-t'en Démon Am-Aau (Hai), le Dieu, Seigneur de la région des morts (Initiés) te déteste. Je te connais ! Je te connais ! Va-t'en Démon (du mental animal), ne m'attaque pas, car je suis pur et me range aux rythmes cosmiques ».

« Ne t'approche pas (ne me tente pas), toi qui vient sans être appelé ! Tu ne me connais pas Démon (qui pense tout savoir) et tu ignores que je conserve l'autorité sur les enchantements de ta bouche (qui nous parle de grandeurs et ne sait rien) ».

« Donc, sache-le bien, je suis à l'abri de tes griffes. Quant à toi, ô Démon Has-As (le démon du mental même) ! Voici Horus (l'esprit divin de chaque personne) qui coupe tes ongles (le temps). En vérité, tu as été détruit en Pe et en Dep (les mondes du désir et du mental), avec tes légions de démons (mois-diables) en ordre de bataille. C'est l'œil d'Horus (la clairvoyance) qui, t'étudiant et te voyant, t'a vaincu (mais avec l'aide d'Isis) ».

« À mesure que tu avances, Démon, je te refoule ! Toi qui torture les pécheurs et les dévore (mental pervers) ».

« Rends-moi donc ma tablette d'écriture, avec toutes les accusations qu'elle contient (mental blasphème et accusateur). Je n'ai pas commis de péchés contre les dieux, en conséquence, ne m'attaque pas. Prends seulement ce que je te donne moi-même (la mort que tu mérites, l'abîme) ».

« Ne m'emporte pas avec toi ! Ne me dévore pas ! Car je suis le seigneur de la vie, souverain de l'horizon (un être déjà sacrifié) ».

Ainsi, travaillant intensément, suppliant Isis, ma Divine Mère Kundalini, je parvins finalement à désintégrer, à réduire en poussière cosmique le terrible démon Haï des mystères égyptiens. Ce démon pervers est indiscutablement le corps mental même dont parlent d'innombrables auteurs, tels Leadbeater, Annie Besant, Max Heindel, Arthur Power, etc. Franchement, je ne critique pas ces auteurs ; ils firent ce qu'ils purent... les pauvres, ils souffrirent beaucoup.

Il est cependant indéniable que nous, les frères du Mouvement Gnostique, devons aller à la racine de toutes ces choses, ce qui n'est évidemment pas un délit.

Jésus, le grand Kabire dit : « Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas plus longtemps de venir à moi, car c'est à leurs pareils qu'appartient le royaume des cieux » (Matthieu, chapitre 19, verset 14)

Il est urgent de reconquérir l'enfance dans le mental, dans le cœur et dans le sexe. Il serait absurde de tenter cette reconquête sans l'élimination préliminaire du corps mental lunaire (le démon Haï). Je ne puis nier avoir été obligé de passer par d'épouvantables souffrances avant d'éliminer le démon mental. Ce véhicule intellectuel, animal, est du feu luciférien granulé ; il s'avère ostensible que l'origine du mental animal fut la luxure. L'épreuve la plus terrible fut également l'épreuve décisive. Une nuit, mon propre Dieu Intime, mettant sur le sol un creuset rempli de mercure liquide, tenta de réaliser une transmutation alchimique, mais comme il n'y avait pas de feu sous le creuset, il est évident que sa tentative échoua.

Il me laissa entendre, ensuite, que j'avais besoin de réaliser cette opération alchimique dans le but de cristalliser un nouvel organisme très subtil. Je crus donc qu'il s'agissait probablement de créer le fameux Sambhogakaya, lequel, selon quelques hauts Initiés, a trois perfections de plus que l'ineffable véhicule des Nirmanakayas. Bon, je suis un Nirmanakaya, et il est clair que le fait de posséder le précieux véhicule des Sambhogakayas fut pour moi très tentant. « J'ai échoué par manque de feu », me dit mon Être réel. Il ajouta ensuite : « Prête-moi un foyer (une étincelle, une allumette ou chandelle) ». Je compris que je devais faire un travail de Magie Sexuelle.

Ceci me laissa indubitablement perplexe, confondu, étonné. Serait-il, par hasard, licite, pour un Deux-Fois-Né, de revenir à la Forge Ardente de Vulcain ? Qu'est-ce cela ? Quoi ? Il est clair que je ne tombai pas dans l'épreuve ; certains tombèrent, d'autres non.

Que le Dieu Interne même soumette quelqu'un à des épreuves est, certes, aussi curieux qu'étonnant. Il est très clair que le Bien-Aimé veut être sûr de ce qu'il a. Il a besoin de l'Âme-Diamant (Vajrasattva). La réception dans le temple fut formidable : le vénérable Ancien des Jours (ma Monade), et moi, pauvre âme affligée, empoignâmes chacun de la dextre, lui le sceptre, moi la croix. Nous entrâmes tous deux revêtus de nos vêtements sacrés.

Je savais que j'avais assassiné l'Ancien, mais il avait ressuscité en moi. « Le roi est mort, vive le roi ».

Et, pourtant, ce n'était pas moi, malheureuse âme de la douleur, qui avait assassiné l'Ancien des Jours. Les trois traîtres : Judas, Pilate et Caïphe, lui donnèrent la mort. Oui. Il est cependant évident que Pilate se lave toujours les mains ; comme il est horrible, Haï, le démon du mental !

Dans le temple et devant l'autel, le vieux de tous les âges et moi, nous prions. L'Ancien posa à côté une escarcelle remplie de monnaies. Celles-ci sont, en elles-mêmes, un capital de bonnes œuvres.

Mes bonnes œuvres, c'est clair, suffirent à payer le vieillard et à obtenir le pardon. L'amphitryon fut un glorieux Maître de la Fraternité Blanche. Quelques arbres de cette précieuse enceinte furent couronnés de lauriers. Ces petits arbustes semblaient très beaux dans leurs pots, ils brillaient dans l'enceinte.

Les convives arrivèrent tous en habit de deuil et avec un infini respect ; ils devaient naturellement célébrer la fête du défunt. L'horrible démon Haï ; il était mort et ceci méritait bien une fête. Ce salon se remplit rapidement de monde. Je reçus beaucoup d'invités. Le Maître amphitryon souhaita la bienvenue aux autres.

La musique délicieuse, comme les tables entièrement occupées de gens, rendirent une note très spéciale de joie cosmique. Je n'ai plus, maintenant, de mental lunaire et je peux cependant penser ; j'utilise mon Mental Solaire, celui que je fabriquai dans la Forge des Cyclopes (le Sexe).

Chapitre 34 - Les Causes de l'Existence

Nous pouvons, et devons même, classer les multiples causes de l'existence en trois ordres :

A- Causes physiques

B- Causes métaphysiques

C- Causes karmiques

Évidemment, le premier ordre cosmique de causalité a déjà été étudié - bien que superficiellement - par les hommes de la science officielle. Il est indiscutable que le deuxième ordre causal a déjà été fouillé très en profondeur par les sages orientaux. Il est ostensible que le troisième ordre causal cosmique a été scruté par l'Œil ouvert de Dagma, par les Jivanmukta ou Adeptes autoréalisés.

Dans la première catégorie sont incluses toutes les lois physiques connues (gravitation, cohésion, poids, etc.)

Dans la deuxième catégorie causale, se trouve bien caché le désir de vivre dans le monde physique, l'aspiration de vie « senciente », une résultante manifeste de Nidana et de Maya (Illusion). Dans la troisième catégorie se trouvent les lois d'action et conséquence ; il n'y a pas d'effet sans cause.

Avant le lever de l'aurore du Mahamvantara, les deux premiers ordres causals avaient été détruits. Il s'avère ostensible que si le troisième ordre avait été détruit, l'univers solaire où nous vivons, nous nous mouvons et avons notre Être, ne serait jamais né dans l'espace infini. Il est indiscutable que lorsqu'un monde quelconque ou un système solaire vient à l'existence cosmique, c'est le résultat du Karma.

Dans le système solaire passé, représenté maintenant par toutes les lunes de notre système d'Ors, les dieux travaillèrent intensément et commirent même des erreurs. Les dieux se trompent aussi.

Les mondes du passé sont, à présent, des cadavres, des lunes. Chacune des planètes actuelles de notre système solaire est en relation avec ces lunes. La Terre n'y fait pas exception. Ceci, les divins et les humains le savent bien.

La Terre est une vivante réincarnation de l'âme-lunaire. Ceci, n'importe quel Mahatma le sait. Malheureusement, et même pour comble de malheur, notre feu planétaire terrestre est très pauvre et chargé de Karma lunaire. Ceci est dû à ce que les fruits de ce feu furent autrefois très pauvres dans le monde lunaire, comme cela est écrit dans le livre de la loi. Nous avons sous les yeux, le résultat karmique, dans cette vallée de larmes ; l'humanité terrienne est, certes, un cas perdu, tu le sais.

Si les dieux ne devaient pas de karma cosmique, la Terre et tout le système solaire d'Ors n'existeraient pas actuellement.

Avant l'aurore du Grand Jour, l'invisible qui Est et le visible qui fut, demeuraient dans l'éternel Non-Être, l'Unique Être.

Chapitre 35 - Bombes Atomiques en Orbite

La Russie organise l'horreur spatiale. À Washington on lance le cri d'alarme. On dit que les charges atomiques infernales détonnent à partir d'un contrôle à longue distance. Le système machiavélique d'horreur, qui consiste en une série, sans aucun agrément, de bombes atomiques est, certes, abominable, exécrable, horripilant. Réellement, la vie sur la surface de la Terre devient presqu'impossible, le mal du monde a déjà débordé, il est arrivé jusqu'au ciel.

Le Kremlin a l'intention - pas très belle, il est vrai - de mettre en marche son monstrueux programme dénommé : « Système fractionnel de bombardement orbital », les effrayantes bombes SFBO n'ont rien d'une belle caresse ni d'une démonstration d'amour à la pauvre humanité dolente, c'est évident. Ces bombes nucléaires seraient placées en orbites très basses - environ 160 km de la Terre - et on les ferait naturellement exploser à partir d'un contrôle à distance, contre des objectifs militaires et des villes sans défenses, avant qu'elles n'achèvent leur premier circuit ; les horribles bombes SFBO, c'est évident, parcourraient fatalement une fraction d'orbite avant leur détonation. La basse altitude rendrait possible le fait que la bombe orbitale ne serait pas découverte par le système d'alarme préventif sur lequel comptent les États-Unis d'Amérique.

On nous a informé que les russes ont achevé au moins treize expériences scientifiques de type SFBO ; on nous a dit que les sept premières expériences orbitales avaient échoué, mais il paraît, par contre, que les six suivantes furent un succès complet. Les Yankees ne sont évidemment pas de douces brebis et nous pouvons être sûrs qu'ils imiteront non seulement l'exemple soviétique, mais en outre, ils inventeront bien pire.

« Coexistence pacifique ou guerre atomique » s'exclamait, menaçant, un ministre soviétique ; malheureusement, Tyriens et Troyens haïssent la paix et ceci est déjà démontré par des faits clairs, convaincants et définitifs. En ces moments de crise mondiale et d'explosion démographique, il existe partout des symptômes alarmants de guerre mondiale. Les particules radioactives des explosions nucléaires altèrent profondément les zones supérieures de l'atmosphère mondiale. Il est ostensible que ces zones - n'importe quel homme de science le sait - constituent quelque chose comme une espèce de filtre suprême pour les rayons solaires ; quand ce merveilleux filtre aura été complètement altéré par les dégoûtantes explosions nucléaires, il est indiscutable qu'il ne pourra plus filtrer, analyser, ni décomposer les rayons solaires en lumière et chaleur ; nous verrons alors le Soleil noir comme la silice.

Il convient de savoir que la couche supérieure de l'atmosphère planétaire est le sustentateur vivant de notre monde, et que son altération contribuerait à l'intensification de tremblements de terre et de raz-de-marée. Alors, les villes tomberont en poussière, et des vagues maritimes jamais vues fouetteront les plages ; il est écrit dans l'évangile chrétien qu'un son très étrange sortira du fond même des mers.

Des maladies inconnues, non découvertes par la science, sont en train de faire leur apparition, comme conséquence de l'abus atomique ; le phosphore des cerveaux humains sera contaminé par les radiations et beaucoup de gens perdront la raison, marchant dans les rues, rendus fous ; les hôpitaux seront envahis de malades pour lesquels il n'y aura aucun remède ; les eaux de la Terre et du ciel seront évidemment contaminées aussi, et les cueillettes, les récoltes se perdront, ne pouvant pas être utilisées par les gens affamés, car elles seront chargées de radiations.

Alors, nous verrons dans les rues des scènes dantesques, horribles et nous n'entendrons, dans les ruines fumantes de cette perverse civilisation de vipères, rien que des hurlements, sifflements, hennissements, grincements, mugissements, croassements, miaulements, aboiements, feulements, ronflements et grognements.

Chapitre 36 - Le Démon Nebt

L'infini et moi, nous restâmes face à face. C'était comme une cohue de chiens informes poursuivant un nuage de titans, les divins nuages du couchant. Dans le fond d'un pourpre écarlate, on vit des choses ineffables. Soudain, la frise obscure s'illumina de soleil et l'or interne et délicat, sidéral et pur, se rompit en éblouissements exquis avec une mystérieuse pâleur de lune et, très lentement, se défit en une vision paisible d'opale et d'argent... Alors, j'abandonnai le corps dense et, vêtu de l'habit de noces de l'âme, j'entrai dans les mondes supérieurs ; ce qui arriva dans ces régions des mille et une nuits, les dieux le savent bien.

Je me vis couché délicieusement dans une royale chambre nuptiale ; c'était l'heure de l'amour, toutes les vagues des fleuves, des fontaines et des mers, chantaient en un chœur ineffable un prélude sur le rythme du Cantique des Cantiques. L'encens béni du parfum exhalé de toutes les fleurs flottait comme un enchantement, irradiant dans les zéphyrs, tandis que le bruissement de leurs ailes répétait un concerto de baisers et de soupirs... C'était l'heure nuptiale... La nature encore éblouie sortait du chaos, ivre de jeunesse et de beauté virginale sacrée, se voilant dans un mystérieux sourire.

« Embrasse-moi mon amour » disait l'Ève de la mythologie hébraïque, Kundry, Hérodiade, la femme du symbole. « Je t'embrasserai d'un baiser sacré comme une sœur, j'abhorre la passion animale, tu le sais... »

Le bois touffu pressentant le jour, peuplait ses arbres de rumeurs ; l'eau, allègre et joueuse, fuyait entre les bambous et les joncs tremblants ; l'ange des brumes secouait les miraculeuses gouttes de ses ailes dans les fleurs... C'était l'heure nuptial. La terre des mille et une nuits dormait, telle une délicieuse vierge sous le chaste voile et le divin soleil, surprenant son amante, pour la baiser saintement, illumina le ciel. Baigné de splendeur, rempli d'aurore, j'abandonnai la très belle chambre nuptiale et sortis avec elle. Nous marchâmes bien doucement, très doucement... jusqu'au bord d'un vieux précipice.

« Attention ! » S'exclama la jeune fille-épouse. « N'aie crainte, répondis-je, le danger n'est pas ici : il est déjà passé et se trouvait là-bas, à l'intérieur, dans la chambre nuptiale ».

« Ce n'est pas la fin que tu dois craindre, mais le début, dont le résultat est cet abîme même ». Ces paroles dites d'une voix qui m'étonna moi-même, la jeune fille-amante de la délicieuse épreuve disparut comme par enchantement. Alors, vint à moi le Bien-Aimé (Atman), mon Être réel, l'Intime, le Maître secret...

Le Bienheureux avança jusqu'à moi, joyeux, comme pour me donner un enseignement et me féliciter tout à la fois.

Le Vénérable venait, paré du vêtement sacré des principautés... ses pas étaient précédés de mon âme spirituelle (Bouddhi), laquelle était également parée de ce même vêtement. Moi, la pauvre âme humaine, (le causal ou Manas supérieur de la Théosophie), embrassai, heureux, ma sœur jumelle (Bouddhi).

Le Bienheureux nous regardait et souriait.

« Ah ! Me dis-je en moi-même, je dois éliminer de ma nature intérieure, l'épouvantable démon de la mauvaise volonté, l'horrible Nebt des mystères égyptiens ; ce serait là le seul moyen de gagner le droit d'utiliser ce vêtement sacré que je vois sur ma sœur et sur mon Bien-Aimé ».

« Les Dieux me concèdent ton trône, ô Râ, ainsi que ton corps glorieux ».

« Ta route, je la parcours ; et, à l'aube, je repousse le démon Nebt qui arrive dissimulé derrière un rideau de flammes (passionnelles) et qui, dans l'étroit et long corridor des épreuves ésotériques, m'attaque à l'improviste ».

« En vérité, j'ai été prévenu bien à l'avance des dangers qui m'attendent ».

« Voici que je prends place dans la barque de Râ et que je reçois les offrandes qui me sont dues ». (Extrait textuel du Livre des Morts de l'ancienne Égypte)

Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !

Si les gens comprenaient ce que cela signifie, s'ils apprenaient à faire la volonté du Père ; s'ils dissolvaient intentionnellement le démon Nebt, le diable de la mauvaise volonté... Alors, la Terre se convertirait en un Éden ; chacun apprendrait à respecter le libre-arbitre de ses semblables.

Mais, hélas, tout dans ce monde est perdu ; tous les êtres humains veulent dominer leurs semblables, monter, grimper au sommet de l'échelle, se faire sentir. L'abominable démon Nebt règne puissamment sur la surface de la Terre.

En ces jours inquiétants d'intense travail ésotérique, j'eus à étudier à fond le sinistre démon de la mauvaise volonté ; je veux me référer au terrible Nebt. Il est écrit que n'importe quel intellectuel porte en lui l'horrible Caïphe, le troisième traître d'Hiram Abiff. Si Judas, l'épouvantable démon du désir, l'abominable Apopi, est tellement dépravé ; si Pilate, le ténébreux démon du mental, le répugnant démon Haï, nous cause tant de douleur avec ses indignes justifications et ses lavages de mains. Que dirons-nous de l'horrible Caïphe ? Je vis monter le mien de degré en degré, par l'escalier de ma demeure ; il avait indiscutablement un aspect césarien, imposant, terrible.

Il n'est possible de réduire en poussière cosmique le démon pervers de la mauvaise volonté que grâce au pouvoir de la Divine Mère Kundalini, le Serpent igné de nos pouvoirs magiques. Il est indéniable qu'il me fut nécessaire d'étudier minutieusement toutes ces concomitances occultes.

Il est ostensible que ce fut urgent, pour moi, de pénétrer à plusieurs reprises dans la région des causes naturelles, dans le monde de la volonté consciente, dans l'évident propos d'enquêter sur des mystères. Et je naviguai entre les profondes eaux chaotiques de l'espace infini ; je vis, j'entendis des choses extraordinaires qu'il n'est pas donné de comprendre aux pauvres animaux rationnels ; il est clair qu'en état de parfaite lucidité, je reçus une information directe à propos du travail. Je compris intégralement le dégoût de beaucoup de gens ; ceux-ci sont fâchés avec moi injustement, parce que, disent-ils, je n'accepte pas leurs théories. Pauvres créatures !

Dans un Samadhi très profond, je vis de nombreuses barques aux blanches voiles, décorées de multiples symboles de diamant. Des croix, des roses, des étoiles en diamant décorant les vaisseaux mystiques de l'océan profond. Des barques solaires, Mahatmas, Âmes-Diamant, Jivanmukta, naviguaient entre les eaux du chaos.

« Quand quelqu'un est très près de Dieu, il doit être très prudent ».

Celui qui élimine le troisième traître d'Hiram Abiff, se convertit en Âme-Diamant.

Le livre égyptien de la Demeure Occulte dit : « Moi, Osiris, je tiens en échec les tempêtes du ciel. J'entoure Horus, le Dieu bon, comme avec des bandes et (au moyen du travail ésotérique) le fortifie continuellement ».

« Moi, dont les formes sont diverses et multiples, je reçois mes offrandes aux heures fixées par le destin. Les tempêtes immobilisées sont devant mon visage. Voici que Râ (le Logos) arrive, accompagné de quatre divinités supérieures. Tous parcourent le ciel dans la Barque Solaire. Moi, Osiris, je pars pour mon voyage à l'heure fixée par le destin. Monté sur le cordage de la barque solaire (ou de Diamant), je commence ma nouvelle existence ».

Chapitre 37 - Les Sept Cosmocréateurs

L'Ésotérisme Christique parle des sept Esprits Créateurs devant le trône de l'agneau, et il convient de bien expliquer cette question, de mettre une bonne fois cartes sur table. Ces sept Cosmocréateurs sont les mêmes Dhyanis Choans, qui correspondent aux Élohim hébreux.

L'ordre cosmique est le suivant :

Lune : Régent Gabriel

Mercure : Régent Raphaël

Vénus : Régent Uriel

Soleil : Régent Michaël

Mars : Régent Samaël

Jupiter : Régent Zachariel

Saturne : Régent Orifiel

Indiscutablement, les Dhyanis veillent successivement, dans chacune des sept rondes, races racines, de notre chaîne planétaire.

Ostensiblement, chacun des sept émane de lui-même son âme humaine, c'est-à-dire son Bodhisattva, lorsque cela est nécessaire.

Il est indiscutable que n'importe lequel des sept peut envoyer son Bodhisattva là où il veut. Moi, personnellement, je suis le Bodhisattva de Samaël, le cinquième des sept et n'importe quel ésotériste sait que je suis celui qui a le plus souffert.

Mon Être réel est, en lui-même, Osiris, Isis, Horus, Iod-Hévé, le cœur du ciel du Popol-Vuh Maya, Adam-Kadmon, Brahma-Viraj, etc.

Avant son dédoublement en la Duade et en la triade, mon Être intime réel est la Monade pythagoricienne, l'Un-Unique, l'Aunadad bouddhiste, l'Ain Soph, En Soph ou Pneuma, Eikon chaldéen, etc. En ce qui me concerne, je suis le Bodhisattva du Seigneur intime ; je ne prétends jamais me présumer parfait.

Mon devoir est d'enseigner la cinquième Vérité, le cinquième Évangile, le cinquième Veda. Il n'est pas nécessaire d'attendre la cinquième ronde, comme beaucoup le croient, pour que mon enseignement puisse être donné. Vous l'avez ici et celui qui entend ma voix et la suit, je le comparerai à l'homme prudent qui édifia sa maison sur la roche vive, de telle sorte que, lorsque vinrent les pluies et les tourmentes, elle ne tomba point, pour avoir été édifiée sur un fondement solide. Mais, celui qui rejette ma parole peut être comparé, certes, à l'homme insensé qui édifia sa maison sur le sable ; et quand arrivèrent fleuves et tourmentes angoissants, sa demeure tomba dans le précipice avec un grand vacarme parce qu'elle n'avait pas de bases solides. Jamais je ne pourrai nier que j'ai été avec l'humanité terrestre depuis l'aube de la création.

Mon Père qui est en secret est parfait, mais il est indiscutable que moi, son Bodhisattva, je ne pourrais jamais montrer de perfection d'aucune sorte ; je ne pèche aucunement par immodestie lorsque j'affirme instamment avoir été le témoin du crépuscule et de l'aurore de plusieurs Mahamvantaras (Jours cosmiques). Mon devoir est de rendre témoignage de tout ce que j'ai vu et entendu ; l'humanité nécessite d'urgence une orientation légitime.

Pendant le Mahamvantara du Padma ou Lotus d'Or, j'accomplis dans le monde lunaire une mission très similaire à celle que je suis en train d'accomplir en ce moment sur la planète Terre. J'enseignai la cinquième vérité aux sélénites et il est évident qu'elle fut rejetée à la majorité des voix. Résultat : mort sur la croix ; il est ostensible que celui qui se met à être rédempteur meurt, crucifié.

Une minorité de sélénites accepta le cinquième Évangile ; ceux-ci après un travail ardu s'auto-réalisèrent à fond, et se convertirent en Anges.

Il est écrit dans le grand livre de la vie qu'à la fin de l'Apocalypse lunaire, un nouveau groupe accepta la doctrine ; on donna à ces repentis une demeure planétaire où ils s'autoréalisent actuellement. Tout Mahatma peut vérifier par lui-même, avec l'œil ouvert de Dangma, que ces multiples sélénites qui se prononcèrent autrefois contre le cinquième Évangile, vivent maintenant dans le monde souterrain, convertis en authentiques lucifers.

À la fin de la septième ronde de la chaîne lunaire, les étincelles virginales, éclairs ou étincelles divines, se submergèrent dans l'Absolu, sans Autoréalisation aucune, sauf rares exceptions : celles des Hommes-Anges qui, eux, acceptèrent la doctrine. Quand elles se submergèrent dans la lumière incréée de l'Espace Abstrait Absolu, les étincelles virginales abandonnèrent radicalement leurs ex-personnalités ténébreuses, que l'on précipita violemment dans le chemin involutif. Ces ex-personnalités sinistres ou lucifériennes continuent à involuer, marchant vers l'arrière, descendant à l'intérieur des mondes infernaux, descendant lentement par les échelons animal, végétal et minéral. Seule la Seconde Mort peut libérer ces âmes pour que leur ascension du minéral jusqu'à l'homme puisse recommencer.

Il est donc absolument faux d'assurer qu'à la fin d'un Mahamvantara (Jour cosmique) tous les êtres vivants atteignent l'état de Paranishpana ou perfection absolue. « Yong-Grüb », la perfection radicale, n'est jamais le résultat de la mécanique évolutive. La Révolution de la conscience est autre chose, mais ceci ne plaît à personne... tu le sais.

Jésus, le Grand Kabire, dit : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive » (Mt 16:24, Mc 8:34, Lu 9:23, NdT).

Se nier soi-même signifie dissoudre le Moi Pluralisé. Prendre la croix - qui est 100% phallique - signifie, de ce fait même, croisement sexuel, travail dans la Forge Ardente de Vulcain, dans l'évident propos de parvenir à la seconde naissance. Suivre le Christ Intime signifie Sacrifice, être disposé à donner jusqu'à la dernière goutte de son sang pour toute l'humanité dolente.

La fin d'un Mahamvantara n'inclut pas l'Autoréalisation Intime de toutes les créatures. Parlant le cœur sur la main, je peux vous dire qu'il est très difficile de rencontrer des gens autoréalisés.

Tous les bipèdes humains sont plus ou moins des démons. Cesser d'être des démons, nous convertir en quelque chose de différent, de distinct, correspond aux mystères. Cependant, pourquoi faudrait-il donner aux gens ce dont ils ne veulent pas ?

Si les multitudes sont contentes comme elles sont, si elles ne veulent pas être différentes, aucune mécanique évolutive, ni même le crépuscule du Mahamvantara ne pourra les obliger à être différentes. Le changement radical, l'Autoréalisation Intime, est l'indiscutable résultat d'une série d'épouvantables Sur-Efforts, réalisés dans et à l'intérieur de nous-mêmes, ici et maintenant. Il est possible d'atteindre un changement radical, une transformation définitive, à base de terribles auto-efforts seulement. Il est absurde de supposer même pour un instant, un changement radical, une authentique Autoréalisation intérieure de manière involontaire et mécanique, comme le pensent les fanatiques du dogme de l'Évolution.

Tant qu'un homme n'atteint pas l'état d'Anupadaka, il est absolument impossible qu'il puisse vivre la nature de Paranirvana. Même aux temps de l'école de Yogacharya, la véritable nature du Paranirvana était enseignée publiquement, mais depuis, cette doctrine fut gardée secrète car il est ostensible que les homoncules rationnels ne sont pas préparés à la comprendre.

Chapitre 38 - Le Cancer

Qu'est-ce que le cancer ? Nous répondrons à cette question en développant l'idée que c'est une croissance désordonnée et anarchique des cellules de l'organisme même du patient. Le cancer est-il contagieux ? Les expériences scientifiques faites à l'Institut de Médecine Expérimentale d'Argentine s'avèrent concluantes. Les hommes de science placèrent dans une même cage des rats sains et malades et, indiscutablement, on ne découvrit aucune contagion. Dans ces expériences dûment contrôlées, on a placé des rats des deux sexes sans qu'aucun des deux n'ait été contaminé. On dit dans le monde scientifique que des rats alimentés de tumeur cancéreuse ne furent pas contaminés. On affirme que des rats auxquels on avait injecté du sang d'un animal malade ne furent pas contaminés non plus.

N'importe quel coup peut-il causer un cancer ? Cette question revêt une importance extraordinaire, du point de vue civil comme du point de vue légal, pour sa répercussion sur les indemnités pour un accident de travail, quand, par exemple, on attribue la cause du cancer d'un quelconque travailleur à un coup reçu. Il est ostensible que de petits coups fréquemment répétés au même endroit peuvent être la cause de cette terrible maladie, mais un coup seulement, même très fort, non, décidément non.

On tint compte, pour en arriver à cette intelligente conclusion scientifique, des blessures produites par balles au cours de la première guerre mondiale 1914-1918.

Le cancer est-il provoqué par un germe ? La science officielle affirme que non ; elle souligne le concept selon lequel cette épouvantable maladie n'est causée par aucun microbe ou germe.

Le gnosticisme scientifique révolutionnaire se permet, avec respect, la liberté de démentir ; nous, les gnostiques, affirmons l'existence du « Chancre », le microbe ou germe du cancer.

Le cancer est-il transmissible ? Bien que la science officielle, après nombre d'expériences, réponde par un « non » radical, il y a cependant des exceptions ; exemple : on inocula le cancer à un rat maintenu à une diète en cuivre et basse en catalases. Résultat : positif. Il fut contaminé. Il est indéniable que chaque fois que l'on a répété l'expérience, on a obtenu le même résultat.

Lors d'une expérience d'un genre opposé, on inocula le cancer à un rat que l'on avait soumis, tout d'abord, à une diète très riche en cuivre et catalase ; le résultat fut négatif, le rat ne fut pas contaminé. La science officielle a découvert que le peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée) augmente particulièrement la catalase et protège contre l'indésirable développement du cancer.

J'entends que le germe du cancer, le terrible « chancre », se développe dans des organismes pauvres en cuivre et en catalase. On n'a pas pu voir le « chancre » même au moyen de microscopes électroniques les plus puissants, mais si cette terrible maladie peut être transmise à des organismes pauvres en cuivre et en catalase, il est évident que ce microbe existe. Toutes lumières faites, il est facile de comprendre que le germe du cancer se développe dans la quatrième dimension, se faisant sentir dans le monde tridimensionnel par ses effets destructeurs.

Il est indubitable que l'on inventera dans un futur immédiat des microscopes électroniques plus puissants : le « chancre » sera alors perceptible par les scientifiques ultramodernes. Il est ostensible que ce germe fatal arrive à la planète Terre, submergé dans les courants électromagnétiques de la constellation du Cancer. Il est extrêmement clair que le cancer est le Karma de la fornication. Les sages antiques connaissent à fond ce type spécial de Némésis.

Il existe ici à Mexico un végétal très spécial pouvant guérir le cancer, je veux faire expressément allusion à un certain arbuste connu dans la région d'Ixmiquilpan, état d'Hidalgo, sous le nom de Aranto ; les aborigènes antiques le baptisèrent « Aulaga ».

Les renseignements concrets que nous donne notre cher frère gnostique Alfonso Silva sont très intéressants :

« Monsieur Mario Aponte, chef du bureau de l'ancienne compagnie d'électricité et force de la république mexicaine à Mixquiahuala, Hidalgo, fut attaqué par une maladie aux gencives ; il ne sut évidemment pas la reconnaître.

Il alla alors à la ville de Mexico, dans le sain but de consulter les médecins du syndicat d'électriciens ; ceux-ci diagnostiquèrent un cancer dans la bouche.

Comme il n'était pas d'accord avec ce diagnostic, ledit monsieur consulta d'autres médecins, mais leur diagnostic fut identique.

Monsieur Aponte, très affligé, revint à Mixquiahuala, car il ne devait évidemment pas s'absenter longtemps de son bureau. Ce monsieur raconte qu'une petite vieille de l'endroit s'engagea à le guérir, à l'aide d'un thé végétal qu'elle lui ferait boire en sa présence, car la vieille femme doutait que le patient prit le remède.

Le résultat fut extraordinaire, au terme de huit jours monsieur Aponte était radicalement guéri. Il continua cependant à prendre le thé de l'aïeule ; il n'était plus indispensable qu'elle lui donnât ou qu'elle le priât de le boire ; il la cherchait chaque jour.

Un mois plus tard, les médecins de la capitale mexicaine, étonnés, durent accepter la disparition du cancer ».

Le frère gnostique Alfonso Silva poursuit en disant : « Jusqu'à maintenant, parmi les personnes auxquelles on a donné l'Aranto ou Aulaga, je me souviens du nom de madame Luisa Lara de Barroeta, ma belle-sœur, que l'on était sur le point d'opérer d'une tumeur cancéreuse à l'Institut de la Sécurité Sociale.

Il s'agissait d'une tumeur à la matrice, quelque chose de très grave, c'est évident. La malade, buvant des infusions d'Aranto, se guérit radicalement et vit complètement guérie jusqu'à présent ».

Le frère Silva poursuit en nous disant :

« L'épouse de monsieur Augustin Uribe (nous ne communiquerons pas son domicile), fut opérée par les gens de la faculté, dans le but d'extraire une tumeur au foie, mais constatant qu'il s'agissait d'un cancer, ils la recousirent immédiatement. On ne pouvait pas en dire moins : les médecins trouvèrent la cavité abdominale remplie de tumeurs cancéreuses. La malade en question se guérit définitivement avec l'Aranto et vit toujours grâce aux étonnantes vertus de cet arbuste ».

Le distingué docteur en médecine Jacinto Juarez Parra de l'Université Nationale de Mexico, essaya le pouvoir de cet arbuste sur une cancéreuse au dernier degré et déjà condamnée. La chose, en ce cas, fut très difficile et il ne fut pas possible de sauver la vie de la malade. Je pense que, lorsque l'organisme est complètement détruit par la maladie, le remède reste sans effet. Le docteur Juarez pense que l'on peut, que l'on doit faire une étude de la plante entière au microscope électronique et ensuite, séparer par centrifugation les noyaux, les lysosomes, les ribosomes et le microsome, et faire une analyse spectrale photométrique de chacune des parties de la plante, dans l'intelligent but de découvrir ses colloïdes, enzymes, et ses éléments traces ou oligo-éléments.

« Il faut rechercher », dit le docteur Juarez, « quelles portions intracellulaires de ce végétal agissent effectivement sur le cancer ».

« À tout cancéreux », dit encore Juarez, « diagnostiqué par cytologie et biopsie, comme par dosage de catalase et cuivre, sera administré l'Aranto et ensuite on dosera sur de nouvelles données. La catalase et le cuivre sont bas chez le cancéreux ; c'est déjà complètement démontré. Il est indispensable de faire une recherche sur le contenu de la catalase sanguine et de faire un dosage du cuivre dans le plasma ».

N'importe quel organisme pauvre en cuivre et en catalase est un terrain approprié au plein développement du terrible « chancre ».

Chapitre 39 - Le Triple Domaine de Seth

« Voici que l'œil scintillant d'Horus - à l'affût mystique - lumineux comme Râ - le Logos intime - apparaît à l'horizon intérieur. Ses mouvements sont pleins d'harmonie et lui (grâce à la méditation et à l'aide de la couleuvre sacrée), détruit le triple domaine de Seth (l'Égo). Car il avait été décrété que Seth serait attrapé et emmené aux mondes infernaux, et que les flammes dévorantes de l'Œil divin seraient dirigées contre lui ».

« Qu'elle vienne donc, cette flamme régénératrice - ma Mère Divine Kundalini - et que je puisse l'adorer » (elle a le pouvoir d'éliminer toutes ces entités perverses ou mois criards et querelleurs qui constituent l'Égo).

« Qu'elle fasse régner autour de Râ - le Logos intime - la divine ordonnance - ô Râ ! En vérité, l'Œil divin d'Horus vit dans le sanctuaire du grand temple. Son nom ésotérique est : An-Ma-Aut-F » (Livre des Morts).

Il est indiscutable que les multiples entités ténébreuses qui personnifient nos défauts psychologiques constituent l'Égo (Seth). Le triple domaine de Seth est clair, net et manifeste. Il est ostensible que les démons rouges - mois ou entités ténébreuses - s'expriment à travers le corps de désirs (Judas), le véhicule mental animal (Pilate), et la volonté bestiale (Caïphe).

Nous avons déjà dit, dans de précédents chapitres, et nous le répèterons ici, que les animaux intellectuels improprement appelés « hommes » n'ont pas encore les authentiques véhicules astral, mental et causal. Il est très douloureux d'avoir à affirmer instamment qu'au lieu des véhicules solaires mentionnés, ces pauvres homoncules rationnels n'ont en vérité que trois démons pervers (les trois mauvais amis de Job). Cette race d'Adam est 100% diabolique ; les pauvres gens n'ont pas l'Être incarné ; ma parole pourra paraître dure à nombre de lecteurs, mais nous ne devons pas cacher la vérité.

Comme il est difficile de fabriquer les corps glorieux de Kam-Ur ! Ces véhicules christiques peuvent être créés uniquement dans la Forge Ardente de Vulcain.

Le Noël du cœur ! L'incarnation de l'Être en nous n'est possible que si nous nous vêtons des habits d'Osiris (les corps solaires).

Cependant, je vous dis : Aïe ! Malheur à ceux qui, après être arrivés à la seconde naissance, continuent à être vivants ! Ceux-là, Ô Dieux, se convertiront de fait en Hanasmussen (avortons de la Mère Divine Kundalini) au double centre de gravité.

L'Être vêtu de l'habit de noces de l'âme (le To Soma Heliakon), constitue en soi-même une entité solaire ineffable et terriblement divine... Il est ostensible que Seth revêtu des corps lunaires au triple aspect ténébreux, assume la forme indésirable d'un mage noir lunaire abominable.

Quand on invoque l'Hanasmussen Andrameleck, le Maître blanc ou le Maître noir peuvent accourir à l'appel, les deux cependant sont Andrameleck.

Après la seconde naissance dont parle le Kabire Jésus au grand rabbin Nicodème, on se trouve devant deux chemins : celui de la droite et celui de la gauche. Il s'avère clair, patent et manifeste que le sentier de la main gauche est celui des Hanasmussen (prononcer ce mot avec le H en forme de Jota espagnole). Cet ordre de concomitance nous invite à penser à l'urgence inévitable d'une asepsie morale radicale et définitive, dès le début... Cette asepsie intime s'obtient par la réduction en poussière cosmique de tous ces diables rouges, ou mois ténébreux, qui s'expriment en nous par les trois mauvais amis de Job...

Par conséquent, nous pouvons donc insister sur l'idée irréfutable qu'il serait absurde de tenter d'éliminer radicalement les trois traîtres d'Hiram Abiff sans la mort préalable du moi pluralisé (Seth).

Toutes lumières faites, il est facile de comprendre que chaque défaut psychologique se trouve, certes, personnifié sous une forme ténébreuse quelconque. Le Bouddha enseigna que l'Égo est constitué d'une somme d'agrégats psychologiques (mois-diables). Les agrégats sont périssables. L'unique qui assume en nous les aspects transcendantaux d'éternité est le Bouddha intime. Les pauvres gens, malheureusement, ne l'ont pas incarné.

Ce Bouddha secret est aussi distinct du corps, du mental et des sentiments les plus intimes, que l'huile l'est de l'eau, ou le jour de la nuit, ou encore l'hiver de l'été. Il est terrifiant de savoir que le Bouddha Secret est notre juge, juge de nos propres sentiments, pensées, désirs, amours, passions, etc.

Que mon Être soit mon juge ? Ceci est terrible mais vrai. Mon Bouddha Intérieur ne veut en aucune manière que le « Moi » existe. Il veut ma mort radicale. Qu'il est beau de mourir d'instant en instant ! Le nouveau n'advient qu'avec la mort.

Après la mort de Seth (l'Égo), le Bouddha secret est notre meilleur ami. La raison d'être de l'Être est le même Être...

Chapitre 40 - Retour et Réincarnation

Ici dans le Parral, devant le sépulcre de Pancho Villa, j'appelle à haute voix, j'invoque, je clame... les chandelles qu'agite la brise nocturne palpitent comme des ailes d'oiseaux en fugue, et l'air à fleur d'onde griffe légèrement la soie bleue, tramée de brins de laine de cristal.

Quelqu'un répond, terrible, de la profondeur noire du sépulcre, c'est le fantôme du noble général. Il m'invective avec des mots durs... son ex-personnalité se lève, elle me reconnaît, moi aussi, j'étais dans la division du nord, je militais dans ses rangs avec les miens. « Maintenant, retourne à ton sépulcre ! » M'exclamai-je. Cette ombre retourna à la fosse sépulcrale...

Je visitai plus tard d'autres cimetières, j'invoquai mes vieux compagnons de bataille et ils accoururent à mon appel, dissipant les races et bousculant les siècles... Les lois du temps, stupéfaites, les ceinturaient ; l'âme des tombes criait dans un hurlement funèbre : « Je suis là ! Et oh Mon Dieu ! ». De chaque sépulcre jaillissait comme par enchantement l'un de mes compagnons mort sur les champs de bataille. Tous me reconnurent. Je parlai avec tous, chacun retourna ensuite à sa fosse sépulcrale.

Et, après tout cela, je restai, méditant. Que savent de ceci les pseudo-ésotéristes ? Qu'ont dit les pseudo-occultistes sur ce thème ?

Ostensiblement, trois choses vont au sépulcre : le corps, le fond vital, et la personnalité qui se dissout lentement. Il est indiscutable que tout ne va pas au tombeau ; quelque chose continue au-delà, je me réfère à Seth, l'Égo, le Moi-Même. Nous n'exagérons en aucune façon en affirmant l'idée correcte que ce qui survit est une montagne de diables (mois). Ces mois-diables peuvent accourir aux centres spirites, ils se mêlent alors aux corps des médiums et s'identifient à eux.

Le monde ne gagne rien avec ces expériences ténébreuses ; le Karma de ces sujets médiumniques est l'épilepsie dans leurs vies suivantes.

Seth, le moi pluralisé ne se réincarne pas, il revient, retourne, se réincorpore à de nouveaux organismes, c'est tout.

Le mot Réincarnation est très exigeant, la doctrine de Krishna enseigne que seuls les Dieux, Devas, roi divins, demi-dieux, etc., se réincarnent ; malheureusement on a beaucoup abusé de ce terme dans le monde occidental... Dans les temps antiques du Tibet, les réincarnations furent célébrées dans de grandes fêtes.

Le moi pluralisé exclut toute Individualité. Il ne peut en aucun cas y avoir d'individualité là où coexistent de multiples entités (Mois) qui se disputent et engendrent en nous des contradictions psychologiques variées. La réincarnation est pour les individus sacrés, uniquement.

Quand Seth meurt intégralement, il ne reste en nous que l'Être, ce qui nous donne l'authentique Individualité. Quand Seth se désintègre totalement, la conscience, l'âme, se libère, s'éveille radicalement et vient alors l'illumination intérieure... Mais il est ostensible que plus tard nous devons atteindre la Sur-Individualité, s'il est vrai que nous aspirons réellement à la libération finale. À mesure que nous nous élevons dans la merveilleuse échelle du plein développement révolutionnaire, nous nous rendons compte exactement que, dans les étapes où nous avons travaillé, nous avons presque toujours commis l'erreur de confondre les ombres avec les réalités.

Quand nous aurons atteint la libération finale après nombre de morts et de renonciations chaque fois plus terribles, tout le voile mayavique aura cessé d'exister pour nous.

Chapitre 41 - Les Registres Akashiques

N'importe quel système logique, déductif ou inductif, nous invite à comprendre que toute l'histoire de la Terre et de ses races ne peut s'être perdue. Les sages hindoustans nous parlent fréquemment, dans leurs œuvres, de ce que nous pourrions bien nommer Akasha, causa causorum de l'éther de la science. La substance akashique est l'Okidanokh même, omniprésent et omnipénétrant, qui remplit tout l'espace infini...

Toutes les concentrations cosmiques de l'espace infini sont le résultat mathématique des multiples cristallisations de l'Okidanokh omniprésent. Il est écrit dans de vieux documents archaïques que lorsque les êtres humains possédaient encore ce que l'on appelle la « Vision Olooesteskhnienne » (l'œil ouvert de Dangma), ils pouvaient percevoir correctement toutes les concentrations cosmiques de l'espace étoilé. Alors, les êtres humains savaient lire les archives akashiques de la nature ; en ces temps-là, personne n'ignorait les mémoires de la création.

Quand les êtres humains abusèrent du sexe, quand ils mangèrent de l'arbre de la science du bien et du mal, l'organe visuel terrestre se dégénéra progressivement, se convertissant en ce que l'on appelle un « Koritesnokhnien » commun et courant dont les yeux ne voient que le monde tridimensionnel d'Euclide. Cependant il existe indiscutablement sur la surface de la Terre quelques Mahatmas qui peuvent étudier les mémoires de la nature dans les registres de l'Okidanokh omniprésent.

N'importe quel évènement laisse dans l'Akasha sa photographie vivante ; il y a dans ces mystérieux registres cosmiques toutes nos vies antérieures. En ces temps modernes, l'électronique avance merveilleusement et il est ostensible qu'il ne manque maintenant qu'un dispositif spécial pour capter les ondes vibratoires du passé. Quand ce dispositif aura été inventé, nous pourrons voir et entendre à partir d'un écran de télévision toute l'histoire des innombrables siècles. C'est ainsi que les registres akashiques de la nature tomberont inévitablement entre les mains des scientifiques.

On nous a dit que le F.B.I. des États-Unis d'Amérique possède actuellement un appareil photographique très spécial au moyen duquel on peut enregistrer sur des plaques très sensibles des homicides commis des heures ou des jours avant d'être dénoncés aux autorités.

Il ressort de cela que si les agents de la loi arrivent sur le lieu des faits, ils peuvent à l'aide de cet appareil photographier le délit, bien que celui-ci ait été commis des heures ou des jours auparavant. Ces appareils tellement révolutionnaires fonctionnent aux rayons infrarouges et au vide absolu.

On nous a informés que le refroidissement de leurs lentilles très fines arrive à des températures de 15 à 20 degrés au-dessous de zéro. Cela signifie que, déjà, les registres akashiques de la nature commencent à tomber dans les mains des savants modernes.

Si on fait maintenant des photos d'évènements passés, on pourra, un peu plus tard, faire des films de ce type. C'est ainsi que, en cette nouvelle ère du Verseau, les hommes de science devront reconnaître les affirmations ésotériques et occultistes.

Chapitre 42 - Lucifer

Nous sommes arrivés, dans ce Message de Noël 1969-1970, à un problème très épineux ; je veux faire instamment allusion à Lucifer-Vénus à qui Isaïe adressait cet ineffable cantique au mysticisme pur et qui commence ainsi : « Comment es-tu tombé, toi ! Ô étoile du matin qui paraissait si brillante tandis que se levait l'aurore ? »

Comment pourrions-nous arriver à comprendre réellement le mystère profond de la rébellion dans les cieux si nous ne déchirons pas le voile qui recouvre les mystères lucifériens ? Rappelons-nous les sept fils de l'inertie, des Mystères égyptiens, qui furent rejetés de l'Am-Smen ou paradis.

N'oublions pas, cher lecteur, les sept rois de la légende babylonienne de la création, les sept monarques du livre de la révélation, les sept chronides ou gardiens du ciel, étoiles qui désobéirent aux commandements de Dieu, et furent jetés hors du ciel.

Et que dirons-nous des sept constellations dont parle le livre d'Enoch ? Ô, mon Dieu ! Elles furent bannies comme les sept montagnes resplendissantes où s'assoit la dame écarlate.

Il est écrit dans les registres akashiques de la nature qu'un tiers de la resplendissante armée des nommés Dhyanis ou Arupa tomba terriblement dans la génération animale.

La dégradation des dieux en démons n'est pas un mythe exclusif du christianisme, mais aussi du zoroastrisme, brahmanisme, et même de l'ésotérisme chaldéen. Que les anges de lumière Asuras ou Ahuras, souffles ou haleines de l'Esprit Suprême, se firent démons ? Pourquoi en douter ? Serait-ce par hasard une chose étrange ?

N'importe quel individu sacré peut se convertir en démon s'il tombe dans la génération animale. Il est indiscutable que lorsqu'il tombe dans la génération bestiale, les trois traîtres (Judas, Pilate et Caïphe) renaissent à l'intérieur de l'individu sacré.

Il s'avère pathétique, clair et manifeste que le moi pluralisé (Seth) peut ressusciter comme l'oiseau phénix, de ses propres cendres... Elles ne se trompent pas le moins du monde, ces théogonies qui nous dépeignent ces Logoï divins qui commirent l'erreur de tomber dans la dégénérescence sexuelle après que la race lémure se soit séparée en sexes opposes.

Qu'ils se sacrifièrent, tel Prométhée, pour doter de l'esprit conscient l'homme de l'infantile paradis primitif ? Mensonge, ignorance absurde...

Je fus tout à la fois spectateur et acteur de la Genèse de la vie et, au nom de la vérité, je vous dis qu'il n'y eut pas ce sacrifice. La relation sexuelle nous plut, à nous, lémures, et nous tombâmes dans la dégénérescence bestiale par plaisir.

Il est évident que cette affirmation insolite, étrange et nouvelle, est appelée à causer la surprise de nos lecteurs. Il est certain que s'ils connaissaient la doctrine de la réincarnation, ils n'auraient pas de quoi s'étonner.

Qu'un homme ait été incarné en Lémurie ? Qu'il se rappelle ses vies passées ? Qu'il donne un témoignage archaïque ? Cela fait partie des choses normales, cela n'a rien de bizarre ni d'étrange.

Allons maintenant un peu plus au fond : dieux et Devas, Pitris ineffables et demi-dieux, se trouvèrent réincarnés en Lémurie. Que ces Logoï divins, ces anges rebelles dotèrent de corps mental ce pauvre homoncule rationnel improprement appelé homme, est faux ; c'est un mensonge ! Le pauvre animal rationnel, au lieu de recevoir en héritage l'authentique corps mental, reçut uniquement Pilate, le démon Haï des mystères égyptiens.

Le pauvre bipède tricentré ou tricérébré, improprement qualifié d'homme, est inconscient, ignorant.

Au nom de la vérité, quoiqu'il m'en coûte, je me vois dans l'obligation d'affirmer que je fus également un archange tombé et j'ai, pour cela, une pleine conscience de ce que je suis en train d'écrire dans ce Message ; je ne suis pas en train de répéter les théories d'autrui ; j'affirme ce que je sais. Je me suis repenti de mes erreurs, je me suis levé de la boue de la terre et, aujourd'hui, je rends témoignage de ces choses. Cette pauvre humanité ne gagna rien avec la rébellion des anges du ciel ; il aurait été meilleur d'avoir su obéir au Père.

Les pseudo-ésotéristes et pseudo-occultistes pourraient objecter qu'après la division humaine en sexes opposés, il fut indispensable de coopérer sexuellement pour la reproduction de l'espèce. Cette objection n'est pas valable pour les Dieux. Il est indiscutable que les Dieux-Hommes de Lémurie auraient pu avoir conservé leur corps physique pendant des millions d'années, grâce à l'Élixir de Longue Vie des alchimistes.

Pour la connaissance de nos lecteurs, je dis : dans quelques endroits secrets du monde, il existe encore nombre de Lémures immortels. Mon saint Gourou, dont le nom sacré ne doit pas être mentionné, conserve encore maintenant le même corps physique qu'il eut en Lémurie. Moi-même, après la chute en Lémurie, je me repentis, évidemment, et revins aux mystères de ce vieux continent ; je reçus alors l'Élixir de longue vie. Au nom de Ce qui est Réel, le Tao, le divin, je vous dis que je vécus avec un corps physique immortel pendant des millions d'années.

La désobéissance n'était pas indispensable pour la multiplication de l'espèce humaine. Il est évident que la rébellion fut une folie, les hommes-anges du continent Mu auraient pu léguer, faire don de leurs véhicules physiques aux âmes humaines de la Terre - provenant des règnes animaux supérieurs - sans nécessité de violer la Loi.

Tous les gens qui vivent à la surface de la Terre sont évidemment enfants d'Adam et Ève, le couple originel - la race lémure - tombée dans le péché originel luciférien de la luxure. Il est indubitable que les pauvres gens persistent dans le péché originel luciférien, sexuel. Nous sommes fils de la luxure et persistons en elle, ceci est ostensible, cela saute aux yeux. Le divin ne peut être luxurieux, donc nous sommes non pas fils de Dieu mais fils du Diable.

Souvenons-nous de ces paroles du Christ lorsqu'il a dit : « Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de la part de votre père. » Ils lui répondirent : « Notre père, c'est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me tuer, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a point fait. Vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants nés de la fornication ; nous avons un seul Père, Dieu. » Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et je suis ici ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle selon ses propres tendances ; car il est menteur et le père du mensonge. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? Celui qui est de Dieu, écoute les paroles de Dieu ; vous n'écoutez pas, parce que vous n'êtes pas de Dieu. »

Il existe deux feux fondamentaux dans l'homme et dans la nature : le premier est le Maha-Kundalini, le second est Lucifer-Vénus. Il est ostensible que le premier est divin, il est indéniable que le second est diabolique, passionnel, luxurieux.

On a dit beaucoup sur Agni, le dieu du feu ; Duksha, le Père Universel de toute force, en commençant évidemment par la suprême hauteur de la connaissance pour les zoroastriens, mages et alchimistes.

Il est manifeste que nous devons chercher cette force suprême dans le soleil central qui est, sans aucun doute, le plus élevé des quatre soleils célestes, le dernier de ceux-ci étant notre soleil physique. La source originelle de la lumière sidérale ou lumière astrale de Paracelse et des Hermétiques, si elle est physiquement l'éther, est dans le sens spirituel le plus excellent, relatif à l'Anima-Mundi, l'origine des astres qui sont du feu christique granulé. Si nous confrontons les feux, en recherchant bien, nous découvrons avec étonnement une antithèse ignée notoire, de type lunaire submergé...

Je veux me référer à Lucifer, le serpent tentateur de l'Éden, cette force fohatique fatale, laquelle en se développant dans l'être humain, se convertit de fait et de droit, en l'abominable organe Kundartiguateur (la queue de Satan).

De tout cela, nous pouvons inférer sans crainte de nous tromper, que Seth (le moi pluralisé), ainsi que les trois mauvais amis de Job sont en nous-mêmes, à l'intérieur des enfers atomiques de l'homme, de viles granules du feu lunaire luciférien. Il est évident que le couple humain originel (la race lémure) fut fatalement une victime sexuelle du serpent luciférien. La rébellion dans les cieux et la chute consécutive des anges est un problème 100% sexuel.

Lucifer, ce vil ver qui traverse le cœur du monde, est naturellement sous-jacent au fond de toute matière organique et inorganique. Le Fohat lunaire luciférien exerce un contrôle direct sur certains atomes malins du coccyx, des organes sexuels, du cœur et du cerveau. L'impulsion sexuelle luciférienne, maligne, contrôle même nos sentiments intimes. Il est indubitable que cette force fohatique aveugle de type luciférien maintient l'humanité dans l'hypnose, submergée dans l'inconscience.

Il est facile de comprendre que le feu luciférien qui se cristallise en toute cette légion de mois-diables que chacun porte à l'intérieur de soi donne pour résultat l'inconscience. Il est ostensible que la conscience dort parmi ces entités ténébreuses qui constituent l'Égo. C'est ainsi que le processus hypnotique luciférien se déroule dans chaque sujet vivant sur la surface de la Terre. L'animal intellectuel improprement appelé homme est luciférien dans un pourcentage de 99%.

Si ce n'était l'essence animique embouteillée dans l'Égo, l'homoncule rationnel serait luciférien à un pourcentage de 100%. Nous devons partir de zéro et reconnaître que nous sommes des démons, s'il est vrai que nous voulons réellement parvenir à l'autoréalisation intime de l'Être. Nous devons, avant tout, éliminer de notre nature intérieure le pharisien secret.

Rappelez-vous ces paroles de Jésus : «  Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. Guides aveugles ! Qui arrêtez au filtre le moustique mais qui avalez le chameau. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous nettoyez l'extérieur de la coupe et du plat, et qu'à l'intérieur ils sont pleins de pillages et d'excès. Pharisien aveugle ! Nettoie premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin que l'extérieur aussi devienne net. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés. Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais au dedans, vous êtes pleins d'hypocrisie et de mépris pour la loi. »

Le Maître G. commit l'erreur profonde de confondre la Kundalini avec le feu luciférien de l'abominable organe Kundartiguateur, et attribue même au premier tous les aspects sinistres du second. Il est évident que nous avons besoin de comprendre et d'éliminer, cela a déjà été dit dans de précédents chapitres. Il est ostensible que la Kundalini, le serpent igné de nos pouvoirs magiques, est une vérité vedantine et Jéhovistique terriblement divine. Le feu ascendant de la Kundalini ouvre, victorieux, les sept sceaux de l'Apocalypse de Saint-Jean dans l'épine dorsale de l'homme. Devi-Kundalini, notre Mère Divine Adorable, est le Serpent ascendant du canal médullaire spinal. Elle, la Divine Couleuvre, a le pouvoir d'éliminer les démons rouges de Seth.

Ce serpent sacré peut détruire les cristallisations, ou granules, du serpent luciférien.

Nous nous trouvons donc devant les deux serpents. Le premier monte victorieux par le canal de la moelle épinière de l'organisme humain ; le deuxième descend, se précipite du coccyx vers le bas, vers les enfers atomiques de l'homme. Le premier est le serpent de bronze qui guérissait les israélites dans le désert. Le second est le serpent tentateur de l'Éden, Lucifer, l'horrible serpent Python, qui se vautrait dans la boue de la terre, et qu'Apollon blessa de ses dards.

Me viennent en ces instants des réminiscences tellement intéressantes. Une nuit délicieuse, peu importe laquelle, j'entrai en état Zen, connu sous le nom de Satori ou Samadhi (extase), heureux, par les portes du temple sur les ailes du Souffle... Et, comme d'autres adeptes s'assirent, je m'assis moi aussi, et j'écoutai des chants exquis...

Ce que dirent ces voix d'or ébranla mon âme profondément, jusqu'à ses fibres les plus intimes. Nous louions tous, alors, l'empereur, cette divine Monade de chacun qui, avant l'aurore de Mahamvantara se mouvait dans les eaux chaotiques de l'espace infini. Une échelle en colimaçon, en spirale, conduisait jusqu'en haut du temple. Cet escalier se terminait effectivement au pied de l'autel sacré de l'empereur. Le tabernacle resplendissait glorieusement sur l'Autel très sacré et le feu brûlait dans la lampe... Quelques vases à fleurs complétaient merveilleusement ce précieux enchantement. Il est évident que les fleurs émettent quelque chose de délicieux là où elles se trouvent.

Cependant, il y avait quelque chose de plus, quelque chose d'insolite, un étrange jeu de figures habilement taillées dans du bois. Ces figures placées exactement devant l'autel sur la mystérieuse échelle divine, représentaient en fait, un inconvénient sérieux, un terrible obstacle pour arriver devant le Seigneur intérieur.

Alors que j'étais en lutte avec le troisième traître d'Hiram Abiff, j'eus à étudier profondément le symbolisme de ces figures hiératiques du Mystère, un ensemble bigarré et pittoresque d'étranges êtres en bois sur les marches polies de la sainte échelle... Il me fut indispensable de concentrer mon attention sur ces représentations artistiques. L'art royal de la nature n'est pas quelque chose de mort, il a une vie et il l'a en abondance. Rappelons-nous ces tableaux vivants visités par Franz Hartmann, dans le temple Gnostique Rose-Croix de Bohême, en Allemagne. Alors Hartmann, en concentrant son attention sur une représentation tibétaine, put voir un Mahatma qui, monté sur son brillant coursier, souriait et s'éloignait, après l'avoir salué de loin. Ceci est donc l'art royal de la Fraternité Blanche, quelque chose qui a de la vie, quelque chose de précieux.

Le lecteur attentif ne devra se laisser surprendre en aucune manière, si je lui dis que comme je concentrai mon attention sur ces figures exotiques si finement travaillées, elles prirent vie. Et, bien que cela paraisse incroyable, tout est possible dans la dimension inconnue. Je regardai, et vis quelque chose de bizarre. D'une manière certes curieuse, l'une de ces figures se détacha bientôt, elle avait l'apparence d'un vieillard vêtu d'une manière exotique ; la voix du silence m'informe qu'il s'agit du Seigneur du temps, on me dit que je dois éliminer les déchets inutiles du passé. Je comprends tout et l'ancien marche en portant dans sa main droite un étrange récipient rempli de détritus... Je comprends très bien la profonde signification de cette allégorie : les réminiscences sales du passé, la poubelle de nombreux hier doit être oubliée.

L'ancien creuse une fosse dans le panthéon des morts, et y enterre ensuite ces déchets inutiles. Le vieillard revient à sa place, une fois son labeur symbolique accompli. Une autre figure se détache ensuite de l'étrange ensemble, on m'enseigne que Lucifer travaille dans le temps ; on me dit que grâce aux souvenirs, il parvient à ressusciter les Mois morts. Et Lucifer chemine entre les sépulcres du temps, il cherche les Mois enterrés dans la poussière des siècles ; il veut les rendre à la vie, je le contemple, stupéfait. Que Lucifer est astucieux ! Il éveille en quelqu'un les souvenirs luxurieux, coupables, afin que les Mois morts ressuscitent.

Je comprends alors profondément la nécessité de vivre d'instant en instant, de moment en moment... Aïe ! Mon Dieu ! Le Moi est temps. Oui ! Oui ! Oui ! L'Être, cependant, est intemporel, il est ce qui est toujours nouveau... Cette illustration terminée, la figure luciférienne retourna à son mystérieux endroit.

Je concentre alors mon attention plus intensivement, et je vois quelque chose qui se détache : une flamme fatale. Il est clair que ce feu sinistre prend une terrible forme masculine ; la voix du silence me dit que Lucifer contrôle les trois traîtres d'Hiram-Abiff et les résidus de l'Égo, après sa désintégration finale. Je le comprends ainsi, je m'approche de Lucifer, je lui dis que je suis son ami, il rit de moi, et me parle en laissant entendre que je suis son ennemi. Il est ostensible qu'il ne s'est pas trompé sur ce point, ce feu diabolique...

Étonnement ! Même après la mort du Moi, Lucifer continue à contrôler jusqu'aux semences de l'Égo ! Quelle horreur ! Rappelez-vous, chers lecteurs, que le Moi peut lui aussi renaître de ses cendres, comme l'oiseau phénix.

La rébellion dans les cieux fut donc un processus très complet de résurrection de l'Égo et des trois mauvais amis de Job, en chaque individu sacré. Il est évident que le feu luciférien engendra ce type spécial de résurrection diabolique à l'intérieur de la psyché de chaque Homme-Ange du continent Mu... Il est ostensible que le moi ressuscité et les trois traîtres revenus à la vie, les Hommes-Anges se convertirent en d'authentiques démons.

Dans le précédent Mahamvantara de Padma, ou Lotus d'Or, les ineffables de la rébellion avaient déjà éliminé Seth et les trois traîtres. Malheureusement, Lucifer travaille dans le temps... Il est indiscutable que le feu luciférien lunaire a le pouvoir de ressusciter Judas, Pilate et Caïphe.

Il est indubitable que Lucifer-Mara, le tentateur sexuel, peut appeler à la vie tous les démons rouges des temps antiques, tous les Mois-diables de Seth.

Chapitre 43 - Les Ténèbres

Les ténèbres sont en elles-mêmes, Père-Mère : la lumière, leur enfant, dit l'antique sagesse. Il est évident que la lumière incréée a une origine inconnue, absolument ignorée de nous. Nous n'exagérons aucunement en appuyant l'idée que cette origine se trouve dans les ténèbres. Du Chaos sort le Cosmos et des ténèbres jaillit la lumière. Prions profondément...

Parlons maintenant de la lumière prêtée, cosmique, secondaire ; il est certain que quelle que soit son origine et, pour belle qu'elle soit, elle a au fond un caractère passager, mayavique... Les ineffables ténèbres profondes constituent donc l'éternelle matrice en laquelle les origines de la lumière apparaissent et disparaissent.

Dans notre monde affligé du Samsara, il est indéniable que rien ne s'ajoute aux ténèbres pour les convertir en lumière. Dans cette douloureuse vallée de larmes, il est clair que rien ne s'ajoute à la lumière pour la transformer en ténèbres. La logique de la pensée, ou pour mieux dire, le Tertium Organum, nous invite à penser que la lumière et les ténèbres sont permutables. Analysant ceci d'un point de vue rigoureusement scientifique, nous parvenons à la conclusion que la lumière n'est qu'un monde de ténèbres, et vice-versa. Lumière et ténèbres sont des phénomènes de même Noumène, inconnu, profond, inconcevable pour la raison... Que nous recevions plus ou moins la lumière qui resplendit dans les ténèbres est chose qui dépend de notre pouvoir de vision spirituelle...

Un grand Être dit : « Ce qui est lumière pour nous, est ténèbres pour certains insectes ; et l'œil spirituel voit l'illumination là où l'œil normal perçoit seulement l'obscurité ».

L'Univers plongé dans le Pralaya, après le Mahamvantara, dissout dans son élément primordial, repose nécessairement dans les ténèbres profondes de l'Espace infini... Il est urgent de comprendre bien à fond le grand mystère des ténèbres chaotiques. Avant l'aube du Mahamvantara, l'Univers dormait dans la terrible obscurité.

Il est écrit ceci en caractères de feu dans le livre de la grande vie, qu'à la fin du Mahamvantara (Jour Cosmique), Osiris (Le Père), Isis (la Divine Mère Kundalini) et Horus (l'Esprit Divin), s'intègrent, se mêlent et fusionnent comme trois feux, pour ne former qu'une seule flamme...

Il est ostensible, et ceci n'importe quel Mahatma le sait, que pendant le Mahapralaya (Nuit Cosmique), tout l'Univers dissout gît dans la cause unique, éternelle et primaire, pour renaître à l'aurore suivante du nouveau grand jour, comme le fait périodiquement Karana, la cause éternelle.

Cherchons Osiris, Isis et Horus à l'intérieur de nous-mêmes, dans les profondeurs inconnues de notre propre être... Osiris, Isis et Horus constituent en nous-mêmes, la Monade, la Duade et la Triade de notre Être Intime.

Avez-vous entendu parler de Brahma ? Il est en lui-même, Père-Mère-Fils (Osiris, Isis, Horus). À chaque nouvelle aurore cosmique, l'Univers ressuscite comme l'oiseau phénix de ses propres cendres. À l'aube de chaque Mahamvantara, la Monade se dédouble à nouveau en la Duade et en la triade.

Après la nuit profonde, quand rayonne l'aube du nouveau Jour Cosmique, le Fils, la Triade, Horus (l'esprit divin de chacun), émane de lui-même son essence, ses principes mystiques, à la roue du Samsara, dans le saint propos d'acquérir l'Âme-Diamant...

Ah ! Que la joie d'Horus est grande quand il acquiert l'âme-diamant ! Il s'absorbe alors dans sa Mère Divine et, fusionnant avec le Père, ils forment une seule flamme diamantine, un Dieu à la resplendissante beauté intérieure.

Chapitre 44 - Substances, Atomes, Forces

Le maître G., parlant des substances et des forces, dit ceci : « Nous devons revenir à la loi du trois afin d'apprendre à trouver les manifestations de cette loi dans tout ce que nous faisons et dans tout ce que nous étudions. Si nous appliquions cette loi dans n'importe quel milieu, à n'importe quel fait, nous verrions qu'elle nous révèle beaucoup de choses nouvelles que nous ne voyions pas auparavant ».

« Prenons par exemple la chimie. La chimie ordinaire ne connaît pas la loi de la trinité et étudie la matière sans tenir compte de ses propriétés cosmiques. Mais il existe une autre chimie, hors de la chimie ordinaire : cette chimie spéciale que nous pouvons appeler alchimie. Cette chimie étudie la matière en tenant compte de ses propriétés cosmiques. Comme on l'a indiqué antérieurement, les propriétés cosmiques de toute substance sont ce qui la détermine : premièrement le lieu que la substance occupe, deuxièmement la force qui agit à travers elle à un moment donné ».

« Même en son lieu, la nature d'une substance donnée souffre un grand changement ; et ce changement dépend de la force qui se manifeste à travers elle. Chaque substance peut être le conducteur des trois forces (premier, deuxième et troisième Logos), et, en accord avec cela, elle peut être active, passive ou neutre. Dans le cas où aucune force ne se manifeste à travers elle à un moment donné, ou bien si on la prend sans relation aucune avec la manifestation des forces, la substance ne peut être ni active, ni passive, ni neutre. La substance apparaît sous cette forme, pour ainsi dire, sous quatre aspects ou états différents ».

« Il est nécessaire, en ce sens, de tenir compte du fait que lorsque nous parlons de matière, nous ne parlons pas d'éléments chimiques. La chimie spéciale que nous traitons voit une fonction séparée dans chaque substance, même dans la plus complexe ; elle la voit comme un élément. C'est là la seule manière de pouvoir faire l'étude des propriétés cosmiques de la matière, car tous les composés complexes ont leur finalité propre et leur propos cosmique ».

« Si nous le regardons de ce point de vue, l'atome de toute substance donnée n'est rien qu'une quantité, la plus petite, de ladite substance. Il détient toutes ses propriétés chimiques, physiques et cosmiques. La taille des atomes de différentes substances, en conséquence, n'est pas toujours la même. Et un atome, dans quelques cas, peut être une particule visible, même pour l'œil physique ».

« Les quatre aspects ou états de toute substance ont des noms précis. Quand une substance est conductrice de la première force, soit de la force active, on l'appelle Carbone, et comme le carbone de la chimie, on la désigne par « C ».

Quand une substance est conductrice de la deuxième force, ou force passive, on l'appelle Oxygène, et comme l'oxygène de la chimie, on la désigne par la lettre « O ».

Quand la substance est conductrice de la troisième force, ou force neutre, on l'appelle Nitrogène, et comme le nitrogène de la chimie, on la désigne par la lettre « N ». Quand on prend la substance sans relation à la force qui se manifeste au travers d'elle, on l'appelle Hydrogène, et comme l'hydrogène de la chimie, on la désigne par la lettre « H ». Les forces active, passive et neutre, se désignent par les chiffres 1, 2, 3 ; les substances, par les lettres C, O, N, H. Il est indispensable de comprendre ces dénominations. Ouspensky commente en disant : « L'un de nous demanda : ces éléments correspondent-ils aux quatre éléments de l'alchimie : le feu, l'air, l'eau et la terre ? Oui, en effet, répondit G. Ils y correspondent effectivement, mais nous utiliserons ceux-là. Vous pourrez en comprendre ensuite la raison ».

Bon, voilà ce que disait le Maître G., allons maintenant au fond de cet ensemble de formules alchimiques.

Nous parlions déjà, dans notre précédent Message de Noël 1968-1969, de l'Ain-Soph, de cet atome sur-divin qui réside dans les profondeurs de notre propre Être. Chacun de nous, en dernière synthèse, n'est rien de plus qu'un atome de l'Espace abstrait absolu, c'est l'étoile intérieure qui nous a toujours souri. Un certain auteur disait : « Je lève mes yeux vers les étoiles desquelles doit me venir le secours, mais je suis toujours l'étoile qui guide mon intérieur ».

Nous devons faire une différence spécifique avec l'Ain-Soph et l'Ain-Soph Paranishpana ; dans le premier cas il n'y a pas d'autoréalisation intérieure, il y a autoréalisation intérieure dans le second cas.

N'importe quel Mahatma sait bien qu'avant d'entrer dans l'Absolu il doit dissoudre les corps solaires. Il est ostensible qu'il ne reste que quatre atomes-semences de ces véhicules christiques.

Il est indubitable que ces atomes correspondent aux corps physique, astral, mental et causal. Il est évident que les quatre atomes-semences s'absorbent à l'intérieur de l'Atome Sur-Divin Ain-Soph Paranishpana joint aux trois forces primaires, lois, essence et principes spirituels...

Vient ensuite la profonde nuit du Mahapralaya. L'Ain-Soph sans autoréalisation intime ne possède pas les quatre atomes-semences ; c'est un atome simple de l'espace abstrait absolu, c'est tout. En Alchimie, la lettre « C » symbolise le corps de la Volonté Consciente, le Carbone de la chimie occulte.

En Alchimie, la lettre « O » symbolise le corps Mental Solaire, fabriqué dans la Forge des Cyclopes, l'Oxygène de la chimie sacrée.

En Alchimie, la lettre « N » symbolise l'authentique corps Astral Solaire, si différent du corps de désirs. Il est évident que le légitime corps Astral Sidéral est le Nitrogène de la chimie occultiste.

En Alchimie, le « H » de l'Hydrogène symbolise le corps physique, véhicule de chair et d'os tridimensionnel.

Nous n'exagérons donc pas en appuyant l'idée transcendantale alchimique qu'un Ain-Soph Paranishpana (Atome Sur-Réalisé), possède en lui-même quatre atomes-semences : Carbone, Oxygène, Nitrogène et Hydrogène. Avec ses quatre atomes alchimiques, l'Ain-Soph Paranishpana reconstitue le char Merkabah (les corps solaires), pour entrer dans n'importe quel Univers, quand cela est nécessaire.

N'oublions pas que Merkabah est le char des siècles, l'Homme Céleste de la Kabbale.

En conséquence et pour corollaire, nous pouvons et devons affirmer que ceux qui n'ont pas réalisé le travail dans la Neuvième Sphère (le sexe) ne possèdent pas, en réalité, le char de Merkabah. Il est indiscutable que tout change dans le champ d'action de la Prakriti, à cause des modifications positives ou négatives, mais si nous ne fabriquons pas le char de Merkabah, Ain-Soph se retrouvera sans Autoréalisation Intime...

Ceux qui n'ont pas éliminé l'Abhayan-Samkara (la peur innée) fuiront la Neuvième Sphère, en disant aux autres que le travail dans la Forge des Cyclopes (le Sexe) est inutile. Ce sont eux, les hypocrites pharisiens, qui attrapent les moustiques et avalent le chameau ; les ratés qui n'entrent pas au Royaume et n'y laissent pas entrer. Le sexe est, en vérité, pierre d'achoppement et pierre de scandale...

Chapitre 45 - Le Pratimokcha

Nous commencerons ce chapitre avec un très beau poème de Don Ramon del Valle Inclan :

Rose Gnostique

Rien ne sera, qui n'ait été avant.

Rien ne sera, pour n'être rien demain.

Éternité sont tous les instants,

Que mesure le grain, qu'égrène l'horloge.

Éternité, la grâce de la rose,

Et la première alouette ouvrant le jour,

Et la chenille et sa fleur, le papillon.

Éternelle en faute, ma conscience !

Sur le dos, au bord du chemin

Comme un ver germant dans la boue,

Je me sens la noire angoisse du péché,

Comme la divine aspiration au Tout.

Le mystère gnostique est présent

Dans le vol tranquille de la colombe,

Et le péché du monde, dans le serpent (TENTATEUR)

Mordant le pied de l'ange qui le domine.

Sur l'éternelle nuit du passé

s'ouvre l'éternelle nuit du lendemain.

Chaque heure ! Une larme de péché !

Et le symbole, le serpent et la pomme !

Garde le temps, l'énigme des Formes,

Comme un dragon sur les mondes, veille,

Et le Tout et l'Unité, suprêmes normes,

tissent l'Infini de leur sillage.

Rien n'éteint l'ébullition des creusets,

L'éternelle idée de Platon

Est scellée dans leur fond. De lointains soleils

Allumeront un jour notre caverne.

Tandis que les Parques tissent mon linceul,

Je trace une croix de cendres sur mon front.

Le temps est le ver qui travaille

Pour Satan ! Et Dieu est le présent !

Tout est Éternité, tout fut, avant !

Et tout ce qui est aujourd'hui, sera ensuite,

Dans l'instant qui ouvre les instants,

Et la fosse de la mort à nos pieds.

Beau poème, non ? « Rien ne sera qui n'ait été avant, rien ne sera, pour n'être rien demain ». C'est là la loi de Récurrence, constante répétition des vies successives. Et, en chaque existence, tout arrive à nouveau comme cela était arrivé ; le temps est certes « le ver qui travaille pour Satan », le cercle vicieux de la répétition du drame de l'existence.

Voulez-vous savoir quel sera votre destin dans la future existence ? Je veux que vous sachiez que « sur l'éternelle nuit du passé, s'ouvre l'éternelle nuit du lendemain ». Compris ? Quand vous renaîtrez dans cette vallée de larmes, le passé se convertira en futur. Ce qui signifie que votre vie actuelle, avec toutes ses vaines joies, souffrances et douleurs, se répètera, malheureusement !

Épigénèse, création de nouvelles causes. Alors quoi ! Aïe ! Pauvres mortels de la Terre ! Croiriez-vous par hasard, que l'Égo, le moi pluralisé soit capable de créer quelque chose de nouveau ? Ignorez-vous que l'Égo est mémoire, poussière des siècles accumulée ?

Gnostiques ! Il est indispensable que vous dissolviez l'Égo ; il est urgent de mourir de moment en moment ; le nouveau n'advient qu'avec la mort.

Avez-vous entendu parler du Pratimokcha bouddhiste ? C'est la cérémonie de « déchargement » ; nous, les gnostiques, nous la pratiquons : confesser publiquement nos délits, les montrer, les mettre sur le tapis de l'actualité, ne pas les dissimuler signifie, du même fait, s'outrager soi-même, outrager le Moi. Une quelconque nuit, j'assistai à un Pratimokcha à l'Église Gnostique. Quelqu'un, peu importe qui, s'assit dans un fauteuil commode, face à la congrégation ; un grand être se plaça derrière lui. Le dévot confessa tous les délits de sa vie, publiquement, devant la fraternité.

Il marquait une pause, après avoir déclaré chaque délit ; le prêtre et les assistants, à ces moments, suppliaient la Mère Divine Kundalini du pénitent qu'elle précipite vers le bas, vers les mondes infernaux, le Moi personnifiant ce péché. Il est évident que la Mère Divine opérait sagement, éliminant l'entité qui personnifiait ce délit confessé.

Je pus alors comprendre intégralement que le Pratimokcha bouddhiste est une cérémonie de « déchargement ». Déclarer ces délits impliquait, en fait, le récit public de l'histoire de la vie.

On m'expliqua que cette forme de Pratimokcha se pratiquait trois ou cinq fois au cours de notre existence. Dans la liturgie gnostique, il y a une forme très spéciale de Pratimokcha mensuel, bien nécessaire à tous les frères. On ne déclare publiquement, dans le Pratimokcha mensuel, devant la fraternité, que le délit ou les délits commis dans l'intervalle des trente derniers jours de l'existence (voyez notre livre intitulé : constitution et liturgie du Mouvement Gnostique).

Il est évident que sans l'aide de la Divine Mère Kundalini, l'élimination des diverses entités qui personnifient nos erreurs serait impossible. Ces diverses formes de Pratimokcha sont très utiles pour éliminer tous ces divers agrégats psychologiques qui constituent l'Égo. Le retour des soixante-dix confirme le Pratimokcha - ils dirent : « Seigneur, même les démons (Mois des gens) nous attachent en ton nom ».

Il est écrit que Jésus le grand Kabire, répondit : « Je voyais Satan (le Moi pluralisé) tomber du ciel comme un éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir de piétiner les serpents et les scorpions (noires entités du péché) et sur toute la puissance de l'ennemi, et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits malins vous sont soumis, mais réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms soient écrits dans les cieux ».

Gardez-vous, sacerdotes gnostiques, de tomber dans l'orgueil pour le fait que l'on vous ait donné la puissance de travailler avec Devi Kundalini, en éliminant les Mois-Diables. Soyez humbles, purs et simples.

Le Pratimokcha est nécessaire pendant le travail avec l'or et l'argent, avec le Soleil et la Lune, dans la Forge des Cyclopes. Le Pratimokcha est indispensable aux fils du Feu et de l'Eau, aux Deux-Fois-Nés. Souvenons-nous de Josué, s'exclamant : « Soleil arrête toi sur Gabaon, et toi, Lune, sur la vallée d'Ajalon ».

« Et le Soleil s'arrêta et la Lune suspendit sa course (symbole du travail ésotérique) jusqu'à ce que la nation (les initiés) se furent vengés de leurs ennemis (les Mois-Diables). Cela n'est-il pas écrit dans le livre du Juste ? Le Soleil-Christ s'arrêta au milieu du ciel (pour guider l'Initié), comme il le fait toujours, et ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour ».

Le Christ Cosmique, le Logos Solaire, le Soleil de minuit guide tous ceux qui luttent contre leurs ennemis, les Mois ténébreux, les diables rouges de Seth (l'Égo).

Chapitre 46 - Les Douze Nidanas

La sagesse antique met l'accent sur l'idée selon laquelle il existe sept « Voies » jusqu'à l'ineffable joie de la Non-Existence, qui est l'Être absolu et l'existence réelle. Dans le fond, cette idée lumineuse est unitaire, car il existe seulement un sentier à sept journées. Pensons à la formule astrologique Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Il est indiscutable que chacun des sept mondes est en relation avec chacune des sept journées...

Avez-vous entendu parler des douze causes de l'Être ? Que savez-vous des quatre nobles vérités ?

Les douze Nidanas et les quatre vérités caractérisent spécialement le système Hinayana, évidemment. Elles appartiennent à la sage théorie du courant de la loi de l'enchaînement qui produit mérite et démérite, et qui, finalement, manifeste le Karma dans la plénitude de son pouvoir. C'est un système qui a pour fondement les fameuses lois de la Transmigration, Retour et Récurrence.

Le système Hinayana ou école du Petit Véhicule est, ostensiblement, d'origine très antique, tandis que le Mahayana ou école du Grand Véhicule appartient à une période postérieure, son origine ne venant qu'après la désincarnation de Bouddha. Il est clair que les deux écoles enseignent, au fond, la même doctrine ésotérique. « Yana » ou Véhicule est une expression mystique et les deux Véhicules signifient que nous pouvons échapper à la torture des renaissances grâce à l'autoréalisation intime de l'Être.

Nous avons besoin de nous vêtir du Dharma Megha, le nuage de vertu, la splendeur merveilleuse des parfaits qui renoncent aux pouvoirs.

Toutes les diverses idées qui surgissent en nous faisant croire que nous avons besoin de quelque chose d'extérieur pour être heureux, sont un obstacle à la perfection. L'Être intime est félicité et béatitude par sa nature même ; la connaissance est recouverte, malheureusement, par les impressions passées. Il est urgent, indispensable, nécessaire que ces impressions épuisent leurs effets. Leur destruction se fait de la même manière que celle de l'ignorance, de l'égoïsme, etc.

Si on rejette les fruits même en étant arrivé à la discrimination correcte des essences, alors survient le résultat : le Samadhi, appelé nuage de vertu. Celui qui se vêt du nuage de vertu, se libère des peines et œuvres. Ceci ne signifie pas, cependant, que la possibilité d'une chute soit exclue. Nous n'allons au-delà de tous les périls qu'en entrant dans l'Absolu.

Les transformations successives de qualités ne disparaissent que lorsque nous nous absorbons dans l'Espace abstrait absolu. Les chemins qui existent en relation aux moments, et qui sont perçus à la fin d'une série dans l'autre extrême, sont succession.

Pour l'esprit autoréalisé et diamantin, il n'existe pas de succession ; il n'existe pour lui, que l'éternel présent, il vit d'instant en instant, il s'est libéré des douze Nidanas.

Chapitre 47 - La Glande Thymus

Le thymus est une glande à sécrétion interne très importante, et nous devons l'étudier profondément. Les hommes de science savent bien que ladite glande est située en dessous de la thyroïde, dans le médiastin antérieur (derrière les os supérieurs de la poitrine).

N'importe quel biologiste sait, pour l'avoir observé et expérimenté directement, que le thymus normalement consiste en deux lobes longitudinaux unis à travers un plan central. La construction de cette glande est merveilleuse, formidable ; chaque lobe est extraordinairement formé par des divisions encore plus petites, appelées lobules. Il est ostensible que n'importe quel scientifique peut comprendre que chacun des petits lobes comporte une partie externe ou écorce, et une partie centrale ou moelle. Le thymus de l'enfant est relativement grand, mais il est facile de vérifier très clairement qu'au cours de la dernière partie de l'enfance, cette glande diminue graduellement en relation avec le poids du corps.

La biologie enseigne que le thymus évolue chez les enfants de manière merveilleuse, jusqu'à acquérir un poids spécifique de 25 à 40 grammes. Les endocrinologues n'ignorent pas que cette glande commence ses processus involutifs entre onze et quatorze ans, en général. Cette régression est très lente et dure toute la vie.

Un auteur savant, dont je ne mentionnerai pas le nom, dit textuellement ce qui suit : « Nous n'en savons pas encore assez au sujet de la glande thymus, mais elle semble être celle qui domine la croissance de l'enfant, avant la puberté. Elle inhibe l'activité des testicules et des ovaires. La castration provoque la croissance persistante de la glande thymus. L'extraction du thymus ou son inhibition par les rayons X active le développement des gonades ».

L'action continue du thymus, après la puberté, est la cause de particularités dans l'expression sexuelle. Des pratiques dégénérées, répulsives, apparaissent invariablement chez les personnes en lesquelles prédomine la fonction du thymus. Le thymus empêche la différenciation et retient la transformation vers une expression sexuelle positive, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes. Si on alimente des têtards de substance thymus, on empêche leur développement et la différenciation en grenouille mâle ou femelle. Les personnes chez lesquelles prédomine la fonction thymus deviennent homosexuelles.

Le mâle ne parvient pas à être entièrement mâle, et comme il y a tellement encore en lui quelque chose de potentiellement féminin, il se plaît dans la société du mâle plus qu'en celle de la femelle. La femelle sera encore potentiellement mâle et jouira donc plus de la compagnie de la femelle.

Des multitudes de dégénérés et criminels sont, principalement, des personnes chez lesquelles prédomine l'action du thymus. Le thymus semble être le constructeur du corps de la créature, fournissant nombre des éléments nécessaires à sa structure. Le thymus commence à retenir son action au cours de la puberté et, est supposé être en conséquence, le grand propulseur de la croissance infantile.

On a retardé le processus de calcification des animaux auxquels on a extrait la glande thymus. Il paraît que le thymus domine le système lymphatique.

Les infrasexuels dégénérés, homosexuels, lesbiennes, chez qui prédomine, lamentablement, l'action du thymus, sont le résultat fatal de la semence dégénérée. Il est ostensible que la semence dégénérée ne sert en rien pour l'autoréalisation intime de l'Être. Si le germe ne meurt pas, la plante ne naît pas. Il est évident que d'une semence normale, seulement, peut naître l'Homme Réel et Véritable.

L'homosexualité, le lesbianisme, accusent, indiquent, signalent, un processus involutif, régressif, descendant. Il s'avère clair, manifeste et pathétique, qu'aucune légitime école de régénération n'admettrait jamais, en son sein, des semences dégénérées.

Chapitre 48 - La Confession Négative I (Papyrus Nu)

Nous allons maintenant parler du fond, très profond de tous les âges. Hommes et Dieux, écoutez-moi !

La confession négative du Papyrus Nu est pour les hommes qui sont parvenus à la mort radicale, absolue. Après l'annihilation définitive de l'Égo et des trois traîtres d'Hiram Abiff, nous pouvons bien nous donner le luxe de pénétrer dans la double salle de la Vérité-Justice, revêtus des corps glorieux de Kam-Ur.

Il serait inutile de tenter d'entrer, victorieux, dans la double salle de Maat sans être passé, tout d'abord, par la mort suprême... (Nous ne nous référons pas à la mort du corps physique). Seuls les défunts authentiques ont droit à la confession négative ; eux seuls peuvent réellement se soumettre à la terrible confession du Papyrus Nu des mystères égyptiens. Par « défunts authentiques », vous comprendrez : « ceux qui sont morts dans les 49 régions du subconscient ».

N'importe quel véritable défunt revêtu des corps solaires, peut se présenter dans la double salle de Maat afin de faire sa confession négative.

Confession Négative

« Salut, Dieu Grand, Seigneur de la Vérité et de la Justice, Maître puissant. Me voici arrivé devant toi. Laisse-moi donc contempler ton irradiante beauté. Je connais ton nom magique et celui des 42 divinités qui t'entourent, dans la vaste salle de la Vérité-Justice, le jour où l'on fait le compte des péchés devant Osiris ; le sang des pécheurs leur sert d'aliment.

Ton nom est « le Seigneur de l'Ordre de l'Univers », dont les yeux sont les deux déesses-sœurs.

Voici que j'apporte en mon cœur la Vérité et la Justice, car j'ai arraché de lui tout le mal.

1- Je n'ai pas causé de souffrances aux hommes. Je n'ai pas usé de la violence envers mes parents.

2- Je n'ai pas substitué l'injustice à la justice.

3- Je n'ai pas fréquenté les mauvaises personnes.

4- Je n'ai pas commis de crimes.

5- Je n'ai pas fait travailler en excès à mon profit.

6- Je n'ai pas intrigué par ambition.

7- Je n'ai pas maltraité mes serviteurs.

8- Je n'ai pas blasphémé envers les dieux.

9- Je n'ai pas privé l'indigent de sa subsistance.

10- Je n'ai pas commis d'acte exécré par les dieux.

11- Je n'ai pas permis qu'un serviteur soit maltraité par son maître.

12- Je n'ai pas fait souffrir autrui.

13- Je n'ai pas provoqué la faim.

14- Je n'ai pas fait pleurer les hommes, mes semblables.

15- Je n'ai pas tué, ni ordonné qu'on tue.

16- Je n'ai pas provoqué de maladies chez les hommes.

17- Je n'ai pas soustrait les offrandes des temples.

18- Je n'ai pas volé le pain des dieux.

19- Je n'ai pas soustrait des offrandes destinées aux esprits sanctifiés.

20- Je n'ai pas commis d'action honteuse dans l'enceinte sacro-sainte des temples.

21- Je n'ai pas diminué la portion des offrandes.

22- Je n'ai pas essayé d'agrandir mes domaines en employant des moyens illicites, ni d'usurper les champs d'autrui.

23- Je n'ai pas manipulé les poids de la balance, ni son fléau.

24- Je n'ai pas retiré le lait de la bouche de l'enfant.

25- Je ne me suis pas emparé du troupeau dans les prairies.

26- Je n'ai pas attrapé au collet les oiseaux destinés aux dieux.

27- Je n'ai pas pêché de poisson avec des cadavres de poissons.

28- Je n'ai pas obstrué les eaux, quand elles devaient couler.

29- Je n'ai pas détruit les passages construits sur le cours des eaux courantes.

30- Je n'ai pas éteint la flamme d'un feu qui devait brûler.

31- Je n'ai pas violé les règles de l'offrande de chair.

32- Je ne me suis pas emparé du troupeau appartenant au temple des dieux.

33- Je n'ai pas empêché un dieu de se manifester. Je suis pur, je suis pur, je suis pur !

J'ai été purifié comme l'a été le Grand Phénix d'Hérakléopolis.

Car je suis le Seigneur de la respiration, qui donne vie à tous les initiés, le jour solennel en lequel l'œil d'Horus, en présence du Seigneur de cette terre, culmine en Héliopolis.

Comme j'ai vu culminer en Héliopolis l'Œil d'Horus, il ne peut m'arriver aucun mal en cette région ! Ô Dieux, ni en votre salle de la Vérité-Justice. Car je connais le nom de ces Dieux qui entourent Maat, la grande divinité de la Vérité-Justice ».

Ici s'arrête la confession négative du papyrus mentionné. Nous poursuivrons dans notre futur Message de Noël 1970-1971 avec le papyrus II (Nebseni).

Chapitre 49 - Koan

Qu'est-ce qu'un exercice Koan ? C'est quelque chose que nous devons étudier profondément, nous les gnostiques. Koan est la prononciation japonaise de la phrase chinoise Kung-An dont le sens originel est : « Document d'un accord officiel sur le bureau ».

Il s'avère ostensible que les bouddhistes Zen donnent au Koan une signification totalement différente. Ils désignent évidemment le Koan comme un certain dialogue mystique entre le maître et le disciple. Par exemple, un moine demanda au Maître Tung Shan : « Qui est le Bouddha ? » Le Maître répondit étrangement : « Trois chin (une mesure) de lin ». Un moine bouddhiste demanda au Maître Chao Chou : « Quelle signification a l'arrivée du Bodhisattva par l'ouest ? » Réponse : « Le cyprès est dans le jardin ».

Réponse énigmatique, non ? Toutes les histoires racontées sous la forme précédente sont des Koan. Il est pathétique, clair et manifeste que « Koan » désigne une histoire Zen, une situation Zen, un problème Zen. L'exercice ésotérique Koan signifie, en règle générale : « Chercher une solution à un problème Zen ».

Exemples, pour la méditation : « Qui récite le nom de Bouddha ? ». « Si toutes les choses se réduisent à l'unité, à quoi se réduit cette unité ? ». Il est indiscutable que le mental ne pourra jamais résoudre un problème Zen. Il est ostensible que le raisonnement ne pourra jamais comprendre la signification profonde d'un Koan. Il est facile de deviner, toutes lumières faites, que le mental défaille s'il essaye de comprendre intégralement un Koan quelconque ; alors, vaincu, il demeure en une quiétude et un silence profond.

Quand le mental est tranquille, quand le mental est en silence, advient le nouveau. L'Essence, la Bouddhata, en ces instants, s'échappe de l'intellect et, en l'absence du Moi expérimente Ce qui n'appartient pas au temps...

C'est le Satori, l'Extase des Saints, le Samadhi. Nous pouvons en ces moments vivre le Réel, la Vérité. Comme le mot Koan ayant été accepté officiellement en occident et étant très connu, il est opportun de l'utiliser dans notre lexique gnostique au lieu du mot chinois Hua-Tou. Koan et Hua-Tou sont donc tous les deux respectivement utilisés dans le sens général et spécifique.

Dans la vieille Chine, les bouddhistes Zen n'utilisaient pas le terme « Koan », ils préféraient dire « Exercice Hua-Tou ».

Un moine demanda au Maître Chao Chou : « Est-ce que la nature du Bouddha a un chien ? » Ce Maître répondit : « Wu (non) ». Cette parole seule, outre le fait d'être un mantra qui se prononce avec le double « ou » comme en imitant le son d'un ouragan, est également par elle-même un Koan.

Travailler avec le Koan « Wu », en ayant le mental tranquille et en silence, est quelque chose de merveilleux.

L'expérience du « Vide Illuminateur » nous permet de vivre un élément qui transforme radicalement.

Salutations Finales

Très Aimés,

Nous avons terminé ce présent Message de Noël 1969-1970. C'est un livre de plus du cinquième Évangile ; étudiez-le et vivez-le.

Je veux vous dire que cet enseignement pour la nouvelle Ère du Verseau est remis en accord avec la loi des octaves musicales. Chacune de ces œuvres se déroule sur des notes de plus en plus élevées ; quand nous arriverons à la note synthèse, alors le Message sera conclu. Après cela, je m'en irai avec ma Divine Mère Kundalini vers l'Éternité.

Mes amis : je vous prie expressément de ne pas me remettre, ni par courrier, ni par d'autres moyens, de louanges, adulations ou compliments. Toute lettre porteuse de ces vanités sera immédiatement retournée.

Il ne suffit pas de lire ce livre. Il est nécessaire de l'étudier très profondément et de mettre ses enseignements en pratique. Il est indispensable de laisser la tiédeur et de se décider une bonne fois à prendre le sentier du fil du rasoir. Écrivez-moi, demandez-moi ce que vous voulez. Je vous répondrai avec le plus grand plaisir. Adressez votre correspondance à Apartado Postal M-7858 Mexico D.F. Toute lettre doit être adressée à Mr Raphaël Ruiz Ochoa qui est le secrétaire de ce siège Patriarcal. Comme la boîte postale est au nom de ce monsieur, il faut rédiger la correspondance de cette manière ; ce monsieur me fera parvenir la correspondance.

Mes Amis, je vous souhaite un Joyeux Noël et une Heureuse Année.

Que l'étoile de Bethléem resplendisse sur votre chemin

Paix Invérentielle